‹ le magan d'antiquitesChapitre 1 sur 28 · LIBRAIRIE HACHETTE ET G · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE HACHETTE ET G

79, BOUUYARD SAINT-aïaMAlM 79 -

CFOXrcRO

LE

CHAPrrBE PBEMIER.

Au moment où nous sommes arrivé ,. non-seulement nous pouvons prendre le temps de respirer pour suivre les aventures de Kit, mais encore les détails qu'elles présentent «^accordent si bien avec notre propre goût, que c'est pour nous un désir comme un devoir d'en retracer le récit.

£it, pendant les événements qui ont rempli les quinze derniers chapitres, s'était, comme on pense, familiarisé de plus en plus avec M. etmistress Garland, M. Abel, le poney. Barbe, et peu à peu il en était venu à les considérer tous, tant les uns que les autres, comme ses amis particuliers, et Âbel-Gottage comme sa propre maison.

Halte I Puisque ces lignes sont écrites, je ne les effacerai pas; mais si elles donnaient à croire que Kit , dans sa nouvelle demeure où il avait trouvé bonne table et bon logis , commença à penser avec dédain à la mauvaise chère et au pauvre mobilier de son ancienne maison, elles répondraient mal à notre pensée , tranchons le mot, elles seraient injustes. Qui, mieux que Kit, se fût souvenu de ceux qu'il avait laissés daçs cette maison, bien que ce ne fussent qu'une mère et deux jeunes enfants? Quel père vantard eût, dans la plénitude de son cœur, raconté plus de hauts faits de son enfant prodige , que Kit ne manquait d'en raconter chaque soir à Barbe, au sujet du petit Jacob? Et môme, s'il eût été possible d'en croire les récits qu'il faisait avec tant d'emphase, y eut-il jamais une mère comme la mère de Kit, du moins au témoignage de son fils, ou bien y eut-il jamais autant d'aisance

Ll MaGASIK D'AKTXQUITiS. — U 1

s LE MAGASIN D'ANTIQUITÉS

au sein même de la pauvreté, que dans la pauvreté de la familk de Kit?

Arrêtons-nous ici un instant pour faire remarquer <jue, si h dévouement et raffection domestique sont toujours une chose charmante, nulle part ils n'offrent plus ée charme cge chez les pauvres gens. Les Kens terrestres qui aitaehsnt à wr famille les ridies eit les orgueiSleux sont trop souvent de mauvais aloi; * mais ceux qui- attachent le pauvre à son humble foyer sont, de bon métal, et portent l'estampille du ciel. L'homme qui descend de noble race aime les murailles et les terres de son héritage comme une partie de lui-même, comme des insignes de sa naissance et de son autorité ; son union avec elles est Tunion triomphale de Forgueil 0l4Ie la rtdhesse. t'^^tt^chement du pauvre à ia terre qu'il tient à ferme, que des étrangers ont occupée avant Iviiv et jque d'aul^)^ ocgj^eront pewt^ti^ d«Qvûn i <a des racines plus profondes et qm descendent plus avaat 4aB8 un ^ol plus pur. Ses bi^ns de famille Bont de chair «et de S93g; encunailiage d'argent m d'or aoie s'j mêle; il n'y entre pas de pienses précieuses; le pauvre n'a pas d'autre propriété qjajè les affectkms de uon pœur; et lorsque, mal vâtu, znal jBAurrl« accablé de travail, il est forcé de se tenir sur uniK)l froid, eisti» des murailks imhis, cei hoxame reçoit directement 4e Diieu ktHWKême ji'aakour qu'il ^ouve pour sa maison , ^ oa lieu 4e soniEraiMe devint pour lui lUDL asile siLcré*

