‹ Le lobe flottant droit du foie dit lobe de RiedelChapitre 29 sur 55 · SEA · texte numérisé non relu

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Or, le lobe de Riedel coïncide rarement avec une vésicule augmentée de volume (N. FressiNGEr). Comment expliquer, dès lors, la fréquence des lésions vésiculaires chez les porteurs de lobe flottant si l’on regarde celles-là comme la cause et non comme la conséquence de la déformation du foie ? Lintervention sur les voies biliaires ne suflit pas toujours pour faire disparaître le lobe aberrant. Il persista dans deux cas du Pr. Fressincer. Les résultats favorables pourraient d’ailleurs relever d’adhérences post-opératoires : en diminuant la mobilité du pseudolobe et par conséquent sa congestion et son volume, ces adhérences réaliseraient une sorte d’hépatopexie (E. ScHwarTz). |

Les précédentes remarques s'appliquent encore à la théorie de LôPez. À côté de la languette par traction, l’auteur décrit une languette par stase. Au cas du calcul du canal hépatocholédoque, dit-il en substance, l’obstruction entraîne le reflux de la ble vers le canal hépatique le plus accessible (c’est-àdire sa branche droite), d’où hypertension bihiaire et hypertrophie localisée du lobe droit du foie.

On ne saurait concevoir sans excès de subtilité, un reflux biliaire déterminant une hypertrophie monolobaire et non totale. Le lobe carré seul peut être hypertrophié. Et pourtant, la branche gauche du canal hépatique serait la moins accessible.

En dernière analyse, le rôle de la traction paraît indiscutable, mais la théorie inaugurée par RiEDEL

ÉRT ee

ne convient certainement qu'à un nombre assez restreint de faits.

Il nous faudrait une explication valable pour toutes les variétés de lobes flottants. Nous la trouverons dans la théorie du PT N. Fressincer.

La Théorie du PT N. Fiessinger repose sur une observation judicieuse, mais rarement faite : les femmes porteurs de foie déformé ont, pour la plupart, un thorax étroit à la base.

Sur 5 de nos malades, 3 présentaient une véritable « taille de guêpe » (entre 65 et 70 em.) ; aucune n’avait jamais porté de corset ni de vêtement trop serré.

Comme le dit le PT FressiNGEr, ce n’est pas là affaire de corset, mais de développement. La respiration, on le sait, perd le type infantile (abdominal ou diaphragmatique) vers l’âge de la puberté. Chez la femme elle devient principalement costosupérieure ; la base du thorax peut donc, chez elle, rester étroite, sans dommage pour la ventilation pulmonaire. Dans certains cas, elle le reste trop « Cette étroitesse aboutit à un phénomène curieux : le foie ne bascule pas, il se trouve pour cela trop solidement fixé en arrière, mais il se développe en bas et à droite en se frayant un chemun vers l’abdomen » (N. FressiNGer). Ainsi, peut se former le lobe flottant ; le rebord costal sculpte un sillon sur sa base ; point n’est besoin pour cela de l’intervention du corset.

Quant aux rapports de l’anomalie avec la lithiase

biliaire, le PT Fressincse les envisage de la manière suivante : «€ Le lobe flottant imprime à la vésicule une orientation différente avec inchnaison en avant ; le eanal cystique se coude ; il peut en résulter une gêne mécanique à l'évacuation biliaire, et comme les expériences récentes de P. Rous et Ph. Masrex ont montré que la vésicule bihaire a le pouvoir de concentrer 7 fois le volume de la bile qu’elle contient, la stase biliaire engendre de la concentration braire et favorise ainsi la précipitation des calculs. » La conception du PT Fiessicrr présente de grands avantages ; elle rend compte des principaux traits étiologiques du lobe floitant, qui sont :

a) sa prédominance chez la femme ;

b) le fait qu’on ne le rencontre guère que dans l’âge adulte, c’est-à-dire après complet développement ;

c) ses fréquents rapports avec les affections vésiculaires.

Elle s'applique aussi à Phomme quand, par exception, ce dernier présente un thorax du type féminin. Elle éclaire encore la filiation de certains faits :

49 les affections vésiculaires s’observant sur les foies simplement sillonnés ressortissent peut-être à létroitesse du thorax féminin par un mécanisme rappelant, à Paction extérieure près, celui de la constriction par le corset. Qu’une tuméfaction de la vésicule se constitue alors, elle va contribuer à exagérer le lobe flottant. Les relations enire celui-ci et les cholécystopathies apparaissent

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en quelque sorte comme un échange de mauvais procédés. |

29 L’étroitesse thoracique a pour effet de pincer le rein droit entre les organes pré-vertébraux et le foie. Si cette compresion chasse l'organe de sa loge, le foie, trouvant un espace suflisant ne se déforme pas ; Si au contraire, le rein reste en place, le lobe hépatique droit est obligé d’émigrer vers l’abdomen et peut entraîner la néphroptose secondaire. Ainsi l’étroitesse thoracique pourrait déterminer suivant les circonstances :

— un lobe flottant pur ; — un rein mobile isolé ; — l'association des deux anomalies.

30 D’une façon plus générale, l’étroitesse thoracique est fréquente chez les ptosiques. Et l’on sait que le lobe de Riedel coïncide souvent avec là chute des organes abdominaux.

En conclusion, lorsqu'une étiologie vérifiable à pu être invoquée, l’étroitesse du thorax a été le plus souvent en cause dans les observations de notre maître le PT N. Fressincer. Il en est de même pour les malades que nous avons eu l’occasion d'examiner dans son service.

La plupart des conceptions possèdent leurs exemples confirmatifs. Mais en dépit des théories, la signification du lobe flottant reste assez fréquemment une énigme. C’est alors que faute de mieux, l’hypothèse d’une malformation congénitale peut paraître légitime.

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