‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 153 sur 428 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

, après que les Suteses et Véoitlens Teirent le pays deigaruy, chassèreot monsieur de la Palice hors <f Italie.

Les Suisses, qui n'estoient point d'accord ni en paix avec le roy de France, mais vouloient bien avoir part en Italie, entendirent la romptnre de ceste armée ; aussi fisrent les Vénitiens, qui ne pensoient pas que le roy en deust faire ainsy , dont fisurent merveilleusement aises. Les Suisses se commencèrent à mouvoir et pensoit monsiear de la Palice que ce ne seroit rien; car ils estofent descendus à Milan deux ou trois toiSf et pour ce que à chacun coup le grand nombfe des chevaulx irançois leur coupoient ks vivres, s^en retoumoient avec cinquante mSe escus qu'on leur donnoit, et leur faisoit-on la baUiSe d' escus au soleil ; et en apprit la façon monsieur le grand-maistre Chaumont. Cela fakX^ Igs Suisses marchèrent avec l'ayde du caréaal de Sion, et les Vénitiens, de leurcôté : quoy voyant, monsieur de la Palice garnit le cbasteau de Milanet le chasteau de Crémone de » XVI' siicLB y Cbron. et Blém.

gens, de vivres et d'autres munitions, et envoya monsieur d'Auhigny avecques trois cens hommes d'armes dedans Bresse, et lui avecques toute la gendarmerie et les lansquenets du capitaine Jacob qui estoient deipeurés se retira dedans Pavie ; car la chose feust merveilleusement subite et tant que ledict sieur de la Palice n'eust loisir d'assembler ses gens, nide mettre ordre en son affaire. Les Vénitiens et les Suisses marchoient tousjours ; et se misrent ensemble leurs deux armées, et vindrent devant Pavie. Laquelle chose veue par le sieur de la Palice et les aultrès capitaines qui estoient avecques lui, telle fois conclurent de la tenir, mais après trouvèrent que mieux valoit de Tabandonner ; laquelle chose feust faite ; et y eust de belles escarmouches à l'arrivée et au sortir. Et ainsy que mondict sieur de la Palice sortoit par une porte, les Suisses et les Vénitiens entroient par l'aultre par-dessus le pont, là où le reste des lansquenets du capitaine Jacob donnoit à la journée de Ra venues, desquels estoit chef monsieur d'Estoges, gentilhomme françois, lequel portoit le

Eiidon de monsieur de la Palice. Lui et lesdicts nsquenets laissés derrière à l'arrière-garde fisrent fort bien leur debvoir. Et se retira ledict sieur de la Palice avecques toute son armée en France; etne demeura en Italie pour les François que le chasteau de Crémone etla ville de Bresse, où estoit monsieur d'Auhigny, capitaine général, avecques qudques gens de pied et trois cens hommes d'armes françois. Lequel, après le retour de monsieur de la Palice en France, ne demeura guères sans avoir le siège par les Vénitiens ; car les Suisses estoient desjà retournés en leur pays, après avoir eu gros butin par le pays d'Italie et force argent desdicts Vénitiens. Durant lequel siège feurent faites beaucoup de belles saillies, et le tinrent long-temps à grosse batterie. Et vous veux bien dire que c'est la plus belle ville de guerre que je vis jamais ; et n'estoit point prenable, veu les gens de bien qui estoient dedans et le chef qui estoit et est encore, tant homme de l^ien et bon capitaine. Toutesfois, par la longueur de temps, la peste et &mine se frappa tellement entre eulx qu'ils feurent contraincts de rendre la ville, mais si honnestement que les gens de chevaulx sortirent la lance sur la cuisse, et les piétons la picque sur le col ; et en estoient beaucoup morts de la peste : et ainsy s'en revinrent en France. Et *^ Si

MÉMOIRES DE FLEURANGE

i^èB ee, tiarmt encore aisez le chasteau dç Milan et le chasteaii de Créq^one le parti des Erançais.

Page 1