‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 24 sur 286 · CHAPITRE lîl · texte numérisé non relu

CHAPITRE lîl

cette même pensée : « En nous introduisant dans le domaine des lois sem- « blables [ à nous ] , Bhagavat nous a fait sortir à l'aide d'un véhicule misé- « rable, » Aussi, ô Bhagavat, cette pensée se présente-t-elle alors à moi : c'est sans doute notre faute, la faute n'en est pas à Bhagavat. Pourquoi cela? C'est que si Bhagavat était l'objet de notre attention, quand il expose l'enseignement le plus élevé de la loi, c'est-à-dire quand il commence à parler de l'état suprême de Buddha parfaitement accompli , nous serions introduits dans les lois mêmes [qu'il enseigne]. Mais, ô Bhagavat, parce que, sans comprendre le langage énigmatique de Bhagavat, nous avons, pleins d'empressement, et quand les Bôdliisattvas n'étaient pas rassemblés [autour de Bhagavat] , enteudu la première exposition de la loi du Tathâgata qui ait . été faite; parce que nous l'avons recueillie, comprise, conçue, méditée, examinée, fixée dans notre esprit, je ne cesse, à cause de cela, dépasser les jourç et les nuits à m'en adresser des reproches. [Mais] aujourd'hui, ô Bhagavat, j'ai acquis le Nirvana; aujourd'hui, ô Bhagavat, je suis devenu calme; aujourd'hui, ô Bhagavat, je suis en possession du Nirvana complet; aujourd'hui, ô Bhagavat, j'ai acquis l'état d'Arhat; aujourd'hui, je suis le fils aîné de Bhagavat, son fils chéri, né de sa bouche, né de la loi, transformé f. '/.G L par la loi, héritier de la loi, perfectionné par la loi. Je suis débarrassé de tout chagrin, maintenant que j'ai entendu de la bouche de Bhagavat le son de cette loi merveilleuse que je n'avais pas entendue auparavant.

Ensuite le respectable Çâriputtra adressa dans cette circonstance les stances suivantes à Bhagavat :

1. Je suis frappé d'étonnement, ô grand Chef, je suis rempli de satisfaction, depuis que j'ai entendu ce discours ; il ne reste plus en moi aucune espèce d'incertitude : je suis mûri en ce monde pour le suprême véhicule.

2. La voix des Sugatas est merveilleuse; elle dissipe l'incertitude et le chagrin des créatures ; et pour moi , qui suis exempt de toute faute , ma peine tout entière a. disparu depuis que j'ai entendu cette voix.

3. Quand je reste, en effet, assis pendant ïe jour,' ou que je parcours les forêts immenses , les ermitages et les troncs des arbres , recherchant même les cavernes des montagnes, je suis exclusivement occupé des réflexions suivantes.

4. Héîas! je suis égaré par les pensées pécheresses, au milieu des lois sembjabies [à moi ], exemptes d'imperfections, puisque certainement je n'exposerai pas au temps à venir la loi excellente, dans la réunion des trois mondes.

5. Les trente-deux signes [de beauté] n'existent pas pour moi, non plus qiie les perfections telles que celle d'avoir la couleur et l'éclat de l'or. Les énergies et les aiFranchissements ont aussi entièrement disparu pour moi. Hélas! je suis égaré dans les lois semblables [à moi].

6. Et les signes secondaires [de beauté] qui distinguent les grands solitaires, 1 -^7 ". signes qui sont au nombre de quatre-vingts, qui sont supérieurs, distingués, et

les lois homogènes , au nombre de dix -huit , tout cela a disparu pour moi. Hélas ! jo suis trompé!

7. Et après t' avoir vu, ô toi qui es bon et compatissant pour- le monde, assis alors pendant le jour et retiré à l'écart, «Hélas! pensé-je, je suis abusé parla u science absolue et qui échappe au raisonnement!»

8. Je passe. Seigneur, le jour et la nuit constamment occupé de ces seules pensées; aussi ne te demandé-je, ô Bhagavat, que cette seule chose : Suis-je déchu, ou ne le suis-je pas?

9. C'est ainsi, ô Chef des Djinas, que les nuits et les jours s'çcoulent constamment pour moi au milieu de ces réflexions; et après avoii' vu beaucoup d'autres Bôdhisattvas qui ont été loués par le Guide du monde ,

10. Après avoir entendu cette loi des Buddhas, «Oui, [me dis-je,] ce langage «est énigmatique; le Djina, dans la pure essence de l'état de Bôdhi, enseigne «une science supérieure au raisonnement, subtile et parfaite. »

11. Autrefois j'étais attaché aux doctrines hétérodoxes, j'étais estimé des mendiants et des Tîrthakas; alors le Chef, connaissant mes dispositions, [me] parla du Nirvana pour m'affranchir des fausses doctrines.

12. Après m'être complètement dégagé des opinions des fausses doctrines, et avoir touché aux lois du vide, je reconnais que je suis arrivé au Nirvana; et cependant cela ne s'appelle pas le Nirvana !

13. Mais quand [un homme] devient Buddha , quil devient le premier des êtres, qu'il est honoré par les hommes, les Maruts, les Yalichas et les -Râkchasas, que son corps porte l'empreinte des trente-deux signes [de beauté], c'est alors qu'il est complètement arrivé au Nirvana.

i. 37 b. 1 4. Après avoir renoncé h toutes ces pensées orgueilleuses, et avoir entendu tes

paroles, j'ai atteint aujourd'hui le Nirvana, alors qu'en présence du monde réuni aux Dêvas, lu m'as eu prédit que je parviendrais à félat suprême de Bôdhi.

15. Une grande terreur s'est emparée de moi, au moment où j'ai entendu pour la première i'ois la parole du Chef: «Ne jcrait-ce pas, [me disais-je,] Mâra le méu chant, qui aurait pris sur la lerre le déguisement d'un Buddha?»

i f>. Mais lorsque, démontré par des raisons, par des motifs et par des myriades

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