W^^^^%^<^MO
Les premiers projets de bibliothèques publiques en Angleterre. — Nous avons eu l'occasion de signaler, en parlant de l'assemblée annuelle de la « Library Association », qui s'est tenue l'an dernier à Glasgow, divers projets pour l'établissement de bibliothèques publiques en Ecosse et en Angleterre, dont le plus ancien date de 1699. Les deux plus importants sont certainement dus à la même . personne, le révérend James Kirkwood, pasteur à Mintd, et se rapportent à l'Ecosse. Le second, qui paraît n'être qu'une extension et un renouvellement du premier, date de 1702. Mr. William Blades, bien connu pour son amour intelligent et érudit des livres, donne aujourd'hui, sous les auspices et aux frais de la Free Public Library de Wigan, où le bibliothécaire, Mr. Henry T. Folkand, en a découvert un exemplaire, peut-être unique, un fac-similé du premier projet. En voici le titre exact :
An I Overture | for | Founding and Maintaining I of I Bibliothecks | In every Paroch through- | out this I Kingdom : j Humbly OfFered to the Consi- I deration of this présent | Assembly. H Printed in the Vear 1699 (in-40, i5 p.).
Mr. W. Blades fait précéder cette réimpression, exécutée avec une exactitude archaïque étonnante, de quelques remarques préliminaires qui donnent une valeur pratique à cette publication, laquelle aura toujours une valeur de curiosité, car elle n'a été tirée qu'à cent exemplaires et elle constitue véritablement, en même temps qu'un document précieux pour l'histoire du livre, un tour de force typographique ^
Italie. — La bibliothèque nationale centrale de Florence a entrepris un catalogue raisonné des très nombreux autographes qu'elle possède. Chaque pièce est enregistrée au moins trois fois : i« au nom de la personne qui l'a écrite; 2« au nom de la personne à qui elle est adressée; 3" aux noms des personnes qui y sont mention-
nées.
^ft0t0^0t0*0*0*^^^^»
Catalogues. — Une des ventes les jdus se* rieuses— nous ne disons point passionnantes — de
I» Proposais made by Rev. James Kirkwood (Minister of Minto) in 1699, to found public Librmries in Scotland. Reprinted Verbatim et Utentim from the rare copy in the Free Public Libnuy, Wigan. ^Itih Introductory Remarks by William Blades. Londoiu 1889. Privately Prinled, in-4«. 9^5 p.
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
ces temps derniers à été celle de la bibliothèque protestante de feu M. H. Th. Lutteroth, qui, outre les ouvrages spéciaux, contenait plusieurs pièces curieuses du xvi* siècle. La maison Labitte en a publié le catalogue avec quelques lignes de préface par M. £. de Pressensé. La vente a eu lieu salle Sylvestre, du 3 au 8 juin.
Du 12 au 20, dans la même salle, les mêmes libraires ont vendu une grande quantité de livres anciens et modernes^ dont le catalogue pour contenir 1,22 2 numéros, ne présente que bien peu d'ouvrages véritablement rares ou curieux.
A Londres, les Sotheby, Wilkinson et Hodge n'ont pas chômé. Du 6 au 8 juin, c'était la bibliothèque de feu C. J. Knight, riche en missels, heures et manuscrits enluminés; du 12 au 17, une collection de provenances diverses contenant de précieux Americana^ des gravures intéressantes, des manuscrits autographes du poète lauréat Tennyson, des livres illustrés par Cruikshank, Rowlandson et Leech, e{c., etc. ; le 18, une partie de la bibliothèque de Mr. T. B. T. Hildgard, où dominent les grandes éditions des classiques latins, français et italiens; du 19 au 22, la seconde partie de la bibliothèque du comte de Crawford : missels, rituels, bibles en toutes langues, reliures artistiques et historiques, chansonniers espagnols, exemplaires uniques sur vélin, chroniques, romans de chevalerie, éditions princeps des classiques, tout un trésor que le possesseur détaille et explique aux amateurs dans une courte et dense introduction ; — enfin, du 24 au 29, les manuscrits de Burton Constable, si importants pour l'histoire locale de l'Angleterre, avec de vieux et précieux livres anglais, français et latins, et une belle bible latine manuscrite, exécutée en Angleterre vers le commencement du XIII* siècle.
Parmi les catalogues à prix marqués nous citerons : le n^ 2 du Catalogue Labitte, qui com* mence à la lettre L, et ne comprend pas moins de 2826 numéros ; comme toujours, des notes bibliographiques d'une réelle valeur accompagnent la mention des articles de quelque importance; — le Catalogue mensuel de la librairie
Th. Belin, pour juin; — le numéro de mai du Bibliophile de Guienne (V« Moquet, Bordeaux) ; — les n<»* 3 et 4 du Bibliophile du Bas-Languedoc^ publié mensuellement par M. Saturnin Léotard, libraire à Clermont-l'Hérault, avec des études originales ou des documents inédits et curieux ; il donne en ce moment les lettres inédites du naturaliste Moqliin-Tandon à Auguste de Saint-Hilaire.
De l'étranger, Bernard Quaritch (Piccadilly, Londres) nous envoie un riche catalogue de grands livres d'histoire naturelle et de science. C'est le n« 97 de ses Rough Lists, Nous avons aussi reçu les catalogues de la Librairie Charles Peeters, à Louvain (juin-juillet), de la librairie Levino Robecchi, à Milan (avril et mai), et de la maison d'édition Edoardo Perino, à Rome (juin).
Nous devons une mention spéciale au cata* logue général de l'éditeur Ulrico Hoepli, de Milan, comprenant les livres mis en vente par lui de 1872 à 1889, au nombre de plus de 800. Ce catalogue, qui forme un élégant volume, se divise en 12 sections : Œuvres d'art — Bibliothèque technique — Agriculture — Sciences naturelles — Géographie — Histoire et Sciences qui s'y rattachent — Études juridiques — Bibliothèque scientifique et littéraire — Grammaires, dictionnaires et livres scolaires — Livres pour les enfants — Manuels Hœpli — Publications des Instituts scientifiques. — Un appendice est consacré aux Périodiques et à la Librairie ancienne. Outre les ouvrages parus, ce catalogue annonce plusieurs œuvres importantes qui paraîtront pour la plupart avant la fin de l'année courante ; tels sont : Storia Orientale et Storia Greca, de Gentile, dans la collection des Manuels; Contralto di trasporto, par Vidari; Diporti e Veglie, par Massarani ; Ristauri e Concorsi, par Birto ; VArte in famiglia, par Melani, etc., etc.
Enfin nous appelons l'attention sur le Catalogue des publications artistique de l'éditeur Ferd. Ongania, de Venise, dont nous avons eu l'occasion plus d'une fois de louer les somptueuses publications, principalement une splendide et détaillée monographie de la basilique de I Saint-Marc.
'tlïj
PUBLICATIONS NOUVELLES ET ANNONCÉES
en France et à t Étranger
35jShw
FRANCS
M. E. Molinier, attaché au Musée du Louvre, est depuis trop longtemps connu et apprécié par ses travaux, pour qu'il soit utile de les rappeler encore* Bornons-nous à signaler à l'attention des amateurs de beaux livres son dernier ouvrage : Venise y ses Arts décoratifs ^ ses Musées, ses Collections. Ce remarquable volume est édité par la Librairie de VArt^ avec le soin et le luxe qui lui ont valu la légitime réputation dont elle jouit depuis longtemps.
L'auteur de « Venise » est un érudit doublé d'un homme de goût; son livre est l'histoire très complète de l'art sous toutes les formes, dans l'illustre République qui a produit tant de merveilleux artistes.
Ces multiples formes de l'art sont très consciencieusement étudiées et expliquées, en un style clair et précis. Il est à peine besoin d'ajouter que chacune des parties de l'ouvrage est illustrée de splendides et nombreuses gravures.
