CHAPITRE VII
On lavait les chiffons blancs, on les faisait pourrir dans des cuves et on les malaxait ensuite sous un epile à drapeaux jusqu’à ce qu’ils fussent réduits en pâte. On
Fig. 91. — Fabrication du papier. Ouvrier travaillant dans la cuve avec le châssis à vergeures. Gravure de Jost Amman.
jetait cette pâte dans de l’eau chaude et on remuait pour que le mélange se fit bien uniformément.
On prenait alors un châssis à fond fermé par des vergettes de laiton, reliées par d’autres vergettes moins rapprochées, nommées vergeures, celles-ci traversées perpendiculairementpar d’autres fils de laiton plus espacés nommés pontuseaux . Au milieu de ce fond on dispo-
sait, également en fU de laiton, une marque de fabrique quelconque, destinée à apparaître en blanc dans la pâte du papier et qu’on nommait filigrane.
On plongeait cette forme dans la cuve de pâte et on la retirait. L’eau s’écoulait par les vergettes, la bouillie de chiffons adhérait au fond et devenait bientôt solide. Le coucheur prenait alors cette feuille et la mettait entre deux feutres pour enlever la première humidité; on l’étendait ensuite comme un linge sur des cordeaux afin d’achever de sécher la pâte.
Pour l’écriture à encre ordinaire, on collait le papier en le trempant dans un bain léger de colle.
Les feuilles de Chine et du Japon avaient leur fabrication spéciale. Au Japon, la matière employée était l’écorce du Morus jpagifera sativa.
Suivant leur finesse, leur format, leur poids, les papiers avaient reçu des noms différents prove-
Baiair-e de Jenson, nant du filigrane. Il y avait 1 tjésus, a Venise. }e soien , Y aigle, le fleur de lys ,
le colombier et vingt autres.
Fust, à Mayence, employait des feuilles marquées d’une tête de bœuf. Jenson, à Venise, avait une balance dont la forme variait.
Ce dernier papier sortait d’un moulin qui fournissait Vicence, Pérouse, Rome. Jenson en eut d’ailleurs d’autres ornés d’une couronne, de chapeaux de cardinaux, d’olifants.
La tête de bœuf subit des transformations; elle eut