ACTE IY
pauvre homme était en proie à toutes sortes d’inquiétudes...
MOREL
Et vous osez profiter de sa faute pour vous introduire ici... vous qui, moins que tout autre, à titre de candidat...
FARJU.
Aussi, n’est-cc pas le candidat de l’administration qui se présente ici... mais l’ami de la maison Morel I
MOREL
Notre ami... vous?
FARJU.
Oui... votre ami!... Vous savez, comme le dit la sagesse des nations : On a souvent besoin d’un plus petit que soi... (n essaye de s’asseoir furtivement sur une chaise, en face de Morel.) et, je veux vous prouver...
MOREL, se levant brusquement.
Monsieur, ce n’est ici ni le lieu ni l’heure... mes moments sont comptés...
FARJU, décontenancé.
Aussi, j’irai droit au fait! Hier, le hasard m’a rendu témoin d’une crise de famille... Ce Durosav.
MOREL, se rasseyant.
Monsieur... il n’y a rien de commun entre les affaires de mon ménage et les fonctions qui me retiennent ici ! Encore une fois !...
FARJU. ,
Oh ! pour ce qui concerne vos fonctions, monsieur Morel, je suis tranquille 1... Je n’ai rien ft ajouter à l’éloquence de mes offres... Aussi... comme je suis convaincu qu’en prenant les intérêts de la compagnie... vous avez servi les miens... je venais vous dire... cher monsieur... quele serais heureux de me mettre tout à votre disposition...
LE LUXE
MOREL, le regardant en face, après un silence.
Et pour quoi donc, monsieur?
‘ FAR J Ü
Pour... ces petits embarras de famille...
MOREL
Vous dites?
FARJU.
Je disque vos affaires sont dans litt cruel désordre... Je dis que vous n’étespas au bout de la crise... que la maison est assiégée de créanciers furieux... et que.., profondément affligé de votre situation, je veux vous témoigner ma reconnaissance...
Monsieur Farju... cette reconnaissance est trop hâtive... et, quoi qu’il arrive, je ne la réclamerai point! Je conclurai selon ma conscience... et, fût-ce en votre faveur, vous ne me devriez rien! Maintenant, comme je n’ai plus un instant à perdre... (il lui montre la porte.) je VOUS prie...
FARJU, à part.
J’ai manqué de touche ! (Haut.) C’est bien, je me retire, mon- • sieur... et, conliant dans le mérite de mes offres... c’est à la disposition de madame Morel que je vais... à titre d’ami...
MOREL
Ces paroles sont de trop, monsieur ! Madame Morel, qui m’a tout dit, a reçu mes instructions pour l’acquit de ses dettes... Elle n’aura besoin de personne.
FARJU, près de la porte.
Ah! s’il en est ainsi... j’en suis enchanté! car il en éjail une surtout, d’une nature si... délicate... si périlleuse..,
MOREL, se levant.
Quelle dette? Que voulez-vous dire?