‹ Le livre (volume 5)Chapitre 136 sur 173 · WM · texte numérisé non relu

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M^Émiie Cère et le British Muséum. — La Nouvelle Revue d'octobre contient un article de M. Emile Cère iur la Ré/orme des bibliothèques, qui est plein de suggestions excellentes sur l'organisation, l'iaménagement intérieur, le fonctionnement, les catalogues des bibliothèques de travail et de prêt ; les critiques franches et précises, sont presque toujours justes et témoignent d'une parfaite entente de sujet; le tout est'entremêlé de renseignements curieux, tels que les suivants :

En parlant des catalogues de la bibliothèque du Bri* tish Muséum, tenus à jour avec tant de soin et si libéralement mis à la disposition des lecteurs, M. Cère, après avoir dit qu'il comprend 1766 volumes in-folio, sans compter les volumes consacrés à la musique, aux plans et aux manuscrits, ajoute : « Ce qui frappe dans le catalogue Anglais, c'est l'espace occupé par certains sujets: la Bible, par exemple, prend 27 volumes, qu'on a été obligé de spécialement sous-classificr en un index de deux volumes; les Liturgies, s'étendent à travers 14 volumes; Luther, à lui seul, en accapare 7. V Angleterre (England), occupe 16 volumes; la Grande-Bretagne et VIslande, 22; 11 volumes sont consacrés aux ouvrages traitant de Londres ; 8 à ceux qui se rapportent à Paris. L'article France, prend 18 volumes ; le mot Napoléon III, 3 ; New 'York, 2; V Allemagne, 2; la Prusse, 2 également. Citons encore Rome avec ses 10 volumes. Homère, Platon, Jésus-Christ, Shakespeare, Schiller, donnent chacun un titre à 2 volumes. »

Pourquoi faut-il que, là aussi, des fautes d'impression bizarres déparent le texte? Ainsi, Grolier s'appelle, dans l'article de M. Cère, Grohier, la Quaterly Review devient la Quaterley, la fameuse circulating Hbrary, dé Muddie, nous est citée sous le nom troublant de cabinet de lecture de Madie, etc.

L'article n'en mérite pas moins l'attention de tous ceux qui, comme amateurs ou homme d'étude, s'intéressent aux livres et aux lieux où l'on peut espérer les trouver pour s'en servir.

Italie. — Les A rchives et la Bibliothèque du Mont- Cassin, — Un collaborateur de VAllgemeine Zeit* ung, de Munich, qui signe W. S., raconte, dans les numéros d'août de cette Gazette, une visite qu'il a faite au monastère bénédictin du Mont-Cassin. Nous empruntons à M. Emmanuel Cosquin, du Moniteur universel, l'analyse de ce que l'érudit allemand rapporte sur les archives et la bibliothèque du couvent. Il décrit avec complaisance les trois hautes salles voûtées qui, au rez-de-chaussée du monastère, renferment les documents des archives dans de magnifiques armoires de noyer, incrustées de bois de cyprès comme protection contre les piqûres des vers. Un grand nombre de ces manuscrits ont été imprimés par les soins des moines ; d'autres publications sonb en préparation. II est intéressant de voir quelle utilité pratique, industrielle même, on a su tirer de la riche ornementation de plusieurs de ces chefsd'œuvre de calligraphie Un des religieux, le P. Piscicelli, connu pour ses publications scientifiques de paléographie, a entrepris de rassembler, en un album de dessins plein de goût, une foule de motifs ornementaux extraits de ces manuscrits.. Ces éléments divers, l'art industriel en fera son profit et y puisera des idées nouvelles. Dans sa riche collection, actuellement en cours de publication, le P. Piscicelli donne des modèles pour les dentelles, la sculpture sur bois,

des ornements de manuscrits lombards, vieux de mille ans.

A c^té des manuscrits d*auteurs sacrés et profanes, à côté des bulles des papes, des diplâmes émanant des empereurs, rois ou princes, sont conservés les documents qui se rapportent aux affaires temporelles de la « baronie ■ du monastère, plus de quatre-vingtdix mille chartes, donations, achats, ventes, jugements, testaments, etc.

Cette partie des archives est de la plus grande importance pour l'histoire de l'Italie centrale, au point de vue économique. Le monastère en a commencé la publication sous le titre de Codex diplomaficus Cassinensis.

l^ Mont-Cassin possède actuellement deux bibliothèques. L'une, qui existe depuis des siècles, a été déclarée par le gouvernement italien Monument national, comme le monastère lui-même, c'est-à-dire qu'elle est devenue propriété de l'État, qui en abandonne la jouissance aux moines laissés par lui en qualité de gardiens du Mont-Cassin. L'autre bibliothèque, qui, après la suppression du monastère par le gouvernement italien, a été formée des diverses bibliothèques particulières des religieux, paraît être considérée par l'État comme la propriété privée de ceux-ci.

Les bénédictins du Mont-Cassin sont tous des hommes cultivés, en partie des hommes de grande intelligence et de grand savoir, qui, fidèles à leur règle, occupent leur vie à l'étude et à l'enseignement. Bien que le gouvernement italien ne les reconnaisse plus comme religieux, mais seulement comme Custodi del Monumenio nationale (gardiens du monument national), puisque le Mont-Cassin a été déclaré tel, il entre chaque année dans l'ordre, de nouveaux aspi rants à l'état religieux. Le monastère ayant été dépouillé de ses revenus, et le gouvernement italien ne donnant, en dehors de la petite rente annuelle affectée à chaque moine existant au moment de la sécularisation, qu'une somme destinée à l'entretien du « monument national », les Frères sont obligés de •'ingénier pour gagner leur vie. Ils y parviennent, grâce à l'école établie au Mont-Cassin, où environ cent jeunes gens de bonne famille du pays reçoivent l'instruction, à partir 4es -classes élémentaires jusqu'à leur entrée à l'université. Le gouvernement italien reconnaît ces écoles ecclésiastiques à condition qu'elles ne soient pas inférieures, pour les études, aux .établissements de l'Etat. Chaque année, des commissions d'examen sont envoyées pour faire un rapport à ce sujet. Il ressort de ces rapports, que les écoles ecclésiastiques tolérées atteignent en moyenne un niveau scientifique plus élevé que les écoles officielles.

— Le nombre des volumes donnés en lecture aux visiteurs de la Bibliothèque impériale publique a été, cette année-ci, de 406,862.

Un legs à la Bibliothèque historique de Moscou, — La bibliothèque de P. Stchapov, décédé récemment à Moscou, deviendra la propriété du Musée historique, conformément au désir du défunt. C'est une des plus précieuses collections de raretés bibliographiques; elle se compose de 3o,ooo volumes.

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Russie. — Les lectures à la Bibliothèque impériale.

Catalogues. — Parmi les nombreux cataloguai qui nous sont récemment parvenus, nous devons une mention particulière au volume imposant publié par le Giornale délia Libreria de Milan sous le titre de Libri Scolastici d^Educa:çione ed*Instru:fioneper Panno scolastico i888'^g.

