DISTRIBUTION DE LA PIÈCE
LE 9 ATRIL 1851.
MARCELLY, A?oaè (33 an»)
FERNAND, coiuio il* MaroaUy et ton 1" dut 123 an»). G K KG OR ET, avoo* |50 an»)
MM. N cm».
Linpbol fil».
Montai.
GERMAIN , dome»tiqn« de Marcelly. . .
CAMILLE, femme d* Marwllr (*0 an»). .
ANGÈLE, wave amie de Camille (*4 M«).
M. Pauro*.
. M ,u * LcTuea-
Devant*»
MIDI A QUATORZE HEURES
Vu prlil salon; deux parle s nu fond, dan» les angles de droite el de gauche. — Au fond, au milieu, une cheminée, et au-dessus une glace sans tain, par laquelle on voit dans le jar din ; au premier plan, à gauche, un piano avec de la musique dessus ; à droite, une causeuse, et, devant, une table à ouvrage. Au milieu du salon un guéridon.
SCÈYE PREMIERE.
MARCELLY, GERMAIN.
iîarceUy est debout devant un e glace qui est à gauche, au-dessus du iiiunu, et achève sa luildte. — Germain lui présente une cravate. ï
MARCELLY.
Non, pas celle-là... la vieille.
germain, lui donnant une autre cravate .
Voilà, monsieur.
MARCELLY, à part.
Elle est affreuse !... enfin !
germain, mime jeu.
L'habit de monsieur!
MARCELLY.
Pas celui-là... le vieux!... Oh! que c'est ennuyeux, un nouveau domestique! il laul tout lui dire.
GERMAIN
Monsieur ne mettra donc jamais son bel habit neul“
MARCELLY.
mettrai quand il sera vieux.
GERMAIN
Tiens !
MARCELLY.
D’ailleurs, je l’ai déjà mis.... une fois.... pour aller foire des
asiles.
Ali! oui... avec madame...
MARCeLLY.
Donne-moi mon chapeau.
f GERMAIN.
Via le vieux.
MARCELLY.
Dien.
GERMAIN
C'est drôle, monsieur ne s’habille jamais quand il sort sans madame.
MIDI A QUATORZE HEURES
MARCELLY.
Tu m'ennuies. D’ailleurs, est-ce qu’on a besoin
de toilette quand on sort tout seul (encore plus haut, en se retour nanl vers ta droite) pour ses affaires?
CUVAIS.
Tiens... comme monsieur crie...
MARCELLY.
Tu m’ennuies, va-l’en.
Cbhmain, à part.
C’est pas la peino d'avoir des habits pour ne les mettre jamais. (Haut.) Je vas atteler le cheval.
NARCILLY.
Ou» le vieux... (Se reprenant.) Va-t’en donc, je to dis que tu m’ennuies.
GERMAIN
Parce que je vas atteler le cheval? Tiens, c’est drôle. (Il sort parle fond à yuu che.)
SCEXE II.
MARCELLY, «eut, te regardant dans la glace.
Pauvre llarcelly! as-tu l’air assez avoué, mon bonhomme f Et toi, Camille, ma femme, diable de petit ange!... pourras-tu
me soupçonner de courir le guilledou dans ce costumc-)à
une femme jalouse! c'est gentil 1... mais c’est ennuyeux!... Voyons? où dois-je aller? chez monsieur Janodel pour cette liquidation, on chez madame Guingand? Madame Guingand, c'est une vieille !.. ma femme ni a interdit les clientes audessous de cinquante ans... j’ai été obligé de m'arranger avec G régoret, un conlière .. il m’envoie les vieilles, et moi je lui envoie les jeunes .. je suis avoué en vieux. C’est humiliant!.. Enfin!... ou dois-je aller d'aboot? Je lie sais plus ce que j’ai fait de mon carnet... Je suis sùr que Camille me l'a dérobe pour voir s’il ne renfermait pas quelque pièce accusatrice... \ll chercha dans ses poches et sur ta cheminée.) Ça, ça m’est égal., je n'ai nen à craindre... je lui ai même ordonné de décacheter toutes mes lettres! et elle m'a obéi... fch bien ra ne fait rien... elle me soupçonne tout de mémo... à la promenade, avec elle, je .n'ose pas lever les yeux... je connais le macadam, allez !... ça n’est pas drôle!... au spectacle, je u’ose pas regarder lesactnees... je lis le Uonileur... toute la soirée... Ah! cependant si, une fois, elle m'a piété sa lorgnette pendant tout un spectacle, au Pnlate-Royal, chez Séraphin, c'était Lien joué!... Ah! une femme jalouse. . c’est gentil... mais c’est ennuyeux... Je m'en vais chez monsieur Janodel cl chez madame Guiugand... (Il remonte.)