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UN ALMANACH DES MUSES DE

que distance, l'air nerveux, et tapotant d'une main distraite sur la table du jardin peinte en vert tendre.

Piqué par l'ironie des reproches sans doute mérités, ceux-là seuls qui touchent, il a pris YAlmanach des Muses, et, cherchant une réponse, il

n'a trouvé à souligner que ces deux pauvres vers d'un quatrain de M. le marquis de Fulvy :

Ce doit être un bien triste vœu Que le vœu de plaisanterie!

Contre cette accusation de gaieté, Elle, secouant tristement la tête, a tout aussitôt protesté par ce vers pris dans une pièce du Petit Veillard, adressée

A Monsieur "' Qui me faisait compliment sur ma prétendue gaieté : Je n'ai de la gaieté que comme on a la fièvre.

Et Elle s'est levée d'un air de fierté offensée, et elle est rentrée au château, tandis que £ui restait sous la charmille, le sourcil froncé, plus nerveux qu'avant et continuant machinalement à feuilleter YAlmanach des Muses.

Mais ne pourrait-on trouver les noms de ces amoureux dîsputeurs,

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compléter au moins les initiales S. de L. ? Voici sur le département où se trouve le centre usinier Beauval un volume de recherches historiques, des Mélanges d'histoire locale.

Feuilletons ces Mélanges :

a. ..Les Islettes sous Beauval... des fragments de poteries, des armes, des médailles de l'époque gallo-romaine prouvent que les Romains ont eu un établissement sur le territoire bordé par... » Passons... u Villa mérovingienne, simple rendez-vous de chasse sous Charlemagne, les

Isleties furent ensuite fiefdépendant de l'abbaye de... Le château fort élevé au xiii* siècle par les sires de Beauval, après avoir souffert cinq ou six sièges, sacs ou incendies, tombait en ruine au siècle dernier lorsque le dernier des Beauval vendit sa terre à M. de Ligneul, un aimable homme, philosophe épicurien et quelque peu poète léger à la Boufilers, qui s'empressa de jeter bas les restes du donjon pour construire le château actuel et créer dans les prairies jusqu'alors marécageuses le joli parc des Islettes. M. de Ligneul eut l'esprit de mourir d'apoplexie au commencement de 178g, juste au moment où ses douces habitudes eussent été fortement gênées par les circonstances; il laissait peu de fortune, les Islettes échurent à une nièce, M 11 " Sylvie de Ligneul, qui épousa peu après M. de Coudray, officier dans Bourgogne-Cavalerie. »

Restons en \k\Elle, c'est Sylvie de Ligneul, et Lui, c'est le jeune officier de Bourgogne-Cavalerie.

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