À PROPOS DU TRAITEMENT
Le lobe de Riedel peut demander un traitement particulier ; mais il s’agit d’ordinaire de traiter l’affection vésiculaire qui le complique ; beaucoup plus rarement on se propose de faire disparaître ou d’atténuer les accidents douloureux liés à une complication in situ.
19 Dans le premier cas, l'intervention du chirurgien est fréquemment nécessaire car le lobe flottant coïncide alors, le plus souvent avec une grave affection de la vésicule. La cholécystostomie, la cholécystectomie, l’ablation des calculs cholédociens n’entraînent pas constamment la disparition du lobe accessoire, qui dans 2 observations du PT N. FressiNGER, persista des années après l’opération. Mais elles assurent la guérison fonctionnelle,
20 Dans le second cas, on a le choix entre les moyens médicaux et l’intervention sanglante.
A. LE TRAITEMENT MÉDICAL OU ORTHOPÉDIQUE n’a pour ainsi dire Jamais été employé, du moins n’en connaissons-nous pas d'observation. Il consisterait théoriquement dans le port d’une sangle à pelote,
appropriée à la forme et au siège de la tumeur. Il aurait pour but de diminuer la mobilité du pseudolobe et de le protéger contre les traumatismes. Il paraît a priori assez illusoire.
B L'INTERVENTION SANGLANTE fixe ou résèque le lobe flottant.
a) L’hépatopexie partielle : consiste à € passer à travers le lobe un ou plusieurs fils à suture dont les deux extrémités sont passées dans la paroi abdominale et nouées ensemble avec précaution de façon à assurer le contact du péritoine viscéral recouvrant le tissu hépatique avec le péritoine pariétal. Ainsi, s’établisent les adhérences chargées d’assurer l’immobilisation du lobe flottant » (Terrier et Au- VRAY).
La première hépatopexie partielle fut réalisée par Bizzrorx (1) en 1884 pour un lobe ayant donné lieu à d'importants accidents. Quatre semaines après l'opération, la malade, délivrée de tous ses troubles, put quitter l’hôpital.
Deux ans plus tard, TscHernine (2) fixe par deux points à la paroi un lobe" flottant très douloureux et pratique un tamponnement à la Mickulicz dans le but de provoquer des adhérences plus larges. Sept mois après, la malade, incomplètement améliorée, est encore obligée de se reposer quelques heures quand ses douleurs réapparaissent.
(4) Voir page 65.
(2) Voir page 66.
En 1890, Lancensucm, chez une femme de 50 ans, fixe un lobe flottant mal toléré. À sa sortie de l’hôpital, la malade ne ressentait plus aucun trouble et avait repris 9 livres. L'année suivante, le même auteur suture avec succès un lobe de constriction : douloureux.
Bæœrricner rapporte, en 1900, quelques cas de lobes de constriction pour lesquels PopPErT a pratiqué une hépatopexie partielle. Il considère l’opération comme tout à fait rationnelle.
GenouviLze, en 1898, fixe une languette hépatique par deux échelons de catgut, mais n’indique pas Îles suites opératoires. |
Ïl faut bien remarquer que les résultats de ces pexies n'ont été mi suivis, ni contrôlés à longue échéance. Ils furent médiocres dans le cas de TscaErninc. Peut-on compter sur leur durée si l’on songe « aux mouvements respiratoires et aux déplacements de toute espèce qui tendent continuellement à écarter le lobe de la paroi » ? (E. SCHWARTZ).
Pourtant, Terrier et Auvray la regardaient comme l'intervention de choix. Nous n’en avons pas d’observation récente. Mais, à propos de l’hépatopexie en général, le P* LecÈkne disait dans sa Thérapeutique Chirurgicale : « Je considère que le traitement chirurgical n’est pas plus admissible en principe dans l’hépatoptose que dans la gastroptose.. ce n’est pas là de la chirurgie utile et je la déconseille à tous ceux que ne taquine pas le seul
prurit d'opérer, »
b) La résection : Elle fut pratiquée pour la première fois par LancenBucx en 1886, pour un lobe flottant gauche extrêmement douloureux ; l’auteur divisa le pédicule et plaça sur lui plusieurs ligatures. Une hémorragie secondaire l’obligea à réintervenir pour assurer l’hémostase. Malgré cet incident, ül obtint la guérison complète.
