BIBLIOTHEQUE NATIONALE
Les bâtiments. — La Bibliothèque nationale est aujourd'hui complètement isolée et se trouve ainsi à peu près garantie contre les accidents extérieurs. Elle contient : 1*^ Un Département des Imprimés, composé de cinquante kilomètres de rayons, sur lesquels reposent 2,200,000 volumes, dont une grande partie est formée de livres rares et précieux. Ces rayons se développent sur cinq étages de planchers en fer à jour, éclairés seulement par le haut. Jamais on n'y allume de lumière et le chauffage ne s'y fait qu'au moyen d'appareils à air chaud; 2<> un Départe* ment des Manuscrits, riche de 100,000 volumes; 3* une Exposition de l'Histoire de l'écriture et de l'imprimerie installée dans la galerie Mazarin, décorée par Romanelli et dont le complément de décora* tion a fait l'objet d'un concours des Oobelins ; 4" une Salle de lecture qui possède 20,000 volumes; 5* une Section très riche de cartes et plans ; 6° un Département des estampes, qui compte plus de 2,5oo,ooo pièces conservées dans i5,ooo volumes et 4|000 portefeuilles ; 7* une Exposition des sciences géographiques; 8<> des archives; 9» la Salle où se trouvent les fameux globes de Coronelli et des appareils de cosmographie et d'astronomie de la plus grande valeur ; io« un Département de médailles et antiques possédant plus de i5o,ooo médailles, monnaies, etc.
Le nombre des lecteurs a été l'année dernière de 58,961. En 1867J *' n'était que de 34,472.
«»<»^>rfMW^^>MM^Mi
Département des manuscrits — La Nature (25 février) contient un article de M. Charles Letort sur le département des manuscrits à la Bibliothèque nationale, où nous puisons les renseignements suivants. Depuis l'année dernière, la grande galerie qui a formé pendant des siècles la salle de travail des imprimés, et qui était occupée encore, en 1881, par la salle publique de lecture, est devenue la salle de travail du Département des manuscrits. L'aménagement y est excellent et même luxueux. Chacune des tables, dont l'ensemble offre 75 places, est finement sculptée dans le style des consoles et des panneaux de chêne qui entourent la salle, et coûte, paraît-il, 1,700 francs. La lumière est abondante et arrive de côté, comme il convient. Tout autour de la salle, sur des rayons jusqu'à la hauteur de deux mètres, tous les instruments de recherches, livres de référence imprimés ou manuscrits, catalogues, bibliographies, répertoires, dictionnaires, sont mis à la libre disposition des travailleurs.
Malgré ces améliorations, les manuscrits ne disposent encore que d'un espace tout à fait insuffisant. Les collections, qui occupent près de 5,2oo mètres de rayons, sont disséminées en des locaux souvent assez éloignés de la salle de travail, ce qui rend parfois difficile la communication aux hommes d'étude. Ces collections comprennent de 95,000 à 100,000 volumes et se répartissent en fonds. Ainsi les fonds orf^Mfaii;(r comptent plus de 19,000 volumes et sont divisés en fonds hébreu, samaritain, syriaque, sabéen, éthiopien, copte^ arménien, géorgien, arabe, persan, turc, hindostani, berbère, sanscrit, indien» tamoul, tclinga, canara, pâlii cambodgien» siamois, birman»
,i ^^1«5Lt
">te^*» >.v V
, iv> ^^.»;:s:^e
<. . . -.XX ,. ,f-a,\. les livres , , , ^ .. x^v k V ^ ♦-'< - '^ '* commune
.X V >s ^-^v f vv *.^ . ic*, aivi$c en ancien
. . N V >N ix\vKN^ 4 i-\vKH> volumes; ^ .N .0^ ..x.cv ,. x.iv-n «H\vH.H> volumes; ,,x >...Nss* .i uu>?* mvKicrncs» comprenant le . .X ... . ix ^vxLM. '. \ ^vnuisais, allemand, néer- ^ , N. V -v^..>>* ».JiiKiinavc, celte, basque," slave, X,. ..^w> » >v. ut î.. cl ic lonJi de divers dialectes afri- , . X, ^ .u;»>ai'». mexicains, polynésiens.