Des eaux-fortes, hors texte, complètent ce magnifique volume, dont la place est marquée dans la bibliothèque de quiconque s'intéresse à l'art et à son histoire*
— Le mouvement littéraire au xix« siècle, par M. Georges Pellissier. i vol. in-i6, 2 fr. 5o (Librairie Hachette et C"). — Ce livre a pour objet de retracer dans ses phases successives le mouvement littéraire du siècle, depuis Chateaubriand et Madame de Staôl jusqu'à nos jours. Il se divise en trois parties : la première s'étend jusqu'à l'avènement de l'école dite romantique, la seconde est consacrée au romantisme, qui domine notre littérature jusque vers le milieu du siècle, la troisième au réalisme, dont l'influence est encore toute -puissante sur l'art contemporain. L'auteur ne s'est pas borné à exposer les idées, les théories, les systèmes; il a aussi étudié en particulier les hommes et les œuvres, sans toutefois perdre de vue le titre de son livre; et, n'écrivant point un Tableau de la littérature, mais une Revue du mouvement littéraire au XIX* siècle, il n'y a fait entrer, avec les écrivains qui ont donné le branle à leur temps, que ceux qui ont dans la littérature contemporaine une figure bien distincte et originale. Donner une
idée générale et précise à la fois des principales écoles littéraires qui se sont succédé en notre siècle, et rendre avec le plus de relief possible la physionomie particulière des écrivains qui en demeurent les représentants caractéristiques ^ tel a été son but«
— Œuvres inédites de L, Veuillot, — Louis Veuillot a laissé de nombreux manuscrits : l'un est un travail développé et conçu à un point de vue tout nouveau sur Raphaël et ses œuvres ; les autres sont des chapitres de divers ouvrages qu'il avait annoncés : les Choses de la vi>, les Cyniques^ les Figures d*à présent. Quelques mauvaises paroles, Voyage en cuistrerie. De ces ouvrages, traitant, comme les Libres Penseurs^ Cà et lày les Odeurs de Paris, de sujets variés, beaucoup de morceaux sont complets.
M. Eugène Veuillot, qui se reproche de ne pas les avoir déjà publiés, en promet un volume pour la fin de Tannée.
— Le premier volume des Chartes de l'Université de Paris, préparé par le Père Denifle et par M. Châtelain, a été publié sous les auspices du Conseil général des Facultés de Paris et figure à l'Exposition.
— Le prince de Bismarck démasqué! Nouvelle Revue, i vol. in-8*. Prix : 6 francs. — C'est sous ce titre que M. Charles de Maurel publie aux bureaux de la Nouvelle Revue un ouvrage, tout d'actualité, qui est appelé à avoir en Europe un grand retentissement. L'auteur étudie, à propos d'un incident d'un intérêt en apparence secondaire : « l'élection du prince Ferdinand de Cobourg au trône de Bulgarie », toutes les combinaisons delà diplomatie de M. de Bismarck, et en dénonce les plus subtiles et les plus perfides manœuvres.
Ce chapitre d'histoire contemporaine embrasse les événements qui se soçt passés en Europe depuis le mois de juillet 1887 jusqu'au !•' janvier 1888. Pendant ces six mois, la politique du chancelier est étudiée et exposée avec une science de détails, fondée sur la communication de nombreux documents de chancellerie. La lecture de ce livre ne sera pas utile seulement aux diplomates, qui y trouveront des documents nouveaux d'une haute importance; elle appor-
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
tera encore à quiconque s'intéresse auï choses de la politique, de précieux renseignements sur l'organisation de la chancellerie allemande, et sur les moyens d'action que met en œuvre le chancelier pour assurer le succès de sa diplomatie. Elle convaincra surtout le lecteur français de l'activité persévérante et multiple avec laquelle la politique allemande poursuit la ruine délinitive de la France qui assurerait, suivant l'expression du chancelier, la paix du monde, c'est-à-dire la prépondérance de la Prusse sur l'Europe diminuée. L'œuvre de M. de Maurel atteint donc le but le plus élevé que puisse viser le patriotisme français, et se recommande à la plus sérieuse attention de tous célax qui ont à cœur les intérêts de la France et son rôle dans le monde.
Principes d' Économie politique, de John Stuart Mill, avec une introduction par M. Léon Roquet (Guillaumin et C"). i vol. in-32, avec portrait : 2 fr.). — John Stuart Mill, est un des penseurs les plus vigoureux du siècle. Ses livres sur la Logique, le Gouvernement représentatif, la Liberté, etc., sont connus du monde entier ; ses travaux sur le droit des femmes et la représentation des minorités ont éveillé partout l'atten-
Non moins fameux sont les Principes d'Économie politique, dont M. Léon Roquet a extrait les passages propres à en faire connaître la méthode et les grandes lignes, et auxquels il a joint une savante introduction dans laquelle il a dessiné la physionomie du grand philosophe, comme homme et comme penseur.
Cet ouvrage forme le neuvième volume de la Petite Bibliothèque économique française et étrangère entreprise parla maison Guillaumin.
Les Curiosités de l' Exposition de i88g, par Hipp. Gautier. Un vol. in-12, broché, 1 franc. Librairie Delagrave, i5, rue Soufflot, Paris. — Que faut-il au visiteur de l'Exposition ? Une carte qui soit claire et des explications qui lui indiquent quels sont, les objets ou les édifices les plus curieux et les plus essentiels à voir, en quoi consiste leur mérite ou leur singularité et quelle place ils occupent. Cest ce que la librairie Delagrave offre au public sous ce titre : /et Curiosités de l'Exposition. Ce volume contient, avec 144 pages d'un texte très substantiel, une carte en cinq couleurs, des plans de détail, des vignettes et des vues. Conçu dans un but essentiellement pratique, par ses descriptions, ses renseignements multiples, ses itinéraires mêmes, il évite au
visiteur toute perte de temps, il lui épargne aussi le risque de passer sans le remarquer à côté de ce qu'il importe de voir. Pour beaucoup de personnes enfin, ce petit guide restera comme un mémento des visites faites à l'Exposition.
Le Mémorial du Centenaire, par H. Gadtier,
fascicule in-4*, illustré de 60 reproductions de gravures de 1789. Un franc. Librairie Ch. Delàgrave, i5, rue SoufBot, Paris.
Ce Mémorial composé à l'occasion des fêtes et des anniversaires de cette année pour quu le lecteur puisse retrouver facilement, comme dans une sorte de répertoire commode k consulter, les souvenirs, les dates et les noms qui seront à tout propos évoqués devant lui, contient :
Une esquisse générale de l'année 17S9. — Un calendrier historique donnant tpois par mois, jour par jour, les faits mémorables de cette année.— Des notices : 1° sur la maison de France; 2' sur les ministres d'alors; 3" sur les députés les plus illustres des États généraux (avec une liste complète de ces députés}; 4° sur les publicistes et les journaux de 1789; 5" sur les liti orateurs, les artistes célèbres et' les savants de cette cpoqur;. — Un tableau de l'industrie et des inventions au moment de la Révolution française, les théâtres et les représentations scéniques en 17S;). — Les monuments et vestiges de 1789 à visiter à Paris, etc., etc.
Le tout est accompagné de très nombreuses gravures, portraits, scènes, vues, plans, etc.
La Grande Encyclopédie. — On saii que les articles scientifiques publiés par la Grande Encyclopédie sont des travaux originaux, signés p.tr les spécialistes les plus en vue. Nous citerons comme nouvelle preuve la livraison ]S4, qui contient au mot Bulbe une étude d'anniomie, de physiologie et de pathologie de MM. les docteurs Kuhff, de Varigny et J. Lemoine et une étude de botanique de M. Maury- Lire dans la même livraison les articles sur la Bukovine et .sur la Bulgarie, par M. Louis Léger, du Collège de France.
