CHAPITRE XXIII
LE BÔDHISATTVA G ADGAD AS V AR A.
Ensuite le bienheureux Tathâgata Çâkyamuni, vénérable, etc., lança en cet instant un rayon de lumière du cercle de poils placé entre ses deux sourcils, l'un des signes caractéristiques des grands hommes. Cette lumière illumina de sa splendeur des centaines de mille de myriades de kôtis de terres de Buddha situées à l'orient, en nombre égal à celui des sables de dix-huit Ganges. Par delà ces centaines de mille de myriades de terres de Buddha, en nombre égal à celui des sables de dix- huit Ganges, est situé l'univers nommé Vairôtchanaraçmi-pratimandita. Là se trouvait vivant, existant, le Tathâgata nommé Kamaladalavimala-nakchatrarâja-samkusumitâbhidjîïa, vénérable, etc., qui, avec une vaste et immense assemblée de Bôdhisattvas, dont il était environné et suivi, enseignait la loi. Alors le f. 222 «. rayon de lumière lancé du cercle placé entre ses sourcils par le bienheureux Tathâgata Çâkyamuni, vénérable, etc., illumina en cet instant d'une grande lumière l'univers Vâirôtchanaraçmi-pratimandita. Or dans cet univers habitait le Bôdhisattva Mahâsattva nommé Gadgadasvara , qui avait fait croître les racines de vertu qui étaient en lui, qui avait vu jadis la lumière de semblables rayons lancés par beaucoup de Tathâgatas, vénérables, etc., et qui était en possession de nombreuses méditations. C'est ainsi qu'il avait acquis les méditations de DJivadjâgrakêjûra (l'anneau de l'extrémité de l'étendard ) , de Saddharmapundartka (le lotus blanc de la bonne loi) , de Vimaladatta ( celui qui est donné pur ) , de Nakchatrarâdjavikridita ( les plaisirs du roi des constellations ) , d'Anilambha ( celui qui ressemble au vent), de Djnânamudra (le sceau de la science), de Tchandraprabha (celui qui a l'éclat de la lune), de Sarvarutakâuçalya (l'habileté dans tous les sons), de Sarvapunjasamutchtchaya (le trésor extrait de toutes les vertus), de Prasâdavati (celle qui est favorable], de Rïddhivikridita (les plaisirs de
la puissance magique), de Djnânôlkâ (la torche de la science), de Vjûharâdja (le roi de la construction), de Vimalaprabhâ (la splendeur sans tache) , de Vimalagarbha (l'essence sans tache ), à'Apkrîtsna (qui enlève toute l'eau), de Sûry avaria (la révolution du soleil); en un mot, il avait acquis des centaines de mille de myriades de ko lis de méditations, en nombre
f. 222 h. égal à celui des sables du Gange. Or cette lumière tomba sur le corps du Bôdhisattva Mahâsattva Gadgadasvara. Alors le Bôdhisattva Mahâsattva s' étant levé de son siège, rejetant sur son épaule son vêtement supérieur, posant à terre le genou droit, et dirigeant ses mains réunies en signe de respect, du côté où se trouvait le bienheureux Buddha , parla ainsi au
Tathâgata Kamala abhidjiàa, vénérable, etc. : J'irai, ô Bienheureux, dans
l'univers Saha pour voir, pour honorer, pour servir le bienheureux Tathâgata Çâkyamuni , vénérable, etc., pour voir Maiidjuçrî Kumâra et les Bôdhisattvas Bhâichadjyarâdja , Pradânaçûra, Nakchatrarâdjasamkusumitâbhidjiïa , Viçichtatchâritra , Vyûharâdja, Bhâichadjyarâdjasamudgata.
Alors le bienheureux Tathâgata Kamala abhidjna, vénérable, etc.,
f. 223 a. parla ainsi au Bôdhisattva Mahâsattva : Ne va pas, ô fils de famille, après t'être rendu dans funivers Saha, en concevoir des idées misérables. Car ce monde-là, ô fils de famille, est couvert de hauteurs et de lieux bas; il est fait d'argile, hérissé de Kâlaparvatas , rempli d'ordures. Le bienheureux Tathâgata Çâkyamuni , vénérable, etc., est d'une courte stature, ainsi que ses Bôdhisattvas Mahâsattvas, tandis que ta taille, ô fils de famille, s'élève à quarante-deux mille Yôdjanas, et la mienne à soixante-six fois cent mille Yôdjanas. Et toi, ô fils de famille, tu es aimable, beau, agréable à voir; tu es doué de la perfection suprême de f éclat et de la beauté. Tu es particulièrement distingué par plus de cent mille mérites. C'est pourquoi, ô fils de famille , après t'être rendu dans cet univers Saha , ne conçois pas des idées méprisables, ni des Tathâgatas , ni des Bôdhisattvas [qui s'y trouvent] , ni de cette terre de Buddha.
Cela dit, le Bôdhisattva Mahâsattva Gadgadasvara parla ainsi au bienheureux Tathâgata Kamala abhidjiia, vénérable, etc. : J'agirai, ô Bienheureux, selon que fordonne le Tathâgata; j'irai, ô Bienheureux, dans cet univers Saha, en vertu de la bénédiction du Tathâgata, de la production
f. 223 h. de son énergie, de ses plaisirs, de sa construction, de la science émanée du Tathâgata. Alors le Bôdhisattva Mahâsattva Gadgadasvara , sans sortir de