Nous avons ainsi reçu de l'étranger le n" 92 des catalogues de M. Bernard Quâritch, de Londres, où sont compris beaucoup délivres rares sur les sciences naturelles et particulièrement Ceux qui proviennent de la bibliothèque de R. S. Turtier, membre de U Philobiblon Society ; le n" 9 de ta Bibiiographii^ et Chronique littéraire de la Suisse, publiée mensuellement par la librairie H. Georg, de Bàle ; le Catalogue n^ 211 des livres rares et curieux, faisant partie de la librairie J, Scheible, à Stuttgart, rédigé en français et consacré à la littérature comique et satirique de la France ; le n^ 200 des catalogues de MM. List et Francke, de Leipzig, où se trouvent de grands livres sur les sciences exactes et autres, faisant partie naguère de la bibliothèque ducale du château d'Œls ; et enfin le n^ 3 du Zugangs-Ven^eichniss de la bibliothèque du palais grand-ducal de Darmstadt, publication purement bibliographique, dont nous avonsdé|à parlé. Aioutons-y |>our mémoire le cataloguesi luxueusement imprimé, de U collection de dessins anciens et modernes, réunie par M.* H. Gerlings, et doat la vente publique a eu lieu, à Amsterdam, les 2 st 3 octobre, à l'hôtel de « Brakke Grond. »

Chez nous, le numéro de septembre (114) de Is Revue des autographes (E. Charavay fils), contient, comme à Pordinaire, bon nombre d'articles intéressants. Nous en dirons autant de la Revue des Bibliophiles et des Amateurs, publiée par Bachelin- Dellorenne, qui contient quelques jolies pages du vicomte de Calonne sur l'amour des livres, et des catalogues des librairies Baillieu et Th. Belin. Signalons, en terminant, la liste n^ 9, où Téditeur fin et gourmet qui a nom Isidore Liseux rappelle au monde des biblk>philes et des curieux ses publications de haut goût.

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PUBLICATIONS NOUVELLES

Ouvrages récemment parus. — Bibliographie du mois.

— Pa»i8 — Provihcb — Étrangbr —

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AtIb. — Le secrétaire de la rédaction prie MM. les directeurs de revues, éditeurs et libraires, de vouloir bien lui adresser les informations qu'ils désirent porter à la connaissance du public, touchant les publications nouvelles, les ouvrages en préparation, les articles littéraires ou bibliographiques parus ou à paraître, les catalosues. ventes, etc., tant en France qu'à Pétra^iger.

PRANGB

Le catalogue Loren^. — M. Otto Lorenz, ancien libraire à Paris, vient de terminer la publication d'un ouvrage précieux à tous les bibliophiles. C'est le Catalogue général de la librairie française de 1840 à i885 Ce catalogue forme 1 1 volumes grand in-8®, à deux et à trois colonnes. Il renfermé la liste de tous les livres français imprimés ou réimprimés en France et à l'étranger, jusqu'au 3i décembre i885, et est divisé en trois périodes, qui embrassent: la première de 1840 à i865; la seconde de 1866 à 1876, et la troisième de 1876 à i885. Les titres des livres sont classés par ordre alphabétique des noms d'auteurs, et ces noms sont presque tous accompagnés d'une courte notice biographique. L'annonce des ouvrages donne le format, le nombre de volumes, les différentes éditions,- le millésime, le nom de l'éditeur et le prix de la publication. Les ouvrages anonymes et les publications collectives viennent dans le même ordre alphabétique, suivant le premier mot de leur titre. M. O. Lorenz avait commencé cette publication eh 1886.

Les tomes I à IV se vendent ensemble 120 francs; la deuxième, troisième et quatrième partie, chacune composée de deux tomes, 60 francs chacune, et la cinquiè%ie partie (tome xi et dernier) 3o francs.

— L'éditeur Savine met en vente le tome III des Œuvres littéraires de Napoléon Bonaparte. Cette publication importante, on le sait, est préparée par les soins de M. Tancrède Martel^ d'apr.ès les originaux et les meilleurs textes. Le tome III comprend : 1® les Conversations célèbres^ 2* toutes les Proclamations militaires et politiques; 3® les projets de constitution, débat sur le divorce, les actes politiques; 4» les Mémoires de Napoléon. On trouvera dans cette dernière partie les célèbres Bulletins de la Grande armée, ainsi que d'autres mémoilles historiques et militaires, notamment une curieuse étude de Napoléon sur le général Moreau.

Ce volume est illustré d'un beau portrait de Napoléon dessiné par Th. Bérengier. 60 exemplaires sur JioUapde sont à la disposition des bibliophiles.

Un nouveau manuel typographique. — M. Fernand Petit, correcteur à l'imprimerie Larousse, vient de faire paraître un excellent A. B. C. typographique indiquant d'une manière très claire les principales règles de la composition à l'usage des auteurs, éditeurs et typographes.

— M. Félix Sangniét fait paraître chez OUendorff un curieux volume intitulé : A Paris pendant le siège. C'est la traduction d'une étude psychologique de Paris à cette époque, faite par un Anglais pendant qu'il était enfermé ave^ les Parisiens dans la capitale, et qui fut publiée à Londres en 1871.

On trouve dans ce travail des tableaux saisissants de vérité sur l'état moral de la ville au milieu des différents événements importants du siège; il y a également la relation d'une séance orageuse ^au café de Madrid, deux portraits fort remarquables des généraux Ducrot et Trochu, et un travail inédit de M. Jules Andrieu, ancien membre de la Commune, sur l'organisation du parti républicain. Dans ce chapitre se 'trouvent des appréciations très originales sur Jules Simon, Picard, Jules Favre, Rochefort et tutti

quanti.

L'ouvrage se termine par une statistique exacte de toutes les troupes qui participèrent à la défense de Paris.

Théosophie contemporaine. — VIsis, branche fran-r çaise de la société théosophique,. vient d'ajouter à ses publications (G. Carré, éditeur) deux brochures de M. Papus, directeur de l'Initiation. Nous nous contenterons d'en citer les titres, en laissant humblement l'appréciation aux initiés. La première, surtout biographique, est intitulée : Les disciples de la science occulte: Fabre d'Olivet et Saint-Yves d'Alveydre. L'autre est une traduction inédite d'un « classique de la Kabbale » : Le Sepher Jesirah; Les 32 voies de la Sagesse; Les 5o portes de Vlntelli^ gence, avec une planche hors texte représentant les 10 séphiroth et les 22 lettres.

Un journal de Vautre monde : le Lotus. — , M"'« \\. P. Blavfitsky et sa cohorte d'hypngtiçés çt

d^hypnotisants ne suffisaient pas à la soif de théosophistique dont sont altérés nos contemporains. Voilà qu'il Tient de se fonder L'Initiation, «Revue philosophique indépendante des Hautes Etudes : Hypnothisme, Théosophie, Franc-Maçonnerie, Sciences occultes. Directeur: Papus; Rédacteur en chef: Georges Mohtière ; Secrétaires de la rédaction : Ch. Barlet, Julien Ligny. » (14, rue de Strasbourg; 10 francs).