Ohl si les honmies qui règlent le sort des xtttieBe songeaMat seulement 4 cela; s'ils se dieaieiit comUeu il a dA en coûter aux pauvcesfe&spcMir engendrer dasis leur eosur cet amour du fojrer, eource de toutes h» vertus domeetiquee, lonqu'él leur ûiut vivre eE nne agglomén^o» «sirée et miâéreile^ où toute ^xonvenaa^e sociale disparal^^i jaêm^^Ue e jamais esiaté; s'ite Aétouriuieiit ^urs regai4e des yastee x^oes et dee grandes aaaisone pour ies porter enr les luèitations délebrées, dans les luellee écartées qCl la Pauvreté seule peut passer; bîea des toits himi34M dîraÂent mieux la vérité au eiel que ne peut le faine le plos haut doeher qui, les raiilsmt par le contraste, e'élèv^e du sein de la turpitude, du crime et 4e l'aDgeiese. Cette vérité, des voix sourdes €t étoufféee la pr^ôcfaent chafoe jour, cit l'ont prodamée depuis bieii 4es aiiBuées, enx northeiases à 2'li6pital, .diBs les prisons* Ce A'est pas un sujet 4e médiocre înq^ortaiice, oe n'est f)fts snn^ment la clameur des classes laborienses, ce a'ost pas pour 1#

peuple we pw^a queçtioji de S93aU at de ^ien-étr^'jg^i pwee être livrée aux sifflets dans les .npi^ées parlementaire* liwxov^ du payi natt de T^ujaQur du foj^T] ^t que)^ s^ut, d^ns U» te^ps de ji^rise, les plus vrais patriotes, de ceuj <[ui yé^èreut le sol uatal, euz-iujâ^e9 propriétaires de ses bois, de ses eaux, de ces terres, de to]ut ce qu'il produit, ou de ceux qui cbérisseuf leur pays sans |>ouyoif J»e vanter de posséder un pouce di? "terrain ^ur loute sa Vaste étendui^?

Kit ne s'occupait guère de ces questions ; il lie Toy^t qijL'uiie c];ioafw c'est que son ancienne maison était pauvre, et la npuveUe bien oifiTérente; et cependsoit, il reportait constamment ;5es ringards en arrière avec une reconnaissance pénétra, ^vec Tniquiétude de raffection, et souvent il dictait de grandes lettres pour sa niére ot f plaçait un sdielliog , ou dix-huit pence, ou d'autree petites douceurs qu'il devait à la libéralité^ dç M. Abe). P^r{9is, lorsqu'il venait dans le voisinage, il avait la faculté d'entrer vite chez sa mhre. Quelle joie, quel orgueU rf;9^uta^t nûstress Nubbles 1 avec quel tirage le petit Jacob et lie poupon exprimaient leur satisfaction t Jusqu'au};: h^bitanl^ ^ squar^, qui venaient féliciter cordialement la fypï)lle ,de Kit > écoutant av^c admiration les récits du jeune homme »vix Abe.l'<!!ptt^e , dont ils ne se lassaient pas d'entendre v^mtf r ]bs fftory/sille #t ]a magtûficeBbce.

Bien que Kit jouît d'une haute .laveur Auprès, de la TÎ^Ule d»me, de M. Garland, 4'Abel et de Barbe, il est certsijln qu'aucun membre de la famille ne liû témoignait plus ie sympathie |Die l'opiniâtre poney ; celui-ci, le plus obstiné, Ip plu^^ojiont^ii;^ pfjyt* être de tou^ jles poneys du monde, était entre les main^ de kit le plus doux ^ le plus facile d^ to]i|s le^ animaux. H est vr^ qu'à proportion qu'il devenait plus docile vis-à-vis de Kit > jil Revenait de plus en plu« difflcile h gouverner pour toujbe autre personne , isonune s'il avait résolu de maintenir Kit dans 1^ i%r mille à tous rieques ^et has^urds. Il est vrai qu^, même .4(0U9 Ja direction de son favori, il se livijait parfois à une grande variété de boutades et de cabrioles, à l'extrême déplaisir des nerfis delfi vieille dame ; mais comme Kit représentait toujours ^e .c'était; chez le poney une simple marque d'enjouement, ou une manière de montrer son zèle envers ^^ maîtres, mistress Garlfin^ ûoi^ par adopter cette opijdon;bien plus, par s'y atii;ach.er iiéljiement^ que si, dans un de ses accès d'humeur CoUe^ 1^ poney avait ren-

yersé la voiture, elle eût juré qu'il ne l'avait fait que dans les meilleures intentions du monde

En peu de temps , Kit avait donc acquis une habileté parfaite dans la direction de l'écurie ; mais il ne tarda pas non plus à devenir un jardinier passable, un valet de chambre soigneux dans la maison, et un serviteur iadispensable pour M. Abel qui, chaque jour, lui donnait de nouvelles preuves de confiance et d'estime. M. Witherden, le notaire, le voyait d'un bon œil; M^ Chukster lui-même daignait quelquefois condescendre à lui accorder un léger signe de tête, ou £ l'honorer de cette marque r particulière d'attention qu'on appelle c lancer un clin d'œil, » ou à le favoriser de quelqu'un de ces saints qui prétendent à l'air affable, sans perdre l'air protecteur.