i. \ A w.i v^uiic .Pur portantes collections spéciales, ,. u uc sclc Uv* rhistoire des diverses provinces de ^'u »>^, ^lui compte l^ooo volumes environ, et d'auuc-» t>»s;u cvmnucidcs érudits sous les noms suivants: HalUiC, Hwsjvugny, Brienne, Clairambault, Colbert, vU- 1 am>^» Duchosne, Dupuy, Fontanieu, Joly de l-k'un. l.Anceloi, Moreau, Parlement, Picot, Renauav»i. Scnlly, Visconti.
lùxtm le Cabinet des titres, contenant de précieux vlvwuu\cnt» généalogiques, classés dans un millier de v«^nona, auxquels on ajoute les carrés de d'Hozier, Ick papiers de Chérin, etc.
Tout cela ne sera commodément logé et installé pour le service que lorsque le Département des manuscrits aura été mis en possession des galeries qui doivent lui être réservées dans les bâtiments à élever sur les terrains depuis si longtemps disponibles, le long de la rue Vivienne.
Retour des manuscrits volés par Libri. — Nous résumons, d'après les journaux qui ont donné les détails les plus complets sur cette affaire, et notamment d'après le Temps, le Figaro, la Liberté et le Matin, les négocia'tions si bien menées par l'administrateur général de la Bibliothèque nationale, M. Delisle, et qui ont abouti à la réintégration d'un lot considérable de manuscrits^ volés par Libri et vendus par lui à lord Âshburnham.
Le comte Guglielmo Libri-Carucci n'était pas un aventurier banal. U était arrivé à Paris en i83o, de Florence, sa ville natale, où il s'était compromis dans les agitations politiques. Libri jouissait déjà^ comme mathématicien, d'une assez grande notoriété. Sa qualité de savant et de patriote lui valut l'amitié et la protection de François Arago. Naturalisé Français le 2 janvier i833^ il fut aussitôt appelé à faire partie de TAcâdémie des sciences (section de géométrie) en remplacement de Legendre. Les honneurs dès lors tombèrent sur lui comme grôle. Décoré de la Légion d'honneur^ nommé rédacteur du Journal des savants, promu, grâce à M. Guizot^ inspecteur des biblicthèques de France^ Libri était certes digne de se sur-
^ivrxj comme savant ; mais c'est surtout comme spfcteur qu'il devait s'immortaliser...
En ce temps-la, nombre de bibliothèques d( parlements étaient un peu laissées à l'abandon. Hla avaient été formées pour la plupart à la suite de laRfvolution, avec des volumes imprimés ou manuscrits provenant de divers couvents et châteaux, et qui avaient été inventoriés sans beaucoup de minutie. Le service était fait généralement à titre gracieux par des lettrés de la localité, qui avaient leur tour de garde, comme dans la milice bourgeoise, et qui éprouvaient de véritables jouissances à aller à la découverte à travers le précieux pôle- mêle confiés leurs soins. Les catalogues étaient à l'état d'ébauche. On avait bien une idée des véritables raretés qui étaient la gloire de la bibliothèque; il y avait un certain nombre de manuscrits à miniatures^ d'incunables curieusement reliés, de livres d'heures de provenances illustres que l'on offrait discrètement à l'admiration des visiteurs ; mais, par respect, on ne les regardait presque jamais de très près. Les pièces, même uniques, n'avaient pas toujours été collationnées avec méthode ; la plupart des manuscrits étaient restés sans pagination. Les honnêtes conservateurs volontaires n'étaient pas des policiers; à chaque instant, ils avaient des surprises et des chagrins. C'était, dans un très vieux livre, un trou laissé par une initiale ornée ou une miniature que quelque brute avait découpée pour la coller dans un album, en emportant du même coup, naturellement, un fort morceau de texte au verso. D'autres fois, dans un ouvrage plus moderne, c'était une figure hors texte qu'on avait enlevée d'un coup de canif. L'espoir de constater et de réprimer ces actes de vandalisme était maigre. On s'était généralement borné à frapper le titre d'un cachet, et le fragment arraché ne portait aucune espèce de marque d'origine ; les dégâts étaient d'ailleurs commis bien plus fréquemment par stupidité pure qu'avec une pensée de spéculation, les coupables n'ayant qu'une idée très inexacte de la valeur des vieux bouquins qu'ils détérioraient avec ce sans-géne.
