ACTE
Il m’a chargé d’une négociation... délicate...
MOREL
À la Bourse?
FARJU.
Non. Ali!... ces petits journaux sont parfois si indiscrets 1... il ne se perd pas dans Paris une perruche... ou une réputation... qu’ils n’en informent l’univers ! Une deces feuilles légères... des plus légères, à en juger par les dividendes... j’en suis actionnaire..., a,' sous la trompeuse réserve de l’initiale... donné aux salons l’éveil sur une aventure...
MOREL
Le marquis... une aventure?
EST H ER, 4 part.
Ah ! mon Dieu !
FARJU.
Il en est le héros !
MOREL, se levant, un journal 4 la main.
Serait-ce cette histoire des bords du Rhin... dont je parlais tout à l’heure?... Continue/., monsieur Farju ! (il va poser le journal sur le guéridon.)
MADAME MOREL, se levant, bas 4 Farju.
Farju... de grâce.
FARJU.
Laisscz-moi donc... je fais mes affaires tout seul...
MOREL, revenant à Farju.
Eh bien?
FARJU.
Eh bien... c’est très-piquant!...
LE LUX F
MADAME MOREL, passant près de son mari.
Bah !... qnclquc roman... à tant la ligne.
MOREL
Pardon!... un roman historique peut-être, et puisqu’il est question du marquis de Rupiera... il est bon, ma chère, que vous soyez édifiée sur VOS relations nouvelles... (Madame Morel reprend sa place a droite.) Parlez, monsieur Farju... de quoi s’agit-il ?
FARJU.
Il s’agit d’un duel...
EST H ER, avec effroi, à pan
Il s’est battu!...
FARJU.
D’un duel entre deux femmes !
C’est bien cola!... Entre deux femmes... Deux rivales... comme en plein Louis XV !
ESTHER, 1 part.
Mon Dieu !
FARJU .
Mais rassurez-vous sur le résultat!... Autre temps, autres armes. Jadis deux grandes dames tirèrent le pistolet au bois de Boulogne pour le duc de Richelieu... Aujourd’hui, on se bat à l’argent... et le marquis de Rupieran’a été que l’enjeu... d’une partie de cartes...
MADAME MOREL, il part.
Ah ! le traître !
SUZANNE. Il Esther.
Ma sœur, qu’as-tu donc?
ESTHER, il Suzanne.
Rien... non, rien !