CHAPITRE PREMIER
divers personnages sont, positivement énumérés ci-dessous, f. bb, et c'est également la défiuition que les Buddhi.stes du Sud donnent des quatre AsseniWées, d'après YAbhiclhdna ppadîpikâ^ i Ceiie constitiition des Assemblées religieuses est certainement fort ancienne, car elle <ïst déjà mentionnée dans la missive du roi Piyadasi que j'examinerai ailleurs. Le monarque buddhiste invite les Bhihkhus et les Bhihkhunis, ainsi que les L pdmkaa el les Upâsikâs, à écouter et à conserver les expositions de la loi; le nom des Bhikkhus fBhikchus) est ou altéré dans l'inscription, ou mal rendu dans le fac-similé ; niais il n'y a aucun doute possible sur les premiers mots de la huitième ligne "Iri'lrè LOdrlFcT LGçC"Fcr hévaihhéva iipâsakdtchâ updsikâlchâ, « de même aussi les fidèles et les femmes fidèles'^. ..
Ebranlée de six manières dijf ér entes. IVàen n'est plus commun dans les grands Sùlras f. /i b. du Nord que ces descriptions de tremblements de terre fabuleux; on en peut voir des e.\emples dans le Lalita visiara^. Du reste, les mots qui expriment les six manières dont la terre est ébranlée, ne sont pas faciles à traduire avec toute la précision désirable. Ce sont trois verbes exprimant le mouvement et l'agitation à des degrés divers, qui sont différenciés par l'addition d'un ou de deux préfixes dont la nuance propre n'est pas bien définie. Ainsi tchalita e,xprime le tremblement d'un corps qui va tomber, et, avec l'addition des suffixes sam-pra, il peut signifier que ce tremblement agite d'une manière complète la totalité du corps et le pousse en avant. Le mot vêdhita peut avoir, en tant qu'il vient de vyadk, la signification de frappé, et exprimer le mouvement d'un corps qui est ébranlé et qui se meut sous les coups qu'il reçoit; l'addition des suffixes sam-pra ajoute sans dotite à cette idée, celle d'intensité et d'universalité. Enfin kchuhhita exprime l'agitation d'un corps qui monte et descend, le bondissement. ^a.r exemple le mouvement des eaux do la mer, et les suffixes sam-pra ajoutent sans doute encore ici l'idée d'intensité que j'ai indiquée tout à l'heure. Après ces explications, on doit voir que je ne donne ma traduction que comme une interpréta.tion approximative. On trouvera dans le Foe koue ki une note détaillée de Klaproth sur les huit causes des tremblements de terre, selon les Buddhistes*. J'ai déjà remarqué que les détails renfermés dans la note de Klaproth ont une grande analogie avec une description analogue empruntée à un Sâtra. du Nord^.
Mandalins. Baîaichakravartins.] Si ces dénominations ne sont pas tout à fait mythologiques, un commentaire qui eu marquerait exactement la différence, nous donnerait probablement quelques notions sur les divisions politiques de l'Inde à l'époque où elles . avaient cours; malheureusement nous ne possédons encore rien de semblable, et nous sommes réduits à rassembler çk et là les notions éparses dans les textes sur ces noms qui réveillent chez les Buddhistes des idées qui leur sont familières et qu'ils n'ont pas besoin de définir. Quant à présent, on peut dire que les trois titres Mandalins, Balatchakravariins, et Tchatardvipa ichakravartins , expriment une domination de plus en plus éten-
' Abkidh. ppadîp. i. II, cap. v, st 8. ' ïigja tch'er roi pa. t. iJ , p. 69, 337 et 338.
- J. S. Burt, Inscription found near Bkahra, dans * Foe houe nijp. 217 et suiv.
