‹ Le luthier de Crémone et Le trésorChapitre 22 sur 74 · Scène IX -^ Le Luthier de Crémone · texte numérisé non relu

Scène IX -^ Le Luthier de Crémone

Dans la ville et partout s'annonce le grand jour.

Les gens endimanchés vont voir en ribambelle 485

S'assembler le jury ; le maître de chapelle

Déjà siège au fauteuil et son noble profil

Se voit de loin, poudré comme un pommier d'avril.

Il circule dans l'air un souffle mélodique,

Dans la rue, on respire, on sent de la musique. 490

Par la flûte d'Euterpe et le luth d'Apollon !

A chaque carrefour s'accorde un violon.

Dans tous les pignons noirs, dans toutes les tourelles,

On entend doucement gémir les chanterelles,

Et Crémone, où grandit un confus crescendo, 495

Semble un orchestre avant le lever du rideau !

Sandro.

Ainsi, maître, il est temps de partir?

Maître Ferrari.

Certe, en route !

Sandro.

Me suis-tu, Filippo ?

FiLIPPO.

Non, camarade. Écoute...

Partout où je me montre, on se moque de moi. Et tu m'obligerais d'emporter mon envoi 500

Avec le tien. Agis en loyal adversaire, Car tantôt, n'est-ce pas ? tu n'étais point sincère. [34]

Le Luthier de Crémone 8<- ScèneX

D'ailleurs, l'Hôtel-de-Ville est à deux pas d'ici.

{^Sandro prends en détournant la tête, la main que lui tend Filippo.) Allons, Sandro, rends-moi ce service !

Sandro.

Oui.

Filippo.

Merci !

(^Sandro sort^ emportant les deux violons dans leurs étuis.)

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