M. Ed. Bourgoin, l'éminent chimiste, donne, dans la 186* livraison, une série de travnux sur le Bulyle, les Butylènes, les Butylglycals. les Alcools et Aldéhydes Bulyliques, le Buiyramide, le Butyranilide, les Butyrines et les Acides Butyriques, que nous recommandons aux spécia-
M. C Bayet, dont la compétence en l'histoire de l'Orient latin est universellement connue et
hautement appréciée, a écrit une substantielle étude sur YEmpire et sur l'Art byzantin, que nous signalons à nos lecteurs. Ils la trouveront dans la iSy* livraison.
La i88* renferme : une histoire humoristique des Cabarets^ où Ton décrit les plus curieux de ces établissements, depuis la plus haute antiquité jusqu'à nos jours; une remarquable étude de M. Lœb sur la Cabale juive; deux monographies très fouillées sur les Cabinets de lecture et sur le célèbre Cabinet noir, où Ton trouvera les détails les plus complets sur l'origine et les transformations successives de cette institution qui a existé sous tous les gouvernements, bien qu'ils l'aient tous niée ; un travail étendu et fort savant de M. Hild sur les Cabires, qui jouent un rôle si important dans la mythologie grecque; enfin un grand article industriel sur la fabrication et l'emploi des Câbles.
— Chez Maurice Dreyfous : le Poème, publication nouvelle à 5oo exemplaires. Le second fascicule, celui de mai, contient : la Chanson des Mois, de M. Victor Barrucand.
— Nouveaux Journaux et Périodiques,^- Sous le titre : Art et Critique, une nouvelle revue hebdomadaire du samedi a commencé à paraître en juin (7, rue des Canettes; 12 fr. par an). M. Oscar Ménétier y donne, dans le troisième numéro (i5 juin), quelques réflexions curieuses à propos de sa pièce récemment représentée au Théâtre- Libre : la Casserole,
— Le célèbre reporter Fernand Xau est devenu, sans quitter ses. fonctions à VÉcho de Paris^ le rédacteur en chef du journal V Amérique, paraissant le samedi, sous la direction de M. F. de Santa-Anna Néry (40, rue Laffitte; 10 fr. par an); son programme est de a faire connaître les affaires de l'Amérique à l'Europe et réciproquement. » Il va de soi qu'il s'agit surtout ici de l'Amérique latine.
— A la fin d'avril a commencé la publication de la Chronique indépendante^ revue bi-mensuelle littéraire, artistique et mondaine, dont le rédacteur en chef est M. Éniile Charmais (i, rue Garancière; 10 fr. par an; un numéro : 3o cent.). Pour n'être pas plus vieille,, elle a déjà eu le temps de changer de titre : ses trois premiers numéros avaient paru sous le nom de Chronique française.
— L'Information parisienne^ journal hebdomadaire, politique, littéraire, artistique et sportif, avec M. G. Rébillat pour directeur, et M. G. de Tichey pour rédacteur en chef, a commencé sa publication en mai dernier, à la Librairie contemporaine, 77, rue Saint-Lazare.
— Une revue littéraire bi-mensuelle à 25 centimes, la Plume (36, boulevard Arago), qui a pour directeur M. Léon Deschamps, publie des fragments inédits de Paul Verlaine et autres morceaux de prose et de vers suivant les nouvelles formules. Ce n'est, d'ailleurs, inintelligible que très rarement. Chaque numéro contient un portrait d'écrivain contemporain. Si ces portraits sont ressemblants, les originaux n'ont pas, à l'ordinaire, de quoi s'en féliciter.
— Le Siècle d'argent ^ revue documentaire pour servir à l'histoire de notre temps, a lancé son premier numéro le i5 mai. C'est un journal bi-mensuel, dont le rédacteur en chef est M. Martial d'Estoc.
BTRANGBR
Allemagne. — Engelhorn's Allgemeine Roman-Bibliotek (Stuttgart)^ — Cette collection, que nous avons plus d'une fois signalée à l'attention de nos lecteurs, vient de s'enrichir des ouvrages suivants : Wie in einem Spiegel (Comme dans un miroir), roman en deux volumes, par F. C. Philips, traduit de l'anglais par A. C. Wanderer; — Schnee (La Neige), roman, par Alexander L. Kielland, traduit du norvégien, par M. Ottesen; — Jean Mornas, par Jules Claretie, traduit par Auguste Scheibe ;— Auf der Fahrte, traduction faite par Natalie RUmelin du roman de H. F. Wood, intitulé The Passenger from Scotland Yard (2 vol.) ; — Satisfaction, Das f ^rsprungen Gluck, et la Speran^a, trois nouvelles par Alexander baron von Roberts, et Die Scheinheilige (la Fausse Prude), traduction, parStephan Born, d'un' livre assez connu de l'écrivain belge Caroline Gravière (Estelle Ruelens).
— Nous empruntons à la Revue critique les informations suivantes :
— M. W. Fœrster cesse de diriger VAltfran- ^œSische Bibliothek, mais il inaugure une Romanische Bibliotek (Halle, Niemèyer), qui a déjà publié une réimpression de Cligès et une édition de l^ncienne version du livre des Macchabées,
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
Cette collection renfermera des textes en petit format et à bon marché (Poema del Cid, Nobla Leygon, Planctus Mariae provençal, Ivain^ JaU' fré, etc.) .
— M. K. Zwierzina a trouvé, dans un manuscrit des archives de Constance, un nouveau texte complet du Grégoire de Hartmann d'Aue et une Vie de sainte Marguerite du xii« siècle dont l'auteur se nomme Wetzel.
— Une édition critique du HUrnen Seyfrid est préparée par M. W. Golther pour les « Réimpressions B de Braune.
— La collection Vollmœller (monuments de la langue et de la littérature anglaise) comprendra le Jew of Malta, p. p. Wagner; John Heywood's Interludes, p. p. Fischer ; Philaster, The Knight of the Burning Pestle^ de Beaumont et Fletcher, p. p. Leonhardt; Gismonde o/Salerne, i568 ; édit. crit. des œuvres de Ben Jonson par W. Wilke, etc.
— M. O. Bremer prépare la publication d'une collection de grammaires des dialectes allemands (Leipzig, Breitkopf et Haertel) ; la première, qui paraîtra par les soins de M. Maurmann, est consacré au dialecte de MUlheim sur la Ruhr; M. Bremer fera précéder sa collection d'une courte Deutsche Phonetik,
— Nous enregistrons l'apparition d'une nouvelle revue allemande format in-i6, publiée chez Armin Bouman, à Leipzig, avec cette belle devise qui, nous voulons le croire, sera toujours elle-même une vérité : Wahrheit gegen Freund und Feind, Le titre est Litterarische Correspond den^ und Kritische Rundschau, et le directeur, M. Herman Thom a su en faire un recueil intéressant et varié. (Un an : i,5o mark; un numéro : 40 pfg).
Angleterre. — Publications de Macmillan et 0«. — La maison Macmillan et C'*, de Londres, a mis en vente dans le courant de mai une nouvelle édition des Essais de Bacon, avec introduction et notes par Mr. F. G. Selby. Ce volume (in-8»; 4 fr. 35) fait partie de leur English ClaS" sics Séries; Essais, chiefly literary and ethi" cal y par Aubrey de Vere (in-8"; 7 fr. 5o); un nouveau volume de la collection intitulée English Men of Action : Wellington, par George Hooper |
(in.8«; 3 fr. 10); French and English, A Compamon, par Philip Gilbert H amerton(in-8o; 1 3 fr. 10), ouvrage sur lequel nous aurons certainement occasion de revenir ; Darwinism^ exposé de la théorie de la sélection naturelle, par Alfred Russel Wallace (in-8»; 11 fr. 25), et plusieurs autres livjes de science et d'érudition.
