‹ Le médicin de l'ouvrier [electronic resource]Chapitre 35 sur 52 · III. — Contusion · texte numérisé non relu

III. — Contusion

On donne le nom de contusion à une lésion des tissus vivants, accompagnée d'extravasion des liquides organiques et produite par une pression directe ou indirecte. Elles peuvent atteindre les différentes parties du corps; mais elles s'attaquent principalement aux articulations.

Les contusions directes atteignent surtout le coude, le genou ou le pied. Elles se reconnaissent à un gonflement plus ou moins considérable de l'articulation, qui présente souvent alors une crépitation particulière, analogue à celle que fait éprouver la boule de neige pressée dans la main. Il faut sou-

vent une grande attention pour ne pas la confondre avec celle qui caractérise la fracture.

Les contusions indirectes sont celles dont la cause a agi plus ou moins loin de la jointure. Nous avons eu souvent l'occasion de constater des contusions de la hanche déterminées par une chute sur les genoux, sur les pieds ou sur le grand trochanter.

Les contusions accompagnent ordinairement les entorses ou les fractures des extrémités osseuses qui concourent à la formation des jointures. C'est pourquoi il est toujours prudent, pour peu que la contusion soit considérable et occupe une articulation, de faire demander immédiatement un chirurgien, car il peut exister des désordres auxquels un homme de l'art seul est capable de parer.

Dans tous les cas, et en attendant l'arrivée du chirurgien, on se conduira comme si Ton avait à faire à une contusion ordinaire. On tiendra la partie contuse dans le repos le plus complet : les fomentations d'eau froide, d'eau de Goulard ou d'eau ammoniacale comptent des succès.

Mais nous préférons, et nous conseillons principalement, surtout si la contusion est étendue et profonde, et l'épanchechement sanguin considérable, l'usage de cataplasmes émollients jusqu'au moment où la peau revêt ce caractère propre à celle des mains de lavandières, et nous les remplaçons alors par des compresses imbibées d'une solution concentrée de carbonate de potasse, qu'il faut continuer jusqu'à ce qu'elles se teignent en jaune. La contusion est alors guérie et une friction légèrement stimulante suffit pour rendre à l'organe qui a été contus les mouvements dont il s'était un moment vu priver.

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