MADAME DE BARGES, LE VICOMTE DE MAY
RAC; une dizaine de personnes groupées et là, jouant et lisant. — Dix heures du matin, fin d'août. — Au lever du rideau, madame do Barges est assise près d’une table de jeu, à droite; de Mayrac est debout, à sa gauche.
MADAME DE BARGES, lorgnant.
Quelles toilettes absurdes ces femmes viennent étaler à Wiesbadel... Où ça prend-il de l’argent?
DE MAYRAC.
Parbleu!... dans les poches de tout le monde!
MADAME DE BARGES
Ah!... voilà madame de Blavillc qui vient, comme d’habi-
LE LUXE
tudo, attendre l’heure de la roulette!... Elle est en deuil... Qui a-t-elle donc perdu ?
DE MAYRAC.
Rien... Elle est veuve !...
MADAME DE BARGES
Elle joue tous les soirs?
DE MAYRAC.
Oui, mais elle perd... c’est de deuil !
MADAME DE BARGES
Que de figures inconnues ce matin !... Quel est donc ce nouveau débarqué qui frise de si terribles moustaches?... Quelque colonel de hulans ?
DE MAYRAC, regardant vers la gauche.
Ce paletot de toile à voile?... Quelle idée !... C’est un caissier de chemin de fer qui voyage...
MADAME DE BARGES
Pour sa... santé ?
DE MAYRAC.
Non... pour sa... sûreté !