‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 54 sur 283 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

forme l'époque [dont je me souviens], cette époque qui échappe également à la pensée et à toute mesure. Et ce Tathâgata, ô Religieux, entré depuis si longtemps dans le Nirvana complet, je me le rappelle, parce que f. 86 6. je déploie l'énergie de la vue de la science des Tatliâgatas, comme si son Nirvana complet devait avoir lieu aujourd'hui ou demain.

Ensuite Bhagavat prononça, dans cette occasion, les stances suivantes:

1 . Plusieurs fois dix millions de Kalpas se sont écoulés depuis le temps où existait le grand Solitaire Abhidjnâdjnânâbhibhû , le Meilleur des hommes; il fut, dans ce temps-là, le Djina sans supérieur.

2. C'est comme si un homme venait à réduii^e en une poudre extrêmement fine les trois mille mondes dont se compose cet univers, et qu'après avoir pris un atome de cette poudre, il allât le déposer pai' delà mille terres.

3. Que transportant ainsi successivement un second, un troisième atome, il finisse par avoir transporté la totalité de cette masse de poussière ; que cet univers soit entièrement vide , et que toute cette poussière soit épuisée.

4. Eh bien! le nombre des atomes de poussière, de ces atomes dont il n'y a pas de mesure, qui se trouveraient dans ces univers si on les avait complètement réduits en poudre, ce nombre, je le prends comme l'image de celui des Kalpas écoulés [depuis ce Buddha].

5. Ainsi sont incommensurables les nombreux kôtis de Kalpas écoulés depuis que ce Sugata est entré dans le Nù'vâna complet; les atomes de poussière [dont j'ai parlé] réimis tous n'en donnent qu'une idée incomplète ; les Kalpas passés depuis cette époque ne sont pas moins nombreux.

6. Le Guide [du monde] parvenu au Nirvana depuis si longtemps, ses Crâva-

kas, ainsi que ses Bôdhisattvas , je me les rappelle tous comme si c'était aujour- f- 87 a. d'hui ou demain, tant est grande la science des Tathâgatas.

7. Telle est en effet, ô Religieux, la science duTatliâgata dont le savoir est infini; oui, je sais ce qui s'est passé depuis plusieurs centaines de Kalpas, au moyen de ma mémoii^e subtile et parfaite.

La durée de l'existence de ce bienheureux Tathâgata Mahâbhidjîiâdjiiânâbhibhii, vénérable, etc., fut, ô Religieux, de cinquante-quatre fois cent mille myriades de kôtis de Kalpas. Ce bienheureux Tathâgata, avant d'être Buddha parfait, étant entré dans l'intime et suprême essence de l'état de Bôdhi, pour parvenir à l'état suprême de Buddha parfaitement accompli, brisa et vainquit toutes les troupes de Mâra. Et après les avoir vaincues et brisées,

il pensa qu'il allait atteindre à l'état suprême de Buddha parfaitement accompli. Cependant les lois de cet état ne lui apparaissaient pas encore face à face. Il resta donc pendant un moyen Kalpa auprès de l'arbre Bôdhi, dans la pure essence de l'état de Bôdhi; il passa encore un second moyen Kalpa dans cette situation ; et cependant il ne parvint pas à l'état suprême de Buddha parfaitement accompli. Il passa ainsi un troisième, un quatrième, un cinquième, un sixième, un septième, un huitième, un neuvième, un dixième moyen Kalpa auprès de l'arbre Bôdhi , dans la pure essence de l'état de Bôdhi, gardant pendant tout ce temps la même posture, c'est-à-dire f- 87 b. les jambes croisées, sans se lever une seule fois dans l'un de ces intervalles, conservant sa pensée comme son corps dans une complète immobilité. Et cependant les lois de l'état de Buddha ne lui apparaissaient pas encore face à face.

Or, ô Religieux, pendant qu'il était ainsi entré dans la pure essence de l'état de Bôdhi, les Dêvas Trâyastrimças lui préparèrent un grand trône, haut de cent mille Yôdjanas, sur lequel le Bienheureux ne fut pas plutôt assis qu'il parvint à l'état suprême de Buddha parfaitement accompli. A peine le Bienheureux fut-il entré dans la pure essence de l'état de Bôdhi, que les fils des Dêvas nommés Brahmakâyikas firent tomber une pluie divine de fleurs dans une étendue de cent Yôdjanas autour du siège sur lequel il était assis. Ils firent en même temps souffler dans fair des vents qui enlevaient celles de ces fleurs c|ui étaient fanées. La pluie de fleurs qui tombait sur le Bienheureux parvenu à la pure essence de fétat de Bôdhi , ils la firent tomber sans aucune interruption; ils l'en couvrirent ainsi pendant dix moyens Kalpas complets, et la répandirent sur lui jusqu'à ce que vint le moment où il entra f. 88 a. dans le Nirvana complet. Les fils des Dêvas nommés Tchâturmahârâdjakâyikas firent résonner les timbales divines, les frappant sans interruption en l'honneur du Bienheureux qui était entré dans l'intime et suprême essence de fétat de Bôdhi. Pendant dix moyens Kalpas complets, ils firent retentir sans cesse et ensemble des instruments divins au-dessus de la tête du Bienheureux , jusqu'à ce que vint le moment où il entra dans le grand Nirvana.

Ensuite, ô Religieux, le bienheureux Tathâgata Mahâbhidjnâdjnânâbhibhû, vénérable, etc. , parvint au bout de dix moyens Kalpas à l'état suprême de Buddha parfaitement accompli. Aussitôt que les seize fils légitimes qu'il avait eus pendant qu'il était Kumâra , et dont faîné se nommait Djnânâkara ,

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