‹ Le luthier de Crémone: comédie [en un acte, en vers]Chapitre 9 sur 26 · SCENE IIL · texte numérisé non relu

SCENE IIL

Infirme et se traînant sur sa patte brisée.

En voyant cette bête ainsi martyrisée, J'eus le cœur soulevé d'un douloureux émoi ; Je croyais voir souffrir un humble comme moi. Bravement je m'élance au sein du populaire ; En demandant pitié, j'excite la colère.

Ah! Ton ne songe plus à la bête, à présent.

Lapider un bossu c'est bien plus amusant !

Je me mets à courir, les traînant à ma suite, J'enfile une ruelle, une autre, et, sans ma fuite, On m'eût assassiné, cela n est pas douteux.

Mais j'ai sauvé la vie au pauvre chien boiteux !

Il tombe épuisé sur un fauteuil.

GIANNIKA, posant son mouchoir trempe d'eau sur le front de Ftlippo.

Ces vagabonds! Vit-on jamais tant de malice?

Pauvre garçon!

FILIPPO, àpurt.

Sa main sur mon front ! ô délice !

GIANNIKA.

Étes-vous mieux?

FILIPPO, se levant et d'une voix très-émue.

Merci! Je n'ai plus mal.

SAKDRO^ & part.

Vraiment,

i6 LE LUTHIER DE CRÉMONE.

C'est trop d'émotion pour un remercîment !

Je ne me trompe pas. Il Taime !

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