‹ Le Loup-GarouChapitre 12 sur 35 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

momenl~la, iieuf heures sonnaient a I'liot'loge du village... c'est la rheure 011 il se change , et a la faveur de h lime qui donnait dans la clairiere, je I'ai vu sortir du taillis sous son autre forme... un grosbrnii... qui Irottait sur ses quatie palles...

ALICE

O ciel! je suis loule tremblanlel

BERTRAND

J'en ai d'aboid fait autanl... mais ensuite, saisis.sant mon arquebuse, je vous I'ai ajuste...

ALICE

Vous avez voulu le tuer?

BERTRAND

Certainement... mais je n'ai pas reussi, quoiqueje sois sur de Tavoir louche a la patte... et la preuve, c'est quele lendemain, an marche de Vezelai, ou j'avais a faire... qu'est-ce que je rencontre, notre homme!... Je dis notre homme , car alors e'en etait un qui , enveloppe de son manteau, causait mysterieusement avec un echevin... mais il etait paleet souflFrant, et boitait de la palte... de la jambe droite; il disait que le matin il s' etait laisse tomber de cheval; mais moi qui savals ce qui en etait... je me suis approche d'un air malin , il a encore disparu, et I'echevin a qui je voulais en parler , m'a dit a voix basse : si tule connais et que tu tiennes a la vie^tais-toi... Voila pourquoi, mademoiselle Alice, voila pourquoi depuis deux mois vous etes la premiere personne a qui j'en ai ouvert la bouche ; mais puisqu'il a reparu dans le pays 5 nous aliens voir... et si ce matin je I'avais rencontr^ au bout de mon arquebuse... son affaire elait bonne...

ALICE

Comment, M. Beilrand , vous croyez que c'etait...

BERTRAND

Cekii a qui ce malin nous donnions la chasse; je I'ai h\en reconrui J il ressemble au dernier que j'ai tue.

i8 LE LOUP-GAROU,

ALICE

Dieu ! ga fait peur... rien que d'y penser ! A qui se fier desormais... un si beau jeune liomme , un air si doux...

BERTRAND

Vous le plaigiiez encore?

ALICE

Sans doute, etsi e'en est un^ il fallait qu'il n'eut pas un mauvais naturel... car ce jour ou j'etais torabee dans ]e torrent, c'est lui qui m'a sauvee!... ce jour oii je conduisais mon troupeau... il avait la une belle occasion , une centaine de moutons bien beaux et blen gras. Eb bien ! il n'y a seulement pas fait attention. bertranj:).

Je crois bien... ce n'etait pas des moutons... c'est de la bergere qu'il avait faim. Et ce jour ou vous avez eu I'imprudence de vous laisser embrasser , si je n'etais pas arrive 5 ga allait commencer... aussi jusqu'a ce qu'il soit mort... je ne serai pas tranquille dans mon menage... Mais ecoujez... on vient ^ c'est Catherine avec un etranger... on peut alors se mettre a table, (^criant et entrant dans la chambre a droite.) Maitre Eaimbaud^, on peut servir!

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