Le premier numéro a paru le i5 octobre. Il a été précédé d^un prospectus-programme-manifeste, orné d'une éclectique figure symbolique, unissant en un tryptique le franc-maçon contemporain au mage des anciens jours et aux bêtes des évangélistes. Ce prospectus nous informe que le moment est venu de tenter d'échapper à l'Empirisme vague en éclairant les découvertes expérimentales contemporaines de toute la lumière projetée par les théories de la Haute Philosophie tant ancienne que moderne.

Pour arriver à ce noble but, la* nouvelle revue exposera les enseignements comparés de la philosophie moderne, de la théosophie, de la Kabbale, de la franc-maçonnerie, etc. Voilà pour la théorie.

Quant à la pratique, elle « étudiera les applications possibles de ces données à la détermination du caractère de l'homme par ses divers aspects physiques posant les bases probables d'une théorie synthétique de la physionomie psychologique. L*Horoscopie discutée dans ses rapports avec l'astronomie, le Magnétisme pratique et les reproductions d'anciens manuscrits sur la Kabbale appliquée compléteront cette première partie. »

On ne s'étonnera pas qu'avec de tels moyens les grands prêtres de Tinitiation n'hésitent pas à promettre des résultats que toute analyse déprécierait. Les voici tels qu'ils nous ont assurés : a Les données de la Théosophie viendront révéler à notr^ monde occidental la plus haute morale et la plus pure philosophie sur lesquelles s'appuient les Orientaux dans la production de ces phénomènes à eux connus depuis bien longtemps déjà. Enfin la raison d*étre et les enseignements du Symbolisme, qui toujours a voilé ces sciences, éclaireront d'un jour tout nouveau les obscurités apparentes de la Franc-Maçonnerie. Toutes ces recherches aboutiront à un but commun : les bases de la Synthèse scientifique et sociale qui doit unir les découvertes du Présent aux enseignements incompris du Passé, la science pratique et positive de rOccident à la métaphysique idéale de L'Orient ! »

Ouf! Si nous ne sommes pas tous théosophes, il y a encore quelques chances pour que nous ne soyons pas tous fous.

BTRANGBR

Allemagne. — Alphonse Daudet en Allemagne. — Dans son numéro d'octobre, la Gesellschalt, revue mensuelle littéraire dirigée par M. G. Conrad de la façon la plus indépendante, publie sur V Immortel un article assez long, signé de Louis de Hessem. Voici la

traduction de cette étude qui fait montre de la plus entière franchise :

« Alphonse Daudet vient de publier enfin ce roman de « mœurs académiques » annoncé depuis si lon^ temps et désiré avec tant d'impatience et de curiosité. Je viens de terminer la lecture de ce volume sans avoir rien éprouvé de ce que j'étais en droit d'espérer d'un écrivain quia donné des œuvres commeles/^oti en exil et Fromont jeune et Risler aîné, et, plein des doutes les plus vifs au sujet de la satisfaction intime que Daudet .a pu ressentir, son livre terminé, je ne songe point à dissimuler la profonde déception qui m'est venue, ma lecture finie.

« V Immortel est une de ces œuvres qui n'ajoutent rien à la gloire d'un romancier. A mon point de vue aucun profit ne peut en résulter pour Alphonse Daudet, en tant qu'homme et en tant qu'écrivain, car le livre est venimeux d'une fapon étrange et peu fait pour donner une haute idée du caractère de son auteur et le style en est peu remarquable — trop peu même quand je pense que la même plume a su dessiner des choses adorables et exquises en maintes autres circonstances.

« L'Immortel est un pamphlet, d'une àpreté étrange en de certains passages comme par exemple dans cette virulente sortie de Vedrines — un des personnages les mieux étudiés du livre d'ailleurs, — s'efforçant de faire passer dans Tàme d'un candidat — le vicomte de Freydet, un poète — le suprême dédain qui l'emplit pour « l'illustre assemblée » :

« Au fond ces gens se sentent finis, en train de moisir sous leur coupole... L'Académie est un goût qui se perd, une ambition passée de mode... Son succès n'est qu'une apparence... Aussi depuis quelques années l'illustre compagnie n'attend plus le client chez elle, descend sur le trottoir ex fait la reupe. Partout, dans le monde, les ateliers, les librairies, les couloirs de théâtre, tous les milieux de littérature ou d'art, vous trouvez Tacadémicien racoleur souriant aux jeunes talents qui bourgeonnent : « L'Académie a l'œil sur vous, jeune homme! » Si le renom^stdéjà venu, si l'auteur en est déjà à son troisième ou quatrième bouquin, alors l'invita est plus directe : «Pensez à nous, mon cher, c'est le moment...» Ou brutalement, dans une bourrade affectueuse : « Ah ci} décidément vous ne voulez pas être des nôtres?... • Le coup se fait aussi, mais plus insinuant, plus en douceur, avec l'homme du monde, traducteur de VArioste, fabricant de comédies de société:* Hé! hé! dites donc, mais savez-vous que ?... » Et si le mondain se récrie sur son indignité, le peu de sa personne et de son bagage, le racoleur lui sert la phrase consacrée : « ...l'Académie est un salon... » Bon sang de Dieu! ce qu'elle a servi cette phrase-là! « ...PAcademie est un salon... elle ne reçoit pas seulement l'œuvre mais l'homme... 1» En attendant c'est le racoleur qui est reçu, choyé^ de tous les dîners, de toutes les fêtes... Il devient le parasite adulé de toutes les espérances quMl fait naître et qu'il* a soin de cultiver... »

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

« Certes pas plus que la génération des auteurs modernes, je ne comprends pas trop la nécessité, l'utilité, la raison d'ôtre d'une institution dans le genre de TAcadémie française : les hommes qu'elle admet dans son sein ne sont fréquemment que d'insignes nullités à l'existence souvent ignorée au dehors de l'Académie et des sphères académiques ; les œuvres qu'elle récompense sont maintes fois choisies d'après un discernement dont les règles sont une énigme pour tout autre que pour les académiciens euxmêmes et je citerai à l'appui de ce dire ce fait que cette année le prix Montyon destiné à des. ouvrages utiles aux mœurs, a été donné à une traduction d'un livre sur la Grande guerre! Mais de là à conclure avec Daudet que tous les membres de l'Institut sont de fieffés ignares, que leurs actes, tous leurs actes relèvent de la sottise ou de l'ignorance, je trouve encore une sensible distance. LImmortel est une charge à fond de train sur les quarante et l'habitude veut qu'on ne parte en guerre que contre l'ennemi. Daudet aurait-il des raisons secrètes pour se considérer comme l'ennemi — et un ennemi acharné — de l'Académie ?

< Je ne sais, mais il m'a semblé et il me semble encore que le réquisitoire est d'un ton bien violent pour émaner d'un écrivain désintéressé et déclarant son désintéressement dans son impartialité de simple et consciencieux observateur. L'idée' de ce livre était bonne, mais Daudet est allé un peu ioin et c'est précisément l'impétuosité de Tattaque qui fait naître des étonnements, des hésitations, surgir des protestations, des défenseurs à cette Académie dont on se fût agréablement moqué avec un assaut plus froid, plus mesuré, plus digne de celui qui le livrait.

