Persii Satyrœ. S. 1. n. d. Pet. in-4 é
« En 1792, dit M. Renouard, j'ai vu à Londres des feuilles d'un Persius, avec la traduction en vers anglais de Brewster, élégamment imprimé par Bulmer, et qui parait n'avoir jamais été publié. Il est probable que l'éditeur, que je crois être M. Richard Heber, n'aura pas été satisfait, ou de son travail, ou de l'impression, et qu'il aura détruit tout le tirage. »
237. — Petits-Bordeaux (Les). Bordeaux-artiste. Bordeaux, i855. Pet. in-32
de 64 p., avec couverture illustrée.
On lit, au sujet de ce livre, la note suivante dans le premier catalogue de M. Charles Monselet, rédigé, comme on sait, en partie par lui-même: « Petite monographie anonyme, écrite par M. Charles Monselet, pendant un séjour de six mois qu'il fit à Bordeaux, en l'an 1854. L'éditeur-imprimeur, A. Picot (successeur de M m " Duviella), ayant craint de soulever certaines susceptibilités de clocher, l'édition fut mise au pilon. Il n'en a été sauvé qu'un petit nombre d'exemplaires, qui n'ont jamais paru dans le commerce. Bordeaux-artiste devait inaugurer une série de Petits-Bordeaux : Bordeaux-négociant, Bordeauxgrisette, Bordeaux-boursier, etc. Cette publication est restée à l'état de projet. Le petit livre de M. Monselet abonde en révélations piquantes sur les célébrités bordelaises de tout genre : Félix Solar, Rosa Bonheur, A. Scholl, Diaz, et... Charles Monselet... »
M. A. Laporte, dit 1' a Apôtre bibliographe », mais qui n'est pas toujours d'une bienveillance apostolique dans ses réflexions, insinue, dans sa Bibliographie contemporaine (p. 289), que le pilon et la non-mise en vente dont il est question ci-dessus sont des habiletés de réclame, et que Pincebourde, l'éditeur du catalogue Monselet, avait et doit avoir encore en réserve pas mal de Petits- Bordeaux.
a$o LE LIVRE
238. — Philosophe (Le) anglais, ou Histoire de M. Cleveland, fils naturel de Cromwell (par l'abbé Prévost). Utrecht, Neaulme, 1732-17*39. 7 vol. in-12.
M. Leber dit que le volume V, qui porte la date de 1734, et qui contient les livres VIII à XI de l'ouvrage, a été supprimé et refait tel qu'on le trouve dans les éditions suivantes. Le premier texte, rempli de réflexions hardies sur la politique et la religion, réflexions qui avaient donné lieu à de sévères censures, n'a plus reparu depuis. Les jésuites, qui y sont attaqués sous le masque d'un vicieux personnage affublé de leur robe, n'auraient pas, assure-t-on, peu contribué à cette suppression.
239. — Physique du monde, par Marivetz (Et. Clément) et Goussier. Paris,
1780- 1887. 5 tomes en 7 parties in-4 , fig.
Ouvrage peu recherché, dit le Manuel du Libraire, mais que l'on trouve difficilement complet, parce qu'une grande partie des exemplaires a été détruite.
240. — Poésie volgare di Loren^o de' Medici. Vinegia, Aldo, 1534. In-8°.
Les Aides, pendant le tirage de ce beau livre, se repentirent d'avoir inséré dans la feuille O, composée de huit feuillets, des poésies assez licencieuses. Ils la réimprimèrent, expurgée et en quatre feuillets seulement, et détruisirent tout ce premier tirage. Quelques feuilles O avec le texte primitif échappèrent cependant à leur zèle, et les très rares exemplaires qui le possèdent sont aujourd'hui hors de prix.
241. — Prise (La) de Toulon, tableau patriotique mêlé d'ariettes (musique de
Dalayrac), par Picar (sic). Paris, Huet, an II. In-8°,fig.