— Signalons une nouvelle publication périodique de la maison Cassell et C»«, Thé Story of the Heavens (L'Histoire des Cieux), par Sir Robert S. Bail. L'ouvrage paraît en livraisons illustrées à 70 centimes, et sera complet en 18 livraisons*
— Le i«» juin a paru à Londres The New Review (éditeurs : Longmans, Green et C*"), dirigée par Mr. Archibald Grove. Le but de la Revue est de mettre à la portée de tous la connaissance du mouvement intellectuel et scientifique à notre époque. Elle compte des écrivains de premier ordre parmi ses collaborateurs, et ne co(ite que 6 pence (60 centimes) le numéro.
Belgique. — El Moghreb al Aksa, — Sous ce titre, l'éditeur Ferdinand Larcier, de Bruxelles, met en souscription un ouvrage où M. Edmond Picard raconte une mission au Maroc, avec un frontispice d'Odilus Redon, 24 grandes planches hors texte et i3 culs-de-lampe par Théo van Rysselberghe. C'est une édition de grand luxe, tirée à 2o5 exemplaires, in-4«, en caractères elzéviriens saint-augustin, sur papier a chromo de cuve spéciale » whatever it may be, comme dirait un Anglais. Le tout, y compris l'emboîtage artistique, au prix de cinquante francs.
États-Unis. — Publications de la maison Houghtony Mifflin et 0\ — Sous le titre commun de The Riverside Paper Séries, cette maison a entrepris, depuis le mois de juin, une collection de romans, réimpressions ou originaux; les livraisons se succèdent de quinzaine en quinzaine^ en gros caractères, sur beau papier et dans une élégante couverture, au prix de 2 fr. 5o la livraison. Les premières oeuvres publiées sont : John Ward^ preacher, par Margaret Deland ; The Scarlet Letter^ le chef-d'œuvre, si célèbre partout de Nathaniel Hawthorne ; Where the battle waS fought^ par^Charteâ Egbert Craddock (Mary N. Murfree); The Queen of Sheba^ psiT Thomas Bailey Aldrîch; The Stbry ofAviSy par Elizabeth Stuart Phelps; The Fend ofOakfield
'ii^
Creekj par Josiah Royce; Agatha Page, par Isaac Henderson ; The Guardian Angel^ par Oliver Wendell Holmes, l'auteur de « La Dernière Feuille » ; A Step aside, par Charlotte Dunning ; An Ambitions Wanan, par Edgar Fawcett.
Elle a mis en vente, le 5 juin : The Beginnings of New England^ par John Fiske (i vol. in-8'; I o fr.) ; Indoor Studies^ chapitres de critique sur des écrivains américains, par John Burroughs (i vol. in-i6, 6 fr. 25), etc.
Italie. — Une revue consacrée aux études dantesques paraît le premier de chaque mois, depuis avril, à la librairie Olschki, de Vérone. Elle a pour titre : V Alighieri ^ rivista di cose Dantesche. Elle est dirigée par M. F. Pasqualigo (prix de l'abonnement annuel : 1 6 fr.) .
— Nous tenons à signaler une aimable fantaisie d'érudit amant des Muses. M. Carlo Arrigo Ulrichs publie à Aquila degli Abruzzi (Italie) une
petite feuille bi-mensuelle intitulée Alaudœ. Ce titre, d'inspiration ailée et celtique, est suivi de ce commentaire bilingue : a Hse paginas bis mense in lucem prodeunt, parvis dedicatae studiis,parvisque Camœnis. — Journal latin international périodique. Prix d'abonnement : i mois, 40 cent.; 2 mois, 80 cent.; 3 mois, i fr. i5. s Et voici le début du premier numéro qui a paru « Aquilse pridie nonas Majas » :
Ad meas Alaudas.
Quid, meae, quid, parva cohors, alaudœ, Vultis aut cur sic agitatis alas i Spernitis nidum ? Cupitis secare Aéra pennis i
Prettyy is'nt it?
Houmanie. — La librairie Sucec, de Bucarest, entreprend la publication des poésies posthumes de M"« Julie Hasdeu, décédée Tannée dernière, à l'âge de 20 ans, à Bucarest. Ces poésies sont en français et généralement fort remarquables. L'ouvrage est précédé d'une notice de M. de Gubernatis et accompagné d'une dissertation de M. Hasdeu sur les doinas roumaines.
NOUVELLES LITTÉRAIRES DIVERSES — Miscellanées ^ançaises et étrangères —
FRANCS
— La statue de Dolet a été enfin inaugurée sur la place Maubert, dans le courant du mois dernier. La polémique y a trouvé une nouvelle occasion de faire rage pour ou contre le grand imprimeur, et il semble, au ton de certains journaux, que les haines qu'il avait suscitées aient survécu sans rien perdre de leur âpreté. Le président du Conseil municipal, M. Chautemps, qui a fait un discours à. cette occasion, a suivi scrupuleusement les données du bel et consciencieux ouvrage de Mr. Richard Copley Christie, dont M. Casimir Stryienski a donné une remarquable traduction [Etienne Dolet y le martyr de. la Renaissance, Sa vie; sa mort. Paris; Fischbacher; 1886, i vol. in-8^). C'est en eflfet à ces conclusions, dernier
mot de l'érudition la plus scrupuleuse sur ce sujet, que tout esprit impartial doit s'en tenir.
Le père de Jeanne d'Arc. — M. Siméon Luce a communiqué à l'Académie des inscriptions un mémoire sur le père de la Pucelle d'Orléans, Jacques d'Arc. L'auteur signale un acte du 14 avril 1420 qui établit que Jacques avait à bail la forteresse de l'île de Domrémy.
Le concours de 0 la Pomme ». — La Société littéraire la Pomme^ qui a cette année pour président M. Jules Simon, met au concours, en 1889, les sujets suivants :
!• Léonce Petit, étude en prose ; 2» Chênedollé,
étude en prose ; 3° les Fées de Piron (légende Qorniande), poésie ; 4° Jeanne Duguesclin à Ponlorson, poésie ; 5' Carnac, poésie ; 6' Histoire de l'industrie du chanvre et du lin dans les deux provinces de Bretagne et de Normandie.
Les œuvres présentés au concours ne devront pas être sîgne'es, mais porter une devise qui sera reproduite dans une lettre envoyée sous pli cacheté et contenant le nom de l'auteur.
La Sorbonne et l'imprimerie. — Un des plus intéressants épisodes de l'histoire de la Sorbonne, dît M. G. Y'tïc&,àa.'D% le Parti national du 7 avril, c'est l'introduction de l'imprimerie en France.
En 1469, Jean Kcynlin, prieur de La maison de Sorbonne, et Guillaume Fîchet, docteur, firent venir de Mayence Ulrich Gering, Michel Friburger et Martin Crantz. Us les établirent dans le local même de la Sorbonne, et c'est là que furent composés les premiers ouvrages imprimés en France. Pour les bibliophiles, donnons les titres de ces livres primitifs. C'étaient: > les Lettres de Gasparino de Pergame. — Les Épitres cyniques de Cratès. — L'Élégance de la langue latine, de Laurent de Valla. — Les Institutions oratoires de Quintilien. — Et la Rhétorique de Guillaume Fichet. >
BTHAnaSR
Angleterre.— La pudeur anglaise et la liltéralure. — Un fléau que M. Blades a omis de mentionner parmi les Enemies ofBooks dont il nous fait l'histoire, c'est la pudeur exagérée et souvent hypocrite de bon nombre de ses compatriotes.
On n'a pas oublié le procès qui fut intenté à Londres, l'année dernière, à M. Vizetelly, pour les traductions de la Terre, de Pot-Pouille et Nana. L'affaire s'était terminée par la condamnation de M. Vizetelly à une amende de a,5oo fr,, plus les frais du procès et la suppression de ses éditions. Total : 5o,ooo francs de perte.