L'allure même de PImmortel m'a contraint à écarter tout d'abord la question de la valeur littéraire de l'œuvre; en ce qui concerne cçci, je me contenterai de faire remarquer que le roman, en tant que roman, est d'une tournure banale sans originalité dans l'intrigue ni grande vigueur dans l'observation. Les seules pages qui m'aient donné une jouissance sans mélange —et ces pages sont d'une rareté parcimonieuse — concernent le ménage Védrine; mais ces pages sont d'une délicatesse d'émotion à ravir les plus difficiles.

« Peut-être certains de mes lecteurs trouveront-ils mon appréciation trop dure dans son ensemble. Je n'ai point à me défendre de juger sur parti pris; je n'ai point non plus sans doute à insister beaucoup pour faire admettre que nombre des œuvres d'Alphonse ont assuré à leur auteur ma plus vive sympathie. Et je terminerai en me bornant à exprimer tous mes regrets d'avoir éprouvé une aussi pénible impression à ma lecture de VImmortel et de ne pouvoir la garder pour moi. »

Le Journal de Vempereur Frédéric III, — Il a été fait grand bruit autour de cette affaire qui n'est point encore terminée, tant s'en faut. Dans son numéro d'ocbre, la Deutsche Rundschau, revue mensuelle calquée sur notre Revue des Deux-Mondes, éditée par Paetel,

de Berlin et dirigée par J. Rodenberg, était tout heureuse d'offrir à ses lecteurs la primeur d'un fragment du journal intime de Frédéric III, le défunt empereur d'Allemagne. Ce fragment contenait des notes prises au jour le jour et allait du ii juillet 1870 au 12 mars 1 871, embrassant ainsi l'une des époques les plus critiques et les plus glorieuses qu'ait traversée l'Allemagne : campagne de France, aboutissement de l'empire. Il y eut grand émoi en haut lieu: certaines révélations n'étaient point faites pour plaire à quelques souverains en général et au chancelier de fer en particulier. Bismarck adressa à Guillaume H un rapport concluant à des poursuites contre l'auteur de la publication. M. Heinrich GefTcken, écrivain de talent, économiste distingué qui avdit été au mieux avec Frédéric III et toujours au plus mal avec Bismarck dont il désapprouvait énergiquement la polilique, M. GefTcken fut arrêté à Hambourg et transféré à Berlin où le procès s'instruità l'heure actuelle. Le manuscrit d'après lequel la publication a été faite fut remis entre les mains de la justice par M. Rodenberg : il est tout entier de la main de M. Getfcken, dit-on. A différentes reprises il a été question de la mise en liberté de celui-ci, mais jusqu'à présent le fait ne s'est poiiit réalisé; le ministre avait conseillé à Guillaume II de laisser tomber Taftaire à l'eau, mais l'empereur n'a point voulu y consentir. Le chancelier se propose même d'arriver à des poursuites contre les auteurs de traductions parues aussitôt en France, en Angleterre, etc., ce qui est son droit absolu en tant que mandataire de famille impériale, d'après la convention internationnale littéraire de Berne.

Ajoutons encore que la maison Paetel a retiré autant qu'elle le pouvait de la circulation les exemplaires de la livraison en question de la Deutsche Rundschau et que ce qui en restait en sa possession a été saisi. Ceux de nos lecteurs qui détiennent la livraison complète ont donc une curiosité — historique plutôt que littéraire naturellement.

Le mois d'octobre est en Allemagne l'époque qui voit l'épanouissement des nouvelles feuilles ...littéraires et l'éclosion des programmes C'est en octobre que la plupart des périodiques importants « prennent leurs années »; c'est en octobre que les réclames dithyrambiques s'étalent partout. Parmi les publications qui datent de cette époque je signalerai :

Tout d'abord Ueber Land undMeer, le magnifique, le splendide, le mirifique journal illustré qui pour quinine, quinze francs par an, donne à ses abonnés cinquante-deux numéros de 20 à 24 pages grand infolio, des milliers d'excellentes gravures sur bois, des douzaines de romans dus aux premiers écrivains de l'Allemagne moderne : — parmi ceux qui figurent au programme de l'année qui commence, je citerai des ouvrages de Richard Voss, de Hans Wachenhusen, de Ludwig Ganghofer, de A. G. von Suttner, de F. von Kapff Essenther, etc., etc.

Puis dans un autre genre les Neue Monatshefte des Daheim, revue mensuelle, illustrée aussi, qui m'a in-

spire le plus profond respect pour la quantité prodi- | gieuse d'abnégation ou d'abonnés que les éditeurs possèdent pour en arriver à donner de semblables livraisons pour i marc, soit i fr. 25. Là, l'année s'ouvre par une remarquable, très remarquable étude sur Rembrandt, due à M. Knackfuss, critique d'art fort autorisé, et la livraison forte de 176 pages in-8* et d'un supplément — pour le roman — de 64 pages in- 16, se complète par une dizaine d'autres articles variés : littérature, histoire, sciences, actualités. Mais le chu de cette publication, en dehors de l'imposant travail analytique de M. Knackfuss, c'est l'œuvre même de Rembrandt reproduit fidèlement d'après des photographies — de Braun en grande partie; — cette étude sur Rembrandt paraîtra en trois livraisons et la première partie renferme â elle seule soixantedix de ces reproductions, dont huit grandes planches hors texte. La livraison est ornée de cent vignettes, de vingt grandes planches sur bois et d'une photogravure : en somme une chose vraiment extraordinaire, d'un bon marché fabuleux si l'on pense que l'exécution matérielle — gravure, impression, papier

— est très belle, et qu'il a fallu procédera un double tirage, les bois étant pour la plupart sur fond chiné. Je me suis montré assez nettement admiratif pour que les éditeurs, MM. Velhagen et Klasing, me pardonnent de déplorer la mesure qu^ils ont cru devoir prendre en employant dans la môme livraison, deux papiers différents — glacé et non glacé suivant que la feuille contient ou ne contient pas de gravures : ce procédé enlève de l'unité à leur publication. Pour le reste tout est parfait et ils ont droit aux compliments de tous et à la reconnaissance de leurs abonnés.

Enfin Vont tels içum Meer, mensuel et illustré comme le pcécédent, mais moins élégant, moins réussi au point de vue matériel, s'il paraît de tendances littéraires plus larges. Si le directeur, M. Kûrschner, sait grouper autour de lui une rédaction de premier choix — tous les écrivains de quelque renom ont collaboré ou collaborent encore à V, F. jf. 3/.

— l'éditeur, M. Spemann, n*a point pour le cîiché la même horreur que MM. Velhagen et Klasing, les éditeurs des Neue Aionatshefte et Taspect général de sa revue en souffre. La part que Vont Fels fait à l'œuvre d'imagination est plus considérable; ses auteurs sont d'une valeur incontestée et ^se nomment pour celle année, Robert Byr, Ernst Wichert, Marie Ebnér-Eschenbach, Richard Voss, Bret Harte^ etc.

MM. Peelman etC'*, 189, boulevard Saint-Germain, à Paris, reçoivent les abonnements à ces différentes publications.