L'entreprise était hardie. Basrianezzt la renouvela, en 1895, en pratiquant une ligature élastique du pédicule tout entier et en évitant l’hémorragie secondaire par la cautérisation du moignon hépatique.
Roux (1897), Marrin (1898), Gourrroup (1899), le PT Lecueu (1901), puis en 1903, Locxwoop et en France, le PT WazTHEr résèquent un pseudolobe présentant de graves lésions ou occasionnant des accidents pénibles et tenaces. Leurs opérations réussirent sans incident.
Depuis le mémoire de Terrier et Auvray (1898) lPhépatectomie pour tumeur du foie à été maintes fois réalisée avec succès, notamment par le PT Du- VAL (1920), par le PT Hartrmann (1923), par Perir- Durarczis et J. Loncuer (1930), enfin, tout récemment par BAUMGARTNER (1935) (1).
Ce dernier auteur recommande pour la section hépatique l’emploi du bistouri électrique coupant et coagulant. Au cours de son intervention et grâce à cet instrument, les surfaces de section du foie
(1) BaumGarrner et N. FressiNGer. — Bull. et Mém. de la Soe, de Chirurgie, 1935, tome LXI.
restèrent exsangues ; aucune ligature ne fut nécessaire, l’auteur put accoler complètement l’une à l’autre les deux tranches de section du « coin hépatique »et les suturer pour obtenir une cicatrisation per primam dela plaie du foie, sans hématome ni fistulisation bihaire.
En ce qui regarde le lobe flottant, on pourrait être tenté de pratiquer l’hépatectomie en présence d’une masse pédiculée s’offrant à une section et à une hémostase faciles.
Malgré tout, l’hépatectomie semble une opération bien périlleuse pour une anomalie aussi exempte de danger, sinon d’inconvénients.
En conclusion, ce n’est que dans des cas tout à fait exceptionnels qu’on pourra avoir recours au traitement chirurgical pour un lobe ïlottant non compliqué de cholécystite. On n’y sera guère autorisé qu’en présence d’un lobe particulièrement mal toléré et dont les accidents résistent à un traitement médical bien conduit et prolongé.
À titre documentaire, nous donnerons encore Île résumé de quelques observations qui n’ont pu prendre place dans le texte.
Observations de Riedel A. in Berliner Klinische Wechenscrift, 1888, N° 29 et 30.
OBSERVATION No 1.
Mme K... (1), 49 ans, souffre depuis 4 à 5 ans de vomissements fréquents parfois accompagnés pendant 2 ou 3 jours de constipation. Elle a souvent eu des douleurs abdominales ; teint toujours un peu jaunet, mais Jamais d’ictère véritable.
Huit jours avant son entrée dans le service de RiEDEL : douleurs abdominales intenses, constipation, vomissements, ventre douloureux et augmenté de volume ; tout cède rapidement à l’administration d’un laxatif.
L’examen (27 septembre 1887) montre un prolongement du lobe droit du foie, ferme, lisse, descendant un peu audessous de l’ombilic. Sur son versant interne se trouve une tumeur marronnée, très sensible au palper, mobile avec la respiration.
(1) Voir page 131, planche IIL, fig. 2.
L'opération (28 septembre) fait découvrir un prolongement hépatique, lisse et brillant. Sur son côté interne, on aperçoit la vésicule augmentée de volume et livide.
Fixation de la vésicule à la peau. Le 6 novembre celle-ci s’est rétractée. On en évacue 110 calculs. Le 28 novembre le lobe hépatique s’est considérablement rétréci. Le 23 janvier 1888, le lobe ne pouvait plus être perçu à lexamen clinique. Guérison complète.
OBSERVATION No 2
Mne R.. (1), 39 ans. Excellente santé antérieure à part une violente crise de crampes épigastriques durant quelques jours, survenue il y a 12 ans.
Il y a 5 mois, douleurs abdominales d’une extrême violence à l’occasion desquelles un médecin découvre une tumeur abdominale dont la malade ignorait l’existence.
Le 11 janvier 1888, l'examen montre qu'il s’agit d’un procès linguiforme du lobe droit du foie qui descend à 2 centimètres au-dessous du niveau de l’ombilic. Son extrémité inférieure est assez large ; 1l a un bord tranchant nettement palpable. Sur son côté médian et à 1 centimètre au-dessous, on sent une tumeur fluctuante qui disparaît sous le lobe hépatique à quelques centimètres au-dessus de lombilic.