La Société de Vigilance de Lïindres est revenue ik la charge, et M. Vizetelly a été de nouveau cité devant les tribunaux sous l'inculpation d'avoir publié des traductions de douze ouvrages obscènes, savoir : Madame Bovary, de Gustave Fiaubert; Be/ami et une Vie, de Guy de Maupassant; Crime d'amour, de Paul Bourget; plus les ouvrages suivants de Zola : l'Assommoir, Germinal, la Curée, Son Excellence Eugène Rougon, ta Faute de l'abbé Mouret, le Ventre de Paris, la Joie de vivre et la Fortune des Rougons.
11 a été condamné à trois mois de prison et est soumis au régime des condamnés de droit commun.
En dehors de ces poursuites, différents libraires ont été assignés pour avoir vendu des exemplaires des romans de MM. Bourget et de Maupassant. La « Temple Company >, société d'éditeurs, se trouve assignée aussi pour une traduction de ÏHeptaméron, et on parle de poursuites contre différents auteurs anglais, tels que : M"* Campbell Praed, M°" Mena Caird, Ouida, etc., à qui l'on reproche d'avoir écrit des ouvrages où il est question de l'adultère et autres péchés mondains.
— M. Daudet ne sera pas épargné vraisemblablement, et il est, paraît-il, question de poursuivre Fromont jeune et Rissler aîné.
La savante traduction des Mille et une Nuits, de sir Richard Burton, étant également menacée. Cet écrivain, consul anglais à l'étranger, a demandé un congé pour pouvoir se rendre à Londres.
Egypte. — La propriété littéraire en Egypte. — La Cour d'appel mixte d'Alexandrie vient de rendre un arrêt fort important en matière de propriété littéraire, sur une question qui intéresse un grand nombre d'écrivains français.
Certains journaux croyaient pouvoir librement reproduire en feuilletons les romans en vogue, sans passer de traité avec la Société des gens de lettres et sans rien payer à leurs auteurs. La Société attaqua un journal anglais d'Alexandrie, VEgyptian Galette, qui publiait, même avant leur mise en vente en volumes, des romans qui avaient paru en feuilletons dans les journaux parisiens.
Elle perdit son procès en première instance et interjeta appel. La Cour a reconnu que la propriété littéraire devait être protégée en Egypte, même en l'absence de traité, et cela d'après les règles de l'équité. En conséquence, elle a condamné VEgyptian Ga jette à payer des dommagesintérêts à la Société desgens de lettres, qui devra les répartir entre les différents auteurs dont les romans avaient été illicitement reproduits.
Étata-Unifi. — On lit dans l'Écho de Paris
(.3 mai) :
a Que sont nos journaux à côté des principales feuilles américaines ?
B Prenons le World par exemple. On reste littéralement stupéfié en voyant ces quarante pages absolument compactes.
« Pour cinq sous, le journal new-yorkais sert à ses lecteurs plus de 56o,ooo mots.
« Le dimanche, comme il tire à 400,000 exemplaires, il lui faut 1 5o,ooo livres de papier et près de 1 ,000 livres d'encre d'imprimerie.
« Mise en volumes de l'édition Charpentier, cette édition du dimanche ferait une bibliothèque de quelque chose comme 4,000,000 de volumes, c'est-à-dire deux fois plus que n'en contient notre Bibliothèque nationale. Le World emploie, pour ce travail gigantesque, douze presses de dimensions énormes, appelées quadruples, qui sont le dernier mot du progrès actuel. Chacune d'elles imprime, plie, découpe, colle et compte, par lots de cinquante, 48,000 parts de seize pages de l'édition totale par heure.
a Le World a sur ses livres de paye hebdomadaire plus de 1 ,200 attachés, dont 3o rédacteurs proprement dits, 104 reporters et contributeurs externes, 468 correspondants aux Etats-Unis et dans les autres parties du monde, 275 compositeurs, correcteurs et metteurs en pages, 71 pressiers. »
États-Unis. — Le premier livre imprimé à New York, — Les archéologues, les collectionneurs de livres et les bibliographes acceptent depuis longtemps comme un fait indiscutable que le volume connu sous le nom de Bradford's LawSj i6g4^ est le premier livre imprimé à New York, l'impression en ayant été commencée en 1693. On suppose aussi qu'un certain Fennsylvania Act a été imprimé la même année, ainsi que deux ou trois New York Acts séparés, qui sont d'ordinaire reliés avec ce volume.
William Bradford, il faut se le rappeler, fut non seulement le premier imprimeur de New York, mais aussi de la Pensylvanie. Il était né à Leicester, en Angleterre, le 20 mai 1660. Il émigra, comme quaker, en 1682, et prit terre au lieu où Philadelphie fut bâtie plus tard. En i685, il commença à faire de l'imprimerie sous le patronage des Amis. En 1692, il encourut la disgrâce du parti dominant à Philadelphie, à cause de sa sympathie pour George Keith, et fut emprisonné pour diffamation. Après sa sortie de prison, il accepta l'offre que lui fit le conseil de New York de monter une presse dans cette colonie, et, le 10 avril 1693, il fut régulièrement nommé « Printer to the Majesty King William and Queen Mary » ; son établissement dans la cité de New York et ses gages d'imprimeurdatent de ce jour-là.
On croit communément, ainsi que nous le disions tout à l'heure, que le livre et les Actes
I que nous avons cités sont les premières productions de la presse de Bradford à New York. Le surintendant de la « Lenox Library », George H. Moore, LL.D., y ajoute une publication jusqu'ici inconnue, mais qui pourrait bien être, pense-t-il, la première de toutes *.
A la nouvelle de l'invasion des Français sur le territoire de New York, dans l'hiver de 1692- 1693, « le Gouverneur Fletcher, dit le D' Moore, déploya beaucoup d'énergie et d'activité, se transportant avec une célérité peu commune sur le théâtre de l'action, et pourvoyant par tous les moyens en son pouvoir à la sécurité et à la protection de la frontière. Tout le monde reconnut hautement ses services, mais nul plus vivement que les Indiens alliés des Anglais, qui lui donnèrent le nom de Cayenquirago^ a la grande Flèche rapide», pour rappeler la rapidité de sa marche de New York jusqu'aux établissements épars dans le désert au-dessous d'Albany.
« Le journal de cette expédition et d'autres documents officiels et demi-ofHciels, donnant des éclaircissements sur les opérations, furent réunis et imprimés à New York, par ordre du gouverneur lui-même. La date exacte de l'apparition de l'ouvrage n'est pas facile à fixer ; mais il est certain qu'avant que l'été de 1693 fût bien avancé ce vaillant soldat put lire le récit flatteur de ses hauts faits imprimés par William Bradford, le pauvre imprimeur qu'il venait d'arracher à la persécution des quakers à Philadelphie. On comprend aisément avec quel zèle et quelle joyeuse activité le protégé reconnaissant devait se hâter de contribuer pour sa part à faire valoir son bienfaiteur...
L'ouvrage ainsi exécuté à New York fut réimprimé quelques semaines plus tard à Londres, et c'est à cette réimpression que nous devons en grande partie ce que nous savons de son existence. Le privilège de Londres est daté du 1 1 septembre 1693, et, dans un des journaux de Londres du 16 septembre 1693, l'annonce suivante infor^ maît que, a mardi prochain, 19 courant, sera publié un journal complet des récentes actions des Français au Canada ^ avec la façon dont ils ont été repoussés par Son Excellence Benjamin Fletcher^ gouverneur de New York pour Leurs Majestés, impartialement relaté par le colonel Nicolas Reyard et le lieutenant-colonel Charles Lodomck, A quoi est ajouté un exposé du pré-
I. Voyez Typographies Neo^Ehoracensis Primitœ. Historical Notes on the Introduction of Prînting into New York 1693, by George Moore, L. L. D., superintendent of the Lenox Library. New York, printed for the Author, 1888; 18 p. ' . .
fci'-
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
sent État et iorce du Canada, donné par deux Hollandais, dâmièrement prisonniers ici.
