CHAPITRE XXXIX
C0mmsai}/» ADgtoiB detœodireDt en France, de œ qui feost fàksl à leur desceole; commcDt ils vindrent assiéger Ttié- Touenùe; cooimCDl estolt rarmée des François à Blan^, où amWa , le Jour de la Jouraéc des Espérons, le Jeune Ad venloreitx avec tef laosqueneu, qui flst gnmd réconfort à toute i'année ; et comment Tempereur Haximiiian , por un jour deSaiot-Laureot, arriva au camp du rôy d'Angieierre, deux OQ trois jour» avant la Journée des E$peiY)ii8.
Ce temps pendant que les Suisses estoient devant Dycm, les Anglois commencèrent à desce^idre; et feust le premier qui descendit Talle* bot, près de Boulongne, lequel vint avecx[ues un nomlH'e de gens. Laquelle descente entendue par monsieur de Piennes,gouvemeur de Picardie et lieutenant général pour le roy audit Picardie, il envoya le sieur Du Plessis, qui menoit la compagnie du capitaine Robinet de Frameselle, et trois cens hommes, qui feirent tant quMIs a^appereorent de^icts Anglois, lesquels estoient d'environ deui milles escartés du gros bost. Et qoand les coureurs les apperceurent, mondict s^m Dq Plessis commença à charger ; et y vint hiy-B^efKne en personne, et là eust grps comhaty \tqpA dur^ long-temps ; et eussent esté les Ai^o'19 tons bâchés en pièces, n'eust esté le cbmoy, M où ils se retirèrent. Et tirèrent fort de leprs arcs coQtre les François, et en blesis^rept J)ÇMiçoap,et de leurs chevaulit ; et là eust inoon-* sieur Dr Ples^s m çoop de fl^l^ m gops^et, dont j) en mourn) , t\ ^près ci^ i^ust un^ grosse e«e«rQHyi»^ # 'i^çprpiçl^eï^, 1^ pu feirent im^ sfeiw? tes^rpwçQiî^gWp4e f^uUe^ qu'ils n^ mxjt batUrei^Jes ^pglpi^ î ç^r ik en e\men% eu meilr Wqf parodié .flu'ils n'eurepl depuis. Et y estoit le roy en personne, nonobstant qu'il y i^voit de lioai çapitainofi fç^^s- Et pour \ç^ dw^ il y ^ope eoQstun^ e^ Frimce que cbi^QW m^tn
taine n*a que cent hommes d'armes, fors le connétable, lequel en a quatre cens; là où fiât le roy un grand honneur au deur de Sedan, car il luy en bailla deuK cens, dont Tune des bandes revenoit delà les monts, dont esloit lieutenant le capitaine Jeannot le bastard, Gascon, gentil compagnon, lequel a faict de merveilleusement belles choses en ses guerres de Uége et fort bien servy la maison de La Marche ; Taultre bande estoit en Picardie en oeste affaire de Tournehen, laquelle menoit le vicomte d'Estoges, L'escarmouche feust belle et triomphante; et là, si les François eussent eu chevaulx pour mener artillerie, ils eussent beau*coup gaigné de Parlilleiie desdiets Anglois. Toutesfois le vicomte d'Estoges gaigna un de leurs apostresS qui s'tqppelloit Saint "Jean, laquelle pièce feust envoyée à Théronenne. ]L'armée du roy d'Angleterre se renforçoit tonsjours ; et y vint l'empereur Maxîmilian, et tous dem» d'un accord, allèrent assiéger Thérouenne. Et avoit ledict roy d* Angleterre une raervellleuseottnt belle armée, tant de gens de pied que de cheval ; car ils avoi^it gros nombre d^ Anglois qui sont bonnes gens, et eonkbntteat bien m lieu fort et parccpèf ; et autreanNit, je n'en fais point grand estime; car Tare est nn luMiton, hors de fort, pas trop advuitageuK; et est le baaton uequoy ils asent de plus, de ronges et de maillets de plomb. Et avoit aussi lediet roy d'Angleterre six ou sept miUe lansquenets, qui s'appeUoient la Bande îioire, belle , gramle et bien armée, et aultres piétcmsdu pays ; et avoit douze ou quinze mille cbetiaulx, que anglois, flamans, hennuyers et aUemans ; car le roy de Castille y laissoit aller de ses gens qui voaloit, n(mobstant qu'il y eust amitié entre luy et les François, et n'y avoit point de guerre déclarée. Et esti^ient merveilleusement fournis d'artiUe^ rie, plus que camp qot l'on ept de fobg-temps veuç et aacet équipagevindrent assiéger ladicte ville de TbéFouenne,iaqQe)lefeuitfért battue, et y fiffffiot reffort le phts grand qu'on pourroit faire pour prendre plaée. Monrieur de Pien« nes< qui esloît lieutenant dià roy en Picardie, quand fl- entendit <|u'ilp y voiéoient mettre le ^ge^ y fueervèut fe mtovx ffotil put, casez bien de gens, mais mal de vivrest et esletoit dans
' (1) lk>tize lïlëdeë de èiitiiAAa/déiAl^
MÉMOIRES DE FLEURANGE
ladicte v ille cheÊs généraux pour le roy deuxgentJls capitaines : Fong estoit monsieur de Pont- Remy , et Taultre roonsieurde Téligny , sénéchal de Rouergue ; et a voient trois cens hommes d'armes avecques eulx, et deux mille hommes de pied et sept cens lansquenets, dont le chef estoit k capitaine Brandecque, et feirent merveilleosement bien leur debvoir. Toutesfois, ils avoient faulte de vivres, et feust advisé de leur mener des lards, qui est chose merveilleusement bonne en une ville. Et fist-on charge force chariots, chevaulx et mulets, pour leur porter lesdicts lards ; et feust advisé qu'on ne méneroit nulles gens de pied, fors chevaucheurs, pour leur jetter les lards dedans les portes; et feurent advertis ceulx de la ville des vivres qui leur debvoient venir. Laque le chose entreprise par les capitaines françois, partirent deux -heures devant le jour pour venir audict Thérouenne, là où feurent découvers plustost qu'ils ne croyoient. Et là eust une terrible escarmouche; et ne peurent les François parvenir à leur entreprise pour mettre lesdicts vivres dans Théroueone, car la gendarmerie de Tempereur et du roy d'Angleterre montèrent à cheval, et un nombre de gens de pied lesquek s*advancèrent avecques quelques pièces ïf artillerie volante ie^elles ils tirèrent sur les François, et CD tuèrent aucuns ; et y eust quelques lances rompues au choquer Tun dedans l'aultre.