Libri, lui, ne pécha point par ignorance. On devine quelles facilités lui donnait sa situation d'inspecteur. Il tenait à étudier les raretés et, naturellement, on le laissait en tête-à-téte avec elles, même en dehors des jours et des heures d'ouverture de la bibliothèque. Des pièces curieuses ne se retrouvèrent point ; mais les disparitions d'ouvrages complets furent l'exception ; seulement, peu à peu^ quand on s'avisa de revoir en détail des livres précieux ordinairement exposés à travers les carreaux d'une vitrine, les érudits s'étonnèrent de rencontrer des lacunes imprévues et de ne plus découvrir le passage qui les avait particulièrement intéressés. On ne se décide pas du jour au lendemain à diriger ses soupçons sur un faut fonctionnaire chargé justement de recommander la vigilance ; pourtant l'ensemble des plaintes fut tel que les investigations de la justice ne comportaient plus d'obscuriic à la veille de la révolution de Février. Les pièces de l'enquête judiciaire
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
viarcDt aux mains du gouvernement provisoire. Des « cxpcm furent commis, Libri prit la fuite et fut, nn peu après, condamné par contumace à dix ans de réclusion. Outre les ventes. quMl avait déjà effectuées en Italie, en Angleterre et même en France, et dont le produit atteignait un demi-million, il emportait arec lui une bibliothèque de plus de 3o,ooo volumes, qui ne lui avaient coûté que la peine de les cueillir aux rayons de nos bibliothèques publiques.
Le comte Libri avait, d^ailleurs, de qui tenir. Son pireavait été condamné en 1816 par la cour d'assises du Rhône, pour crime de faux en effets de commerce. .
Cependant c'était un si savant homme que ce Libri, et surtout si aimable, que nombre de membres de l'Institut et de hauts personnages de l'Université ne pouvaient se résigner à le considérer comme un voleur. Aussitôt que te courant de la réaction se fut dessiné, il se drapa en proscrit politique, en victime de l'animosité des hommes de Février, et réussit à passionner pour sa cause des hommes considérables. Le sceptique Prosper Mérimée fut un des plus ardents ; pour cautionner la vertu de Libri, cet écrivain ami de sa tranquillité personnelle se transforma en' Don Quichotte, vengeur de l'opprimé; après le coup d'État, il crut tenir la réhabilitation de son ami et se jeu dans la lice tellement à corps perdu qu'il brava jusqu'au martyre ; un article publié par lui dans la Revue des Deux Mondes du i3 avril i852 lui attira quinze jours de prison. Les brochures apologétiques pullulèrent pendant près de dix ans. M""* Libri, avec tout un cortège de personnages éminents qui lui avaient délivré des attestations et des consultations, en appela par voie de pétition au Sénat. Le rapporteur fut M. Bonjean, qui étudia longtemps et consciencieusement l'affaire et conclut à l'ordre du jour. Quand Libri mourut, en 1869, l'opinion publique n'hésitait plus : ses vols étaient avérés.
Amateur, que sa passion changeait en receleur, le comte d'Ashburnham acheta un lot de ces livres et de ces manuscrits volés.
« A sa mort, en i883, dit M. Léopold Delisle dans son rapport, le Musée britannique se proposait d'acquérir tous les manuscrits d'Ashburnham Place moyennant une somme de 1.00,000 livres sterling (4 millions de francs). Si l'acquisition avait été faite dans ces conditions, l'administration du Musée britannique aurait consenti à nous rétrocéder pour 690,000 francs un lot de x66 manuscrits, formant 200 volumes ou portefeuilles, qui, d'après des indices plus ou moins probants, paraissaient provenir de vols commis dans nos bibliothèques ou dans nos archives.