Joum. as'iat Soc. of Bcnyal, t. IX, p. 618. ^ Introd. à l'hist. du Buddk. indien j l. I, p. 81 .
due jusqu'à devenir fabuleuse. Ainsi les Mandalins sont les sou^verains d'un royaume dit mandala; ce sont probablement les rois ordinaires. Les Baîatchakravartins. sont des so\iverains de plusieurs royaumes,. et leur puissance est, à ce qu'il paraît, soutenue par une armée ou une force {bala) qui leur assure la victoire. Enfin les Tckatardvîpa. tchakravartiiis sont des monarques souverains dont la fabuleuse domination s'étend sur les quatre îles dont la réunion forme la terre suivant l'opinion des Buddhistes. Mais il se pourrait aussi que la fable commençât ici avec le nom de Tchahravartin, et que ce titre désignât le moins élevé des souverains Tchakravartins , celui qui né commande qu'à l'un des quatre Dvipas ou îles, et dont un recueil- cité par Âbel Rémusat compte quatre jusque et y compris le Tchaturâvipa tchahravartin^. Il est à peu près certain que le titi'e de Mahâtchakravartin ou grand monarque souverain , n'est qu'un synonyme de celui de Tckatardvîpa tchahravartin. Il semble cependant que l'addition de l'épithète mahâ ne soit pas indispensable pour marquer l'infériorité dès Baîatchakravartins à l'égard des Tchakravartins; car ces derniers passent pour posséder seuls les sept objets précieux qui sont énumérés au commencement du Lalîla vistara^. C'est ce que je crois pouvoir conclure d'un passage du Lotus, ch. XVUI, f. 196 h, que j'ai corrigé dans une note. On trouvera dans le Foe houe ki une note intéressante où Abel Rémusat a rassemblé ce que les textes chinois lui offraient de plus caractéristique touchant le roi Tchahravartin, la puissance qu'il possède, et l'époque à laquelle il paraît au monde^. Remarquons en terminant que le titre de Tchahravartin a été emprunté par les Buddhistes aux Brahmanes qui l'attribuaient à Bharata, ce personnage épique, souverain de toute la terre; mais G. de Humboldt* et Lassen^ ont montré que ce titre, par l'usage qu'en, ont fait les Buddhistes, leur est devenu à peu près exclusivement propre. Ainsi l'idée d'assigner à un Buddha dans l'ordre religieux le rang qu'occupe le roi Tchahravartin dans l'ordre politique, ne pouvait se présenter aux Brahmanes.
Remplis d'éionnement et de satisfaction.] L'expression consacrée dans les textes sanscrits du Nord pour rendre cette idée est âç.lcharyaprâpiâ âudvilyalchiitâh ; le premier mot signifie littéralement «arrivés à l'étonnement; » mais je n'ai pas d'autorité positive pour traduire par satisfaction, plutôt que par curiosité, ou encore par surpiise ou même par trouble, le mot âudvilya, que je ne trouve pas dans Wiison. Il faut probablement rattacher ce dérivé au radical vil, « to throw, to cast, » et y voir un substantif abstrait qui devra signifier au propre agitation, trouble. En rapprochant âudvilya de vélâ, on serait tenté de traduire le premier mot par « l'état d'être hors dé sa rive, » ou encore « d'êLre inopinément frappé, " surpris à l'improvisie. » Celte dernière interprétation semblerait être confirmée par le singbalais, où le mot uvale signifie, selon Clough, confased, entangled, perplexed'^. Ce dernier mot semble nous conduire à une forme pâlie qui serait uvila ou ubhila.
' Foe houe ki, p. i3/i. * Lassen , Ind. Alterthamsk. t. I, p. 810, note 2;
' Rgja ich'erroîpa,t. II, p. i/|. et suiv. t. II, p. 76, note 5. La question est, dans les deux
' Foe loue hi, p. i3i et suiv. endroits cités, traitée de main de maître.
■'• lîmr.boidt, Veber (lia Kaw-Sprachc , t. î , p. 27(3. ^ S'mghal Diction, t. II, p. 83.