‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 33 sur 286 · CHAPITRE. III · texte numérisé non relu

CHAPITRE. III

76. On voit aussi d'excellents oreillers, pleins de coton et recouverts d'une soie moelleuse, dont sont ornés ces chars-, on y trouve étendus d'excellents tapis portant des images de gi'ues et de cygnes, et valant des milliers de kôtis.

77. On y voit des bœufs blancs, parés de fleurs, vigoureux, d'une grande taille, de belle apparence, qui sont attelés à ces chars faits de substances précieuses, et qui sont dirigés par un grand nombre de domestiques.

78. Tels sont les beaux, les excellents chars que cet homme donne à tous ses enfants; et ceux-ci contents et le cœur ravi de joie, parcourent, en se jouant avec ces chars, tous les points de l'horizon et de l'espace.

79. De la même manière, ô Çârisuta, moi qui suis le grand Rïchi, je suis le protecteur et le père des créatures ; et ce sont mes enfants que tous ces êtres , qui ,

dans l'enceinte des trois mondes, sont ignorants et enchaînés par la concupiscence. f. bi b

80. Et l'enceinte des trois mondes est, comme cette maison, extrêmement redoutable, troublée de cent maux divers, complètement embrasée de tous côtés par des centaines de misères, comme la naissance, la vieillesse et la maladie.

81. Et moi, qui suis délivré des trois mondes, je me tiens ici dans un lieu solitaire, et je réside dans la forêt; et la réunion des trois mondes est cette demeure qui m'appartient, dans laquelle sont consumés les êtres qui sont mes enfants.

82. Et moi, je leur montre la détresse où ils se trouvent dans le monde, car je connais le moyen de les sauver; mais eux, ils ne m'écoutent pas, parce qu'ils sont tous ignorants, et que leur intelligence est enchaînée par les désirs.

83.' Alors je mets en usage mon habileté dans l'emploi des moyens, et je leur parle de trois véhicules. Et connaissant les nombreuses misères des trois mondes, je leur indique un moyen propre à les en faii'e sortir.

84. Et à ceux de ces enfants qui se sont réfugiés auprès de moi, qui possèdent ies six connaissances surnaturelles et lé grand pouvoir de la triple science, qiii sont, en ce monde, des Pratyêkabuddhas ou qui sont des Bôdhisattvas, incapables de se détourner de leur but,

85. A ces sages qui sont pour moi comme mes enfants, j'expose en ce moment, au moyen d'une excellente parabole, le suprême, l'unique vélùcule du Buddha : Acceptez -le, [leur dis-je,] vous deviendrez tous des Djinas.

86. [Je leur expose] aussi la scieiice des Buddhas, des Meilleurs des hommes, cette science excellente, extrêmement agréable, que rien ne surpasse ici dans le monde entier, dont la forme est noble et qui est digne de respect ;

87. Ainsi que les forces, ies contemplations et les affranchissements, les nombreuses centaines de kôtis de méditations ; c'est là le char excellent avec lequel se f. 53 a divertissent sans cesse les fils de Buddha.

88. Ils passent les nuits, les jours, les quînzaiâes, les mois, les saisons et les années, ils passent des moyens Kalpas et des milliers de kô^is de Kalpas à se divertir avec ce char.

89. C'est là l'excellent char, le char précieux, avec lequel les Bôdhisattvas qui se jouent en ce monde, et les Çrâvakas qui écoutent-ie Sugata , parviennent ici-bas à la pure essence de l'état de Bôdhi

90. Sache-le donc maintenant, ô bienheureux, il n'y a pas en ce monde un second char, dusses-tu chercher dans les xlix points de l'espace, excepté [ces chars que produit] l'emploi des moyens mis en œuvre par les Meilleurs des hommes.

91. Vous êtes mes enfants et je sois votre père, et vous avez été sauvés par moi de la douleur, alors que vous étiez, depuis des milliers de kôtis de Kalpas, consumés par les terreurs el par les maux redoutables des trois mondes.

92. C'est ainsi que je parle ici du Nirvana [en disant] : Quoique vous ne soyez pas encore parvenus au Nirvana complet, vous êtes délivrés maintenant de la misère de la transmigration : le char du Buddha est ce qu'il faut rechercher.

93. Et les Bôdhisattvas, quels qu'ils soient, qui se trouvent ici, écoutent. tous les règles de la conduite du Buddha, qui sont les miennes. Telle est l'habileté dans l'emploi des moyens dont le Djina dispose, habileté à l'aide de laquelle il discipline un grand nombre de Bôdhisattvas.

94. Lorsque les êtres sont attachés ici-bas à de misérables et vils désirs, le f. 53 b. Guide du monde qui ne dit pas .de mensonges, leur explique alors ce que c'est

que la douleur, c'est là la [première] vérité des Aryas.

95. Et à ceux qui, ne connaissant pas la douleur, n'en voient pas la cause par suite de l'ignorance de leur esprit, je leur montre la voie : L'origine de la douleur des passions, [leur dis-je,] c'est la production [de ces passions mêmes].

96. Anéantissez constamment la passion, vous qui ne trouvez nulle part de refuge; c'est là ma troisième vérité, celle de l'anéantissement; c'est par elle et non autrement que l'homme est sauvé; en effet, quand il s'est représenté cette voie, il est complètement affranchi.

97. Et par quoi les êtres sont-ils complètement affranchis, ô Çâriputtra? Ils le sont, parce qu'ils comprennent [la vérité de] l'anéantissement; et cependant ils ne iont pas encore complètement àfifranchis : le Guide [du monde] déclare qu'ils ne sont pas arrivés au Nirvana.

98. Pourquoi n'annoncé-je pas sa délivrance à un homme de cette espèce? C'est qu'il n'a pas atteint à l'excellent et suprême état de Bôdhi. Voici quel est mon désir : je suis né en ce monde, moi qui suis le roi de la loi, pour y rendre [les êtres] heiu-eux.

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