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CHAPITRE IX

où les établissements de ce genre sont le plus en honneur, ce serait Berlin qui tiendrait la troisième place avec 900,000 imprimés et 20,000 manuscrits, conservés à la Bibliothèque de l’Empire. Le bâtiment, construit entre 1775 et 1780, doit sa forme spéciale à Frédéric II, qui avait voulu qu’on lui donnât celle d’un tiroir de commode. Sur la façade, une inscription en langue latine, mais conçue dans l’esprit germain, indique que c’est là un réfectoire spirituel , nutrimentum spirttus. Après viennent : Munich avec 800,000 livres imprimés; Vienne, 400,000; Dresde, 3oo,ooo; puis les universités, Leipzig, dont la bibliothèque — fondée en 1409 et réorganisée en i83o — renferme i5o,ooo pièces, sans compter 2,000 manuscrits ; Heidelberg, Gœttingue, etc.

En Italie, Florence garde à la Bibliothèque nationale, placée aux Offices, 3oo,ooo volumes provenant de divers amateurs et formée depuis 1860. La collection de l’orfèvre Magliabecchi, qu’on avait ouverte aux lecteurs dès 1747, y a été transportée. En plus de ce dépôt, Florence possède la célèbre Laurentienne, créée par Cosme de Médicis au milieu du xve siècle, où sont réunis plus de 8,000 manuscrits d’une valeur inappréciable. Milan garde à la Brera un fonds de 200,000 imprimés, 5o,ooo médailles, et, à l’Ambrosienne, due au cardinal Frédéric Borromée, 160,000 imprimés et 8,000 manuscrits.

Rome possède une douzaine de collections et de dépôts célèbres. La Vaticane, peu nombreuse, est des plus choisies; ses manuscrits sont connus du monde entier, mais une partie seulement des 5o,ooo volumes imprimés est cataloguée. La bibliothèque de Victor-

Emmanuel, provenant des Jésuites, monte à 66,000 pièces environ.

A Venise, le splendide monument appelé VAntiqua libraria di San Marco a changé de destination; construit au xvie siècle pour la librairie et commencé par Sansovino,il est maintenant le Palais royal. Cette ville a perdu ce qui avait fait sa gloire, et ses collections sont très modestes de nos jours.

Lorsque nous aurons nommé les bibliothèques de Saint-Pétersbourg, de Moscou, pour la Russie; celle de Stockholm, pour la Suède; de l’Escurial, en Espagne, et les collections des Etats-Unis, nous aurons mentionné très hâtivement les établissements les plus importants du monde. Depuis quatre siècles et plus, l’amour des livres s’est conservé, s’est fortifié et il grandit chaque jour. Si nous nous mettions, comme Sauvai au xvne siècle, à supputer approximativement le nombre des imprimés répandus en France, nous en serions effrayés. C’est par kilomètres que se comptent aujourd’hui les rayons pressés de la Bibliothèque nationale1 ou du British Muséum, et chaque année la production s’accentue comme aussi le nombre des lecteurs.

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