Pièce très rare, dit le catalogue Pixérécourt, tous les exemplaires ayant été secrètement retirés et détruits pendant la Restauration, et surtout depuis l'avènement de Charles X, qui, paraît-il, avait été mis en scène dans cette espèce d'opéra-comique.
242. — Projet d'une nouvelle machine hydraulique pour remplacer celle de
Marly, par Baader. Paris, 1806. In-4 .
Renouard signale cet ouvrage, qui devait en effet s'adresser à bien peu de lecteurs, comme ayant été sacrifié en grande partie ; la plupart des exemplaires invendus ont été mis en maculatures.
243. — Pucelle (La) or the Maid of Orléans, with the Author's Préface and original notes. S. 1. (Dublin), 1796-1797. 2 vol. in-8°; privately printed.
Cette traduction du fameux poème de Voltaire porte, paraît-il, le nom de lady Charleville. 55 exemplaires, dont 5 sur grand papier, furent donnés en présent, puis tout le reste de l'édition fut détruit en raison des passages licencieux qui se trouvaient dans la traduction. Lady Charleville ainsi que ses
parents, nièrent toujours qu'elle en fût l'auteur et firent tous leurs efforts pour démentir formellement cette attribution. (Voir notamment le Gentleman's Magasine, nouvelle série, vol. XXXV, p. 429.) En 1861, la célèbre Revue d'Edimbourg publia également un article au sujet de cette dame fort respectable, morte en 1849, dans un âge avancé, et insinua que l'auteur de la malencontreuse traduction pouvait bien n'être autre que le mari de lady Charleville, sans grandes preuves à l'appui toutefois. Enfin, Lovvnde indique encore, comme pouvant aider à résoudre ce petit problème d'histoire littéraire, l'ouvrage intitulé : Literary life 0/ the countess 0/ Blessington. (Vol. III, p. 447.)
244. — Quelques (De) changements politiques opérés ou projetés en France pendant les années 1789, 1790 et 1 791, ou discours sur divers points importants de la Constitution et de la nouvelle législation du royaume, par Delandine, bibliothécaire de Lyon, des Académies de Londres, de Dijon, de Rouen, et député à l'Assemblée nationale de 1789. Paris, 179 1. In-8° de 324 p.
Il ne reste plus de cet ouvrage, recommandable dit-on, que i5 exemplaires donnés par l'auteur; tout le reste de l'édition périt dans l'incendie des magasins du libraire Gattey, chargé de la vente, à l'exception de 5o exemplaires mis en dépôt chez des libraires de Lyon. Mais, pendant la Terreur, ces derniers se hâtèrent de jeter au feu ces exemplaires échappés une première fois aux flammes, de peur qu'on ne trouvât chez eux un ouvrage aussi dangereux à ce moment.
245. — Quippes for Upstart new-fangled Gentlewomen, by Stephen Gosson, Parson of great Wyborowe, in Essex. S. 1. n. d. (London, Richard Jhones. 1595.) In-4 de 14 p. impr. gothique, frontis. Réimpression faite vers i85. (?), Percy Society, n° 94, 25o ex.
Cet opuscule en vers est une vigoureuse satire contre les nouvelles modes féminines du temps de la reine Elisabeth. Il faut croire que le curé Gosson ne ménageait guère les gros mots, car la réimpression ci-dessus décrite ne vit jamais le jour, et tous les exemplaires en furent détruits par les éditeurs, à cause des expressions trop salées qu'elle renferme. Suivant Quaritch, cependant, une douzaine d'exemplaires auraient échappé à la suppression.
246. — Recherches sur V analogie de la musique avec les arts qui ont pour objet l'imitation du langage, par Villoteau. Paris, de l'Imprimerie impériale, 1807. 2 vol. in-8°.
Les éditeurs ayant perdu tout espoir de débiter ce singulier ouvrage, qui ne trouvait pas d'amateurs, se virent forcés de le vendre au prix du papier. Renouard, qui en avait racheté i63 exemplaires, dont 33 sur vélin, dut se résigner à prendre le même parti.