• Prix broché; 6 pence, — Imprimé par Rickird Baldwin, 1693. ■ — ■ ...Voici le titre exact ie cette édition :
«A I Journal | of the | Late Actions | of the | FKiich at Canada [ With | The Manner of their being Repuls'd, bv | His Excellency, Benjamin Retcher, Their | Majesties Governour of New York. J fmparlialljr Related by Coll. Nicholas Rsyard, | and Lieu- | tenant Coll. Charles Lodowick, who attended His | Excellency, during the whole Expédition. | To which is added, | I. An Account of the présent State and Strength of Canada, | given by Two Dutch Men, who hâve btea a long Time Pri- | soners there { and now made their Escape. | II. The Examination of a French Prisoner. | III. His Excellency Benjamin Fletcher's Speech to the Indians. | IV, An Address from the Corporation of Albany, to His Eicellen- ) cy, Returning Thanks for His Excellency's early Assistance for | their Relief. [ Licensed, Sept, iith, 1C93, Edward Cooke. | London, Printed for Richard Baldwin, in Warwick- Lane, 1693, | 4to. Title and Préface, 1 leaves. Teit, ai pages. ■
Lord Bellomont, successeur de Fletcher et son plus ardent ennemi, essaya en vain de se procurer un exemplaire de ce -récit des exploits de Fletcher, qui, paratt-il, en avait retiré tout ce
II
qui
t facile de
qu'il pouvait de la comprendre qu'une publi dans les cinq années qui jour à New York en 1693, soit à peu près inconnue deux siècles plus tard.
Les laits qui viennent d'être posés semblent autoriser l'opinion que the Per/eci Journal, etc., est le premier-né des presses new-yorkaises. Ils
enlèvent à coup sûr cet honneur à la première édition de Bradford's Laws, qui en avait joui communément jusqu'ici; le volume n'en est d'ailleurs ni moins intéressant ni moins précieux, et il reste le monument typographique le plus considérable paru à New York avant 1700, »
Hongrie. — M. le professeur Laurent Eotvos, lils du baron Joseph Eotvos, a été élu président de l'Académie des sciences de Hongrie. M. Eotvos, qui est professeur de physique à l'Université de Budapest, n'est âgé que de quarante ans.
Pologne. — M. L. de Gadon, de la Société historique et littéraire polonaise, veut bien nous communiquer la note suivante: — Cracovie. — On sait que l'empereur François-Joseph a fondé une Académie des sciences à Cracovie. Cette Académie est très active, et, depuis 1873, elle a fait paraître un grand nombre d'ouvrages concernant l'histoire, l'archéologie, la philologie, l'histoire de l'art, les sciences mathématiques et naturelles, etc. La langue officielle de l'Académie est le polonais. Récemment, elle a adopté une excellente mesure qui procurera à ses publications et à ses travaux un plus large cercle d'intéressés. Depuis janvier 1889, l'Académie publie un Bulletin international destiné pour l'étranger, et rédigé en français et en allemand. Le Bulletin paraJl tous les mois, sauf en août et septembre; il se compose de deux parties distinctes : la première contient l'extrait des procès-verbaux des séances, en français et en allemand ; la deuxième donne les résumés des mémoires et travaux communiqués, soit en français, soît en allemand, au choix de leurs a
'/■Jj
> cC'i ■ ^V
A TRAVERS JOURNAUX ET PÉRIODIQ.UES
FRANCS
— La Bibliothèque de l* École des chartes (janvier-avril) contient une revue intéressante, par M. Omond, des « Manuscrits relatifs à l'histoire de France, conservés dans la bibliothèque de sir Thomas Phillippe, à Cheltenham». Mentionnons aussi une note sur « le premier Catalogue des manuscrits grecs de la collection royale du British Muséum », et une « Explication du système de catalogue du British Muséum d.
— A lire dans le Correspondant du lo juin une étude de M. Albert Babeau sur les « Établissements d'instruction à Paris en 1789 », et un article de M. Félix Klein sur « le Réalisme et le Naturalisme dans la littérature et dans l'art ». Ils déplairont à beaucoup par les idées qui y sont émises, mais amis et ennemis trouveront à y profiter.
— On lit dans le Courrier de l'art du 7 juin :
« La livraison d'avril de l'excellente revue le Livre, si bien dirigée par M. Octave Uzanne, renferme un grand article des plus intéressants sur les deux magnifiques volumes de M. Adolphe Jullien : Richard Wagner et Hector Berlio{. Cette importante étude de M. Francis Rénier, intitulée : les Caricatures françaises et étran» gères sur Richard Wagner et Hector Berlio^ à propos de deux livres récents, est tout à fait particulière et montre sous combien d'aspects ces superbes ouvrages peuvent être envisagés, com* ment ils donnent matière aux considérations les plus nouvelles et les plus diverses. Voilà, en effet, un travail qui vise les deux plus grands musiciens de cette fin de siècle, où il n'est pas dit un mot de musique et qui, cependant, rien que par les contrastes, rapprochements ou renseignements empruntés à M. Jullien, fait la lumière la plus complète sur la vie de ces deux maîtres, sur la société au milieu de laquelle ils vécurent et sur la façon dont leurs contemporains s'y prirent
pour leur faire expier leur supériorité, .leurs audaces, leurs innovations. Le .piquant article de M. Rénier, qui se lit tout d'une haleine et qui devra captiver même les personnes peu versées dans les choses de la musique, est accompagné de dix caricatures prises par moitié dans chacun des livres de M. Adolphe Jullien : cinq pour Wagner, cinq pour Berlioz, afin de tenir la balance égale. Enfin, un très beau portrait de M. Adolphe Jullien, dessiné par Fantin-Latour, d'après son tableau si ressemblant, si vivant, qui fixait tous les regards au Salon de 1887, complète l'illustration de ce numéro vraiment exceptionnel. »
— Nous remarquons dans l'Instruction publique du 1®' juin une courte étude de M. Maxime Formont sur les dernières poésies de Lamartine, et un article par M. L. Lehauneur intitulé : A pro^ pos d'une page des Géorgiques. Il s'agit des prodiges qui annoncèrent la mort de César, et dont la description, si puissante, se trouve à la fin du premier livre.
— La Revue bleue a commencé la publication des Souvenirs des années de début, de M. André Theuriet. A lire aussi, dans le numéro du 8 juin, un article de M. Paul Desjardins, intitulé : M. de Vogué.
— La Revue rose, sœur scientifique de la Revue bleue, a donné, le 1 5 juin, un numéro bien fait pour intéresser même les esprits les plus exclusivement occupés de choses littéraires. C'est ainsi qu'on y trouve une conférence sur l'histoire statistique de la population française, faite par M. A. Chervin à l'Association française pour l'avancement des sciences; une étude sur le lait, cet aliment si utile et si décevant parce qu'il est si falsifié, de M. A. Béchamp; un article de M. Beaunissur différents sens chez les animaux, et une revue des missions scientifiques françaises, par M. £. Ri* vière. Il est difficile de citer un autre périodique
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
qui, tout en restant dans sa spécialité, s'adresse mieux au grand nombre des lecteurs.
— Le Samedi' Revue continue, dans ses numéros de juin, la publication si intéressante de la correspondance entre Barbey d'Aurevilly et Trébutien, annotée par M. Charles Buet. Dans le numéro du i*', M. Victor Fournel rend compte des Notes et Souvenirs de M. Ludovic Halévy, et dans celui du 8, M. L. de La Brière donne un article d'un humour plein de bon sens sur le Poète à la mode.
