CHAPITRE VIÏL
XVI' sxàcLE, Chron.*^ MéiiL
Comment, après la bataille, le roy print son chemin vers Peaquièrc, laquelle il vint assiéger.
Le roy, après avoir gaigné la bataille, fîst enterrer les morts à Aignadel, là où il fist fonder une belle chapelle de Nostre-Dame-de- Grâce, à tous les jours messe à l'intention des trépassés et en mémoire de sa noMe victoire. De là le roy et toute son armée tira vers Pesquière, qui est une place et ville assez forte, assise sur un kic, et au meilleur pays du monde, et aussy fructi^euse à l'entour que jamais je vis, place à sept milles de Véronne, qui sont trois lieues et demie françoises. £t en cedict lac se prend une manière de poissons qui s^appdle scarpion^ qui est si bon que rien plus, et tout plaîn d'autres bons poissons; «et au sortir de ladicte, subit après, vous entrez en la plaine de Véronne. Or laissons tout cela, et retournons au faict de la guerre.
Quand les Vénitiens visrent qu'ils avoient tout perdu, et leur armée defCaicte, et toute leur^réputation mise à néant, qu'ils estimoient autant que le demeurant , etappercevoieiitqu'ilsavoient tort d'eux prendre au roy, dont feust en partie cause de toute leur perte un de leurs ambassadeurs qui estoit' à Blois vers le roy, un gros homme tondu, atout les plus grandes oreilles que je visse oncques, lequel dict au roy que s'il se prenoit aux Vénitiens, qu'il verroit bien comment il luy en prendrait, et qu'on verroit lequel gaigneroit le sens ou la force (qui donne à entendre qu'il appliquoit à eulx le sens ef au roy la force); laquelle chose donna grand dépit au roy. Toutesfois, les Vénitiens mirent ordre à leur chasteau de Pesquière, pour recevoir le roy, qui y venoit avecques son armée ; et y envoyèrent bien huit cens lansquenets et quinzocens des leurs pour le defiCendre. Et à rarrivée du roy y eust grosses escarmouches; et après ce, quant et quant, vint Fartillerie, et dHm beau matin vint mettre son siège devant ladicte ville. Eulx, quand ils virent ce, incontinent abandonnèrent hdicte ville, et se retirèrent au chas* teaû. Et quand le roy vit ce, fist amener son artiUme dedans la ville pour mieux battre le chasteau, auquel, au bout de six heures, feust faict la brescbe assez mesdiante, bien encore deux piques de hault, en laquelle les adventu->- Tiers fhmçois entreront et misrent en pièces
MÉMOIRES T>E PLBURANGE,
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tous ceulx qtii e$io\exki dedans, et n'en resta | ame que le capitaine, le providateur et le potestat, lesquels se boutèrent dedans une tour, lesquels se rendirent au bon plaisir du roy. Et le cardinal de la Marche, qui n'estoit pour lors que M. de Liège, monta en hault et lauvâ le , diasteau que les adventurien bruAloieDt; et d'autres meurdres qu'eussent -eÉicore feict tfafift lui, fist ce jour-là grand proffit au roi. Et après tout cela fftict , les prisonniers furent amenés devant le roy , lesquels présentèrent pour rançon cent mille ducats ; mais le roi jura : « Si je bcns ni mange jamais, qu'ib soient pendus et estran«glés« • Ne jamais, pour prière qu'il sceussent faire, M. le grand^maistre Chaumont et autres ne seeurent mettre remède que le roi ne les fist pendre à la mesme heure.