‹ Le lobe flottant droit du foie dit lobe de RiedelChapitre 47 sur 55 · RACE · texte numérisé non relu

RACE

Viennent résoudre à la fois les deux termes du problème :

a) la consistance ferme, la régularité, l’indolence qui sont les attributs du tissu hépatique normal;

b) l’imprécision du bord droit lequel semble plonger en haut et en dehors dans la profondeur de l’hypochondre ;

c) enfin, signe décisif : l’aspect tranchant et l’accrochage du bord interne.

Dans les eas schématiques, lécueil semble résider dans le fait que, comme l’a dit Hucmarp, « l’idée même d’un lobe flottant ‘ne vient guère à l’esprit ». Nombre d'erreurs ne reconnaissent pas d’autres causes ; 1} ne serait déjà pas sans utiité d’en faire le recensement. Mais l'intérêt du diagnostic ést surtout dans les cas atypiques.

La palpation peut rencontrer des obstacles :

abdomen volumineux, adipose, défense de la paroi.

Certains signes physiques peuvent manquer : par suite d’une particularité du pseudo-lobe (lobe profond, long pédicule) ou se trouver modifés (lobe compliqué).

D’autres signes peuvent reteniw exclusivement l’attention ; tels le ballotement rénal et parfois le contact lombaire.

Les symptômes fonctionnels et généraux peuvent orienter vers une affection toute différente. Le siège et la forme rénaux ou vésiculaires de la tumeur viennent parfois confirmer cette première impression diagnostique.

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Po ROCS

D'où les confusions. Les unes seulement possibles, les autres souvent commises. Ces dernières, que nous étudierons tout d’abord, sont représentées :

19 par les « gros reins » ;

29 par les grosses vésicules.

L — Krreur avec les gros reins

Nous avons déjà vu, à propos du lobe de Riedel associé à la ptose abdominale, deux exemples d’une telle erreur. En voici d’autres :

19 Chez une malade d’O’Conor, une pyélonéphrite bilatérale a fait prendre un lobe de Riedel pour une pyonéphrose droite. L’histoire est la suivante :

Caroline B... (1), 38 ans, présente depuis 4 jours au niveau du côté droit, une douleur permanente avec paroxysmes aigus qui irradient vers les lombes et la cuisse droites, des mictions fréquentes, de la fièvre ; à l’examen, une sensibilité diffuse de la partie supérieure droite du ventre, avec une douleur exquise dans l’angle costo-vertébral ; enfin, une masse située à mi-chemin entre le rebord costal et la crête iliaque. Cette masse, à limites nettes, accrochable, légèrement mobile, non sensible, a un pôle supérieur nettement perceptible et qu’on peut abaisser (?).

La radioscopie ne montre pas d'image calculeuse.

Le cathérérisme urétéral ramène, surtout à droite, des urines purulentes. On ne peut pratiquer de pyélographie.

À l'intervention, le rein apparaît normal, mais il existe un lobe flottant extrêmement mobile, atteignant presque le pubis.

(1) O'Connor. — Journ. of Urology, 1920, IV, p. 97-105.

20 Dans l’observation suivante, des crises douloureuses et fébriles, un amaigrissement marqué ont fait penser à un cancer infecté du rein.

Le Pr N. FressrNeer examine en janvier 1922 Mme de B..., âgée de 52 ans qui, depuis 4 ou5 mois, présente une température irrégulière, avec un brusque clocher à 409 tous les 4 ou 5 jours, des douleurs constantes de l’hypochondre droit et, au moment des poussées fébriles, des crises paroxystiques plus ou moins intenses ; mais ce ne sont pas là des coliques hépatiques franches. Pourtant à chaque poussé fébrile et douloureuse survient un accès d’ictère léger avec décoloration des matières.

Depuis 2 mois, cette malade maigrit, d’une façon surprenante. Elle a été examinée à Bordeaux pour les mêmes accidents par les médecins et les chirurgiens les plus autorisés de la ville. Ces derniers, après avoir éliminé le paludisme, ont rattaché les poussées fébriles et douloureuses à l'existence d’une grosse masse de l’hypochondre droit qu'ils ont considérée comme un cancer infecté du rein droit.

Le PT N. Fressicer conclut différemment. La grosse masse présente une matité continue avec celle du foie ; son bord interne et son pôle inférieur sont accrochables ; elle n’est aucunement réductible. Ces caractères font affirmer un lobe de Riedel. En outre, il existe un point cystique dans l’angle gauche formé par le bord inférieur du foie et le bord interne de la masse ; il existe encore un point pancréatico-cholédocien. Les données de l’examen, les poussées fébriles, le léger subictère, la décoloration intermittente des matières, la cholurie, les douleurs prédominant dans la région vésiculaire font dire au PT FiessiNcer qu’il s’agit d’un lobe de Riedel compliqué de cholécystite et de calcul du cholédoque. Le Pr Duvaz confirme ce diagnostic.

v 28 AC ONI

Une radiographie faite par le D' H. BéÉcrèRE montre un volumineux calcul. L’opération, pratiquée le 9 février 1922 par le PT Duvar fait découvrir, comme on s’y attendait, un lobe de Riedel, un gros calcul vésiculaire, plus deux autres calculs du cholédoque qui avaient passé inaperçus aux rayons X à cause de leur projection derrière le calcul antérieur.

Après ablation des calculs, on fait une cholécystectomie et un court drainage du cholédoque. La malade guérit complètement en une quinzaine de jours. Le lobe de Riedel est retrouvé par le PT Fressineer le 11 juillet 1922, le 5 janvier 1924, le 14 mai 1928. Aucune rechute biliaire. La malade fait en 1923, 1924, 1925, 1926, des cures à Vichy où elle est suivie par le D' PARTURIER qui constate aussi le lobe flottant.

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