CHAPITRE V
Ddt-on exister.] J'ai traduit d'après le manuscrit de la Société éisiatique qui lit bhâvyamânâïh., forme incorrecte à laquelle je donnais le sens d'un futur de Vhû; mais les deux manuscrits de M. Hodgson ont une bien meilleure leçon, celle de lihâchyamânâili. Il est évident que le sr du premier manuscrit est une faute dé copiste pour cr, ces deux groupes pouvant aisément se confondre dans l'écriture du Népal. Il faut donc traduire, <! dût-on parler. »
Il les dépose de manière que ces lois arrivent au rang.] Cette expression n'est pas claire, mais l'obscurité vient du système de littéralité que je me suis fait un devoir de suivre. Que veut dire le texte .^ C'est que l'enseignement d'un Buddba est homogène, comme l'eau qui tombe d'un nuage, quelles que soient les plantes sur lesquelles elle tombe, et que partout cet enseignement atteint à son but. Quel est le but? C'est de sauver les êtres et de les faire parvenir un jour à l'état de Buddha, ce que le texte exprime par les mots «le rang « qu'occupe celui qui a l'omniscience. » Et quand il dit que lej lois sont déposées par lui de manière à parvenir à ce rang sublime , cela revient à ceci : l'enseignement que le Tathâgata donne des lois ne manque pas son but; ceux qui les entendent et les comprennent, en tirent, selon leurs facultés, le plus grand bien qu'elles puissent obtenir, y compris même la plus j^aut? des récompenses, celle de l'omniscience ou de l'état de Buddba.
Passé à Vautre rive, j'y fais passer les autres.] Nous avons ici une des formules les plus fréquemment répétées chez les, auteurs buddhistes pour exprimer la mission libératrice d'un Buddha. Je dis formule, car ce passage de notre Lotus se trouve presque mot paur mot dans les livres pâlis des Buddhistes du Sud. J'en vais citer un seul trait qui est parfaitement concluant : Ahafitchamhi tinnô lôkôtcha atinnô ahahichanihi muttô lôkôtcha amuiiô ahafitchamhi dantô lôkôtcha adantô ahantchamhi santô lôkôtcha asaniô àhantcharnhi assatthô lôkôtcha anassatthô ahantchamhi parinibhutô lôkôtcha aparinibhatô pahômitchâham tinnô târêtam muttô môichêtum dantô damétum santô samêinfh assatthô- assâsêtafh parinibhutô parinibhâpétanii passantânaih Buddhânam Bkagavantânam satiêsu mahâkaranâ ôkkamati. « Et moi je suis passé à l'autre rive, et le monde n'y est p'as passé; et moi je suis «délivré, et le monde n'est pas délivré; et moi je suis dompté, et le monde n'est pas « dompté; et moi je suis calme, et le monde n'est pas calme; et moi je suis consolé, et le « monde n'est pas consolé ; et. moi je suis arrivé auNibbâna (Nirvana) complet, et le monde « n'y est pas arrivé. Et je puis, arrivé à l'autre rive, y faire arriver [le monde] ; délivré, le