Le 13 janvier, l’opération montre sous le lobe hépatique une vésicule modérément tendue.
Le 20 janvier, dans un 2€ temps opératoire, incision de la vésicule : 130 calculs sont extraits ; la vésicule adhère en totalité au lobe linguiforme. Guérison.
(1) Voir p. 131, planche III, fig. 3.
OBSERVATION No 3
Mme C.. 30 ans, vue le 3 janvier 1888. Parfaite santé antérieure. Quatre jours auparavant, après un effort, violentes douleurs abdominales et, pour la première fois, apparition d’une tumeur au-dessous de l’ombilic.
À son entrée à l'hôpital, température à 389, douleurs abdominales d’une extrême violence, pas de selles. Les douleurs sont calmées après purgation.
A l'examen, tumeur faisant corps avec le foie et de forme grossièrement triangulaire. Le sommet de ce triangle se trouvait au milieu de la ligne ombilico-symphysaire, à 1 centimètre au-dessous de la ligne bis-iliaque. Il dépassait la ligne médiane, 2 centimètres vers la gauche. Son côté interne s’inchinait en courbe douce vers la droite, près de l’ombilic. Vers le haut, il se relevait en direction sagittale. Le 2e côté du triangle fuyait obliquement vers la partie moyenne de l'abdomen. Les deux limites se perdaient en haut sur le bord inférieur du foie. Le sommet des trois angles, le côté externe, la portion inférieure du côté interne étaient arrondis. Plus haut, on sentait à droite et à gauche le bord tranchant du foie. Lia tumeur était tympanique ; son extrémité inférieure n’était pas tranchante mais ronde, si bien qu’on put croire à un rein ptosé.
A l’opération, tumeur vésiculaire recouverte par le lobe anormal et contenant du pus et un très gros calcul. Deux mois plus tard, lobe et vésicule inaccessibles.
OBSERVATION No 4
Mne $S... (2), 42 ans. A fait neuf ans auparavant une crise douloureuse vésiculaire, soudaine, suivie d’ictère. À
(4) Voir p. 131, planche III, fig. 4.
(2) Voir p. 131, planche III, fig. 5.
ce moment elle a perçu « comme un nœud » au-dessous du foie. Les années suivantes, à intervalle de plusieurs mois, nombreuses crises analogues avec, le plus souvent, des vomissements violents et à trois reprises de l’ictère. Depuis, amaigrissement, troubles digestifs, douleurs sourdeg et presque permanentes dans la région vésiculaire.
À l’examen, le 10 mars 1890, lobe linguiforme dont la base est relativement large. Au-dessous de lui on palpe nettement la vésicule qui est grosse comme un poing.
À l'intervention, pas de calcul. Un peu de bile épaisse, grande quantité de sérosité.
Mme B..., 42 ans, se plaint depuis 4 ans de douleurs abdominales. Amaigrissement important depuis l’automne précédent (20 kilogrammes). Appétit diminué, constipation, mélancolie, anxiété, insomnies. Jamais d’ictère ni de coliques hépatiques.
Examen: ventre partout sensible, principalement à gauche et sous le foie. Liobe accessoire dur, dépassant de 2 centimètres, la ligne spino-ombilicale. Pas de tumeur sur son côté médian. Au toucher vaginal, utérus attiré vers la gauche.
Opération (5 mai 1888) : grosse masse violacée dont le sommet adhère à la paroi abdominale antérieure. Vésicule profonde, déplacée sur le côté, mais tout à fait normale. Fixation de la vésicule à la paroi, disparition des douleurs, mais persistance de la mélancolie et de l’anxiété.
B. in Erfahrungen über die Gallenstein-Krankheit. Berlin, 1892
Me Joahanna S..., 66 ans, est vue le 25 juin 1889, avec un diagnostic de rein mobile. C’est une femme maigre, Schmid. 9
mais bien portante. Elle a présenté il y a 3 ans un unique accident douloureux qu a*duré 12 heures. On sent nettement sur le foie unçgrand prolongement linguiforme avec un bord;peu tranchant. Lie sommet infénieur.dépasse de 2.eentimètres la ligne spino-ombilicale. [se laisse très facilement refouler en arrière ; 1] ressemble à un nein mais, contrairement à ce dernier qui aurait repris sa place lombaire, al revient sous la main antérieure dès qu’on cesse ka pression. Sur son bord interne on sent une tumeur grosse comme une noix débordant le prolongement, tumeur qui suit nettement les mouvements imprimés au procès hépatique. On sent à ce niveau une légère crépitation.