247. — Réclamation de Louis- Joseph-Xavier contre la spoliation de ses biens.
Paris, Dentu, 181 7. In-8° de 1 f. et 58 p.
Cette brochure est l'œuvre d'un pauvre fou de Namur, connu sous le nom de d'Aché ou Dachet, qui prétendait n'être rien moins que le frère aîné de
a$a LE LIVRE
Louis XVI, et par conséquent, l'héritier seul légitime de Louis XV. Nodier et Quérard ont consacré d'intéressantes notices à ce singulier personnage, qui avait déjà fait paraître, à l'appui de ses prétentions, le volumineux ouvrage suivant : Tableau historique des malheurs de la substitution, par M. d'Aché. Voroux-Goreux (près Liège), chez l'auteur, 1 809-1812. 6 vol. in-8° de 434, 388, 399, 368, 416, 342 p., plus les deux premières feuilles du tome VII. Napoléon I er , qui ne plaisantait pas plus avec les faux princes qu'avec les prétendants légitimes, fit saisir et détruire, sauf deux laissés à d'Aché, les 400 exemplaires de son ouvrage. Quant à la brochure ci-dessus, l'éditeur ne voulut jamais se dessaisir d'aucun des exemplaires qui furent, sans nul doute, anéantis plus tard. Beuchot en possédait un, provenant des cinq exemplaires du dépôt légal, les seuls probablement qui ont échappé à la destruction.
248. — Recueil de fragmants académiques, théologiques, juridiques, moraux, politiques, tragi-comiques, échapez à l'indifférence de l'auteur. Par un antique Jantil-ome, ami de l'umanité (sic). Première partie. A. Villefranche, imprimerie de Partout, libraire des Savii, à l'anseigne de la Candeur, IV, M. VC. LXVII (1767-?). In-8°, fig. et port, de l'auteur.
Quérard et Barbier s'accordent à dire que cette bizarre production aurait pour auteur un certain marquis (?) de Bessar, qui l'aurait composée et tirée lui-même, à 100 exemplaires, à l'aide d'une imprimerie clandestine. Ils ajoutent que le tout fut exactement supprimé par M. de Maurepas, qui n'en aurait conservé qu'un unique exemplaire pour sa bibliothèque.
249. — Relation de la courte campagne de 18 /5, en Brabant méridional, par L.-J. de Prouvy, général-major pentionné {sic) honorablement au louable service de l'auguste maison d'Autriche. Evrehailles, près de Dinant-sur- Meuse, deuxième arrondissement de la province de Namur au royaume des Pays-Bas, le 18 juin 1827, à douze ans de l'action. Dinant, imprimerie de A. Rosoiani. Pet. in-8° de 67 p.
Livre ébouriffant d'excentricité, sans points, ni virgules, ni liaison aucune, et dont les vingt-deux chapitres ne forment chacun qu'une seule phrase. Cet incroyable radotage d'un vieillard de quatre-vingt-trois ans est devenu introuvable; la famille du pauvre vieux général, par un sentiment des plus respectables, a fait rechercher et détruire tous les exemplaires qui avaient été mis en circulation; ceux qui étaient restés en magasin ont été également supprimés.
25o. — Revision de la carte de l'Europe. Paris, Pion frères, 1854.
Cet ouvrage, faussement attribué à Napoléon III, et qui contenait des aperçus dangereux pour la politique du moment, a été retiré de la circulation et détruit. Il est en réalité de M. Charles Flor O'Squarr, rédacteur à la Galette belge > qui l'a fait réimprimer, la même année, à Bruxelles. (Rozez, in- 12 de 3i p.)
25 1. — Rhyming Satire on the Pride and Vices of Women now a days, by Charles Bansley (1540). Réimpression faite en 1841, pour la Percy Society. In-8°.