Comme toujours, les traductions d'ouvrages français sont plus fréquentes en Allemagne que les traductions d'ouvrages allemands en France. A citer au nombre des plus récentes :

Mont^Oriol, de Maupassant, et VHomme tout nu, de CatuUe Mendès, chez G. Grimm, % Byd^pçst,

U Empereur Frédéric III, d^Édouard Simon, chez S. Schottlaender, à Breslau,

Et le Rêve, d'Emile Zola, chez S. Fischer, à Berlin.

A signaler parmi la quantité des articles publiés dans les grands périodiques d'octobre :

Dans la Deutsche Rundschau : Fragment du journal de Pempereur Frédéric IlL — Chapitre inédit des mémoires du duc régnant de Saxe-Cobourg-Gotha. — Lettres inédites de F. Mendelssohn-Bartholdy. .- Réforme de la chambre haute anglaise, par F.*H. GefFcken.

Dans Nord und SUd : Ma Ville natale, par Wilhelm Jensen. — L'Exposition des beaux-arts de Munich, par L. Pfau. — En Orient, par Paul Lindau.

Dans les Neue Monatshefte des Daheim : Rembrandt, par H. Knackfuss. — l^ Second centenaire de Frédéric-Guillaume I", par B. Rogge. — Le l>uc de Reichstadt (le roi de Rome), par G. Egelhaaf. — Le Centenaire de Louis 1"' de Bavière.

Dans Unsere Zeit : La Convention bernoise pour la propriété littéraire, par A. Fleischmann. — A. Depreiis, par O. Speyer. — Conrad-Ferdinand Meyer, par K. Schiffner.

Dans les Blaetter fur litterarische Unterhaltung Histoire de la littérature, par R. Waldmûller. — U * Poétique de Henri Viehoflf, par G. Portig. — Romans et nouvelles, articles divers, par R. Dœhn, E. Wechsier, R. Weitbrecht.

Dans le Magasin far die Litteratur des In-und Auslandes i L'Ame sensitive en littérature, par E. Eckstein. — La Chanson populaire en France, par Claire de Glûmer. ^

Angleterre. — La clirection de VArt Journal (294, City Road, Londres) annonce son Art Annual pour 1888. Ce volume, semblable à ceux des années précédentes, où ont été successivement étudiés F. Leighton, J. E. Millais, Aima Tadema et Meissonnier, est consacré cette fois à la vie et à l'œuvre de J. C. Hook. Il contient environ 5o illustrations d'à près les ouvrages du peintre, y compris des reproductions à pleine page de six de ses tableaux les plus fameux. The Art Annual est en vente depuis la fin d'octobre.

— MM. Bell et fils mettent en vente un ouvragcdont l'impression a duré des années; il s'agit de l'histoire de Little England beyoud Wales, and the non-hymne Colony settled in Pembrokeshire, par Mr. Edward Laws.

— MM. Blachwood annoncent un nouveau volume du professeur Blackie d'Edimbourg : A Song 0/ Heroes, et un autre du professeur Veitch, de 0\t%' gow : Merlin, and other Pœms.

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

— La vie de Henry Bradshaw, le célèbre bibliothécaire de Cambridge Uni versity, par Mr.E.W. Prothero, vient de paraître.

— Le volume de la série des Great Writers pour novembre est une vie de Henri Heine par Mr. W. Sharp.

— Sampson Low et C* mettent en vente deux volumes de souvenirs sur le théâtre par le D' Westland Marston. Cet ouvrage, attendu depuis longtemps, est Tœuvre d'un des hommes d'Angleterre qui connaissent le mieux les choses du théâtre contemporain et qui en parlent avec le plus de charme.

— Mr. EUiot Stock annonce The Dramatic Work of the late Edwin Atherstone.

— MM. Trûbner mettent en vente un nouveau poème de sir £dwin Arnold intitulé With Sa^di in the Garden. Le titre en dit assez la donnée orien> talc.

~ T. Fisher Unwin annonce une étude de la vie de Londres, par misa Amy Levy, sous ce titre : The Romance o/a Shop (Le Roman d'une Boutique).

Etats-Unis. — MM. Houghton Mifflin et C* ont mis en vente le 22 septembre : Indiana : A Redemp' tion from Slavery, formant le douzième volume de American Commonwealths, par J. B. Dunn ; The Me y^ySf roman, par Joseph Kirkland (i vol. in-iô*') ; The Law of Equivalents (La loi des Equivalents dans ses relations avec l'éthique politique et sociale), par Edward Payon.

Le 29: The Courtship 0/ Miles Standish, par H. W. Longféllow, volume d'étrennes avec de nombreuses illustrations dues à G. H. Boughton, F. T. Mervill, etc., in-4* (3o francs); Pœtry, Comedy and Duty iptiT C}[i, CarrollEverett(i vol. in-8**); Books and MenfpsLT Agnes Repplier (i vol. in-i6®).

Hollande. — Le numéro 5 de Internationales Archiv far Ethnographie, publié à* Leyde par

M. J. O. E. Schlmetz, est au niveau de ceux qui l'ont précédé. Les ai-ticles sont dus à des savants éminents, et rédigés dans leur langue nationale ; le mouvement bibliographique en ce qui concerne l'ethnographie est suivi et étudié avec le plus grand soin et la plus haute compétence ; d'admirables planches en couleurs contribuent à faire de cette revue une publication de haute science et de grand luxe.

de. — M. S. A. Vengerov a entrepris un grand Dictionnaire critique et bibliographique des écrivains russes. Cet ouvrage rédigé avec le concours de nombreux collaborateurs, doit avoir environ 200 livraisons de 3 feuilles chacune. Le prix de la livraison franco est de 45 kopeks, soit environ i franc. On souscrit directement chez l'auteur, Saint-Pétersbourg, Ligovka, n" 47. Nous souhaitons le plus vif succès à cette œuvre qui est de nature à rendre les plus grands services.

— M. Méjov a publié un Index bibliographique de tous les écrits relatifs aux œuvres et à la vie de Serge Aksakov, père du célèbre publiciste et panslaviste Ivan Aksakov.

— Vient de paraître: le onzième volume des œuvres complètes du prince Pierre Viazemski, contenant la suite de ses poésies.

— Le sinologue Georgievski a imprimé un livre qui surprendra bien des lecteurs; il porte le titre suivant : Les Racines chinoises et l'Origine des Chinois, et conclut à la parenté de ce peuple avec la race aryenne, prouvée philologiquement.

— Signalons aussi un Dictionnaire complet des mots étrangers {au nombre de iiSfOOo), employés dans la langue russe, par Bourdon et Michelson. (8* édition. La première n'avait que 32,ooo mots.)

— Les amateurs de raretés seront bien aises d'apprendre qu'il se vend chez le libraire Klotchkof, à Pétersbourg, une édition des fables de Krylof, longue de o,o3 cent, sur 0,02 cent, de large, au prix d^ 75 roubles.

— Le Novoîé Vrémia du ig septembre annonce la publication, à Saint-Pétersbourg, d'une traduction en arménien du Roi Lear.