Dans la presse quotidienne, nous signalerons, entre mille autres, les articles suivants :
— Débats; 25 mai : une étude sur le poète Jean Lahor, intitulée le Bouddhisme poétique, par M. Paul Desjardins ; cette étude est continuée dans le n9 du 8 juin;
i^ juin : Richard Steele, par Arvède Barine;
12 juin : Un compte rendu des Notes et Souve^ nirs, de M. Ludovic Halévy, par M. H. Chantaveine.
— XIX* siècle; ii juin : Une chronique de M. F. Sarcey sur le théâtre annamite de l'Exposition.
— Écho de Paris; 28 mai: J. F, Raffaelli, par M. Octave Mirbeau ;
9 juin: Femmes d'évrivainSy par M. Edmond Deschaumes ;
i5 juin : Les Africaines, par M. Guy de Maupassant.
— Figaro; 4 juin : Au Trocadéro, à propos de l'exposition de l'art ancien, par M. Paul Eudel;
7 juin : Un art nouveau, tel qu'il se révèle au Théâtre- Libre, par M. Henry Fouquier;
8 juin : Un homme libre, étude sur le récent roman de M. Maurice Barrés, par M. Jules Lemaître.
— France; 3 juin : M. Clovis Hugues y fait la ■ Bataille buissonnière ». Nous ne parlerions pas de ces escarmouches, trop exclusivement politiques, si nous n'y avions rencontré quelques colonnes alertes et joliment troussées sur Jules de Concourt et Emile Goudeau.
— Galette de France; 8 juin : Le feuilleton de M. Armand de Pontmartin sur les Poésies de Leopardi, traduites en vers français, avec une introduction, par Auguste Lacaussade.
— Gil Blas\ 28 mai : Mélo, par Jean Richepin : 4 juin : Épicier, curieuse chronique en vers,
par le même.
— Justice; i3 mai : Étude sur le Parnasse breton contemporain, publié par Louis Tiercelin et J.-Guy Ropartz, par M. Gustave Geffroy.
— Liberté; 12 juin: L'article il travers champs sur le nouveau livre de M. J.-J. Weiss, Le théâtre et les mœurs, par P. P.
Moniteur universel ; 17 mai : Un article de M. A. Fabre sur les Études sur la société française, par M. Ernest Renan.
— Mot d^ Ordre; 1 1 juin : Un pédagogue militant, où M. Éd. Petit étudie M. F. Buisson, qui avait une place marquée dans la série des « Profils universitaires» qu'il donne à ce journal.
^ Paris ; 28 mai : Maquet et Dumas^ par M. Gustave Isambert;
3 juin : Jules Tellier, par M. Caribert ;
7 juin : A propos «/'« Une comédienne », de M. Bauer, par M. Georges Montorgueil.
— Parisien; 16 mai : L* opinion et la statue de Musset, par Th. Lefebvre.
— Parti national; 2 juin : Un article de M. Paul Belon sur le poète Jules Tellier, sous la rubrique Paris qui passe.
7 juin : Une causerie littéraire de M. Francisque Sarcey sur La rhétorique du candidat à la députation^ par M. N. Pierson.
Temps; 2 juin : Paul Arène, par M. Anatole France.
ETRANGSR
Allemagne. — Centralblatt f\lr Bibliotekswesen publie en français, dans son numéro de juin, une « Bibliographie militaire belge v pour Tannée 1887, par M. F. van Ortroy. Nous citerons aussi quelques lignes signées L. Sieber, sur les fragments de Bâle du Roman de Troie, de Benoît de Sainte-Maure.
La Deutsche Rundschau (juin) publie une étude remarquable sur F. M. Dostoïewsky, par Eugen Zabel. ^
— Dans le Zeitschrift ftir Bildende Kunst de mai, on lira avec plaisir un article du rédacteur
fi.
Tif.:^
.iî.'-
en chef, M. Cari vonLlitzow, intitulé « TAri français il y a cent ans » [Die franjôsische Kunst vor hundert Jakrenjy et inspiré par la nouvelle édition de V Histoire de la société française pendant la Révolution, par MM. de Concourt.
Angleterre. — The Bookworm de juin donne, sous la signature A Bookhunter, un intéressant article à propos de Drayton et de son Polyolbion, Il faut encore citer spécialement une bibliographie anecdotique d'un ouvrage de Coldsmith, The citizen of the World; une notice sur Henry Bradshaw, érudit bibliophile digne de mémoire, et deux pages intéressantes pour les collectionneurs d'ex-libris : Book-plates and their Mottoes.
— The Fornightly Review (juin) contient deux remarquables études sur la Révolution française, Tune : What the Révolution of 178g didy par Mr. Frédéric Harrison, le chef de l'École comtiste en Angleterre ; l'autre : The French Révolution and War, par le général vicomte Wolseley. Nous citerons en outre un croquis de l'étranger en Angleterre (The Foreigner in England)^ par E. C. K. Conner.
— Dans TheMagapne of Art (mai), Mr. David Croal Thomson continue ses études sur ce qu'il appelle l'école de Barbizon, en s^occupant de Narcisse Virgilio Diaz. Nous citerons aussi un article sur les premiers temps de la Renaissance en Italie. Les illustrations sont nombreuses et exécutées avec soin. Dans le numéro de juin, nous remarquons particulièrement une étude sur réducation artistique.
— M"« Blaze de Bury donne à The Nineteenth Centurjr pour juin le commencement d'une étude sur le Théâtre-Français et ses sociétaires. Cela est vif, spirituel à l'ordinaire, et documenté comme il convient. Il est regrettable que l'auteur, avant de parler ex cathedra de M*^* Clairon, n'ait eu ni roccasion ni le temps d'apprendre, à l'endroit de la grande actrice, ce qu'en sait M. de Concourt. Signalons dans le même numéro un article remarquable du prince Kropotkine sur la Révolution française et les enseignements qu'il en faut tirer*
— Nous avons le plaisir de lire dans Notes and Queries (1" juin) : « Le Livre de mai donne la liste complète des membres de la Société des
bibliophiles contemporains, ou Académie des beaux livres. La marche de ce projet, longtemps caressé par M. Octave Uzanne, a été suivie avec beaucoup d'intérêt. Dans la liste des fondateurs, on remarque, parmi une majorité de noms français, quelques noms anglais ou américains. Les membres anglais, il est agréable de le constater, sont tous des collaborateurs de Notes and Queries. — Il n'existe pas de catalogue complet de la Bibliothèque nationale. C'est donc une bonne idée, de la part du Livre, que d'entreprendre un « Inventaire détaillé des catalogues usuels ». — Une illustration, ayant pour sujet une librairie parisienne, montre le bel intérieur de la maison Conquet. — Dans la « Bibliographie moderne », une large place est faite aux ouvrages anglais, et il y a, entre autres, une analyse approfondie et flatteuse de Life of John Francis, par son fils^ dont il a récemipent été rendu compte dans ses colonnes. »
Dans son numéro du 25 mai, ce worthy contemporary nous donne une note humoristique et plaisante sur les origines du journal satirique Punch, le Charivari anglais. Cette note est signée Robert Raxter Poostans.
— The Saturday Review (i«' juin) nous donne quelques colonnes alertes et sympathiques sur le Journal des Débats et son centenaire; la revue anglaise regrette que, depuis Junius, le journalisme anglais n'ait jamais été assez persécuté pour ressentir l'ardeur et la joie que goûte un écrivain qui, pour exprimer sa pensée, brave un réel péril.
— Nous avons lu avec intérêt, dans Saint- James Galette du 21 mai, un trop court article de bibliographie pratique intitulé : Books as an Investment. L'article n'est pas signé, mais nous savons qu'il est dû à un homme tout particulièrement compétent.