« Mais, au dernier moment, le gouvernement anglais refusa d'allouer les fonds nécessaires pour Tacquisition de ces collections. L'occasion semblait à tout jamais perdue, lorsqu'un libraire honorablement connu dans toute l'Europe, M. Trûbner, vint à Paris, le 3o septembre 1887, m'entretenir du projet qu'il avait conçu de retidre à la France les manuscrits dont la perte nous était si sensible» et en même temps de
placer dans une bibliothèque publique d'Allemagne un volume jadis conservé à Heidelberg, qui avait été incorporé en i656 dans la bibliothèque du roi, avec les collections des frères Dupuy (le recueil de poésies allemandes, formé vers la fin du ziii* siècle, par les soins de Rudiger Manessé, dont l'histoire a été racontée en détail par F.-H. Von du Hagen). Contre l'abandon de ce volume et le payement d'une somme d'argent dont le montant restait à fixer, M. Trûbner se faisait fort de nous ménager la restitution des 166 manuscrits réclamés par nous dans la bibliothèque du comte d'Asliburnham. '
« La cession d'un volume tel que le recueil de Manessé constitue évidemment une dérogation aux règlements et aux usages de la Bibliothèque nationale; mais plusieurs précédents justifiaient cette proposition, qui fut acceptée par le prédécesseur de M. Faye, M. Spuller.
« Pour trouver le complément de la somme, con^ tinue M. Delisle, l'idée me vint d'appliquer à la rançon de nos manuscrits le capital d'une rente de 4,000 francs en 3 0/0, provenant d'un legs fait sans aucune condition à la Bibliothèque nationale par feu le duc d'Otrante. Un décret rendu le 16 novembre 1887, sur avis du Conseil d'État, autorisa l'aliénation de cette rente, sous la condition d'en affecter le produit au rachat des manuscrits Libri et Barrois. Jamais plus noble emploi n'aurait pu être fait de la fondation du duc d'Otrante, dont le non! restera ainsi associé à l'un des plus nobles événements des annales de la Bibliothèque nationale au xix* siècle.
« Ceci convenu, je me suis rendu à Londres, assisté de M. Julien Havet, bibliothécaire au Département des imprimés, et de M. Henri Moranvillé, sous-bibliothécaire au Département des manusc^rits. Nous y avons reconnu et reçu des mains de M. Trûbner les 200 volumes ou portefeuilles formant les 166 articles du fonds Libri et du fonds Barrois, dont la liste avait été arrêtée par M. Paul Meyer, par M. Julien Havet et par moi le 9 mars i883, communiquée, le même jour, à l'administration du Musée britannique et insérée' dans un document dont l'impression fut ordonnée le 27 juillet suivant par la Chambre des communes, v
Il reste maintenant à reconstituer dans leur état primitif les manuscrits dont les morceaux, plus ou moins mutilés, ont servi à former des plaquettes dans la bibliothèque de Barrois. M. Delisle aura à se concerter avec différents établissements sur les conditions auxquelles la Bibliothèque nationale pourra rétrocéder les fragments du fonds Libri qui ont jadis fait partie des manuscrits appartenant à divers dépôts publics de Paris ou des départements.
La valeur des manuscrits retrouvés est considérable. Quinze volumes sont antérieurs à Charlemagne. L'un d'eux surtout est un grand volume écrit en lettres onciales, orné de peintures barbares, et qui est de la plus haute importance pour l'histoire de l'art. C'est l'unique monument d'une époque aussi ancienne qui existe dans aucune bibliothèque de France. Libri s'était aussi procufé des manuscrits
BIBL. MOO. — X
très anciens d'auteurs classiques latins, Virgile, Lucain, Stace, Cicéron. Ce sont des copies faites à Tépoque carlovingienne et d'une grande utilité pour les savants qui veulent rétablir dans leur pureté primitive les textes antiques. Il y a des textes très remarquables de l'ancienne littérature française, et surtout de la littérature provençale. Enfin on trouve une série de papiers historiques modernes, tels que des minutes des dépêches de Richelieu, des lettres ou mémoires de grands savants français, des lettres originales de Descartes et de Fermât, le grand mathématicien. Citons encore deux petits volumes inestimables entièrement remplis de notes et de dessins de Léonard de Vinci.