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4 - PUBLICATIONS ANNONCÉES OU EN PRÉPARATION f l ^ 1^ en France et à l'Etranger

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FRANCK

I^s plans de Paris. ^ Le service de la conservation du plan de Paris a entrepris un travail des plus

intéressants et dont l'exécution présente des difficultés qui en accroîtront la valeur.

Ji s'agit de rétablir le plan 4^ Paris tel qu'il était pendant la période révolutionnaire, en y mentionnant

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LE LfVRE

les divisions anciennes, les changements de noms et d'affectation des édifices survenus pendant ces temps troublés, de façon à présenter sous une forme saisissante les modifications qu'a subies la physionomie de la capitale de 1789 à 1794. •

En outre, deux plans comparatifs, chacun en une seule feuille, montreront Paris en 1789 et en 1889. Leur examen permettra de se rendre compte de la somme de travail accomplie pendant ce siècle.

Ces divers travaux figureront naturellement à l'Exposition universelle.

Les Actes de comité du Salut public* — M. Aulard, chargé de cours à la Faculté des lettres de Paris, doit publier, dans la collection des Documents inédits de l'histoire de France, un recueil des actes du Comité de Salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du Conseil exécutif provisoire.

Les manuscrits de Victor Hugo, — M. Jules Tellier, chargé par la famille de Victor Hugo de compulser les manuscrits laissés par le poète, a communiqué aux Annales politiques et littéraires, quelques renseignements intéressants, dont voici le résumé.

On sait déjà que, depuis la mort de Victor Hugo, cinq volumes d'œuvres inédites ont été publiés.

Ceux qui sont encore inédits se divisent naturellement en plusieurs catégories. Ce sont d^abord les volumes de prose.- Le premier qui sera publié contiendra des notes de voyage en Angleterre, en Belgique, en Hollande et en Espagne.

Ces notes sont contemporaines de celles qui ont formé le Rhin. Un autre volume' intitulé : Essai d'explication est une œuvre de métaphysique. Quant à \di correspondance f<\\i* on ne saurait publier tout entière immédiatement, elle sera probablement réduite à un volume qui renfermera quelques-unes des lettres où la poète s*est occupé de questions littéraires.

Dans le théâtre laissé par Victor Hugo se trouvent d'abord deux actes et demi d'un drame intitulé les Jumeaux, et qui concerne la légende du Masque de Fer, Cent mille francs de rente et peut-être Frère de Gavroche, comédies en un acte, en prose; Maglia, comédie en un acte, en vers; Amy Robsart, qui fut représenté sans succès en 1827 et qui parut môme en brochure à cette date, — sans nom d'auteur, — mais qui, depuis lors, est devenue introuvable. Les exécuteurs testamentaires de Victor Hugo feront paraître en 1889, outre le volume des Voyages dont nous Avons parlé, un volume de théâtre contenant Amy Robsart, les Jumeaux el quelques scènes détachées.

Parmi les œuvres poétiques, qui sont les plus nombreuses, se trouvent : le grand poème annoncé déjà sous le titre de Diew, les Années funestes, satires contre le second empire; les Colères justes et les Profondeurs, dont quelques pièces ont paru dans Toute la lyre. Ces titres ne semblent pas devoir être conservés. Des Poésies diverses, dont le nombre est

prodigieux; et enfin VOcéan, c'est-à-dire l'entassement énorme de toutes les strophes écrites au hasard sur des enveloppes, sur des prospectus, sur des chiffons de papier : VOcéan seul fournira la matière de trois volumes, à ce qu'on assure.

Au total, les œuvres inédites de Victor Hugo comprendront encore dix volumes au moins et seront publiées en cinq années.

BTRANGBR

Allemagne. — Michael Stern, éditeur à Vienne (Peelmann et C 189, boulevard Saint-Germain) prépare une nouvelle édition de luxe des œuvres de Hogarth, d'après les originaux (60 planches grand in-folio).

— Sous le titre Classischer Bilderschat^, la msison Bruckmam, de Munich, vient de commencer la publication en photogravures et par livraisons bi-mensuelles in-quarto de six planches chacune, des chefsd'œuvre artistiques de tout pays et de tout temps. L'abonnement pour l'année, soit 24 livraisons ou 144 planches, est de 12 marcs, i5 francs. Le premier fascicule contient des reproductions d'après Rubens, Murillo, Franz Hais, etc. (A Paris, chez J. Peelmao et C'% 189, boulevard Saint-Germain.)

— Incessamment la V^r/a/f^-^n^/a/f (ancienne maison J.-F. Richter) de Hambourg, mettra en vente un ouvrage de grand luxe dans lequel la comtesse Eufémia Ballestrem plaide la cause de Marie Stuart et s'efforce de démontrer d'après des documents l'innocence de la malheureuse reine. Le volume, de 410 pages in-4", sera orné de plusieurs fac-similés, de vignettes dans le texte et de 65 grandes planches en photogravure.

— il va paraître un ouvrage dont les revues all^ mandes annoncent à l'avance « l'intérêt extraordinaire 1» : l'Histoire de la fondation du nouvel empire allemand, Geschichte des neuen deutschen Reiches,^tv M. de Sybel.

Angleterre. — Le traité auquel Mr. Grant Allen travaille depuis douze ans. Force and Energy, va enfin paraître chez MM. Longman. La théorie principale qui y est soutenue a déjà été exposée en abrégé et avec l'autorisation de l'auteur, dans un livre qui a suscité de violentes polémiques, Story of Création^ par Mr. Clodd.

— Mr. William Andrews, président du club littéraire de HuU, vient de mettre la dernière maiaà uo ouvrage intitulé Manners andCustoms in the Timeof Shakespaere^

~ L^autobiographie de Mr. Buchanan paraîtra vera

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

Noël chez Téditeur Bentley, sous le titre A Poefs Pilgrimage {le Pèlerinage (Pun Poète).

— Mr. A.-M. Floyer va faire paraître chez MM. Chapman et Hall un puvrage intitulé The Evolution o/Àncient Hinduism.

— Les éditeurs Ibister préparent une édition de la vie et de la correspondance de Mary Howitt, par sa fille.

— Mr. F.-A.. Inderwick va publier chez Saoïpson Lowet O* un volume d'étudesjiur l'époque des Stuarts, où les événements historiques sont surtout considérés au point de vue juridique. Le volume sera illustré.

— On annonce pour cet hiver un livre de Molesworthy illustré par Walter Crâne et intitulé A Chrisimas Posy (Bouquet de Noél).

— Le Rev. D' £. Moore va incessamment publier (Cambridge University Press) le grand ouvrage de critique sur la Divine Comédie du Dante auquel il travaille depuis si longtemps.

" Le D' K. D. Buelbring prépare pour la maison Nutt une édition du Çompleat English Gentleman^ Tœuvre posthume de De Foe.

— Mr. Rennel Rodd écrit une biographie de l'empereur Frédéric, dont l'impératrice, sa veuve, a promis d'écrire l'introduction. Le volume sera vendu au profit de l'hôpital affecté à Londres aux maladies de 1* gorge, dans Golden square.