Un matin, Kit conduisit M. Abel à l'étude du notaire , comme ' cela lui arrivait souvent; et, l'ayant laissé devant la maison, il allait se rendre à une remise de location située près de là, quand M. Chukster sortit de l'étude et cria : c Whoa-a-a-a-a-a I » appuyant longtemps sur cette finale, afin de jeter la terreur dans le cœur du poney, et de mieux établir la supériorité de l'homme sur les animaux, ses très-humbles serviteurs.'

c Montez, Sno6, dit très-haut M. Chukster s'adressant à Kit. Vous êtes attendu là dedans.

— M. Abel aurait-il oublié quelque chose? dit Kit, qui s'empressa de mettre pied à terre.

— Pas de question, jeune Snob; mais entrez et voyez. Whoa-a-al voulez-vous bien rester tranquille II. . Si^ce poney était à moi, comme je vous le corrigerais t

— Soyez très-doux pour lui, s'il vous plaît, dit Kit, ou bien il vous jouera quelque tour. Vous feriez mieux de ne pas continuer à lui tirer les oreilles. Je sais qu'il n'aime pas ça. >

M. Chukster ne daigna répondre à ce conseil qu'en lançant à Kit avec un air superbe et méprisant les mots de c jeune drôle, > et en lui enjoignant de détaler et de revenir le plus tôt possible. Le c jeune drôle i obéit. M. Chukster mit les mains dans ses poches, et affecta de n'avoir pas l'air de prendre garde au poney, et de se trouver là seulement par hasard.

Kit frotta ses souliers avec beaucoup de soin , car il n'avait pas perdu enpore son respect primitif pour les liasses de papiers et les cartons, et il frappa à la porte de l'étude que le notaire en personne s'empressa d'ouvrir.

1 ft

cAhl trè^-bien!... Entrez, Christophe, dit M. Witherjen.

— C'est là ce jeune homme? demanda un gentleman âgé . mais encore robuste et solide, qui était dans la chambre.

— Luir-môme, dit M. Witherden. C'est à ma porte qu'il a ren-> contré mon client, M. Garland. J'ai lieu de croire que c'est un brave garçon, et que vous pourrez ajouter foi à ses parbles. Permettez-moi de faire entrer M. Abel Garland, monsieur, son jeune maître, mon élève en vertu du contrat d'apprentissage, et, de pluS) mon meilleur ami. Mon meilleur ami , monsieur , répéta le notaire tirant son mouchoir de soie et l'étalant dans tout son luxe devant son visage.

— Votre serviteur, monsieur, dit l'étranger.

'■^ Je suis bien le vôtre, monsieur, dit M. Abel d'une voix flûtes. Vous désirez parler à Christophe, monsieur?

— En effet, je le désire. Le permettez-vous?

— Parfaitement.

— L'afEaire qui m'amène n'est pas un secret, ou plutôt, je veux dir^^ qu'elle ne doit pas être un secret ici , ajouta l'étranger en remarquant que M. Abel et le notaire se disposaient à s'éloigner. Elle concerne un marchand d'antiquités chez qui travaillait ce garçon, et à qui je porte un profond intérêt. Durant bien des années, messieurs, j'ai vécu hors de ce pays, et, si je manque aux formes et aux usages, j'espère que vous voudrez bien me le pardonner.

— Vous n'avez pas besoin d'excuses, monsieur, dit le notaire.

— Vous n'en avez nullement besoin, répéta M. Abel.

— - J'ai fait des recherches dans le voisinage de la maison qu'habitait son ancien maître, et j'ai appris que le marchand avait eu ce garçon à son service. Je me suis rendu chez sa mère , qui m'a adressé ici comme au lieu le plus proche où je pourrais le trouver. Tel est le motif de la visite que je vous fais ce matin.

