A PARIS
ckejz LAURENT PRAÜLT, Libraire } Quai des Axigufëm s , an coin de la rue Gît le C oeur a la Source des Sciences.
Fig. 81
Titre composé par Moreau le Jeune, en 1769, pour le libraire Prault.
ils suivirent le mouvement et s’y perdirent dans l’école de David. Il y eut Duplessis-Bertaux qui, après avoir fourni jadis à l’éditeur Gazin des vignettes pour son Recueil des meilleurs contes en vers (1778), et plusieurs autres livres, après avoir travaillé pour Didot, se consacra à la gravure patriotique et à la reproduction des scènes de la Révolution. Quand parurent ses Tableaux historiques en trois volumes in-folio ornés de près de 200 grandes planches, on était sous le Consulat, c’està-dire bien loin de l'époque où l’ouvrage avait été commencé. Renouvier assurait, avec son dédain exclusif du xvme siècle, que Duplessi-Bertaux était un mystificateur, et que ses scènes de la Révolution étaient des canards « dans le genre d’esprit en vogue sous le Directoire ». La vérité, c’est que l’artiste, au lieu d’être un Callot gai, comme pourrait le laisser croire sa manière de graver si rapprochée de celle du peintre lorrain, avait reçu l’empreinte emphatique et excessive de la première République; ses sans-culotte y ont des poses de Sabins et ses tricoteuses singent les Pénélope.
Hors de France, deux artistes avaient pris rang, vers le milieu du dernier siècle, parmi les décorateurs du Livre. C'est en Allemagne Chodowiecki, né à Dantzig dans une famille d’apothicaires, et qui put étudier, grâce à l’espoir où fut son père de lui faire bientôt orner ses boîtes. Ses pochades dans ce genre eurent un petit succès; il s’enhardit, et de 1758 jusqu’en 1794, il publia dans les almanachs de nombreuses figures, un peu lourdes de gravure, mais singulièrement habiles dans leur composition. Il illustra en outre les Idylles de Gessner, Roland de l’Arioste, Werther de Goethe.