SCENE II
MARCELLY, seul, se regardant dans la glace.
Pauvre Marcelly! as-tu l’air assez avoué, mon bonhomme J Et toi, Camille, ma femme, diable de petit ange!... pourras-tu me soupçonner de courir le guilledou dans ce costumc-lA...., une femme jalouse! c'est gentil!... mais c’esl ennuyeux!... Voyons* où dois-je aller* chez monsieur Janodct pour cette liquidation, on chez madame Guingand? Madame Guingand, c’est une vieille !.. ma femme m'a interdit les clientes audessous de cinquante ans... j’ai été obligé de m’arranger avec Grégoret, un confrère .. il m’envoie les vieilles, et moi je lui envoie les jeunes ., je suis avoué en vieux. C’est humiliant!.. Enfin !... ou dois-je aller d’abord* Je ne sais plus ce que j’ai fait de mon carnet.. Je suis sûr que Camille me l’a dérobé pour voir s’il ne renfermait pas quelque pièce accusatrice... (Il cherche dans ses poches et sur la cheminée.) Ça, ça m’est égal., je n’ai rien & craindre... je lui ai mémo ordonné de décacheter toutes mes lettres! et elle m’a obéi... Eh bien ça ne fait rien... elle me soupçonne tout de même... à la promenade, avec elle, je n’ose pas lever les yeux... je connais le macadam, allez !... ça n’est pas drôle!... au spectacle, je n'ose pas regarder les actrices... je lis le Moniteur... toute la soirée... Ah! cependant si, une fois, elle m'a prêté sa lorgnette pendant tout un sjieo tacle. au Palais-Royal, chez Séraphin, c’était bien joué!... Abl une femme jalouse... c’esl gentil... mais c'est ennuyeux... Je m'en vais chez monsieur Janodetet chez madame Guingand... [Il remonte.)