Toutesfois,la gendarmerie françoise se misten fuite, et abandonnâtes lards, et feust chassée bien asprement; et y feust pris monsieur de Longueville, monsieur de Briard, monsieur de Bussy d'Amboise, et plusieurs enseignes et guidons et aultres gentilshommes ; et y feust prise une des enseignes de monsieur de Sedan, mais ses gens en avoient gaigné une des Anglois, et estoit l'enseigne de sa maison, et n'y eust pas fort grand meurtre. Le camp des François estoit à Blangy , petit village assis en un fond sur un petit ruisseau, où estoient les gens de pied françois et le demeurant de leur gendarmerie. Or, comme la gendarmerie firançoise fuyoit, le Jeune Adventureux, qui venoit de devers le roy et la royne Anne, duchesse de Bretaigne, arriva en la prime heure avecques' quatorze mille lansquenets de renfort audict Blangis. Et incontinent lui arrivé, les premiers fuyans lui vindrent dire que iponsieur de Piennes prioit qu'il voulust mestre lesdicts lansqu^ets en batiiille, et qu'il estoit
chassé de près, laquelle chose ledict Adventureux ne voulust point faire, de peur d'effrayer le camp; et monte achevai avecques vingt ou trente capitaines ou gentilshommes et va après eulx,et fist sonner que tout le monde feust prest. Et il n'eust guères allé avant quand il rencontra monsieur de Piennes et monsieur de la Palice, qui ne couroient plus; car quand la gendarm^ rie de l'empereur et du roy d'Angleterre eurent un peu chassé, ils s'arrestèrent pour attendre leurs gens de pied et le demeurant de leur gendarmerie. Et comme ay peu entendre par les prisonniers, comme monsieur de Bay art et aoltres, qui eust voullu croire l'empereur, ils eussent marché ce jour mesme ou le lendemain matin, et suivi leur bonne fortuné ; et, selon mon opinion, il eust merveilleusement bien faict. Toutesfois , il ne se fls t poin t ; et demeurèrent en leur siège; et le Jeune Advenlureux fist arresterles lansquenets et retourner au logis pour sooper, avecques ce qu'ils estoient l>ien las.
Et eulx arrivés audict Blangis, le soir feost mandél'Adventureuxpourvenirauconseilvponr
regarder ce qu'on auroit à faire, par monsieur de Piennes et monsieur de la Palice. Lequel venu, regardèrent qu'il seroit bon se retirer toute la nuict et passer l'eaue ; de laquelle chose faire ledict Adventureux ne feust d'opinion, et dit àmonsieur de la Palice et à monsieur de Piennes qu'il n'estoit point là venu pour fuir, et qu'il venoit d'un lieu où il avoit assez fui, et qu'il neboug^ roit de là ; et que si peu d'artillerie, qui n'estoil que quatre faucons, qu'il les vouloit avoir entre ses mains*, car l'équipage du roy ny de son camp n' estoit venu, mais se commençoit adresser. L'opinion dudict Adventureux feust trouvée bonne et feust tenue, pour ce qu'il disoil que ce seroit grande folie et hazard de changer un tel champ de nuict, et qu'il en pouvoit advenir grand inconvénient. Cela faict, ledict Adventureux se retira en son logis pour souper, et incontinent qu'il feust à table l'escannooche vint, là où les lansquenets qui estoient en sa charge monstrèrent merveilleusement bon ^sage, et aussi fist la gendarmerie françoise. Mais ce ne feust rien, et fist-on retirer chacun en sa chacune. Et incontinent que ledict Adventureux feust arrivé, vint un gentilhoroiDC en poste du roy à son logis, lequel lui bailloit encore cent hommes d'armes , de quoy ledict Adyeiitoreux feust bien aise; et ladicte corn-
pagnie qa^il loy bailla avoit gaigné le jour même renseigne de la maison du roy d'Angleterre. Et le matin, ledict Adventureux print possession desdicts cent hommes d'armes et alla veoir le lieu où avoit esté faict Tescarmouche, et fcust donnée Tallarme au camp des Aogiois. £t en retournant fist compter combien ils estoient de morts, mais il trouva qu'ils n'estoient point quarante, et y trouva aussi quelques povres compagnons françois blessés, lesquels il fist ramener au camp à chariots. Et ainsi demeura le camp à Blangis en attendant des nouvelles du roi, lequel feust fort marry de ladîcte escarmouche et qu'on n'avoit pas peu boutter vivres dedans Thérouenne. Et demeurèrent les Anglois à leur siège, et cependant vint le sieur d'Angoulesme au camp.