CONCLUSIONS
1° Si la notion de lymphadénie généralisée remonte à Hodgkin (1832) et celle de la leucémie à Bennett et Wirchow (1845), il faut arriver à Trousseau (1856), pour trouver ia première description clinique d'ensemble. Les premiers Ilymphadénomes orbito-palpébraux ont été décrits chez des malades atteints de lymphadénie à généralisations multiples.
2° Le lymphome palpébral peut se voir, soit primitivement, soit comme localisation d’une lymphadénie généralisée (leucémie-lymphoïde, pseudo-leucémie, maladie de Hodgkin).
3° Cliniquement, ces tumeurs sont presque toujours bilatérales et symétriques. Elles peuvent être à point de départ palpébral et envahir secondairement l'orbite, ou au contraire provenir du fond de l'orbite et se propager secondairement à la paupière.
Si le lymphome est uniquement palpébro-conjonctival, comme dans l'observation recueillie à la clinique de M. le Professeur Rollet, on constate un néoplasme palpébral diffus et en nappe avec masses bosselées de consistance dure ou élastique, la con-
jonctive présente un œdème jaunâtre comme à la suite d’une injection sous-conjonctivale.
S'il y a lymphome orbitaire profond, à ces signes s'ajoute une exophthalmie bilatérale avec gêne des mouvements de la paupière et des troubles inconstants de l’acuité visuelle, par compression du nerf optique. Les enveloppes propres de l’œil sont toujours respectées.
4 Ces tumeurs peuvent être considérées comme :
de véritables métastases, se produisant en des points où il n’existe pas de tissu adénoïde à l’état normal. Elles peuvent être comparées aux nodules hépatiques ou intrapulmonaires qui peuvent se développer au cours de la même affection.
5° Histologiquement, ces lymphomes sont constitués par des lymphocytes murs ou des cellules souches (grands lymphocytes), dispersés dans les mailles d’un réticulum conjonctif délicat.
Parfois la tumeur est plus atypique, peut présenter des cellules polymorphes et un réticulum conjonctif plus grossier.
6° Le pronostic est toujours sérieux, non pas tant au point de vue visuel qu’au point de vue général, la tumeur étant le plus souvent secondaire à une lymphadénie généralisée. Néanmoins, avec les agents physiques actuels, les résultats thérapeutiques sont de beaucoup supérieurs à ce qu'ils étaient autrefois.
7° C’est l’analogie de constitution de ces tumeurs avec les lésions constatées au niveau des ganglions en voie de transformation leucémique qui a conduit les auteurs à employer la radiothérapie. Celle-ci,
Es
dans tous les cas de lymphadénome ou de lymphosarcome, a toujours produit une disparition rapide des tumeurs orbitaires ou palpébrales.
Pour ces différentes raisons, nous croyons que le traitement radiothérapique doit constituer la méthode de choix ; néanmoins, le temps manque encore pour pouvoir juger définitivement du pronostic éloigné.
LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, Vu : Et. ROLLET.
LE DOYEN, Jean LÉPINE.
Vu et permis d'imprimer :
Lyon, le 9 Décembre 1922.