CHAPITRE XVI
soutinrent en l'air au-dessus de ces innombrables centaines de mille de myriades de kôtis de Buddhas, des lignes de parasols faits de pierreries qui s'élevaient jusqu'au ciel de Brahmâ. Chacun d'eux célébra ces Tathâgatas en faisant entendre des stances sacrées à la louange des Buddhas.
Alors le Bôdhisattva Mahâsattva Mâitrêya prononça dans cette occasion les stances suivantes:
1. Le Tathâgata nous a fait entendre une loi merveilleuse, une ici qui n'a jamais été entendue par nous auparavant; il nous a dit quelle est la magnanimité des Guides [du monde] et combien est infinie la durée de leur existence.
2. Aussi, après avoir entendu aujourd'hui cette loi qui leur est donnée de la bouche du Sugata, des milliers de kôtis d'êtres vivants, qui sont les fils chéris du Guide du monde, se sentent épanouis de joie.
3. Quelques-uns sont établis dans l'état suprême de Bôdhi qui ne retourne pas f. 177 b. en arrière; quelques-uns possèdent la meilleure des formules magiques; d'autres
sont fermes dans l'énergie du détachement, et d'autres ont la possession de milliers de kôtis de formules.
4. Quelques-uns, aussi nombreux que les atomes d'un monde, sont arrivés à l'excellente science de Buddha; d'autres sont destinés à devenii^ à partir de leur huitième existence, des Djinas doués d'une vue infinie.
5. Après avoir franchi les uns quatre, les autres trois, les autres deux existences , ceux qui ont entendu cette loi de la bouche du Guide [ du monde ]j, obtiendront f état de Bôdhi en voyant la vérité.
6. Quelques-uns, au bout d'une seule existence , arriveront à l'omniscience dans la vie suivante ; c'est là le fruit excellent qu'ils recueilleront de l'attention qu'ils auront donnée à ce récit de la vie du Guide [du monde].
7. Ils sont aussi innombrables, aussi incalculables que les atomes de poussière que renferment huit mondes, les milliers de kôtis de créatures qui, après avoir entendu cette loi, ont conçu la pensée de l'excellent état de Bôdlai.
8. C'est là l'œuvre que vient d'accomplir le grand Rïchi, quand il a expliqué l'état de Buddha, cet état qui n'a ni terme ni mesure, et qui est aussi incommensurable que l'élément de féther.
9. De nombreux milliers de kôtis de fils des Dêvàs ont fait tomber une pluie de fleurs de Mandârava; des Çakras et des Brahmâs en nombre égal à celui des sables du Gange, ont qpitté des milliers de kôtis de terres pour se réunir ici.
10. Répandant des poudres odorantes de bois de santal et d'Aguru, ils par- f. 178 a.
courent le ciel , semblables à des oiseaux , et ils en couvrent l'Indra des Djinas d'une manière convenable.
1 1 . Du haut des airs , des timbales font entendre , sans être frappées , des sons agréables ; des milliers de kôtis de pièces d'étoffes divines tombent en tournant autour des Guides [des hommes].
12. Des milliers de kôtis de vases faits de pierreries et contenant un encens précieux, se rendent ici d'eux-mêmes de tous côtés, afin d'honorer le Protecteur, le Chef des mondes.
13. Les sages Bôdhisattvas soutiennent d'innombrables myriades de kôtis de parasols, hauts, grands et faits de pierreries, qni s'élèvent en ligne jusqu'au monde de Brahmà.
14. Ils dressent au-dessus des Guides [ des hommes] des drapeaux et des étendards beaux à voir; les fils de Sugata, fesprit transporté de joie, les louent dans des milliers de stances.
15. Voilà, ô Guide [des hommes], les êtres merveilleux , éminents, admirables et variés que je vois aujourd'hui-, toutes ces créatures ont été comblées de joie par fexposition qui leur a été faite de la durée de la vie [du Sugata].
16. Il est vaste le sens de la parole des Guides [des hommes] , laquelle s'est répandue aujourd'hui dans les dix points de l'espace; des milliers de kôtis de créa-
f. 178 b. tures en sont remplies de joie, et elles sont douées de vertu pour arriver à l'état de Buddha.
Ensuite Bliagavat s'adressa ainsi au Bôdhisattva Mahâsattva Mâitrêya : Tous ceux qui, pendant que se donnait celte indication de la durée de l'existence duTathâgata, laquelle est une exposition de la loi, ont fait preuve de confiance, ne fût-ce que par un seul acte de pensée, ou qui y ont ajouté foi, quel immense mérite en recueillent-ils, ces fils ou ces filles de famille Ecoute cela, et grave bien dans Ion esprit quel immense mérite ils en recueillent. Supposons d'un côté, ô toi qui es invincible, un fils ou une fille de famille qui , désirant obtenir l'état suprême de Buddha parfaitement accompli, remplirait, pendant huit centaines de mille de myriades de kôtis de Kalpas, les devoirs des cinq perfections, c'est-à-dire, de la perfection de l'aumône, de celle de la moralité, de celle de la patience, de celle de l'énergie, de celle de la contemplation, de celle de la sagesse; et d'un autre côté , ô toi qui es invincible , un fils ou une fille de famille , qui après avoir entendu cette indication de ia durée de la vie du Tathâgata, laquelle est