CONTES POUR LES BIBLIOPHILES
Oh ! comme dans ce* lieux, lorsque règne l'i Le voyageur bercé par le bruit monotone Des dépouille! des boii qui jonchent le wallon. Aime à livrer ion Ame aux sombres rêveries, S'il voit le jour s'enfuir et les feuilles flétries Suivre le vol de l'aquilon !
Exemplaire sur papier vert pale, non rogné.
28 Le Cimetière dei Damnés, roman Scandinave, parle comte Gaspard de Pons. 1 vol. in-18, avec vignette non signée. Paris, Ambroise Dupont; i83i. Légende véritablement trop mortuaire et qui décèle chez son auteur une nécrophilîe déréglée et incurable.
Admirable lithogra- /& Ç^bû^~
phie frontispice non °Ce6JX?7WUnf
signée , représentant des squelettes et des potences. — On la trouvera reproduite dans ce catalogue.
îq" Marias VEnamorado ou Amour et Destinée, par Ferdinand Denis.
A Saragosse (?), chez Luiz Gaspar y Pelez ; 1834. In- ni de 400 p. — Le lieu d'impression nous semble devoir être une supercherie. Il est bon de la signaler à M. Gustave Brunet, de Bordeaux, qui vient de terminer le supplément au Barbier et au Quérard.
3o* Soûlas et Plaisir ,Ron*
deaux et Ballades, Parangon des Poésies du bon vieux temps, par M. de Haour-Lormian. 1 vol. in-8° de 196 p. Impression gothique, dans un encadrement ogival de style feuillu. Paris, Gosselin ; i83z.
Poésies remplies des images éclatantes chères à Baour-Lormian, qui fut un M. de Jouy rongé par les vers. Ce ne sont que « globes d'albâtre a, «cheveux que des lis teint l'éclat argenté », « palais de porphyre », «vierges de lumière et réseaux d'ébéne de la nuit ». Genre éminemment Pompier, mais le plus curieux de tous les Baour-Lormian comme note exaspérée de la métaphore- Tels sont les trente volumes qu'il me fut donné d'acquérir au Château de mon défunt compagnon de natation, Bernard d'Isgny. Je puis affirmer que ces trente exemplaires sont absolu ment uniques, ayant depuis
de longs mois remué en vain la Bibliothèque nationale, l'Arsenal, Carnavalet et lu tous les catalogues à prix marqués et autres bibliographies et Répertoires mis en circulation publique et privée. Tous les limiers de la librairie mis en marche active, toutes les demandes en forme de desiderata insérées dans les publications les plus répandues n'ont servi jus-
Lithographie. Frontispice non algue du ci m eu i.% r dm simii,
qu'ici qu'à me confirmer plus amplement de l'état unique et mystérieux de mes Romantiques inconnus. C'est en vain que j'ai fait réclamer en vedette dans les feuilles curieuses de France et de l'étranger, des frères jumeaux de ces enfants égarés, c'est inutilement que de vive voix j'ai fanfare leurs louanges; ces merles blancs n'ont point de semblables. Je ne saurais dire évidemment par quelles aventures bibliolithiques ils sont ainsi solitaires; je ne veux point m' aviser de penser qu'ils aient été faits pour le
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plaisir de feu Bernard d'Isgny, où qu'ils soient les seuls survivants de ces lots innombrables de livres qui, si j'en crois Frédéric Soulïé, étaient vers 1840, immergés par milliers en haute mer pour désencombrer les éditeurs. — Jls sont uniques ! uniques! uniques ! Je le puis proclamer. — Aussi je songe avec une morgue très castillane à l'ahurissement des bibliographes futurs, lorsque ces ouvrages singuliers apparaîtront dans ma vente post mortetn avec des demi-reliures genre Thouvenin, exécutées par le maître Cuzin, ou vêtus de plein cuir ciselé avec des rinceaux et des rosaces cathédralesques, exécutés par les plus habiles relieurs faussaires de cette époque. — Quel tapage, alors, mes amis, chez la gent bouquinière! — La Bibliographie des ouvrages illustrés du xix" siècle sera toute à refaire et l'âme de Jules Brivois hurlera plaintive, lointaine et désespérée dans les profondeurs inconcevables de l'Enfer des Bibliophiles.
Octave Uzanne.
Albert Robida.
le de Loiiis Boulanger pour
No u s ne jetterons pas la moindre pelletée de mots sur le Livre qui disparaît avec cette Livraison. Notre oraison ne saurait se montrer funèbre, ne pouvant être hypocrite. Nous avons expliqué les raisons de cette mise à fin de notge recueil après dix années d'existence. Le Livre meurt en pleine vie, il entre dans le passé, en pleins succès, il emporte dans Vincertitude des âges futurs la conscience de sa force et l'ignorance des amertumes, des critiques, des désillusions qui se fussent assurément dressées peu à peu devant son encombrante longévité, avec toute l'âpre injustice qui s'attaque aux choses qui durent trop. — Il disparaît à temps pour récolter des regrets et pour donner à ses fidèles le plaisir de posséder une collection complète et définitivement classée dans les bibliothèques.
Son plus grand éloge ne peut être fait par nous d'une plus éloquente manière que par la publication de /a Table décennale 52// couronnera cette œuvre en vingt volumes et qui assurera les recherches dans ce grenier d'abondance où Fesprit critique de toute la littérature de ces dix dernières années a été emmagasiné mois par mois avec sûreté et méthode.
Le Livre moderne va naître à la vie; il aura besoin de tous les sourires, de toute la force et de toute V espièglerie de ses premières dents pour vaincre les défiances, les présomptions et les calculs intéressés du public. Il devra défier avec courage la comparaison entre la sveltesse de ses formes et l'imposante allure de son aine. Mais il aura pour lui Vaudace de ses moyens et la fraîcheur engageante de sa jeunesse.
Dès le 10 janvier prochain, le nouveau venu entrera dans le monde, il fera visite en guise de présentation et de politique politesse à tous les abonnnés du Livre défunt, et nous espérons qu'il sera bien accueilli sans autre lettre de crédit, par tous les amis du grand disparu.
On trouvera encarté dans cette Livraison dernière un extrait de naissance du Livre moderne ainsi que les conditions de convocation à son baptême de tous ses parrains, nombres à mille titulaires, qui seront appelés à constituer ses assurances sur la vie.