Le 29 juin, incision ; languette hépatique ; vésicule bourrée de petits calculs.
Le 15 août : guérison.
OBSERVATION. Ne 7
Me Sanno, 36 ans, vue le 14 avril 1891. Depuis 15 ans souffre toutes les 4 semaines de crises gastriques douloureuses. Amaigrissement de 12 kilogrammes «en 2 ans. Depuis le début de Mars, vomissements violents et céphalées. Il y a 4 semaines, après une crise nocturne particulièrement violente, on découvre l’existence d’une tumeur abdominale qui la veille n'existait pas. D’abord très proche de la limite inférieure du foie, la tumeur descend de plus en plus vers l'abdomen; c’est aujourd’hui une longue et large langue qui dépasse de 2 centimètres la ligne spino-ombilicale. Son bord gauche est tranchant ; à droite on sent une tumeur molle grosse comme une petite pomme ; à ce niveau on perçoit nettement la collision de calculs frottant les uns contre les autres.
l'opération montre l'existence d’un mince prolongement hépatique, s’effilant en bas en tranchant de hache-
de NSIMÈR.B0sns (aprés Riedel)
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Rieoel)
Planche III.
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Derrière lui se trouve la vésicule bourrée de calculs. On l’évacue. Guérison. La cicatrice abdominale empêche de déterminer avec précision les contours du lobe linguiforme qui paraît s'être rapetissé.
Dorothée Wil.., 55 ans, vue le 21 février 1890. Depuis 10 ou 15 ans elle souffre beaucoup de l’estomac et du foie. Elle aurait présenté de la congestion hépatique. Reste toujours pâle et maigre ; ne tolère pas beaucoup d’aliments.
En mars 1889, au cours d’un effort, violentes douleurs hépatiques l’obligeant à garder le hit pendant 3 semaines. Dès le début de ces douleurs, elle remarque dans la région vésiculaire, une tuméfaction très mobile prise par le médecin pour un rein flottant qui aurait adhéré au foie. Pendant 5 semaines, inappétence, goût amer dans la bouche, nausées ; pas de vomissements n1 de fièvre ; constipation. Puis, bien que la douleur persiste du côté du foie, le malade peut reprendre un travail modéré.
En août 1889, accès de vomissements bilieux, amai-
grissement de 18 livres en 7 semaines. Depuis 15 jours, la tumeur est devenue très douloureuse ; jamais d’ictère. * À l’examen : au-dessous et à droite de l’ombihc et Île dépassant de Î centimètre, tumeur ronde, mobile avec la respiration, légèrement sensible à la pression, en connexion avec le foie. La délimitation entre ce dernier organe et la tumeur est indécise. Matières colorées, pas d’ictère pas d’albuminurie.
Le 25 février, incision. Mince lobe hépatique dont le bord interne, presque vertical, fuit en arrière. On reste dans l’incertitude au sujet du bord droit ; au-dessous du lobe et le dépassant vers la gauche, la vésicule, énorme, tendue, luisante, livide, contient 2 calculs dont un volu.
Aa
mineux. Drainage ; la malade sort le 2 avril. Le 11 avril, guérison complète.
Observation de Hellier (1)
L’auteur examine le 25 octobre 1894 une femme de 32 ans qui depuis 2 ans se connaît une tumeur de l’abdomen. C’est une masse très dure, très mobile, située à droite et au-dessus de l’ombilic. Son extrémité inférieure s'accroche mais donne plutôt la sensation d’un pôle rénal. Sa partie supérieure est beaucoup moins nette. La masse est unie, sensible seulement à la pression profonde. Sa mobilité est telle qu’on peut l’amener à droite ou à gauche de l’ombilic et que, dans le décubitus latéral gauche, elle dépasse de 3 pouces l’ombilic. Mobile avec la respiration, elle semble en connexion avec le foie ; elle est sonore à la percussion.
Dans les antécédents : attaque de jaunisse avec coliques 6 ans auparavant. Douleurs épigastriques et interscapulaires, quelques vomissements, alternatives de constipation et de diarrhée. Mais depuis plusieurs mois, les douleurs ont disparu.
L’auteur pose le diagnostic de tumeur de l’épiploon ou même de tumeur de la paroi abdominale.