Quant au recueil Rudiger Manessé, cédé à FÂllemagne, la Bibliothèque nationale en possède une reproduction photographique, faite il y a quelques années, aux frais du grand-duc de Bade, à l'occasion du jubilé de l'Université d'Heidelberg. Pour les travailleurs, cette reproduction est l'équivalent exact de l'original.
Vol à la Bibliothèque nationale, — Le 14 mars, dans la soirée, un bibliothécaire au Département des imprimés demandait communication dans la salle de travail du Département des manuscrits d'un volume de la collection de Lorraine, contenant un diplôme d'Othon I", sur lequel il avait différentes vérifications à faire. Il ne fut pas peu étonné de constater que ce diplôme avait été violemment arraché du volume. Il fit immédiatement part de sa découverte à M. Deprez, cousjervateur, et A ses collègues. Ceux-ci se mirent aJors à rechercher dans les bulletins de demande que chaque lecteur est obligé de remplir le nom de celui qui avait, en dernier lieu, demandé communication de ce volume. Ils ne tardèrent pas à apprendre que le lecteur à qui on avait communiqué ce manuscrit s'appelait Chevreux et demeurait rue de la Nation. Les garçons interrogés déclarèrent que ledit Chevreux, qu'ils connaissaient bien, se faisait remarquer pjar des allures singulières.
On rechercha alors les bulletins de demande qui portaient son nom, et on examina les volumes dont il avait eu communication. On s'aperçut bien vite que ces volumes avaient presque tous subi des mutilations semblables à celles que Ton venait de signaler. On constata, en outre, que Chevreux avait eu l'imprudence de mettre sur l'un de ses bulletins de demande non seulement la cote du manuscrit qu'il désirait, mais le numéro de la pièce qu'il devait voler*
On arriva ainsi à constater qu'une soixantaine de diplômes des ix*', x% XI*, et XII" siècles avaient été volés dans les collections de Lorraine et de Bourgogne. La liste put en être dressée d'une manière à peu près complète. Le commissaire de police du quartier, M. Rolly de Balnègre, avait reçu sur Chevreux les renseignements les plus circonstanciés; mais ils devaient rester inutiles, car le voleur est venu se faire prendre luimême. Ne sachant pas qu'il était soupçonné, il est allé, dans l'après-midi, à la Bibliothèque. L'agitation bien
naturelle qu'a produite son entrée dans la salle lui a donné l'éveil. Il ne s'est même pas assis. Il reprenait le chemin de la porte lorsqu'il a été arrêté par un garçon et conduit au secrétariat. C'est là que deux agents sont venus le prendre pour le mener au commissariat de police. Il a fait, devant M. Delisle et M. Rolly de Balnègre, des aveux complets. Une perquisition opérée immédiatement chez lui et chez une de ses soeurs a amené la découverte de toutes les pièces dont on avait constaté la disparition.
Il est encore difficile de savoir quel est le mobile qui l'a poussé à accomplir un pareil acte de vandalisme. Le grattage de l'estampille de presque toutes les pièces volées p&r lui semblerait indiquer qu'il avait l'intention de les vendre. Chevreux est un jeune homme de vingt-deux ans, d'une mise très correcte.
Départements des médailles et antiques, — Le ministre de l'instruction publique vient de charger M. Henri La voix de dresser le catalogue des monnaies musulmanes de la Bibliothèque nationale.
^Ai^^V/\/^^^^^^^^^
Bibliothèque de V Arsenal, — Depuis le 19 mars, les salles de lecture de la bibliothèque de l'Arsenal, qui se fermaient à trois heures, restent ouvertes jusqu'à quatre heures.