^- Je me félicite, dit le notaire, du motif, quel qu'il soit , qui me vaut l'honneur de votre visite.

— Monsieur, répliqua l'étranger, vous parlez en homme du monde; mais je vous estime mieux que cela. C'est pourquoi je vous prie de ne point abaisser votre caractère par des compliments dé pure forme.

— Huml gronmiela le notaire ; vous parlez avec bien de la franchise, monsieur.

— Btj 'agis de même , monsieur. Ma longue absence et mon

ineicpérience m'aménéitt à cette conclttsioû : gué, si la ff anchîse en paroles est rare dans cette partie da xncnide, la fraïKchiàe en action y eât pitts rare encçre. Si mon langage ifcfUÉdhùqué, tààU' sieur, f espéré que ma coiictuite, quand ioxtU me corlmàila^et, me fera trouver grâce à YôS jexoi. *

M. Witherden parut nti peu.décotreèHié par la toiiniuré qtie le vieux gentleman donûait à la conversation. Qti&nt à Kit, i( regardait l'étranger avec ëbahissemeni et la bouche ou^ei^e, de demandant quelle soHe de discours il allait lui àdi'esser k M, lorsqu'il parlait si librement , si franchement à un ndtaii'e. Ce fut cependant sans dureté , mais avec une sotte As Vivacité et d'irritabilité nerveuse que Tétranger, s'étant tourné ters Kit, * lui dit : •

c Si vous pensez, mon garçon, que je j^mtrsuis ces i^edhef-^ ches dans un autre but que de trouver ei de servir eeâz ^e je désire rencontre^ , vous me faites injure , et vous vous faites illusion. Ne vous y trompée donc pas, mais fiez-vons^ k moi. Le fait est , messieurs , ajouta l'étranger , se tournant vers le notaire et son clerc, que je me trouve dans une position pénible et inattendue. Je me vois tout à coup arrêté , paralysé dans l'exécution de mes projets par un mystère que je ne puis péné« trer. Tous les efforts que j'ai faits à cet égai'd n'ont Séfri qu'à le rendre plus obscur et plus Sombré; j'ose à peine fravàillel' ouvertement à en poursuivre l'expfîcation, de peut que ceti que je recherche avec anxiété ne fuient encore plus loin dé moi. Je puis vous assurer que, si vous me prêtez assistance, vous n'aurez pas lien de le regretter, surtout si vous saviez combien j'ai besoin de votre concours, et de quel poids il me délivrerait. % ^

Dans cette confidence, il y avait un ton de simplicité qui pré* voqua une prompte réponse du br^ve notaire. Il S'empressa àà dire, avec non moins de franchise, que l'étranger ne S'était pas trompé dans ses espérances, et que, pour sa part, s^il pouvait lui être utile, il était tout à son service.

Kit subit alors un interrogatoire, et fut longuement questionné par l'inconnu sur Son ancien maître et sa petite-fille, eur leur genre de vie solitaire , leurs habitudes de retraite et de stricte réclusion. Toutes ces questions et toutes les réponses pàp* tèrent sur les sorties nocturnes du vieillard, sur l'existence iso^ lée de l'enfant pendant ces heures d'absence, sur la maladie âtz grand-père et sa guérison, sur la prise de possession de la maison

Ll MAGASIN frANTIQtJlTaS. 7

par Quilp, et snr la disparition aouiiaine du Vieillard,et de Nelly . Finalement, Kit apprit ati genfleman qnela maison était à loner, et que rëcriteffit placé an-dessns de la porte renvoyait pour tons renseignements à M. Samson Brass, procnrenr, à Bevis Marks, leqnd donnerait pettt-étre de pins amples détails.

— JTai peur d'en 6tre ponr mes frais, dit le gentleman^ qni seoona la tète, le demeure dans sa maison.

— Yons demeurez ohez Tattomej Brass f ... s'écria M. Wittier^ àsB. tm peu snrpriiit, car sa profession le mettait en rapport avec le proenreor : û cotmalssait Thommë.