Le 127 décembre, laparotomie montrant :
19 une grosse distension de la vésicule et de la partie adjacente du cystique qui présente un calcul enclavé ; 7 calculs vésiculaires.
20 un procès linguiforme du foie né du bord inférieur de l’organe et qui recouvre la vésicule. Il semble provenir du lobe carré.
Extraction des calculs. Guérison le 5 janvier 1895. Aucune tumeur ne pouvait plus être sentie.
(1) Hezuier. — British Med. Journ., 1895, I, p. 977-978.
Observation de BastiameHi (1)
Diagnostic pré-opératoire : cancer sur un rein ptosé. Lobe flottant recélant une gomme syphilitique, Résection. Guérison. ‘
Femme de 37 ans, mère de 5 enfants, admise à l'hôpital pour des douleurs fixes dans le côté droit du ventre et dans les lombes ; ces douleurs, depuis les 9 derniers mois, présentent des exacerbations lors des mouvements. Inappétence, dépérissement, pâleur, toux, urines normales.
Le foie semble normal, la rate est un peu grosse. Dans l’hémi-abdomen droit, on sent une tumeur de la forme d’un rein, mais trois fois plus grosse, dure, légèrement nodulaire, aisément mobilisable, mate, à peine mobile avec la respiration. Son extrémité supérieure semble deux fois plus large que. l’inférieure. Pas de connexion apparente avec le foie. Derrière cette tumeur on sent une masse demi-élastique- Le diagnostic posé est : rein ptosé cancéreux.
Opération : tumeur ovoïde dont la surface présente des stries blanchâtres et des nodules grisâtres. Aucune adhérence. Elle est reliée au. lobe droit du foie par une bande de tissu hépatique. Sur sa face inférieure repose la vésicule, Rien d’anormal au niveau du reste du foie. La tumeur est enlevée avec la vésicule. Guérison.
La pièce hépatique pesait 500 grammes ; elle contenait une gomme récente.
Observation de Gérard-Marehant (2)
J. Léon.…., 50 ans a fait depuis l’âge de 30 ans, tous les: 5 ans, une crise typique de coliques hépatiques. À partir
(1) Basrianezzr. — Ü Policlinico, avril 1895, p. 151. (2) Géranp-Marcuanzx — Presse Médicale, 1896, n°9 46,
p. CCXXVIII-CECKXX.
ni es
de sa 4€ crise (à 45 ans), présente des accès identiques tous les ans, puis tous les 6 mois.
Le 5 décembre 1895, au cours d’une crise, apparaît un ictère qui persiste depuis. Actuellement, 25 mars 1896, jaunisse intense, mais selles non décolorées. Douleurs spontanées au miveau de l’hypochondre droit, exagérées par la pression.
Par le palper et surtout par le ballottement, on sent une masse volumineuse qui descend dans le flanc droit à la hauteur de l’ombilic ; elle ne donne pas l’impression d’une vésicule calculeuse.
Apyrexie. Mais au cours des 3 dernières semaines il y a eu trois fois des frissons avec ascension thermique à 390-400,
Le 3 avril, l'opération montre que la tumeur est une languette dépendant du lobe droit du foie. La vésrcule à peine grosse comme une noix semble vide; elle ne renferme pas de calculs. Îl existe dans le cholédoque un calcul de la taille d’une olive et deux autres fragments calculeux.
Pas de suture de la paroi cholédocienne trop friable, Drain entouré de gaze iodoformée. Mort le 16 avril.
Autopsie : foie de couleur jaune foncé tirant sur le vert ; lobe droit allongé latéralement en une languette qui descend jusqu’à 2 travers de doigt au-dessus de la crète ilaque. Vésicule atrophiée, à paroi friable. Mort attribuée à une septicémie péritonéale.
Observation de Martin (1)
Femme de 36 ans, a noté depuis 12 ans une masse dans le côté droit du ventre qui récemment a subi une rapide
(1) Marvin, — Birmingham Medical Review, 1898, p. 92-98.
augmentation de volume et est devenue tendue et douloureuse.
Il s’agit d’une énorme tumeur ovalaire comblant l’hémi-abdomen droit, tendue, très mobile, mate à la percussion, séparée du foie par une zone de sonorité. On pense à une forme inhabituelle de rein mobile (?).
La laparotomie révèle un lobe accessoire du foie accolé ‘à la vésicule. On le résèque. Il pesait 3 */, pounds.
