CHAPITRES XV ET XVL
A l'intime et suprême essence de l'état de Bôdhi.] Lisez, « au trône éminent de la Bôdhi. » f. 169 a.
Les hommes ordinaires-.] Le- texte se sert ici d'une .expression consacrée dans le style f. 170 b. buddhique, celle de pfithag^ana, littéralement « homme à part, « houMue séparé de ceux qui sont sur la voie de parvenir aux perfections les. plus éleVées. J'ai rassemblé dans YAppendicç, n" XIX, divers textes qui prouvent que cette dénomination est aussi familière aux BuddhisteS' du Sud qu'à ceux du Nord.
D'autres Bôdhisattvas , en nomlre égal à celai des atomes d'un univers.] Les deux manu- f. iy5 6 scrits de M. Kodgson lisent ainsi : « en nombre égal à celui des atomes d'un univers formé « d'un grand millier de deux mille mondes. »
St. 4- Sont arrivés à.] Lisez, « sont partis pour. " f. 177 è.
Ont fait prenva de confiance.] Lisez, « ont fait preuve de pénétration. » Cette correction f. 178 6 s'applique également à la fin du fol. 1 78 6.
Et grave bien dans ton esprit] L'expression donl se sert ici le texte est sâdhutcka sachthutcha manasikara; yen ai forcé un peu le sens pour ne rien omettre des mots sâdhutcha suchthuicha; car employé seul, le verbe compo'sé manasikrî signifie seulement « penser. » M. L J. Schmidt traduisant d'après la version tibétaine le Vadjra tchtchhédika des Tibétains, rend cette expression même de la manière suivante : « garde convenablement dans ta mé- « moire ce que tu auras entendu'. > Il est à peine besoin d'avertir que du verbe composé manasikrî on forme le substantif manasikâra, « acte de pensée , pensée. » Le verbe et le substantif sont aussi familiers aux Buddhistes du Sud qu'à ceux du Nord. Je les trouve l'un et l'autre employés et parfaitement expliqués dans le passage suivant du Nidâna vagga pâli : Sâdhukani manasikarôthâti manasikârô dalhakammani jôdjanêna manindrijavikkképanîvâranam. k Fixez bien dans votre esprit [dit le texte] : le mot manasikâra est pris dans le « sens de rendre ferme (affermir) ; c'est l'action d'empêcher par l'application le dérange- « ment de l'organe de l'esprit^. »
' Ueber dos Mahayâna, dans Mém. de l'Acad. des * Plidâna vagga j f. 3 6; conf. Clougb, Singhal.
sciences de S. Pétersbonrg, t. IV, p. 187. Diction, t. Il, p. 5i5.
f. 179 b. St. 20. Des lieux de promenade.] On sait par les descriptions que plusieurs auteurs ont
données des Vihâras, qu'un lieu de promenade est attaché à ces édifices. C'est là un souvenir et une imitation de la promenade philosophique à laquelle se livra Çâkyamuni , auprès de l'arbre Bôdhi, lorsqu'il parvint à l'état suprême de Buddha parfait^. Ce lieu de promenade se nomme tchagkrama sthâna, et plus ordinairement, fcJia^ftramana. On comprend que les Buddhistes du Sud connaissent également ce terme et l'emploient de même dans les légendes de la vie de Çâkya. Ainsi Turnour traduisant un passage de la glose de Buddhaghôsa sur le Digha nikâya, en donne cette interprétation : « il descendait de la salie « où l'on se promène en méditant, » peripatetic hall of méditation^. On retrouve ce même terme dans un autre passage de la même glose que M. Turnour traduit ainsi : « Ayant fait « produire un tchankaman (un lieu de promenade), il passa sept jours à se promener de " long en large sur ce long Ratana tchankaman, lieu de promenade fait de pierres pré- • cieuses ^. » C'est ce dernier lieu de promenade sur lequel Çâkyamuni médita avant de devenir Buddha, et dont il est parlé dans le Lalita visiara. Il est particulièrement célèbre chez les Buddhistes de toutes les écoles , comme l'un des sept endroits dans chacun desquels Çâkyamuni passa sept jours en contemplation. Les Barmans, dans leur prononciation altérée, le nonunent Yatana zengyan, pour Batna tchagkrama'^. C'est en eEFet une particularité de la prononciation barmane, que la consonne r, surtout initiale et médiale, soit remplacée par un j. M. Latter a signalé ce fait dans sa grammaire barmane^; mais les limites dans lesquelles il convient de le restreindre ne sont pas encore déterminées avec précision. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il constitue un des traits distinctifs de la langue des Myanma comparée au dialecte des Rdkaing ou Arracanais. Chez ces derniers la prononciation du F est aussi recherchée que celle du y chez leurs voisins; et de plus, un y même primitif se change en r, comme on le voit dans le nom même de Rakaing, que l'on dérive avec bea'ucoup de vraisemblance du pâli Yakkha, pour \e sanscrit Yakcha^.
f. 180 a. St. d)k. Assis au sein de l'intime essence de l'état de Bôdhi.] hisez, « assis sur le trône de
« la Bôdhi. » Cette correction s'applique également à la stance 35.
Entré dans la pure essence de l'état de Bôdhi. ] Lisez , « parti pour le trône de la Bôdhi. a
' Rgya Ich er roi pa, t. II, p. 36/i. Burmesc language discovered at Buddha Goya, dans
^ Examin. of Pâli Buddh. Ann. dans Jourii. asiat Asiat. Res. t. XX, p. iiB6.
Soc. of Bengal, t. VI, p. 617. ^ Gramm. ofthe lang. ofBarmak, p. 12.
' îd. ibid. t. VII, p. 81 4. ' Phayre, Hist. ofArakan, dans Jauni, asiat. Soc.
* H. Burney, Translation of an Inscription in ihe ofBengal, t. XII, p. 24 et 25.