Cette satire, beaucoup trop libre contre les femmes, n'a pas été publiée, pour les mêmes motifs et dans les mêmes conditions que l'écrit cité plus haut Quippes, etc. (n« 245). Tout le tirage a été supprimé par les éditeurs.
252. — Sallustii (C. C.) conjuratio Catilinaria. Parisiis, L. St-Herhan stereo-
typis, 1801. In- 12.
On voulait, dit M. Renouard, publier une irréprochable édition de Salluste comme premier essai du procédé nouveau de la stéréotypie; mais diverses circonstances retardèrent l'exécution de ce projet et le firent ensuite abandonner, alors que le Catilina seulement était composé. Tous les exemplaires tirés furent détruits par les éditeurs, les planches furent fondues et, de ce beau spécimen, il n'est resté que les quelques exemplaires formés à l'aide des feuilles détachées et distribuées en présents au cours de l'impression.
253. — Scriptores Erotici grœcL Biponti, 1 782-1 794. 4 vol. in-8°.
On sait combien les éditions dites de Deux-Ponts sont communes ; celleci fait exception. L'époque à laquelle elle fut publiée ne fut pas favorable à la vente; on perdit tout espoir de l'écouler, et les nombreux exemplaires invendus durent être sacrifiés. Renouard, qui en possédait une partie, en choisit quelques-uns pour les conserver et fit mettre le reste en maculât ures.
254. — Taxas Cancellariœ Apostolicœ et Taxae sacras penitentiariae... etc., etc.
Parisiis, Denis Toussaint, 1 520.
Ouvrage qui eut d'assez nombreuses éditions et qui fut traduit en diverses langues, notamment en français, par Antoine du Pinet, sous le titre de : Taxes des parties casuelles de la boutique du Pape. Lyon (Genève), 1564. Pet. in-8°. Pour plusieurs motifs aisés à comprendre, ce livre, surtout traduit, fut répandu le moins possible dans le public. Schelhorn, dans ses Amœnitates Litterariœ^ déclare que cette taxe de la chancellerie romaine a toujours été soigneusement cachée, notamment aux protestants ; pendant longtemps, les ecclésiastiques et les évêques, à l'usage desquels elle avait été publiée, firent tous leurs efforts pour retirer, sinon pour détruire, les exemplaires imprudemment mis en circulation.
255. — Télégraphe (Le), satire, par V.-M. Hugo. « Ici des machines qui parlent; — là des bêtes qu'on adore.» Paris, Delaunay, 1819. In-8°. 75 centimes.
Cette pièce est si peu connue que Quérard même ne l'a pas citée dans La France littéraire. Elle est devenue rarissime, et M. Tourneux pense que son illustre auteur a contribué à la faire disparaître. N'est-il pas aussi vraisemblable que des motifs politiques ont pu déterminer l'éditeur ou le libraire à
ne pas trop la répandre ou même à la supprimer? Ce qui est bien certain, c'est que jamais Victor Hugo ne Ta fait réimprimer.
256. — Théorie des lois politiques de la monarchie française, par M Uo de La Lé-
zardière. Paris, Nyon l'aîné et fils, 1792. 8 vol. in-8°.
C'est tout ce qui a paru de cet ouvrage qui devait avoir au moins 16 volumes. Il ne s'étend que de l'origine de la monarchie au règne de Charles le Chauve. On comprend que les circonstances au milieu desquelles il parut furent peu favorables à son succès ; elles lui furent même si contraires, que la plus grande partie de l'édition, enfouie d'abord en magasin, fut détruite par suite des événements de la Révolution.
Thérèse philosophe. (Voir : Académie des Dames.)
25 7. — Traité des monnoies des barons, ou représentation et explication de toutes les monnoies qu'ont fait frapper les possesseurs de grands fiefs, pairs, évêques, abbés, chapitres, villes et autres seigneurs de France. Par Tobiesen Duby. Paris, de l'Imprimerie royale, 1790. 2 vol. in-folio ou gr. in-4 , planches.
