CHAPITRE XXYJf
Voilà ce que dit Bhagavaf.] Le texte se sert ici d'une formule consacrée à la conclusion des Sûiras simples ou développés : cette formule est la même dans les livres du Sud que dans ceux du Nord. Mais comme le Lotus de la bonne loi est un Sûlra développé, la formule est ici surchargée de l'énumératicn des personnages qui ont assisté à l'enseignement du Buddha, tels que les Tathâgatas, les Bôdhisattvas , les Çrâvakas et autres. Pour en faire appi-écier la rédaction primitive, je l'emprunterai à un Sdtra simple du Divya avadâna, le Çrôna kôiikarna; elle y est conçue en ces termes: Idam avôtchad Bhagavân âttamanasas té hhikchavô Bhagavato bh.ach.itam abhyanandan. « Bhagavat dit cela, et les « Religieux approuvèrent le discours de Bhagavato « La voici maintenant en pàlî, telle que je la trouve à la suite d'un certain nombre de Suttas du Dîgha nikâya : Idam avôtcha Bhagavâ attamanâ tê bhikkkû Bhagavaiô bhâsitam abhinandunti^. Les deux formules sont identiques, sauf la différence du dialecte; le lecteur exercé remarquera de plus qu'elles forment une sorte de gâthâ ou de stance libre, du même genre que celle que j'ai signalée plus haut, en examinant la formule par laquelle les textes expriment que Bhagavat ayant terminé un sujet, passé à l'exposition d'une autre idée^. Mais la stance qui nous occupe en ce moment est encore moins régulière , sous le rapport de ia rnesure. La seconde ligne de la rédaction sanscrite est mieux composée que la ligne correspondante de la rédaction pâlie, l'une produisant wov,-|-v/«-]v — , tandis que l'autre donne v/vw-|-«w<^|v^ — u, ce qui résulte de la leçon ahhinandanii au lieu de abhyanandan; il faudra cependant remarquer que la syllabe ti, pour iti, ne comptant pas dans la formule, le dernier pied revient à w — . Dans ia première ligne, le sanscrit a l'avantage en ce qui touche les trois premiers mots qui donnent cette mesure v»^"-|—-'"-, tandis que le pâli a w«v.-|v,uO-j circonstance que j'ai déjà remarquée sur l'autre formule, laquelle comrnence par les mêmes mots. A la fin de la première ligne, la rédaction sanscrite le cède à la rédaction pâlie, puisqu'elle donne -"""-j — "- au lieu de -"«j-| — ; mais la différence n'est pas en réalité aussi grande qu'elle paraît l'être, les cinq premières syllabes étant accumulées en un seul pied, par suite de cette licence ancienne qui paraît fréquemment dans YAnachtubh épique, et dont Gildemeister a rassemblé de nombreux exemples *.
• Çrôna kôiikarna, dans Divya avad. f. î2 a. Mahâpadhânasulta, {.'jS a; MahânidânasuUa,{.8ib.
- Mahâîi sulia, dans Dîgk. nik. f. 89 b; Djâliva. ' Ci-dessus, chap. vin, fol. 112 a^ p. SgSel SgG.
siatu, ibid. f. ào a; Kcvaddha satla, ibid. f. 58 b; ' Zeitschriftfiir die Kiindedes Mnrgeid.t.Y,p. z&ç.