‹ Le livre (volume 3)Chapitre 26 sur 103 · GIGANTESQUE · texte numérisé non relu

GIGANTESQUE

N 1S02, un commis libraire, né en Allemagne, mais depuis longtemps familier avec le commerce parisien , Guillaume Fleischer , publia un Annuaire de la librairie ou Répertoire de la littérature pour l'an IX de la République française; cette tentative, que devaient renouveler de nos jours, avec plus de mesure, M, Reinwald, puis M. Otto Lorenz, eut assez peu de succès et l'auteur s'en tint là tout d'abord; mais, en 1806, il distribua le prospectus d'un Ma~ nuel de la librairie française moi existait comme livres de fonds et en de la province ; cette fois encore, le écouxagea pas et, mettant en œuvre I lança en iSia (au moment même Lussie) les deux premiers volumes française, renfermant seulement les très, dis-je, car Fleischer avait eu 1^ dépouillements, non pas même par ot du titre de chaque ouvrage. Ce n diaionnaire de livres anonymes, ition de vingt-quatre ou vingt-cinq : devaient elles-mêmes former trois inyme, le plan impratique, l'auteur ioo exemplaires) : autant de motife ais. Fleischer retourna-t-il en Aile- Lacroix'? Je l'ignore. 11 mourut le onsacrant, près d'un an après, une muscrii du Dictionnaire de biblioert, rue du Paon-Saint-André, et que

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celui-ci arait également en magasin quelques exen:plaîres des œsTres de Fleischer. Le premier de ces renseignements contredît Panckouke qai, dans Ton des documents inédits qu'on ra lire, se représente comme ayant continué depuis plusieurs années le trarail du bibliographe allemand. Aucune de ces pièces ne porte de date, mais elles ont dû être rédigées entre 1821 et 1825, année de la mort d" Antoine-Alexandre Barbier. Cest au fils aine de celui-ci, M. Louis Barbier, ancien conservateur de la bibliothèque du Louvre, que f en dois la communication. C.-L-F. Panckouke, si Ton en croit Quérard, aimait fort à se parer des plumes d'autrui ; et le projet de traité que voici ne dément pas son dire :

« M, C.-L,-F. Panckouke, propriétaire de Timmense travail bibliographique de feu M. Fleischer, dont les deux premiers volumes ont été publiés en 18 12, travail que M. Panckouke a continué depuis plusieurs années, désirant le faire imprimer sous le titre de Bibliographie générale de la France, a proposé à M. Barbier et à M. Beuchot de se joindre à lui pour la publication de cette importante collection.

€ M. Barbier et M. Beuchot, convaincus de Inopportunité et appréciant tout rintérét de cette vaste bibliographie, ont agréé les propositions de M. Panckouke.

« En conséquence, il a été convenu ce qui suit :

« Article i*'. — M. Panckouke complétera le travail de M. Fleischer jusqu^à ce jour, dans Tordre alphabétique déjà adopté.

« Art. 2. — M. Barbier et M. Beuchot se chargent d^examiner ce travail avant de le livrer à la composition^ de suppléer les titres de livres omis, de retrancher ceux qui feraient double emploi et enrichir le tout de notes et d^additions.

« Art. 3. — Après le premier travail de M. Barbier et de M. Beu* chot, on composera, et ces messieurs s^engagent à revoir et à corriger autant d^épreuves quMls jugeront nécessaires pour parvenir à la plus grande correaion possible.

« Art. 4. — M. Barbier et M. Beuchot recevront chacun mille francs par volume de trente-cinq feuilles, savoir cinq cents francs pour les corrections des épreuves et cinq cents francs pour les additions, notes, et, en général, pour tous les soins donnés par eux, afin d^atteindre le plus haut degré de perfection possible d^un ouvrage de la nature de celui dont il s^agit, et dont le manuscrit sera en toute propriété à M. Panckouke.

« Art. 5. — MM. Barbier et Beuchot s^engagent de la manière la plus formelle à mettre M. Panckouke à même de terminer l'impression du premier volume dans l'espace de deux ans, à partir de la date du présent acte.

« Art. 6. — MM. Barbier et Beuchot promettent aussi de la manière

LES ÉPAVES D'UN PROJET GIGANTESQUE iji

la plus formelle de mettre M. Panckouke en état de publier au moins quatre volumes par an.

<( Art. 7. — En cas de maladie de Pun de messieurs les collaborateurs qui arrêterait pendant plus de quinze jours Timpression, le travail serait continué par intérim, aux frais de la personne malade, par un collaborateur que MM. Barbier, Beuchot et Panckouke choisiraient d^un commun accord.

« Art. 8. — MM. Barbier et Beuchot s^engagent sur leur parole d'honneur à ne point travailler -concurremment à une autre entreprise du même genre, ni dans aucun temps à une entreprise qui serait Tabrégé de celle-ci. »

C'était draconien, on le voit. Ce traité enflamma la bile de Beuchot, et de sa petite écriture nerveuse et recroquevillée, il jeta tout aussitôt sur le papier les observations suivantes :

« I® Le préambule est inutile* tel qu'il est;

« 2<' La suppression du préambule nécessite des changements dans les articles suivants ;

« 3* (Article 2.) Nous ne pouvons enrichir le texte de notes et cTad' ditions, tous les articles ne comportant pas des notes et les additions ne portant pas toutes sur les omissions de M. Fleischcr;

« 4" (Article 4.) Les modes et époques de payement ne sont pas indiqués ; la distinction de partie de la somme est déplacée ; sur ce même article, en désignant le nombre de feuilles de chaque volume, il fallait indiquer sa justification ;

« 5" (Article 5.) Il est question de commencer et non de terminer dans deux ans l'impression du premier volume;

« 6« Il faut désigner dans l'acte le titre de l'ouvrage ;

a 70 Désigner le nombre d'exemplaires qu'auront MM. B... et B... ;

« 8® (Article 7.) Le cas de maladie ne peut se prévoir ainsi ;

« 9* (Article 8.) MM. B... et B... ne vendant pas un ouvrage et ne faisant que revoir celui d'autrui, ne peuvent s'engager à la renonciation contenue dans cet article.

a Voici, au reste, sauf revision de notre part, un projet improvisé :

a M. Panckoucke, propriétaire des manuscrits de M. Fleischer, d'une part;

a M. B..., d'autre part;

« Et M. B..., aussi d'autre part,

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