‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 164 sur 286 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

pensé que par bhava sarhyôdjana il fallait entendre « ce qui concourt, ce qui sert à Texis^ « tence mortelle de l'homme , » de sorte que je penchais vers cette traduction : « qui avaient

• épuisé com^plétement les éléments composants de l'existence. La version tibétaine paraissait en effet donner exactement. cette interprétation: srid'par kan-tu svjôr-ba yongs-'suzad-pa. Mais en comparant le texte du Mahâparinibbâna satta en pâli avec la traduction qu'en a donnée Turnour, j'ai reconnu qu'il traduisait les mots parihkhina bhava saffijôdjana par une phrase qui paraît empruntée à un commentaire : « ayant surmonté tout «désir de régénération par la transmigration ^. » La version littérale que je proposais n'est pas fort éloignée de celle de Turnour; cependant les mots « ce qui concourt à l'exis- « tence,» donnent une idée inexacte du terme de samyôdjana, qui, selon Turnour, exprime ce désir par lequel l'homme, convaincu de la nécessité de la transmigration, s'unit, c'est-k-dire s'attache par la pensée à Une existence future qu'il espère meilleure que celle qu'il va quitter. Cette expression diffîcile de A' 2va sarhyôdjana est certainement du même ordre que celle de djivita safhshâra, dont je me suis occupé ailleurs 2. Il est évident pour moi , aujourd'hui , que djivita sarhshâra signifie « la conception de la vie , c'est-à-dire «l'idée de la vie, » samsMra étant pris ici dans son sens philosophique de c ncept^. Le Mahâparinibbâna sutta vient ici encore à notre secours. Quand Çâkyamuni se décide à quitter le monde avec la pensée de ne plus renaître, sa résolution est exprimée dans le texte par cette expression technique âyusafhkJiâram ôssadjdji, ce que Turnour traduit ainsi : « il renonce à toute connexion avec cette existence transitoire *. = Le composé pâli âyusanikhâï^m est le synonyihe exact du sanscrit djCvita samskâra; ces deux mots signifient l'un et l'autre « l'idée de la vie, une idée de vie, » traduction certainement plus fidèle que celle de Turnour, « toute connexion avec Vexistence, » laquelle conviendrait mieux pour samyôdjana, que nous exapainions au commencement de cette note. Nous reverrons plus bas le composé de bhava samkhâra, employé avec la même signification , dans une stance citée à ï Appendice n° XXI..

Des [cinq] connaissances sarnatar elles.] J'ai traduit suivant la leçon du manuscrit de Londres abhidjiiâbhidjnâta, en attribuant au terme spécial d'abhidjnâ le sens qu'il a dans toutes les écoles bùddhiques. Mais les deux manuscrits de M. Hodgson l'sent abhidjhâtâihidjhâtâih, leçon qui me ranàène à celle du manuscrit de la Société asiatique, abhidjnânâbhidjnânâih.En admettant cette leçon , il faudra traduire « ayant la connaissance évidente

• des notions évidentes. » C'est ce sens que donne à peu près la version tibétaine, d'où j'infère qu'elle a été exécutée d'après un texte où on lisait abhidjnâna et non abhidjnâ. Mais si l'on établissait qiialhidjnâna n'est qu'un synonyme dHàbhidjnâ, on devrait garder la traduction que j'ai adoptée. Au reste , pour comprendre dans son entier le xnotabhidjnâ. « connaissance , » il faut ajouter à l'idée de connaissance celle de pouvoir et de faculté. Les cinq dbhidjnâs sont

' Turnour, Examin, ofpâli Baddhist. annals, dans ^ Introd. à Vhist. da Bnddk. *". I, p. 5o3 et suiv.

Joarn. asiat. Soc. of Bengal, t, VII, p. 698. * Mahâparinièhâna sutia, dans Digh. nik, f. 88 b.

* Introduction à l'histoire du Buddkisme indien, 1. 1, lumouryExamin. of pâli Baddhist. annah,daxi5JoHm. p. 79, note 2. asiat. Soc. ofBengal, t. VII, p. 1001 et 100a.

