‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 92 sur 286 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

enfoncés dans la racine du vice, difficiles à dompter, privés de foi, pleins de défiance. Quant à nous, ô Bhagavat, déployant [la force de] la patience, nous exposerons ce Sûtra dans ce temps [ futur ] ; nous le posséderons, nous f- i4i> a. l'enseignerons, nous i'écriroris, nous l'honorerons, nous le vénérerons, nous l'adorerons. Faisant l'abandon de notre vie et de notre corps, nous expliquerons ce Sûtra. Que Bhagavat modère donc son ardeur.

Alors cinq cents Religieux de l'assemblée, dont les uns étaient Maîtres et les autres ne l'étaient pas, s'adressèrent en ces termes à Bhagavat : Et nous aussi, ô Bhagavat, nous sommes en état d'expliquer cette exposition de la loi , même dans les autres univers. En ce moment tout ce qu'il y avait de Çrâvakas de Bhagavat, dont les uns étaient Maîtres et les autres ne l'étaient pas , qui avaient appris de Bhagavat qu'ils parviendraient à l'état suprême de Buddha parfaitement accompli , les huit mille Religieux, enfin, dirigeant leurs mains réunies en signe de respect, du côté où se trouvait Bhagavat, lui adressèrent ces paroles : Que Bhagavat modère son ardeur ; et nous aussi nous expliquerons cette exposition de la loi, quand le Tathâgata sera entré dans le Nirvana complet, à la fin des temps, dans la dernière période, et nous le ferons dans d'autres univers. Pourquoi cela ? C'est que dans cet univers Saha, les êtres sont livrés à l'orgueil; ils n'ont que peu de racines de vertu; leur esprit est sans cesse occupé de pensées de malveillance, ils sont de leur nature fourbes et menteurs.

Ensuite Mahâpradjâpatî la Gôtamide, sœur de la mère de Bhagavat, f. i45 6. accompagnée de six cents Religieuses, dont les unes étaient Maîtresses et les autres ne l'étaient pas , s' étant levée de son siège , dirigeant du côté de Bhagavat ses mains réunies en signe de respect , se tint debout les yeux fixés sur Bhagavat. En cet instant Bhagavat s'adressa ainsi à Mahâpradjâpatî la Gôtamide: fille de Gôtama, te tiendrais-tu ici debout, triste et regardant Bhagavat, parce que cette réflexion t'occupe : Je n'ai pas entendu de la bouche du Tathâgata, je n'ai pas appris de lui que j'arriverais à l'état suprême de Buddha parfaitement accompli ? Au contraire, ô fille de Gôtama , la prédiction de ta destinée future a été faite avec celle qui s'adressait à l'assemblée tout entière. En effet, ô fille de Gôtama, à partir de ce moment-ci, après avoir honoré, etc., trente-huit fois cent mille myriades de kôtis de Buddhas, tu deviendras un Bôdhisattva Mahâsattva, interprète de la loi. Ces six mille Religieuses elles-mêmes, dont les unes sont Maîtresses et les autres

ne le sont pas, deviendront, en même temps que toi, eu présence de ces Tathâgatas, des Bôdhisattvas, interprètes de la loi. Ensuite, et bien longtemps après, quand tu auras accompli les devoirs imposés aux Bôdhisattvas , tu seras dans le monde le bienheureux Tathâgata nommé SarvaSattvapriyadarçana, vénérable, etc., doué de science et de conduite, etc. Et ce Tathâ-

f. i46 a. gâta, vénérable, etc., ô filh- de Gôtama, prédira successivement à ces six mille Bôdhisattvas que chacun d'eux doit parvenir un jour à l'état suprême de Buddha parfaitement accompli.

En ce ïnoment, cette réflexion s'éleva dans l'esprit de la Religieuse Yaçôdharâ, mère de Râhula : Mon nom n'a pas été prononcé par Bhagavat. Mais Bhagavat connaissant , avec sa pensée , la réflexioii -qui s'élevait dans l'esprit de la Religieuse Yaçôdharâ, mère de Râhula, s'adressa à elle en ces termes: Je vais te parler, ô Yaçôdharâ, je vais t'instruire. Oui, toi aussi, après avoir honoré, etc., dix fois cent mille myriades de kôlis de Buddhas, tu deviendras un Bôdhisattva, interprète de la loi; et après avoir accompli successivement les devoirs imposés aux Bôdhisattvas, tu deviendras le Tathâgata nommé Raçmiçatasahasraparipârnadhvadja, vénérable, etc., doué de science et de conduite, etc., et cela, dans l'univers nommé Bkadra. La durée de l'existence de ce bienheureux Tathâgata, vénérable, etc., sera

f« iA6 6. incommensurable.

Alors Mahâpradjâpatî la Gôtamide, ainsi que Yaçôdharâ, avec leurs deux cortèges , l'un de six mille , l'autre de quatre mille Religieuses , ayant appris de la bouche de Bhagavat qu'elles étaient destinées chacune à obtenir l'état suprême de Buddlia parfaitement accompli, frappées d'étonnement et de surprise, prononcèrent en ce moment la stance suivante :

1. Bhagavat, tu convertis le monde réuni aux Dêvas, tu en es le guide et le maître; tu es le consoiateur, ô toi qui es honoré par les Dêvas et par les hommes; nous-mêmes nous sommes satisfaites aujourd'hui, ô Seigneur.

Ensuite ces Religieuses, après avoir prononcé cette stance, s'adressèrent ainsi à Bhagavat Et nous aussi , ô Bhagavat , nous sommes en état d'expliquer cette exposition de la loi, à la fm des temps, dans la dernière période, et nous le^ ferons dans d'autres univers.

Alors Bhagavat dirigea ses regards vers l'endroit où se trouvaient ces quatre-vingts centaines de mille de myriades de kôtis de Bôdhisattvas, qui

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