Les Papyrus du musée du Louvre, — On vient de dérouler au musée du Louvre un superbe papyrus rapporté par M. Adolphe Cattar.i de sa mission dans la haute Egypte. Ce document, l'un des plus beaux du genre, a vingt-deux mètres de long. C'est le plus grand papyrus que possède notre musée national.
Musée de Cluny, — On vient d'exhumer des caves et des mansardes du musée de Cluny quantité de pierres portant des inscriptions historiques, et qu'onest en train d'appliquer contre les murs de la façade du vieil hôtel, qui a vue sur le jardin.
Bibliothèque de V Université. — Le conseil général des Facultés de Paris s'est réuni à la fin de février, sous la présidence de M. Gréard, vice-recteur. Il a décidé l'échange régulier des publications académiques entre TUniversité de Paris et l'Université Laval de Québec.
11 a, en outre, approuvé le rapport présenté par M. Himly, au nom de la commission de la bibliothèque de l'Université. Ce rapport constate que la bibliothèque est assidûment fréquentée par les^ étudiants et que le prêt des livres y est très aboi dant.
«»^^^>/V/W^rfV>/%/%»
Bibliothèque de la Préfecture de la Seine, — fl A Iheure où nous écrivons, la bibliothèque administrative de la préfecture de la Seine, installée au pav^Mion de Flore, doit être tri^nsportée à l'Hôtel de Vij^]^ cf
BLIOGHAPHEQUE
uiiiaa française est composai: de ix,ooo volamet ou ilocumenis acbeiés ou donnés par tei minisières, les is publiques, les départemenis, le Sénat et 11 Chambre des dèpuiês. Cetie dernière collection tonne environ 3oo volumes. I.'invenwire des archives dcpiricnicntaiei antérieures à f/tfo réunit un total de 1^6 volumes. La section étrangère présente une collection très précieuse de 17,000 volumei obtenus pour U plupart par voie d'échange avec les 247 administrations étrangères qui correspondent avec la préfecture de la Seine. 0.-1 a acheté ]o3 ouvrages sur l'organisation communale de l'étranger (Europe et Kfats-L'uis), sur rbygiène publique, les prisons, les baspîces, enlin sur la législation Étrangère.
Du reste, la bibliothèque administrative va faire imprimer le catalogue de lous les ouvrages qu'elle possède.
Les bibliothèques d'ail induslriel. — M. Gréard a Jeposé sur le bureau de l'Acadcmie des sciences molales et politiques une note sur les bibliothèques d'art industriel de ta ville de Paris,
Cesien iS'iS que ces bibliothèques ont été créées. On en compte actuelletneni trois, installées: l'une boulevard Montparnasse, et deux autres dan* le lietiiièinc et dans le onzième arrondissement.
Celle du onzième arron.lisaement porte le nom de Bibliothèque Formey.
ouvrages au estampes provenant Je dons ou acquit à l'aide de subventions du conseil municipal de Paris. U sombre des prêts sur place ou à dotuicilc s'est élevé à i3,o5i. Du mois >le juillet au mois de novembre, la moyei
ODO. Le n er;le a
uillet
Dans ces bibliothèques se l'ont des conférences, dont le sujet varie suivant l'industrie de la région. Ces conférences seront réunies en volumes dont l'en-
Fofessionnelle, fait par des hommes rompus i la pratique de leur art ou de leur industrie.
On ne saurait, dit M.GrénrJ,en ternjinant, tiop féliciter l'administration municipale de cette heureuse
Bibliothèque de r Union des ans décoratifs. — 11 n'est pas sans intérêt d'indiquer le nombre des artistes et artisans qui ont trnvait'lé, pendant l'année 18S7, t la Wblioihcque Je l'Union centrale des arts décoratif»; l'élève à 3,867. ^" lecteurs n'ont pas consulté miins ie 5,734 ouvrages. ' Eln outre, l'Union centrale des ans Jécorallfs don- -'a ton concours le plus actif à la création des blioihequci industrielles d'arrondissement de la
ville de Paris. Des dons de moulage;, de gravures, etc., seront faits à ces établissement» par la Société de l'Union centrale, qui ne veut rester étrangère à aacun des cITorts tentés en laveur de l'enseigneoient industriel. .
