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François 1 er croyait être attaqué de la peste

ALFRED DE MUSSET INÉDIT stfi

Mais hier, à la nuit noire, Quelqu'un parlait de toi :

Nul ne sait son histoire Que Belzébuth et moi ; Et qui peut te l'apprendre Peut aussi faire pendre Un avocat du roi 1 .

LE ROI

Dieu du saint Évangile! ô Dieul... J'ai fait pourtant Brûler par Bonneval tout un bourg protestant 1 Dans un pourpoint de fer, certes, je fus à l'aise; Maintenant je suis mort... ma cuirasse me pèse. O mon cousin Bayard ! — Il mourut tout poudreux, Les reins tout fracassés... Il était bien heureux!

(Délirant).

Oh! parmi les tournois, les écharpes dorées!...

Les vieux barons de fer, les femmes adorées !

O soleil d'Italie! ô mon beau Milanais 1

Où trouver, pour mourir, tes champs si je renais?

Mourir, la dague au poing! mourir, le casque en tête,

Des éclairs que l'acier croise dans la tempête!

En bas d'un palefroi saillir contre un sol dur,

Et tomber sur le dos, sous un beau ciel d'azur! —

Hardi, mes preux sans peur ! ma vaillante noblesse !

Hardi, mes lansquenets dans la mêlée épaisse !

Hardi! — C'est d'Alençon sur la colline assis!

C'est Chabanne et ses gens, de poussière noircis!

Bien combattu, Dunois! Comme il court, comme il vole!

Je te fais duc et pair, Dunois, sur ma parole!

Trivulce! — A Marignan et tant d'autres endroits,

Mes féaux serviteurs, on vous a vus tous trois! —

Marignan laissa- t-il entre vos cicatrices

De quoi sur votre cœur écrire vos services ?

Quelle bataille, amis!... Elle dura deux jours!

Un soir vint... puis un autre... On se battait toujours;

Et de faim, ni de soif, nul ne sentait l'envie!

Deux jours! nul ne songea qu'à sa mort ou sa vie;

Et les bataillons noirs se heurtaient dans la nuit,

Et fatigués du bruit n'entendaient plus le bruit;

On se battait. — Quand vint un matin le silence,

Comme, tout étonné, je restais sur ma lance,

La Trimouille arriva qui me dit : « Ils sont morts! »

Et je vis, en effet, que l'on comptait les corps...

le fol (// chante).

Maître ! oyez sur ce point Une âme détrompée Qui porte mieux au poing Un faucon qu'une épée :

i . Le mari de la belle Ferronnière était avocat du roi.

2)i LE LIVRE

J'ai pour armée un chien,

Mon pourpoint pour royaume,

Pour dieu, le majordome,

Et pour maîtresse, rien.

Or, ferais-] e grand'chose

D'un médecin de rois,

Moi qui n'ai pas de rose

Pour me piquer les doigts?

Si mon esprit trébuche,

Je m'en vais, de ce pas,

Consulter ma perruche

Qui me parle tout bas.

J'entends aussi le dire

De mon rouge écureuil :

Car il rit de mon rire

Et dort dans mon fauteuil.

Si donc Mélancolie

Vient chez le potentat,

Il trouve la Folie

Dans son conseil d'État;

Et qu'importe à ma vie

Marignan ou Pavie,

Le flux ou le reflux 1

Je veux, quand chaque année

Ma marotte est fanée,

A la nouvelle née

Mettre un grelot de plus.

LE ROI

C'est toi, mon pauvre Fol, Tu ris? — Ahl mon mignon, Je meurs.

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