énumérées plus bas dans notre Lotus même ^ : ce soàtla vue divine, l'ouïe divine, la connaissance des pensées d' autrui, le souvenir de leurs existences antérieures, etiin pouvoir surnaturel; je renvoie, pour plus de déveioppenaent, à la. note relative à ce passage du chapitre V, Appendice n° XIV.

Grands Çrâvakas.] J'ai cru devoir conserver le titré original de Çrâvaka en le faisant suivre, une fois pour toutes, de sa traduction (Auditeur), parce que ce titre désigne une classe entière de personnes qui joue un rôle important dans les textes buddhiques. C'est le titre général de tous ceux qui écoutent d'ordinaire les enseignements du Buddha ^ quelques progrès qu'ils aient faits d'ailleurs. Pris au propre, le mot Çrâvaha n'a pas d'autre sens ; et quand les textes du Népal réunissent ce titre à ceux de Pratyêkabuddha et de Bôdhisaltva, ils entendent sans doute, d'uiïe manière générale, tous ceux qui sont les andifeurs d'un Buddba, c'est-à-dire les Bhikchas ou Religieux, y coinpris les divers ordres dans lesquels on les divise. Mais lorsqu'il s'agit de-distinguér ces divers ordres entre eux, le mot de Çrâvakd reçoit une signification spéciale , et il désigne alors le degré "inférieur de l'échelle au sommet de laquelle est placé l'Arbat. Il est donc nécessaire pour détenminer exactement la valeur de ce terme, d'examiner avec attention l'ensemble et les détails des textes où il se présente. Quand on voit dans lé Lofas de h bonne loi cette énumération si souvent répétée, « les Çrâvakas, les Pratyékabuddhas etles Bôdhisattvas , » il est bien évident que ces Çrâvakas doivent comprendre les Religieux qui sont parvenus au rang d'Arhat. En effet, comme on ne peut être Arhat sans avoir été Çrâvaka, et que l'Arhat est inférieur au Pratyêkabuddha, il faut pour arriver au titre de Pratyêkabuddha passer par le degré de Çrâvaka; d'où il résulte que ce dernier renferme YArhat, comme le terme général renferme le particulier^,

Adjnâtakâundinya, etc.l Les noms de ces Religieux sont célèbres, et on les voit se représenter fréquemment dans les légendes. Us ont été réunis dans la Section xxi'' àxaVocabulaire pentaglotte, où ils sont joints à d'autres noms, cités également par les légendes, mais qui dans ce Vocabulaire ne sont pas toujours exactement transcrits. Dans le jpremier nom, Aà.jnâtakdundinya, le mot âdjnâta est rendu chez les Tibétains par kùn-ches (omniscius) , et le reste du nom est simplement transcrit. Cela prouve que le participe âdjnâta doit être pris dans un sens actif, sens que je ne lui connais pas dans le sanscrit classique. Mais d'un autre côté, «d/nata. ne pourrait-il pas être une sorte d'altération populaire du sanscrit âdjnâtrï, comme djéia l'est de djétri, « vainqueur? » Ce nom çst celui qu'on trouve transcrit dans une note du Foe kone ki, de cette manière, Ajô kiao tckinja^ où, suivant les autorités chinoises, ajô est un surnom qui. signifie sachant^ ^Tai expliqué ailleurs les noms suivants, savoir celui d^Açvadjit, de Vâchpa, de Mahânâman, de Bhadrika'^, de Ma-

' Ci-dessous, ch. v, f. 76 a, p. 83, fin. à thistoire du Baddhisme tWien, tome I, page i56,

- Voyez encore Introd. à l'hisLdu Baddk. incUen,. note 2. 1. 1, p. 296 et suiv. * fntrad. à rkist. da Baddk. t. I, p. i56, note 2 ,

' A. Rémiisat, Foç Aoae^i, pag. 3io; /nïredajrffoB p, 1 67, p. 1 58, noie 3, et p. 627.

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