‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 186 sur 286 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Où il ne reste aucune trace de l'agrégation [des éléments matériels]. J'ai essayé ailleurs d'expliquer cette expression difficile^; je n'ai pas trouvé depuis de textes faits pour modifier nia première interprétation. Je citerai seulement ici deux nouveaux passages empruntés aux textes pâlis des Buddhistes de Ceylan , qui prouvent que cette expression ne leur est pas moins familière qu'aux Buddhistes du Nord. Dans un des Sattas du Digha nikâya on lit : Yahtcha ratlim atîUpâdisésâya nibbânadhdiujâ parinibbâyati. « Et la nuit " où il entre complètement dans l'élément du Nibbâna [Nirvana], où il iie reste rien de " l'agrégation 2. » Dans le Tkûpa vamsa cette expression est appliquée au dernier Buddha , et le passage où elle se trouve offre comme un résumé de sa mission en tant que Buddha : Sô Dîpamkarâdinain ichatuvîsatiyd Baddhânarh santikê laddhavydkaranô samatifhsapâramiyô pûrétvâ paramâhhisanibhôdhim patvd dhammatchakkappavattanalô palfhdya ydvo sabhaddapuribbâdjakavinayanâ sabbabuddhakitchichâni nillhapêtvâ anupddisésàya nibbâîiadhâtayâ parinibbulô. « Ayant entendu la prédiction [qu'il serait un Buddha], de la bouche des vingt- « quatre Buddhas dont Dîpamkara est le premier, après avoir entièrement accompli les a trente perfections, ayant obtenu complètement Ja science suprême de la Bôdhi, après « avoir rempli tous les devoirs d'un Buddha, depuis le moment où il fit tourner la roue « de la loi, jusques et y compris îa conversion du mendiant Subhadda, il entra compîé- « tement dans l'élément du Nibbâna où il ne reste rien de l'agrégation^.» Le Subhadda (Subhadra), cité ici, est la dernière personne que Çàkvamuni ait convertie à sa doctrine, selon les légendes du Nord, et en particulier le Divya avaddna'^, comme aussi selon celles du Sud ^

Qui attachait un prix extrême au gain.] L'expression dont se sert ici le texte est adhimd- f. ilt b. tram lâbhagurukô 'bhdt satkdragurukah. Le mot gara, « pesant, grave, » par une translation de sens facile à compcendre, donne naissance à un grand nombre de dérivés qui expriment des idées de respect et de considération. C'est ainsi que le sanscrit gûurava, « gravité, " poids, respectabilité , » signifie, dans les diaiecies prâkrits, le sentiment qu'on éprouve pour quelque chose de grave , c'est-à-dire le respect. J'ai retrouvé ce sens dans un des édits de Piyadasi, comme on le verra au n° X de {'Appendice.

Réjouis du principe de vertu qui était en lui.] Je reconnais maintenant que j'ai mal divisé les termes dont se compose cette phrase ainsi conçue : H H i W '^ jWcn^^ïT <à^é^î\ Ftf^urfn\nKi^<i\Un î(i^(i7ini-«4Ho(H ; elle doit se traduire littéralement ainsi : « par lui , cepen- « dant, en suite de ce principe de vertu, plusieurs centaines de mille de myriades de « Kôtis de Buddhas avaient été réjouis. ■> On s'étonnera peut-être de trouver quelque chose à louer, ou, comme disent les Buddhistes, une racine de vertu, dans le caractère de ce Bôdhisattva, qui était vaniteux et indolent. Mais la vanité de Yaçaskâma 'Lcvit une sorte d'hommage rendu au savoir et au caractère d'un Bôdhisattva respectable ; c'est d'aiiieurs

' Inirod. à l'hist. du Baddh. indien, t. !, p. 58q ' Thùpa vamsa , foi. 2 a.

^^ smv. > Divya avadâna, f. 99 b, man. Sec. asiaî.

^ Mahâpurinibbâna suUa, clans Digk. nik, f. gS b. - Turnour, Mahâwanso, p. u , L 6.

un principe qui revient à chaque instant dans les Sûtras simples ou développés, qu'un fonds de vertu, quelque faible qu^il soit, quelque mêlé qu'il soit de vices * n'en produit pas moins les fruits qui y sont attachés, dans le tenaps et selon la mesure fixée pour ces fruits. J'ai cité ailleurs un Sûtra où est exposée cette doctrine en ce qui touche les actions complètement bonnes, complètement mauvaises, et mélangées de bon et de mauvais ^; je reviendrai sur ce passage dans une note relative à la stance 92 de ce chapitre. Toutefois je dirai en attendant, que l'expression serait mieux d'accord avec l'idée, si au lieu de têna kaçalamûlêna, on lisait tênâkuçalamûléna, car on traduirait, « par lui, malgré «cette racine de vice;» cette correction serait confirmée par ce que je dirai tout à l'heure sur la stance 92.

f. i5 a. Dans cette circonstance.] Au lieu de ces mots, lisez « dans cette occasion, » Je ne me suis

aperru qu'au fol. 63 6 de la mauvaise consonnance que produit la rencontre de ce mot avec le terme de stance qui le suit immédiatement. Cette faute se trouve donc eiicore chap. H, fol, 19 l; fol. 21 h; fol. .23 a; fol. 28 a; ch. m, fol."36 &; fol. 4o a; fol. 4.1 a; fol. ^Q a, où elle doit être corrigée.

St. 57. Un Kalpa incùncevahle.] Lisez, « à l'époque d'un Kalpa inconcevable. » En eflfet, le mot kalpê est au locatif dans le texte.

St. 58. Le Guide des créatures.] La leçon pradjâya, que donnent les deux manuscrits de M. fïodgson , au lieu de pradjâna du manuscrit de la Société asiatique , m'a lait revenir sur ce vers et remarquer que le titre de Nâyaka. « le Guide, » est, dans le style du Saddharma pundarika, une expression absolue, rarement suivie d'un déterminatif. On peut donc traduire ici , et probablement cette version est la meilleure : « Le Guide en- « seignait la loi aux créatures, n Dans ce sens., pradjâna serait la forme altérée du génitif pluriel de pradjâ, employée avec le sens du datif; et pradjâya ser^ïX le génitif où le datif singulier, à forme pâlie, du même mot employé collectivement, «la créature, » pour dire les créatures.

f. 16 a. St. 67. Ces. êtres qui existent par eax-mémes.] Je traduis ainsi le terme de svayamhhu-

vak , que nous trouvons fréquemment donné aux Buddhas dans les livres sanscrits du Népal. Il importe de ne pas confondre ce terme, qui est une épithète, avec le nom de 5i'ayarhbku qui joue , conmie on sait , un autre rôle dans la mythologie brahmanique. Je suppose que cette épithète exprime, pour les Buddhistes, le caractère d'indépendance d'un Buddha, qui, au moment où il est arrivé à reconnaître le vide de toutes les lois et de toutes les conditions, n'a plus d'autre soutien et d'autre raison de son existence que luimême. Cette épithète est également employée par les textes pâlis de Ceylan , et je la trouve dans la préface du commentaire pâli de Mahânâma sur le Mahâvamsa , dans un passage consacré à l'énumération des perfections du Buddha et à l'explication de ses noms

' Introd. à l'hist.da Buddh, indien, 1. 1, p. 274.

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