‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 139 sur 428 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Coromeot le Jeone AdTeotureui se purtist de Véronne et vint à Parme, à rentrée du grand by ver, vers M. le grtnd-nuiistre Ctjaulnont , et comment ils meiioient leurs armées et artillerie durant Icdict hy ver.

En ce temps (1510), ouït nouvelles monsieur le grand-maistre que le pape Jules marehoit à gros effort. Et estoit au commencement de cegrand hy ver. Et marcha jusques à Parme ledict grand-maistre et tous les princes, comme M. de Nemours et aultres. Là, iist assembler son armée, tant de gens de pied que de cheval, et Tartillerie \ et trouvoil-on grandement difficile de pouvoir mener ladicte artillerie ; car les neiges estoient de la hauteur d'un homme : et pour ce le maistfe de Tartillerie, qui avoit nom Pierre d'Ongnots, Gascon, et le capitaine PontereusL et un charpentier nommé Lubin, les plus experts autour de Tartillerie que je visse jamais, regardèrent ensemble, et trouvèrent qu'elle pouvott se mener sur traisneaux par dessus la neige, et la désaifuter et remonter ; laquelle cbpse feust faicte. Or, cependant que toutes ces choses se fEûsoient à peine, le Jeune Adventureux qui estoit à Véronne voyant qu'il ne faisoit rien, laissa la compagnie de son père, et, avec dix ou douze gentibhommes s'en vint à Parme, là où son oncle, monsieur le grand-maistre y estoit et toute la compagnie, lesquels luy fisrent merveilleusement bonne chère. Et quand il feust là. tous ensemble advisèrent de dresser les affaires du roy, comme vous oyrés cy-aprez. Et en ce temps feurent faicts deux camps pendant ces intervalles, lesquels estoient foicis de neige, en la place dudict Parme ; et feust Tung des combattans le sieur Peralte, espaigool qui estoit du camp du pape, et l'aultre le sieur A'dano, aussy Espaigool tenant le parti des François; et feust le dict campCedct à cheval à La Genette, et y feust merveilleusement gros combat: et y vint ledit sieur Peralte merveilleusement bien en ordre sur le camp, aussi commandé le pape qu'il y vint bien accompagné, comme il y âst ; aussy y estoit le sieur Âldano du costé des François.

Et feurent tous deux fort Uessés tellemaat qu'il les fallut despartir ; et s'en retournèrent sans accord ensemble et à leur grand honneur. Huict jours après, viodrentdeuxAlbanois,riiog du pape, Taultre des François, armés de toutes les pièces à l'albanoise, l'estradiotte à la manche et le chapeau au poing ; et, pour vous dire ce qu'ils firent, l'Albanois du pape courut sur l'aultre, et luy faulça l'espaule. L'Albanois françois, quand il vict ce, ^rint son estradîotte comme une javdiae etbouttaaa la gorge, et toujours le poursuivist, tellement qu'en la fin à grands coups de myasse le tua ; et £eust grand dômmaige, car ils estoient estimés tous deux gentils compagnons entre les Albanoîs.

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