Bibliothèque de la ville de Rouen. — Le nouveau musée-bibliothèque de la ville de Rouen, qui vient d'être définitivement et eo nplètement ouvert au public, renferme toutes tes collections littéraires et artistiques de la ville: tableaux, sculptures et dessins, bibliothèques municipales, galeries d'estampes et de gravures se rapportant i l'histoire locale, musée céramique. L'édifice a été commencé .en 1876, sur les plant de l'architecte Sauva'geot. Il a coûté environ 3,456,00a francs.
La galerie des estampes est divisée en trois salles. La partie réservée aux plans et destins ayant trait à l'histoire locale, portera le nom ^e salle Querrière; la partie centrale, où seront exposés et conservés les plus rares et les plus beaux spécimens de la gravure ancienne, s'appellera salle Dutuit. La troisième enfin tera consacrée aux ccuvres de nos aquafortistes et liihographct modernes. Les principaux donateurs, Jt qui cette galerie doit son existence, sont la direction des beaux-ans le journal l'Art, \a Journal des Artistes, e: M. Dutuit.
Ces détails ne font pBâ double emploi avec ceux que M. Adeline a si spirituellement donnés, dans M dernière livraison, aux lecteurs du Livre, et ses jùgE- ;nt toute leur valeur.
Don aux bibliothèques militaires. — M""' veuve Guiuian offre la biographie de ion fils, intitulée le Commandanl Gu:fman,piT le lieutenant-colonel Dumas, 3 chacune des bibliothèques militaires de garniM^I abonnées i la Revue du cercle militaire. ' < f
BTRANQBR
Les Bibliothèques en Europe. — La Bibliothèque
nationale est la plus considérable du nionde et ren-
11 ne s'ensuit, pas dit le Moniteur universel, que la France soit le pays le plus riche en bibliothèque». Elle en compte 5oo, renfermant 4,398,000 volumes et i33,ooo manuscrits, toit iï.3 volumes. par ,100 habitants, tandis que l'Autriche possède aujourd'hui 377 bibliothèques, contenant 5,475,798 volumes, sans compter les cartes et les manuscrits,— ce qui fait un chiffre de ifi.S volumes par groupe de 100 habitants. L'Autriche serait ainsi le pays de l'Europe le plus riche en bibliothèques. En effet, l'Italie possède, paraît-il, 4g3 bibliothèques et4,34<j,i8i volumes, plus 330,570 manuscrits ou iG.i volumes par 100 habitants. La Prusse, aVec 'ii)H bibliothèques, possède . 1,040,450 volumes et 58,ooo manuscrits ou' 11 volumes par 100 habitants. La Grandè-Bcetagnc n>d que 100 bibliothèques avec 1,871,493 vàtiime£ et'
267O00 manuscrits. Là Russie possède 145 bibliothèques seulement: le nombre de ses volumes est de 95^,000 avec 24,300 manuscrits, soit x.3 volume par 100 habitants. La Bavière a 169 bibliothèques avec i,368,5oo ouvrages et 24,600 manuscrits.
Si Pon considère les bibliothèques isolément, la plus considérable, après notre Bibliothèque nationale, est le Briiish Muséum avec un million de volumes; puis la Bibliothèque royale de Munich: 800,000 volumes; Berlin: 700,000 volumes ; Dresde : 5oo,ooo; Vienne: 420,000.
Les Universités d'Oxford et J'Heidelberg possèdent chacune une bibliothèque ne contenant pas moins de 3 00,000 volumes*
Là bibliothèque du Vatican, à Rome, compte seulement 3o,ooo ouvrages, mais elle contient plus de 25,000 manuscrits»
• Angleterre. -^'Briiish Muséum, Un Révérend vandale» -^ Un clergyman, Rév. J. Niblock Siuart, a été condamné, pour avoir mutilé un volume à la bibliothèque du Briiish Muséum, à une amende de 5 livres sterling et au payement de 2 shil. 6 pence pour réparation du dommage.