LA. POSITION COMMODE
Ensuite Mandjuçrî Kumâra paria ainsi à Bhagavat : C'est une chose difficile, ô Bhagavat, c'est une chose extrêmement difficile que l'efïbrt que ces Bôdhisattvas Mahâsattvas auront à faire à la fin des temps , dans la dernière période, par suite de leur respect pour Bhagavat; comment ces Bôdhisattvas, ô Bhagavat, pourront-ils expliquer, à la fin des temps, dans la dernière période, cette exposition de la loi? Cela dit, Bhagavat répondit ainsi à Mandjuçrî Kumâra: C'est, ô Mandjuçrî ^ à un Bôdhisattva Mahâsattva fermement établi dans les quatre lois, qu'il appartient d'expliquer à la fin des f. i48 L. temps, dans la dernière période, cette exposition de la loi. Et quelles sont ces quatre lois? C'est, ô Maiïdjuçrî , à un Bôdhisattva Mahâsattva, ferme dans ses pratiques et dans la sphère de son activité, qu'il appartient d'expliquer, à la fin des temps, dans la dernière période, cette exposition de la loi. Et comment, ô Mandjuçrî, un Bôdhisattva Mahâsattva est-il ferme dans ses pratiques et dans la sphère de son activité? C'est, ô Maiïdjuçrî, quand un Bôdhisattva Mahâsattva est patient et discipliné, qu'il est arrivé au degré où l'on est discipliné, qu'il est soumis, que son cœur ne connaît ni la colère ni l'envie; quand, enfin, ô Mandjuçrî, il ne pratique aucune loi, quelle qu'elle soit, qu'il comprend ou qu'il contemple tel qu'il est le propre caractère des lois. Or l'action de ne pas rechercher, de ne pas méditer ces lois, c'est là, ô Mandjuçrî, ce qui s'appelle les pratiques d'un Bôdhisattva Mahâsattva. Et quelle est, ô Mandjuçrî, la sphère de l'activité d'un Bôdhisattva Mahâsattva? C'est, ô Maiïdjuçrî, quand un Bôdhisattva Mahâsattva ne recherche ni un roi, ni un fils de roi, ni le grand ministre d'un roi , ni les serviteurs d'un roi ; quand il ne leur rend ni devoirs ni hommages, et quand il ne va pas auprès d'eux; quand il ne recherche pas les hommes d'une autre secte, les ascètes, les mendiants errants, ceux
qui vivent d'aumônes, ceux qui vont nus, ceux dont l'esprit est exclusivement occupé de la lecture d'ouvrages poétiques, et quand il ne leur rend ni
f. 3/t9 a. devoirs ni hommages; quand il ne recherche pas les Lôkâyatikas qui lisent les Tantras de leur secte , qu'il ne les honore pas , qu'il n'entretient aucun commerce avec eux ; quand il ne va pas voir les Tchandâlas , les bateleurs , ceux qui vendent des porcs, ceux qui font commerce de poules, les chasseurs d'antilopes, ceux qui vendent de la viande, les acteurs et les danseurs, les musiciens et les lutteurs, et qu'il ne se rend pas dans les lieux où d'autres vont satisfaire leurs sens ; quand il n'entretient aucun commerce avec ces diverses espèces de gens , à moins que ce ne soit pour exposer, de temps à autre , la loi à ceux qui s'approchent de lui , et cela , sans même s'arrêter ; quand il ne recherche ni les Religieux ni les fidèles des deux sexes qui sont entrés dans le véhicule des Çrâvakas, qu'il ne leur rend ni devoirs ni hommages, qu'il n'entretient aucun commerce avec eux, qu'il n'a pas avec eux d'objets communs de conversation dans une promenade, ou dans un Vihâra , à moins que ce ne soit pour exposer, de temps à autre , la loi à ceux qui s'approchent de lui, et cela, sans même s'arrêter : c'est là, ô Mandjuçrî, la sphère d'activité d'un Bôdhisattva Maliâsattva.
Encore autre chose , ô Maiidjuçrî ; un Bôdhisattva Mahâsattva ne va , par un motif quelconque d'attachement, enseigner constamment la loi à des femmes, et il ne désire pas sans cesse voir des femmes; il ne recherche pas les familles; il ne songe pas sans cesse à enseigner la loi à une fille, à une jeune femme, à une matrone, ni à causer de la joie à de telles per-
f. i/i9 h. sonnes; il n'enseigne pas la loi à un hermaphrodite, il n'entretient aucun commerce avec lui, et ne cherche pas à lui causer de la joie. Il n'entre pas seul dans une maison pour y recevoir l aumône, à moins qu'il n'y aille en rappelant à son esprit le souvenir du Tathâgata. S'il enseigne la loi à une femme, ce n'est pas par passion pour la loi même qu'il l'enseigne; à plus forte raison ne doit-il pas fenseigner par passion pour la femme ellemême. Il ne montre pas même une rangée de ses dents, à plus forte raison une vive émotion sur son visage ; il n'adresse la parole ni à un novice, ni à une novice, ni à un Religieux, ni à une Religieuse, ni à un jeune homme, ni à une jeune fille; il n'entretient aucun commerce avec eux; il ne recherche pas avec empressement le repos complet; il ne se repose même pas; enfin, il ne se livre pas continuellement au repos. C'est là ce