SCÈNE XIV
FILIPPOy la lui prenant des mains et allant la mettre au cou
de Giannina.
Je ToiFre à Giannina la belle, En la priant d'en faire un bijou favori.
Quand mon ami Sandro deviendra son mari.
GIANNINA.
Bon Filip!
SANDRO, Avoix basse, & Filippo.
Mon noble ami! mon frère!
MAITRE FERRARI
Halte!
Tu n'as point fait tes vœux de chevalier de Malte, Et tu peux l'épouser...
FILIPPO
Non, mon bon maître, non.
Je veux aller au loin porter votre renom, .
Et dès demain je pars pour mon tour d'Italie. Voyez-vous, j'avais fait un rêve... une folie !... Et ce qui pouvait être enfin n'a pas été.
Oui, je pars, trop heureux si je suis regretté Et suivi du regard comme les hirondelles...
Je ne demande pas de souvenirs fidèles.
Seulement un regret... c'est plus que je ne vaux.
Attirant vers lui Sandro et Giannina.
Et lorsque l'atelier reprendra ses travaux Et qu'à notre établi, prés de ta bien-aimée,
Compagnon, tu feras ta tâche accoutumée, Si quelque corde, ainsi qu'il arrive parfois, Avec un son plaintif se brise entre tes doigts. Songez tous deux, songez qu'en cet adieu suprême. Je sens mon pauvre cœur qui se brise de même !... Je sais, mes bons amis, que vous n'y pouvez rien... Mais n'oubliez jamais que je vous aimais bien!
MAÎTRE FERRARI
Ingrat ! Mais tu veux donc que ma maison périsse ?
FILIPPO
Je vous laisse Sandro.
MAÎTRE FERRARI
Quel étrange caprice !
Tu plantes-là bonheur, fortune, et cœtera...
Que gardes- tu?
FILIPPO, saisissant son violon.
Ceci,
A part.
qui me consolera.
PARIS. - Impr. J. CLATE. — A. auxNTlX et C, rue SuBeuoft.— (124).