258. — Recueil général des pièces obsidionales et de nécessité, gravées dans Tordre chronologique des événemens, avec l'explication des faits historiques qui ont donné lieu à leur fabrication. Par Tobiesen Duby. Paris, 1786. In-folio ou gr. in-4 , planches.
Ces deux ouvrages du même auteur offrent autant d'intérêt que d'utilité pour l'histoire particulière des villes et des provinces de France; ils eurent cependant un triste destin. Il s'en était si peu vendu, lors de leur publication, que, vers 1794, la famille de l'auteur, les considérant sans doute comme des bouquins embarrassants et sans valeur, en fit détruire une assez bonne partie. Quelques années plus tard, en 1807, Renouard acquit tout le restant de l'édition, c'est-à-dire environ 600 exemplaires en plus ou moins bon état. Il en choisit 1 5o et fit détruire les autres. Le Recueil des pièces obsidionales est encore plus rare que le Traité des monnoies, car, pour ce premier ouvrage, Renouard n'eut que des planches et très peu de texte, et put à peine compléter quelques exemplaires.
259. — - Trophées tant sacrés que profanes de la duché de Brabant, par Butkens*
Anvers, 1641. In-folio, fig.
Ce volume, le seul publié de cet important ouvrage, contient l'exposé complet de la succession des ducs de Lorraine. Certaines pièces justificatives qu'il renferme, certaines attributions héraldiques, blessèrent les prétentions de diverses familles puissantes qui les firent rechercher et détruire le plus possible. Déjà Butkens avait détruit lui-même un de ses ouvrages* (Voir plus haut, n° 6.)
260. — Tutti 1 trionfi, carri, mascherate o canti carnascîaleschi andati per Firenze, dal tempo del magnifico Lorenzo vecchio de Medici; quando egli ebbero prima cominciamento, per infine a questo anno présente 1 55g. In Firenzo, i55g. In-8°.
Tout le monde, dit Ch. Nodier, sait l'histoire de ce curieux volume, dans lequel la famille de YOttomajo eut le crédit de faire supprimer et lacérer 98 pages, qui contenaient les Canzoni de ce poète, mort pendant l'impression du volume.
261. — Vedova [La) 7 commedia facetissima di Niccolo Buonaparte, cittadino
florentine Parigi, i8o3. In-8°.
Cette pièce parut, à l'origine, à Florence, en i568 et 1592 (in-8°). La gloire nouvelle acquise par le nom de Bonaparte donna l'idée de la réimprimer. Daillant de La Touche fut même chargé de la traduire en français, peu de temps après, pour l'amusement de la nouvelle cour, et son travail lui fut payé par le bibliothécaire de l'empereur. Mais Napoléon, qui avait commandé la traduction de cette comédie plus leste que facétieuse, eut le bon esprit de ne pas vouloir qu'elle fût imprimée, et elle est restée manuscrite. Ce fut également par son ordre qu'on retira en grande partie de la circulation les exemplaires de la réimpression de 180 3, qui est devenue assez rare.
262. — Vie de madame de La Mothe-Guion, écrite par elle-même (rédigée par
Poiret). Cologne, 1720. 3 vol. in- 12.
La plupart des exemplaires, suivant M. G. Brunet, ont été retirés du commerce par les soins de la duchesse de Sully et de M 00 de Sardiéres.
263. — Vie (La) et VEsprit de M. Benoît de Spinosa (par Vroese). S. d. (Ch.
Levier, libraire à La Haye), 1719. Pet. in-8°.
Dans un avertissement qui suit l'intitulé, on dit qu'on en a tiré si peu d'exemplaires que ce livre ne sera pas moins rare que s'il était resté en manuscrit. Ceci est quelque peu exagéré: P. Marchand fait connaître que ce livre avait été imprimé aux frais de Ch* Levier, qui le vendait une pistole, et ajoute qu'à sa mort ce libraire ordonna qu'on brûlât tout ce qui en restait. Or, Marchand affirme en avoir livré au feu 3oo exemplaires que lui remirent les héritiers. Il réserva toutefois la première partie de l'ouvrage : Vie de M. de Spinosa, qui fut rééditée avec un nouveau titre à la date de 17*55.
