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CINQUIÈME ACTE

16* tableau. — Les Lagunes.

17* — — La Cabane de Gaspardo.

18" — — Les Ruines de Paris.

Les personnages étaient :

Peragallo Peragalli, doge.

Aniceti Bourgeoiso, sauveteur.

Leoni Layato, traître.

Paolo Fevale.

EUGENIO DI RuBENTE-PlFFARDO.

Premier Conspirateur.

Deuxième Conspirateur.

Troisième Conspirateur.

Le Grand Maréchal du palais.

Le Grand Chambellan.

Le Grand Tourmenteur.

La D ri ati que, fiancée du doge.

L'action de ce drame était insensée : nous fourrions dans la pièce tout ce qui nous passait par la tête. C'était à peu près ceci : le doge Peragallo Peragalli prétait de l'argent aux seigneurs de Venise et n'était jamais remboursé; comme il devenait exigeant, une conspiration s'ourdit contre lui, Leoni Layato à la tête. On devait profiter de son mariage avec la Driatique pour s'emparer de sa personne et le précipiter dans la mer. Mais Aniceti Bourgeoiso veillait : il découvre la conspiration, les seigneurs sont traqués, on les poursuit dans les ruines d'un vieux château, on leur fait la chasse dans les rochers, dans la forêt; ils vont succomber, quand Paolo Fevale a une idée : — Réfugions-nous dans le passé, dit-il, là on n'ira pas nous chercher! Et en effet, au tableau suivant, la pièce recommence dans une ville moyen âge. Alors l'action devient d'une incohérence rare. Le Doge a reçu d'un sorcier une chandelle magique qui lui fait découvrir la retraite des conspirateurs; il y a des meurtres, des assassinats à chaque tableau, en même temps que la Driatique met au monde une foule d'enfants qui lui sont enlevés, qu'elle retrouve et qu'on lui reprend. A un moment donné, il n'y a plus de pièce, plus d'action, plus rien. Le Doge, qui ne retrouve ni sa femme ni ses enfants, ni ses conspirateurs, ni Venise, veut en finir avec la vie et met le feu à Paris avec la chandelle du sorcier. Il meurt englouti sous les ruines.

Faut-il le dire? Cette incohérence, qui n'a jamais été écrite, nous parut très drôle à combiner ; nous avons passé de joyeuses soirées à imaginer les situations les plus invraisemblables. La pièce ne s'écrivait pas, mais nous fabriquions les décors. Celui de la mer avec les gondoles illuminées se balançant sur l'eau fut terminé et nous produisit un effet fantastique. Il nous parut si beau, que nous jugeâmes d'un commun accord qu'il nuirait au dialogue : nous en fîmes un tableau muet.

Ces gamineries touchaient à leur fin. On avait donné congé à la bande joyeuse qui payait trop mal ses termes. Il fallait déguerpir.

Pourtant il y eut encore une représentation del'Erotikon Theatron, mais elle eut lieu dans un cadre plus large. Ce fut au théâtre de la Porte- Saint-Martin, à la 200 e du Bossu de PaulFéval et Anicet Bourgeois que le directeur, Marc Fournier, appela le petit théâtre et lui offrit l'hospitalité après un bal des plus animés. Rolland avait écrit la parodie du

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Bossu, et Demarsy et moi étions chargés de jouer la pièce. Nous avions fait un théâtre improvisé avec des décors en papier. La pièce en huit tableaux très courts fut jugée très drôle, surtout pour des artistes qui venaient de jouer les mêmes rôles qu'on parodiait. Le rôle de Mélingue était composé de fragments de toutes ses créations et Demarsy l'imitait très bien. Il j avait aussi la charge d'une actrice, M Ue Defodon, qui abusait du maquillage ; on lui faisait chanter ce couplet :

Air : A la façon de Barbarie

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