— The Woman's World (mai), ce beau et élégant journal, qui n'est rédigé que par des femmes, sous la direction de Mr. Oscar Wilde, nous donne, au milieu de beaucoup d'articles intéressants, un essai sur les carrières ouvertes aux femmes (Field* Work for Women], par Ouida, avec illustrations de l'auteur, qui ne se contente pas d'être une des premières romancières de ce temps-ci, et quelques pages, signées miss E. Hawker, sur M** de Récamier.
Ëtats-UniB.— M. deBlowitz, le/ar ed correspondant du Times h, Paris Harper's Magasine de New- York (ir mentsde ses mémoires concernant si de t reporter », en 1878, à Berlin.
ZETTE flIBLlOGRiPHIQUE
Wurld, journal bi-mensuel •' nne, dans son numéro du ez complète dans sa brièveté, ' ; véritable connaissance de '^ c, sur Edmond Scherer. ,.
, donne au ai) des frags hauts faits
— The Lilerjry publié à Boston, d Il mai, une étude ass et témoignant d'une l'homme et de l'œuv
n Geoffroy,
FRANCE
— On annonce la mon du félibre publiciste, poète, ei ancien vice-prési des félibres parisiens (mai).
Originaire du Luc (Var), Geoffroy en [855 et avait été activement mÉI, politique lous l'Empire.
Apre» l'apparition de Mireille, Lucien Geoffroy publia i Paria un volume de poésies provençales remarquablei, Jtf«i VeUdo (Mis Veillées).
— M. Urbain Pages, homme de letires, helléniste érudit, est mort à l'âge de soixanie.seiïe ans (juin). M.Fage»avaitBppartenuau.Vouîîi(eM(re,d'Aleïandre Dumas, à ta Jtevue des Deux Mondes, où il a publié des éludes biographiques sur Frédéric Sauvage, Philippe de Girard et Oberkampf, à U Jieviie contemporaine, aux Tablelles de Paris, au Temps.
— M. Victor Marouck, secrciaire de la rédaction du Parti Ouvrier, est mort à l'âge de trenie-huit ans (juin).
VictorMarouckavBit faltsesdebuts dans la presse TersU fin de l'Empire, à r£ma:ic(>a(ioii de Toulouse, avec Duportal.
— Victor Michal, le poète dont tout le monde a entendu la Vigne, le Chanvre, le Haschisch, le Songe it Fanurge et cinquante sonnets frappés au bon coin, vient de mourir ù la maison Dubois (juin). Michal avait soïianle-cinq ans.
——Noua avons à enregistrer la mort d'un de nos plus savants sinologues, M. Maurice Jametel, décède le 17 mai dernier à l'âge de irtnic-trois ans. Le regretta maître est mort professeur de langue chinoise t l'École des langues orientales vivantes de
Paris. Après avoir élé interprcle et chancelier de la légation de France i Pékin, puis chargé du consulat français à Hong-Kong, il remplit une mission sur les côies de la Corée; mais l'état de sa santé l'obligeant à retourner en Europe, il fut appelé au consulat général de Naples, puis à celui de Riga. Depuis irois ans il occupait la chaire de langue chinoise.
11 a composé différents ouvrages: un Essai sur l'épigraphie chinoise au Tibet, une traduction d'un Traité sur la fabrication de l'encre de Chine, la Corée avant les traités, la Chine inconnue [souvenirs d'un
'llcctionneur) ; Pélcin (souvenirs de l'Empire du
Mili
Univ
ellemeni
d'Auteuil, inspecteur ruclion publique, vient
M. Terre! des Chênes, public
décédé à Anjou (Isère). 11 traitait compétence toutes les questions 1 i'iEnologie. On lui doit un eicellenl apparei :hauff3ge des vins (lin mai).
Eugène Après av,
à l'enseif en 1868,
prenons la mort de notre confrère décédé aux Sables-d'Olonne (mai), é par l'École normale, Eugène Véron, recevoir agrège des lettres, resta 1 dans l'Université, et se voua ensuite t libre, puis au journalisme. Il prit, ction en chef du Progrès de Lyon, , dans cette ville, la France répiibli-
LE
ciiùtr,qui fut (upprimée par arréUdeM.Ducrai,alor(
préfet du Rhône. En 1875, il fut appelé à la direction ie la publicaiLon hebdomadaire illusirée, l'Art.
M. Véron a publii plusieurs ouvragei d'économie politique et d'hisioire, et notamment : Des Associalions ouvrières de production, de consommation et de crédit; Hiiloire de ta Prusse depuis Frédéric II jusqu'à Sadowa ; Histoire de l'Allemagne depuis Sa-
sTRAnoan
AUediagae. —^ On annonce de Leipzig la mort ht miij d\x professeur Guitav Adolf Ludwig Baur, ne' le 14 juin iHtÔ. C'était un des théologiens les plus en renom d'Allemagne.
— L'auteur dit Germanicis Vôlkeritimmen et de beaucoup d'autres osurres, y compris des poésies en anglaie et tn grec, M. i. M. Firmenich, est mort 'mai à 13<jnn, Agé de quatre-vingt-deut ans.
— On annonce le mort, dans sa Eoitante-sepiîime année (0 maij, du D' H. G. Reichenbach, botaniste, i qui l'on doit, entre autres ouvrages, Icônes Flone GermaiiïciT et Helveticce. Il élail professeur de botanique et direi:t«ur du Jardin botanique à Hambourg.
ADg^leterre. •• Un archéologue anglais distingué, M. William Ikamont, auteur de A History of the Casile of Hailon and the Priory of Abbey af Nortan et de beaucoup d'autres ouvrages, est tnort le 6 juin, à l'âge de quatre-vingt-douze ans.
i Agnes C«llow, écrivain qui a fait beauvuli^riser la botanique dans son pays, est i) à l'âge de quatre-vingt-deux ans.
irudit de haute valeur, surtout connu par
tsur Aristote, Mr. Henry WilliamChandler,
nonce la mon du D' Crombie (julnf, ; Biblical Crittcism à l'Université de â (Ecosse).
^— Nous avons appris la mart(mai)de Mr. Evsni, érudit anglais distingué. Il était professeur de grec à Durham.
^— Mr. John Henry Onions, professeur et érudit distingué, est mort à Oxford, le ai mai. 11 était né
— Un publicisie de talent, Mr. Martin Richard Sharp, vient de mourir (mai). 11 avait été longtemps le rédacteur en chef du journal 7%« Guardian.
— Le révérend W. H. Simcoi, érudit bien connu Angleterre, malgré son jeune &ge, est mort
(mai).
^— Nous apprenons la mort (xi mai) du D' William Wright, correspondant de l'Institut, professeur d'arabe à Cambridge et auteur de nombreux ouvrages philologiques. Il était né en i83o.
AatrioIi«. ^ Un des professeurs les plus distingués de la Faculté de médecine de Vienne, M. Breisky, vient de mourir (mai). Il a fait faire de grands progrés à la gynécologie. Il éuit né en i83i.
étate-Uoia. — UnpublicistedesÉtats-UniE,qDia beaucoup travaillé dans le journalisme et pour le thé Atre,Mr. George Henry Caivert, est mort à Newpott. le 14 mai, i l'ige de quatre-vingt-six ans.
— Nous apprenons la mort (16 mai} de Mr. Allen Tborndyke Rice, rédacteur en chef du North American Review, et un des propriétaires du joumil parisien te Matin. Il venait d'ftre n plénipotentiaire en Russie. II était i vier i853.
Mexique. — M. Diaz Covarrubias, géographe distingué, ancien sous-secrétaire des travaux publics, consul général des États-Unis mexicains en France, est mort subitement à Paris (mai).
Portugal. — M. Edouard Coelho, directeur ptopriélaire du Diario Noticias de Lisbonne, est mort i la suite d'une longue maladie (mal).
-;0cio
VAdminittrateur-Gtrant 1 A. Sadfsak.
IRJ.
mum LIST.