264. — Vie (La) du vénérable R. Dom Claude Martin, religieux bénédictin, mort en odeur de sainteté au monastère de Marmoutiers, le 9 du mois d'août 1696, par un de ses disciples (par Dom Martene). Tours, Masson, 1697, et Tours, 1698. In-8°.
Ce livre* dit Quérard, a été supprimé par ordre des supérieurs de l'auteur.
265. — Virgilii opéra. Parisiis, impr. fr. Ambr. Didot. vers 1784. 64 p. in-4 .
Gouttard, amateur français très distingué, avait, dit Renouard, destiné 24,000 francs à l'impression d'un Virgile qui devait être supérieur à celui de Baskerville. Malheureusement, il mourut en 1779 et son projet avec lui. Didot, chargé de l'impression, essaya de continuer l'entreprise; mais, en 1784,11 n'avait encore composé que huit feuilles superbes de ce bel ouvrage. A son tour, il renonça à la tâche, et tout le tirage, peu nombreux d'ailleurs, fut supprimé, à l'exception de quelques rarissimes exemplaires.
266. — Voleurs (Les)) les mouchards et les pendus. Paris. S. d. (vers 1829).
In-8«, fig.
Cet ouvrage singulier et hardi est de Beurier; il aurait été imprimé en Belgique, dit A. Dinaux, qui ajoute que presque tous les exemplaires ont été détruits à leur naissance et que le très petit nombre qui restait n'a pas été mis dans le commerce.
267. — Vrai (Le) intérêt des princes chrétiens, depuis le changement arrivé en Angleterre par l'élévation du prince d'Orange sur le trône. La Haye, Meyndert Uytwerf, 1689. Pet. in- 12 de 84 p.
De tous les écrits de l'époque publiés sous le titre Intérêts des princes... y celui-ci est le seul rare. Il y a lieu de supposer que la plupart des exemplaires ont été détruits par les soins des agents de Louis XIV, blessé au vif des traits calomnieux de cette satire, et peut-être aussi des vérités qu'elle contenait. Il eut la faiblesse de s'en affliger et ne jugea pas au-dessous de lui de les faire réfuter par l'écrit suivant : le Paravent de la France contre le vent du nord sur un livre anonyme intitulé : le Vrai intérêt des princes chrétiens (par Moret de La Fayolle). Poitiers, Jean Fleuriau, 1692. In- 12. Cette réfutation, répandue outre-Rhin à profusion, n'est pas devenue moins rare que l'écrit précédent, les ennemis du grand roi l'ayant sans doute fait détruire à leur tour.
268. — Vrai (Le) recueil des Sarcelades. Mémoires, notes et anedoctes intéressants sur la conduite de l'archevêque de Paris et de quelques autres prélats français pendant le règne de la ci-devant soi-disant Société de Jésus (par Nicolas Jouin, de Chartres, banquier à Paris). Le Philotanus et le Portefeuille du Diable (par Grécourt). Amsterdam, 1764. 3 vol. in-12.
Belle édition de ces curieuses satires jansénistes, versifiées en patois des environs de Paris, et qui eurent dès leur apparition une vogue immense. Les bibliographes ne connaissent que 2 volumes de Sarcelades. Il en existe cependant un troisième qui, s'il faut s'en rapporter à un catalogue publié par M. Schlesinger en 1871, contient des anecdotes fort scandaleuses, pour ne rien dire de plus, notamment aux pages 196 à 202. Il y a donc lieu de penser que ce troisième volume a particulièrement excité la colère des jésuites et de leurs amis, qui en auront racheté et supprimé tous les exemplaires qu'ils ont pu
se procurer.
Fernand Drujon.