Observation de Letulle in Thèse de Duvernoy (1)
Foie à lobe droit mobile. Hépatite subaiguë et congeston chronique.
Femme malade depuis plusieurs années et présentant les symptômes d’une cirrhose hypertrophique. Troubles digestifs. [ctère marqué. Circulation veineuse collatérale. Ventre ballonné.
Le flanc droit est rempli par une tumeur ferme atteignant la fosse iliaque. Son bord interne paraît se continuer avec le bord antérieur du foie. Elle est mate, pas de démarcation avec la matité hépatique. Ventre partout sonore. Diagnostic : tumeur du foie ou tumeur sur un rein mobile,
Laparotomie : ascite. La tumeur est un lobe mobile du foie rattaché au bord antérieur de l’organe. Péri-hépatite chronique. On referme l’abdomen aussitôt. L’ascite se reforme rapidement.
Le 8€ jour, la cicatrice cède. Mort le 12€ jour.
A l’autopsie : péri-hépatite ancienne, fausses membranes récentes, qui tapissent le péritoine.
Foie : lobe droit volumineux. Le lobe mobile y attenant mesure 16 cm. X 17 cm. à sa base ; il se détache du bord
(4) Duvernoy. — Le foie mobile. Thèse de Paris, 1898.
antérieur du lobe droit, immédiatement à droite de la vésicule, il se continue avec la face inférieure du foie sans ligne de démarcation bien nette. En avant, au niveau du point d'implantation, sillon antéro-postérieur et hozizontal naissant à hauteur de la vésicule.
Grosse rate dure.
Examen microscopique (P* Lerurce) : hépatite chronique, hyperplasie nodulaire. En outre, signes de stase sanguine très accusée et très irrégulièrement répartie.
Observation de Trèves (1)
Diagnostic pré-opératoire : Pérityphlite récidivante.
Sur ce diagnostic, TRÈvEs se proposa d’enlever l’appendice. Au-dessus de la région appendiculaire sensible, il existait une vague tuméfaction qui en imposait pour un abcès chronique développé entre la fosse iliaque et le foie, abcès qu’on présumait contenir des gaz en raison du son tympanique que la percussion rendait sur sa plus grande étendue. Mais la masse n’était pas sensible, il n’y avait pas de fièvre.
L’incision faite au niveau de la région appendiculaire découvrit le pôle inférieur d’un lobe de Riedel adhérant. Vésicule normale ; ablation de l’appendice.
Suites non indiquées.
Observations de Lockwood (2) OBSERVATION. No 1
Lobe de Riedel révélé par un « catarrhe vésiculaire ».
Une femme se plaint depuis plusieurs mois de douleurs
(1) Trèves. — The Lancet, mai 1900, t. I, p. 1339, (2) Locxwoop. — The Lancet, 1903, p. 223.
sous le 8 cartillage costal droit. Les signes sont tellement en faveur d’une affection vésicularre que l’on opère.
La vésicule ne contient pas de calculs, mais beaucoup de bile. On referme. Les douleurs ayant persisté, Locxwoop revoit la malade et trouve une tumeur ressemblant exactement à une grosse vésicule. Nouvelle mtervention.
On trouve alors un lobe de Riedel dépassant au moins
de 3 pouces le rebord costal ; à sa gauche, grosse vésicule mais pas assez dure pour pouvoir être sentie à travers la paroi abdominale. Pas de calculs dans la vésicule qui contenait plusieurs onces de mucus légèrement teinté de bile.
Drainage pendant une quinzaine de jours. Guérison des
troubles évidemment causés par le catarrhe vésiculaire.
Diagnostic pré-opératoire : Rem mobile + appendicite. Lobe de Riedel. Résection. Guérison.
Jeune femme se plaignant do douleurs abdominales surtout au niveau du point de Mac Burney. Tumeur sentie en dehors du 1/3 moyen du rebord costal, mobile à la respiration, unie, non douloureuse, réductible en arrière comme un rein mobile, semblant séparée du foie par une aire de résonance.
On croit à un rein mobile. Une ceinture est appliquée sans soulagement.
En présence des douleurs persistantes au point de Mac Burney, et de constipation, on pense que le rein mobile est compliqué d’appendicite.
Le 12 juillet 1902 : appendicectomie par voie classique, L’appendice est normal, même histologiquement.
L'opération apprend en outre que la tumeur est rattachée au foie par un épais collet. Après un certain temps, les mêmes accidents recommencent.