— Mr. L. B. Seeley, auteur de Horace Walpole and his Worldy va publier un pendant à cet ouvrage intitulé Fanny Burney and her Friends, avec huit planches sur cuivre d'après Reynolds, Copley et West.

— Un ouvrage d'un intérêt particulier pour des Français va être publié par les éditeurs Trûbner, de Londres. Il a pour titre Impérial Germany, et est l'œuvre de Mr. Sidney Whitman.

Les mêmes éditeurs ont sous presse un ouvrage sur le mariage et le divorce (Af^nVi^e and Divorce), considérés au triple point de vue religieux, légal et social.

Hollande. — Les Archives internationales d'ethnographie (Internationales Archiv fur Etnographie) de Leyde, qui, sous la direction de M. J.-D.-E. Schmeitz, se sont dès le début placées au premier rang parmi les publications scientifiques de notre temps, annoncent comme supplément, au prix de 6 fr. 5o, une Ethnologie des Indiens du Guatemala [Ethnologie der Indianer von Guatemala; ii feuilles de texte, in-4", avec dix planches en couleur et 2 dessins dans le texte) par le D*" Otto Stoll, privat-docent à l'Université de Zurich, qui a exercé pendant plusieurs années la médecine dans l'Amérique centrale. Le prix, pour les non-abonnés aux archives, sera porté à 8 fr. 5o.

Italie. — Une. édition officielle de Machiavel. — Sur la proposition de M. Crispi, le roi Humbert vient de décider qu^une édition complète des œuvres de Machiavel serait publié à Florence aux frais de TÉtat.

Une commission de douze membres est chargée de surveiller la publication.

— Guide de la presse italienne. — M. Nicolas Bernardi, de Lecce, annonce la publication d'un Guide de la presse périodique italienne. L'ouvrage sera imprimé vers la fin de cette année, pour pouvoir être envoyé aux abonnés dans les premiers jours de 1889. Cette utile pi/blication formera un beau volume d'au moins mille pages in*8®. Le prix, par souscription payable d'avance, sera de dix francs.

— Un romancier bien connu, Mario Pratesi, prépare un livre où il étudie les paysans toscans et l'influence corruptive du voisinage d'une grande cité sur leurs mœurs. L'ouvrage sera publié par Barbera.

— L'éditeur Zanichetti de Bologne, entreprend la publication des œuvres complètes, prose et poésie, de Giosuè Carducci.

L'élégante collection elzévirienne du même éditeur vient de s'enrichir de deux volumes de vers : Tramonti, Nuove liriche, par Giuseppe Multedo, et Poésie varie nuovamente ordinate^ par Luigi Pineiii.

NOUVELLES LITTÉRAIRES DIVERSES — Miscellanées françaises et étrangères —

PRANGB

Deux lettres inédites; Buffon et Malesherbes. — Nous recevons de M. M.-F.-A.-G. Campbell, directeur

de la bibliothèque royale de la Haye, une intéressante communication* Un sien parent, M. H.-D. Guyot, vice*président du tribunal de Groningue, a eu entre les mains» il y a quelques années^ la correspondance

de Heerkens, poète latin du xviii* siècle, qoe tes voyages en Italie et^n France ayaient mis en. relation arec les littérateurs et les savants les plus considérables du temps. Il eut Tambition d*étre membre correspondant de TAcadémie française, et fît des démarches dans ce but. M. H.-D. Guyot a pris copie des deux réponses faites à ses sollicitations, Pune ^ar Buffbn, Tautre par Malesherbes, et ce sont ces lettres inédites que nous offrons à nos lecteurs, en remerciant M. Campbell d*avoir eu Tidée de nous les envoyer.

« J'ai reçu, Monsieur, la lettre que vous m'avés fait l'honneur de m*écrire et j'ai lu avec la plus grande satisfaction les deux charmants oiseaux que vous m'avés envoyés; cela me fait désirer d'avoir les autres, et c est grand domage que vous n*en ayés pas fait un petit recueil et que ces jolis morceaux soient dispersés dans des journaux. Votre poésie est élégante et facile; vos peintures vives et vraies. Le commencement de rhirondelle est surtout digne d'être mis à côté des meilleurs poètes latins. Comme je travaille à rhistoire des oiseaux, )*ai épluché peut-être de trop près votre hirondelle; des quatre espèces que je connais il n'y en a qu'une qui s'engourdit Thiver et vous paroisiés dire que toutes s'engourdissent.

« Il y a aussi quelque petite critique à faire sur l'article des cigognes; ce ne sont pas des cigognes mais des ibis qui sont en Egypte, et on les a mal a propos pris les uns pour les autres. Vous mérités autant que personne d'être correspondant de l'Académie. M. de Montigny et M. de Malcsherbes peuvent aisément vous procurer cet agrément; si j'étais à Paris je me joindrais à eux, mais je n'y retournerai que vers la fin de février. Je vous réitère mes remerciments, Monsieur, en vous assurant de la respectueuse estime avec laquelle j'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. » ^

a Le C** DE BuFFON. »

« Montbard, ce 97 janvier 1777* »

« A Montigny, ce is février i777'

a C'est par votre lettre du 7 février, Monsieur, que j'apprends pour la première fois votre logement à Paris. Vous vous êtes donné plusieurs fois la peine de passez chés moi ; j'ay trouvé votre nom écrit, je vous ai laissé une lettre pour vous être remise si vous y repassiés, mais je ne savais où vous l'adreser.

« De plus j'ignorais encore avant votre lettre du 7 février, que vous fussiés en liaison avec M. de Montigny à qui je me serois sûrement adressé pour savoir où vous trouver. Vous ne m'aviés cité à Groningue que M. Le Beau avec qui vous fussiés en relation et M. Le Beau à qui j'ai demandé votre demeure m*a répondu qu'il ne la savait pas.

« C'est à présent à la campagne. Monsieur, que je reçois votre lettre et la campagne est, quant à présent, mon domicile ordinaire. Je ne suis à Paris que

par moment.

« Par cette raison je suis peu au fait des dispositions

actuelles de TAcadémie des sciences sur la nomiution des correspondans. Je sçais seulement qu'il n'y a point de corps littéraire qoi ne soit infiDiaent flatté de recevoir on sçavast de votre mérite et de votre réputation. Je ne sais si je serai à Paris quand cette affaire sera proposée soit par M. de Buffon, soit par M. de Montigny. Je vous prie d'être persuadé du désir bien sincère que faurai toujours. Monsieur, de concourir à ce qui pourra vous être agréable. Mais vous concevés aisément que le suffrage d'un homme qui assiste très rarement à l'Académie n'est jamais d'un grand poids, aussi le plus souvent je me rends justice et je ne donne pas ma voix aux élections. « Au reste. Monsieur, j'espère vous retrouver encore à Paris la première fois que j'irai. Je sais i présent votre adresse, ainsi je saurai vous trouver et en même temps je saurai la façon de penser des aca* démiciens. Je ne doute pas qu'elle ne soit telle qu'elle doit être à votre égard, il restera seulement à savoir s'ils n'ont pas un nombre fixe de places de correspondans et peut-être des engagemeus pou; remplir les premières. C'est ce que j'éclairciroi avant d'avoir l'honneur de vous voir. Je vous renvoyé, Monsieur, la lettre -de M. de Buffon, et voua prif d'être persuadé de la parfaite considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

€ Maleshebbes. «

Les journaux à Paris, — Au commencement de cette année, on comptait 1,648 publications périodiques: 94 journaux politiques, 56 littéraires, 66 illustrés, 16 diplomatiques ou économiques, 17 d'assurances, 63 catholiques, 2t protestants, 2 israélites, 24 francs-maçons, 27 militaires, 25 de sport, 146 financiers, 85 industriels, 20 de théâtre, 84 de juriaprudence, 34 d'annonces, 60 de modes, 66 de commerce, et 143 divers.

