‹ Le Lucrèse françaisChapitre 23 sur 33 · DISTIQUES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

DISTIQUES FRANÇAIS

Dans le goût des Distiques latins , attribués à Caton.

jV! A raison est ma règle, et mon cœur est ma loi ; Je n'ai pas plus besoin d'un Dieu que lui de moi.

S'tl faut à l'homme un Dieu , qu'ail adore son père \ Est-il objet plus saint, pour un fils, sur la terre i- ■

Vous ne pouvez servir deux maîtres à la fois r Peuples ! il faut opter : ou des Dieux, ou des leisi

Le culte paternel est le seul légitime : Honorer d'autre Dieu que son père est un criine..

Un rt?puMicain pur-, et fidèle h son vœu, Abliorre tous les jougs, même celui dun Diern.

iq6. Le Lucrèce

La crainte fit les dieux • et c'est encor la crainte Qui traça des cités la primitive enceinte.

Dieu, mis dans le creuset de la saine Raison, Donne pour résidu seulement un vain son.

"Rends à la Vérité son culte légitime : Sois en, s'il le fallait , le prêtre et la victime*

Pour dénouer son drame et completter son jeu, Laisse au tragique auteur la ressource d'un Dieu.

Tous les objets placés hors du commun usage. Sont des Dieux aux regards du peuple et du sauvage.

En admettant un Dieu , ne doute plus de rien : Tu n'en as plus le droit ; crois tout • dis : tout est biei

Peuple , instruit aux dépends de tes dévots ancêtres, Ke remets pas tes lois à la garde des prêtres.

Français. 197

Tiens pour suspect ou sot l'homme nux genoux calleux , Qui de longs oremus importune ses Dieux.

Mortel vain et superbe ! Eh ! pourquoi tant d'esclandre ? Ton ujue est un peu d'uir, ton corps un peu de cendre.

Depuis assez lon;^-tems nous sommes à genoux J Ecoutous lu Raison qui nous dit : levez-vous.

Ne persécutons pas le prêtre faux et louche t Mettons lui sçulemept un bâillon à la bouche.

Malheur au peuple vil , cjui , négligeant ses droits, Porte plus de respect à ses Dieux qu'à ses lois 1

Prêtre ? pour un moment , mets bas toute imposture : Dieu ne seruit-il point bâtard de la nature ?

Sur l'autel de vos Dieux, n'offrez pas de bijoux ; Peuples ! ne donnez point à plus riche que vous.

19S Le Lucrèce

Dieu , que l'on croit sans voir , naquit fîe l'impuissance D'expliquer la nature et sa profonde essence. .;ci ^.L ;,;' ;

Des cultes et des mœurs l'alliage adultère Est la cause des maux qui désolent la terre.

Dieu !; pourquoi du soleil n'as-tu pas l'évidence ?" * ' il prouve, en se levant, sa brillante existence.

Il en est tems, soyons moins sots que nos aïeux ", Pensons à nous, avant de penser a nos Dieux.

Eli- 1 plus que les Romains , Français ! respectez-vous : N'allez pas , ramassant vos Dieux dans les (1) égoùts.

Comme d\m mauvais lieu , détourne-toi d'un temple- : Za Cadicre et Girard (2) sont de mauvais exemple.

(i) illusion à la Déesse Cloacin^a.

(2) Personne n'ignore leur scandaleuse kistoifci

Français. r(^a

XX Y I. A P O L O G tJ E.

, Lu louve et le renard, un jeiil-, firent déduit î De cet accouplement , le prêtre est le produit.

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