‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 46 sur 286 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

qui sont fermes dans ]a destruction des fautes, [etj qui, parcourant les forêts immenses, montrent aux Bôdhisattvas la loi bien enseignée.

40. Les nombreux Bôdhisattvas, doués de mémoire et de fermeté, qui, s'étant fait ime idée exacte des trois mondes, recherchent l'état suprême de Bôdhi, prennent sans cesse de l'accroissement comme Ifs arbres.

41. Ceux qui possèdent les faculfés surnaturelles et les quatre contemplations,

qui, ayant entendu parler du vide, en éprouvent de la joie, et qui émettent de leurs *■ 7-'^ " corps des milliers de rayons, sont appelés les grands arbres.

42. Cet enseignement de la loi, ô Kâçyapa, est comme l'eau que le nuage laisse tomber [également partout], et par l'action de laquelle les grandes plantes produisent avec abondance des fleurs mortelles.

43. J'explique la loi qui est sa cause à elle-même; j'enseigne, en son temps, l'état de Bodhi qui appartient au Buddlia : c'est là ma suprême habileté dans l'emploi des moyens , c'est celle de tous les Guides du monde.

44. Ce que j'ai dit, cest la vérité suprême; mes Çrâvakas arrivent complètement au Nirvana; ils suivent l'excellente voie qui conduit à fétat de Bôdhi; tous ces Çrâvakas qui m' écoutent deviendront des Buddhas.

Encore un autre développement, ô Kâçyapa. Le Tathâgata est égal et

non inégal pour tous les êtres, quand il s'agit de les convertir. C'est, ô

Kâçyapa, comme les rayons du soleil et de la lune, qui brillent pour

tout le monde, pour l'homme vertueux comme, pour le méchant, pour

ce qui est élevé comme pour ce qui est bas, pour ce qui a une bonne

odeur comme pour ce qui en a une mauvaise ; partout ces rayons tombent

également et non pas inégalement. Ainsi font ô Kâçyapa, les rayons de l'in

telligence, douée du savoir de l'omniscience, des Tathâgatas vénérables, etc.

L'enseignement complet de là bonne loi a lieu également pou'^ tous les

êtres entrés dans les cinq voies de l'existence, pour ceux qui, selon leur

inclination, ont pris ou le grand véhicule, ou le véhicule des Prat/êkabud- f. 73 b.

dhas, ou celui des Çrâvakas. Et il n'y a ni diminution ni augmentation de

la sagesse absolue dans [tel ou tel] Tathâgata. Bien au contraire, tous

existent également, sont nés également pour réunir la science et la vertu.

Il n'y a pas, ô Kâçyapa, trois véhicules; il y a seulement des êtres qui

agissent différemment les uns des autres : c'est à cause de cela que l'on

désigne trois véhicules.

Cela dit, le respectable Mahâkâçyapa parla ainsi à Bhagavat : S'il ù'y a

pas, ô Bhagavat, trois véhicules différents, à quoi bon employer dans le présent monde les dénominations distinctes de Çrâvalcas, de Pratyêkabuddhas et de Bôdhisattvas ? Cela dit, Bhagavat parla ainsi au respectable Mahâkâçyapa : C'est, ô Kâçyapa, comme quand un potier fait des pots divers avec la même argile. De ces pots, les uns deviennent des vases à contenir la mélasse, d'autres des vases pour le beurre clarifié, d'autres des vases pour le lait et pour le caillé, d'autres des vases inférieurs et impurs. La variété n'appartient pas à l'argile ; c'est uniquement de la différence des matières qu'on y dépose que provient la diversité des vases. De même, il n'y a réellement qu'un seul véhicule, qui est le véhicule du Buddha; il n'y a pas un second, il n'y a pas un troisième véhicule.

f. 74 «. Cela dit, le respectable Mahâkâçyapa parla ainsi à Bhagavat : Si les êtres,

ô Bhagavat, sortis de cette réunion des trois mondes ont des inclinations diverses, y a-t-il pour eux un seul Nirvana, ou bien deux, ou bien trois? Bhagavat dit : Le Nirvana, ô Kâçyapa, résulte de la compréhension de l'ér galité de toutes les lois; il n'y en a qu'un seul, et non pas deux ni trois. C'est pourquoi, ô Kâçyapa, je te proposerai une parabole; car les hommes pénétrants connaissent par la parabole le sens de ce qu'on leur dit.

C'est comme si, ô Kâçyapa, un homme aveugle de naissance disait : Il n'y a pas de formes dont les unes aient de belles et les autres de Aalaines couleurs. Il n'y a pas de spectateurs pour des formes ayant de belles ou de vilaines couleurs. Il n'existe ni soleil ni lune ; il n'y a ni constellations ni étoiles; il n'y a pas de spectateurs qui voient les étoiles ; et que d'autres hommes vinssent à dire devant cet aveugle de naissance : Il y a des formes dont les unes ont de belles, les autres de vilaines couleurs. Il y a des spectateurs pour des formes ayant de belles ou de vilaines couleurs. Il existe un soleil et une lune; il y a des constellations, des étoiles; il y a des spectateurs qui voient les étoiles ; et que l'aveugle ne voulût pas croire ces hommes, ni s'en rapporter à eux. Alors, qu'il y ait un médecin con-r naissant toutes les maladies; qu'il voie cet homme aveugle de. naissance, et que cette réflexion lui vienne à l'esprit : C'est de la conduite coupable de cet homme [dans une vie antérieure] qu'est née cette maladie. Les

f. 74 b. maladies, quelles qu'elles soient, qui paraissent en ce monde, sont au nombre de quatre : les maladies qui sont produites par le vent, celles qui le sont par la bile, celles qui le sont par le phlegme et celles qui le sont

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