Les revues se décomposent ainsi : littéraires et politiques, 83; médecine et pharmacie, 134; beauxarts, travaux publics, technologie, 128 ; sciences, V) instruction et éducation, 72 ; administration, 34 ; agriculture et horticulture, 43 ; bibliographie, 32.

L'année 1887 a vu naître 493 feuilles périodiques, 253 d'entre elles mouraient avant d'avoir vu l'annce

Durée du papier.^ M, Haye a examiné le papier de cent publications périodiques anglaises, allemandes et françaises, prises par tiers. Sur ce nombre, deux publications françaises et une allemande éuient imprimées sur papier de chiffons et susceptibles de se garder plusieurs siècles. Trente étaient imprimées sur papier dans la pâte duquel entrait un mélange de chiffons, de bois, d'herbes, de cellulose, et pouvaient durer une ou deux générations. Quant aux autre»! elles sont condamnées à une existence éphémère, et nos petits-neveux n'en découvriront plus trace.

Les livres et les registres imprimes sur du p«p»er fabriqué avec des pâtes de bois, d'alfa, de pailK»

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

d'herbes, etc., ne peuvent supporter l'action du temps ; leur fragilité est telle, qu^au bout de cinquante ans ils s'effritent et tombent presqu'en poussière quand on les feuilleté.

Un portrait de Pascal à retrouver ? — On lit dans le Parti national (6 août) :

■ Le portrait le plus vrai que Ton ait eu de Pascal l'ut trouvé au fond d*un vieux .coffre, à la mort d'une demoiselle Domat (1840), descendante du jurisconsulte de ce nom.

« Il était tracé au crayon rouge sur la couverture d'un Digeste (livre de droit), avec cette inscription écrite par le fils de Domat :

Portrait de M. Pascal fait par mon père,

« Cest à Paris, où il s'occupait alors avec Pascal à des expériences de physique — vers 1G48 •— que Domat a dû dessiner ce portrait. Pascal avait alors vingt-cinq ou vingt-six ans.

« Ce Digeste fut acheté en 1840, par un conseiller à la cour royale de Riom.

< Qu'est devenu le portrait de Pascal ? d

La maison de Victor Hugo. — Un comité s'est assuré la propriété de la maison de Victor Hugo, par un bail avec promesse de vente. Son intention est d'en faire don à la France. L'intérieur, dans tous ses détails, sera reconstitué tel qu'il était, lors des der* niers mom.ents du maître.

Tous les Français, à quelque opinion qu'ils appartiennent, tous les étrangers qui viendront de tous les coins du globe pour assister aux fêtes de la paix, à l'occasion du centenaire de 1789, auront à cœur de rendre un nouvel hommage à cette grande mémoire et de contribuer à l'œuvre patriotique à laquelle ils sont conviés.

Les personnes qui auraient des communications à faire à cet égard peuvent s^adresser tous les jours, de dix heures à midi, 124, avenue Victor-Hugo.

Allemagne. — Un empereur typographe. — L'empereur Frédéric III d'Allemagne était typographe. Il se livrait à l'art typographique dans son propre palais, où M. Hanel, imprimeur à Berlin, avait installé une imprimerie à l'usage du kronprinz.

Il paraît qu'il est de tradition, dans la famille des Hohenzollern, depuis Rousseau, sans doute, que les princes apprennent un métier manuel.

Angleterre. — Offert aux méditations de MM. les Editeurs. — En annonçant la mort de Mr. Petter, un des principaux associés de la maison d*édition Casseil,. Petter et Galpin, de Londres et de New-

York, The Bookseiler (9 octobre), rapporte deux traits qui sont trop à l'honneur de cette grande maison pour que nous ne les enregistrions pas ici. A une époque où le peintre Franck Dicksee commençait à peine à se faire remarquer, Cassel, Petter et Galpin lui commandèrent un assçz grand nombre de tableaux à raison de 10 à 20 livres sterling chacun. Plus tard, lorsqu'il fut devenu célèbre, ces peintures originales furent vendues à la salie Chrisiie, à des prix bien supérieurs à ce qu'elles avaient coûté. Les éditeurs voulurent que le peintre profitât de cette plus-value acquise à ses ouvrages, et lui envoyèrent un chèque de 5oo livres ( 1 2,5oo fr.). De même, après le très grand succès du livre du colonel Barnaby : Ride to Khiva, MM. Cassell, Petter et Galpin envoyèrent à l'auteur un chèque de 25o livres, en sus des ySo livres qu'ils lui avaient déjà comptées, pour parfaire le prix auquel le colonel avait tout d'abord estimé son œuvre.

Une bonne action n'est jamais perdue, dit-on ; espérons qu'il en est de même d'un bon exemple.

A citer dans The Nincteenth Century, d'octobre : Un article de politique étrangère intitulé: The Reign 0/ the « Nouvelles Couches » en France, par Frederick Marshall, The Industrial village of the Future, sorte de plan utopique de l'organisation du travail, par le prince Kropotkine, et une étude sur le poète John Marston, par le poète Algernon G. Swinburne.

Sous le titre Parisian Society — un peu bien général pour le sujet particulier dont il s'agit, — The West^ minster Review , de septembre, donne, en quatre pages, une analyse assez judicieuse du dernier roman d'Alphonse Daudet, VImmortel. Nous y relevons la curieuse coquille : les Vois en exil, près de laquelle Numa Rommestan, à la ligne précédente, est presque de la correction. Nous signalerons dans le môme numéro une étude sur la géographie et les ouvrages du comte Tolstoï.

Brésil. — Nous sommes heureux de signaler à nos lecteurs l'existence d'un beau journal de grand format et de superbe exécution, consacré aux arts graphiques et publié à Buenos-Ayres sous le titre de El Poligrafo. Il a pour rédacteur en chef M. Rodolfo Soncup, et en est à sa cinquième année.

États-Unis. — Lamartine jugé par Brother Jonathan. — On lit dans The Literary World, du 29 septembre, k propos d'une édition américaine de morceaux choisis tirés des Méditations de Lamartine, ces lignes délectables et réjouissantes.

L'éditeur «n'entre dans aucune explication, quant à la grande infériorité de l'esprit français comparé à l'esprit anglais ou allemand, en fait décompositions poétiques. Le français brille dans la prose, mais sa poésie est très inférieure, et les adjectifs admiratifs du professeur Gurme en faveur des rythmes ténus de Lamartine, ne suffisent pas à les recommander

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BIBL. UOD. -> X.

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