‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 13 sur 283 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

9. Supposons que cet univers tout entier fût complètement rempli de Grâvakas semblables à Çàrisuta, et que, se réunissant tous ensemble, ces Grâvakas se missent f- 20 a. à réfléchir, il leur serait impossible de connaître la science du Sugata.

10. Quand bien même les dix points de l'espace seraient complètement remplis de savants semblables à toi; quand même ils seraient pleins de personnages tels que ces Grâvakas mes auditeurs ;

11. Et quand même , se réunissant tous ensemble , ces sages se mettraient à réfléchir sur la science du Sugata, non, même ainsi réunis, ils ne pourraient connaître la science incommensurable des Buddhas , qui m'appartient.

12. Quand même la totalité des dix points de l'espace serait remplie de Pratyêkabuddhas, exempts de toute faute, doués de sens pénétrants, arrivés à leur dernière existence corporelle ; quand ces Pratyêkabuddhas seraient aussi nombreux que les cannes et que les bambous des forêts ;

13. Et quand même, se réunissant tous ensemble, ils se mettraient à réfléchir ne fût-ce que sur une partie de mes lois suprêmes, pendant des myriades infinies de kôtis de Kalpas , ils n'en pourraient connaître le véritable sens.

14. Que les dix. points de l'espace soient remplis de Bôdhisattvas , entrés dans un nouveau véhicule , ayant accompli leur mission sous beaucoup de kôtis de Buddhas , connaissant d'une manière positive le sens [ de la doctrine ] , et ayant interprété un grand nombre de lois ;

15. Que tous les mondes en soient continuellement remplis, sans qu'il y reste plus d'intervalle qu'entre les cannes et les bambous des forêts, et que, se réunissant tous ensemble , ces Bôdhisattvas viennent à réfléchir sur la loi qui a été vue face à face par le Sugata ;

16. Après avoir, pendant plusieurs kôtis de Kalpas, pendant des Kalpas aussi innombrables que les sables du Gange, réfléchi exclusivement sur cette science, f- 20 b. profondément absorbés par sa subtilité, ils ne parviendraient pas encore à en

faire leur objet propre.

1 7. Quand même des Bôdhisattvas en nombre égal à celui des sables du Gange, devenus incapables de se détourner, se mettraient à y réfléchir avec une attention exclusive, ils ne pourraient eux-mêmes en faire leur objet propre.

18. Les Buddhas sont tous des êtres dont les lois s'ont profondes, subtiles, insaisissables au raisonnement, exemptes d'imperfections; moi je connais quels sont les Buddhas , ainsi que les Djinas qui existent dans les dix points de l'univers.

19. Plein de confiance, ô Çâriputtra, tu as recherché le sens de ce que dit le Sugata; il ne dit pas de mensonge le Djina, le grand Rïchi, qui expose pendant longtemps la vérité excellente.

20. Je m'adresse à tous ces Çrâvakas, aux hommes qui sont parvenus à l'état de Pratyêkabuddha , à ceux qui ont été établis par moi dans le Nirvana, à ceux qui sont entièrement délivrés de la succession incessante des douleurs.

21. C'est ià ma suprême habileté dans l'emploi des moyens [dont je dispose], habileté à l'aide de laquelle j'expose amplement la loi dans le monde ; je délivre les êtres enchaînés à tel et tel objet, et j'enseigne trois véhicules [distincts].

Ensuite les grands Çrâvakas qui étaient réunis là dans cette assemblée, sous la conduite d'Adjnâtakâundinya , tous Arhats, exempts de toute faute, parvenus à la puissance, au nombre de douze cents, les autres Religieux

i. 2 1 a. et fidèles des deux sexes qui se servaient du véhicule des Çrâvakas, et ceux qui étaient entrés dans celui des Pratyêkabuddhas, firent tous cette réflexion : Quelle est la cause, quel est le motif pour lequel Bhagavat célèbre si exclusivement Thabileté dans l'emploi des moyens dont disposent les Tathâgatas? Pourquoi la décrit-il par ces mots : « elle est profonde la loi « par laquelle je suis devenu Buddlia parfaitement accompli ; » et par ceux-ci : « elle est difficile à comprendre pour la totalité des Çrâvakas et des Pra- « tyêkabuddhas ? » Cependant , puisque Bhagavat n'a parlé que d'un seul affranchissement , et nous aussi nous sommes devenus possesseurs des lois de Buddha, nous avons atteint le Nirvâna. Aussi ne comprenons-nous pas le sens du discours que vient de tenir Bhagavat.

Alors le respectable Çâriputtra connaissant les questions auxquelles donnaient lieu les doutes de ces quatre assemblées, et comprenant avec sa pensée la réflexion qui s'élevait dans les esprits, ayant lui-même conçu des doutes sur la loi , dit en ce moment ces paroles à Bhagavat : Quelle est la cause, quel est le motif pour lequel Bhagavat célèbre si exclusivement, à plusieurs reprises, les Tathâgatas comme enseignant les lois de la science et de l'habile emploi des moyens? Pourquoi répète-t-il à plusieurs reprises : « elle est profonde la loi par laquelle je suis devenu Buddha parfaitement « accompli ; il est difficile à comprendre le langage énigmatique des Tathâ-

f. 2 1 6. « gâtas. » En effet, je n'ai jamais entendu jusqu'ici une pareille exposition de la loi de la bouche de Bhagavat. Et ces quatre assemblées, ô Bhagavat, sont agitées par le doute et par l'incertitude. Que Bhagavat montre donc bien dans quelle intention le Tathâgata célèbre à plusieurs reprises la loi du Tathâgata comme profonde.

Page 1