PONCELET
Parbleu 1 au tribunal. Quelle plaidoirie entraînante, animée, sublime t
csampyillikhs.
Etes-vous bien sûr d’avoir entendu plaider monsieur Maurice, qui n'est allé ce matin au palais que pour accompagner ma femme et ma fille, curieuses toutes deux d’ossister b l'affaire d'un vol commis chez uno do nos amies ?
POINCKLKT.
C’est précisément avec votre femme et votre fille que j’ai vu monsieur Maurico, et l’affaire dont vous me parlez, le vol des diamants, est bien celle qu’il a plaidéo et qu’il plaide oncorc, je me plais ît vous lo répétor ; si bien que j’accours vous prendre pour que vous veniez avec moi entendre la fin do cotte admirablo défense. *
CBA>rVU.ll ERS.
Mais, encore une fois, c'est impossible ; monsieur Maurico n'était pas chargé de cette affaire.
POINCELET.
Et c’est IA ce qui rehausse prodigieusement sa gloire. 11 no s'attendait pas plus que moi è plaider ; tout h coup lo bruit circule dans l'auditoire que l'accusée n'a pas de défenseur : c’est mourir sans médecin. Une accusée , jeune , jolie , je ne vous lo dirai pas, son visage était caché sous un voile noir comme toutes les accusées. Pas do défenseur! monsieur Maurice lui proposo d’être le sien ; il est accepté , et le voilé l’avocat d'office de celle malheureuse femme au voile noir.
CHAMPVILLIERS.
Ah ! mon gendre futur donne dans celte gloiro creuse et sans
résultat , il plaido pour rien 1
rOIVCELET.
Comment sans résultat? Mais moi lo premier je l’ai déjb choisi pour mon avocat, rien que pour l’avoir entendu plaider celte affaire.
CHAMPVILLIERS.
Vous avez donc des procès , monsieur Poincelot ?
POINCRLBT.
Vous oubliez en co moment quo je suis marié et que je tuis venu à Paris tout exprès pour plaider contre ma femmo ; je pensais vous l'avoir dit. Quel plus beau procès on adultère pourraiton offrir à monsieur Maurice ?
CIIANFVlLLIBftS.
Et quand l’entamerez- vous ce procès?
rOIHCSLBT.
Ah 1 cela no tardera pas, je n’attends plus que lo flagrant délit, et je l’aurai! Mais venez, allons entendre la fin do cotto admi- ; rablo plaidoirie, dont à titre d’ancien avocat, d’ancien juge , de député . vous apprécierez cent fois mieux que moi le mérite et la raro supériorité.
CIIAMPVILLIERS.
J'ai lo regret do vous refuser.
poincelbt.
Quoi ! vous no m’accompagneriez pas ? mais lo tribunal est h votre porte.
CBAMPVILLIERS.
Serait-il chez moi que je n’y as-isterais pas davantage. tOtXCUR.
Mais la raison ?
CHAMrvii.u tus.
Fût-il un Démosthène , un Cicéron , un Mirabeau , je ne consentirais jamais h écouter un avocat qui plaide pour rien, i.’ust ; ma religion.
fOIVCElET.
Jo les respecte toutes. Mais, moi aussi, j’ai la mienne, et jo vous demanderai la permission de me rendre au tribuual.
CHAMPVILLIERS.
Allez, mon ami, allez ! ( Poiucclet sort.)
s crm s xxx.
CHAMPVILLIERS, seul.
Plaider pour rient où allons-nous, mon Dieu ! où allons-nous? Sans doute, je suis fier du talent do M. Maurice, mais y a-t-il du bon sens à prodiguer ainsi l’éloquence ? L’éloquenco se vend comme autre chus/». Son tailleur l’habille-t -ü gratis? son propriétaire pousse-t-il le délire de l’humanité, jusqu’il le loger pour rien ? Je ne sais quel étrange iulérêt lui inspire celte femme? Le jour do son arrestation chez madame do Valpin, il montrait déjà pour olle, jo m’en souviens, uno pitié inexplicable dont ma femmo et ma fille furent justement blessées. Il a trop do cœur pour un avocat.
it domestique, annonçant.
Madame la comtesse de Valpin.