— Oui, répondit Tétrangef , depuis (|txet({Ues jours U lecttire de Fécriteau m'a déterminé par hasard à prendre un appartement chez lui. feu m'importe le Heu où je demeure; mais fespérais trouver là qpiel^es indicatioûs que Je ne pourrais trou-^ ver ailleurs. Oui, je demeure che2 Brass, à ma boute, n'e$t-ce pasf-

'— Mon Dieu f dît le notaire en levant les épaules, c'est une question délicate : tout ce que je sais, c'est que Brass passe pour un homme d'un caractère douteux.

— Douteux f répéta TétrangerJ Je suis charmd Rapprendre: qu'il y ait quelque doute à qet égird. Je supposais que l'opinidii était fixée depuis longtemps sur ce personnage. Mais me per^. mettriez-vous de vous dire deul ou trois mots en particulier? i

M. Wîtiberden y consentit lis entrèrent dans le cabinet du notaire, où ils causèrent un quart d'heure environ ; après quoi, ils revinrent à l'étude. L'étranger avait laissé son oliapeau dans le cabinet de M. Witherden, et semblait s'être posé sur un pied d'amitié pendant ce court intervalle,

€ Je ne veux pas vous retenir davantage, dit-tl à Kft en lui mettant un écu dans la main et dirigeant un regard vers le notaire. Vous entendrez parler de moi. Mais pas un mot de tout ceci, sinon à votre maître et à votre majitreâse.

— Ma mère serait bien contente de savoir.... dit ^t eu hésitant.

— Contente de savoir quof f

— Qttelque chose....^'agréabIe pour mls$ ïfelly.

<-^ En vérité T... Eh bien, vous pouvez l'en instruire si elle est capable de garder un secret. Mais du reste songe^-y, pas ur mot de ceci à aucune autre personne. N'oubliez point mes recommandations. Soyez discret.

n LE MAGASIN D'ANTIQUITÉS.

— Comptez sur moi, monsieur, dit Kit. Je vous remercie, monsieur, et vous souhaite le bonjour. :i

Le gentleman, dans son désir de bien faire comprendre à Kit qu'il ne devait parler à personne de ce qui avait eu lieu entre eux, le suivit jusqu'en dehors de la maison pour lui répéter ses recommandations. Or, il arriva qu'en ce moment M. Richard Swiveller, qui passait par là, tourna les yeux de ce côté et aper^ çut à la fois Kit et son mystérieux ami.

C'était un simple hasard dont voici la cause. M. Chukster, étant un gentleman d'un goût cultivé et d'un esprit raffiné, appartenait à la Loge des Glorieux Apollinistes, dont M. Swiveller était président perpétuel. M. Swiveller, conduit dans cette rue en vertu d'une commission que lui avait donnée M. Brass et apercevant un membre de sa Glorieuse Société qui veillait sur un poney, traversa la rue pour donner à M. Chukster cette fraternelle accolade qu'il est du devoir des présidents perpétuels d'octroyer à leurs cosociétaires. A peine lui avait-il serré les mains en accompagnant cette démonstration de remarques générales sur le temps qu'il faisait, que, levant les yeux, il aperçut le gentleman de Bevis Marks en conversation suivie avec Christophe Nubbles. " ^

c Oh ! oh ! dit Richard, qui est là?

— C'est un monsieur qui est venu voir mon patron ce matin, r^ondit M. Chukster ; je n'en sais pas davantage, je ne le connais ni d'Ëvé ni d'Adam.

-«Au moins, savez-vous son nom?j

A quoi M. Chukster répondit, avec l'élévation de langage par* ticulière à un membre de la Société des Glorieux Apollinistes, qu'il voulait être « éternellement sanctifié 3 s'il s'en doutait seulement.

c Tout ce que je sais, mon cher, ajouta-t-il en passant les doigts dans ses cheveux, c'est que ce monsieur est cause que je suis debout ici depuis vingt minutes, et que pour cette raison je le hais d'une haine mortelle et impérissable, et que, si j'en avais le temps, je le poursuivrais jusqu'aux confins de l'éternité. :i

Tandis qu'ils discouraient ainsi, celui qui faisait le sujet de leur entretien et qui, par parenthèse, n'avait pas paru reconnaître M. Richard Swiveller, rentra dans la maison. Kit rejoignit les deux causeurs ; M. Swiveller lui adressa sans plus de uccès des questions sur l'étranger.

LE MAGASIN D'ANTIQUITfiS. ^

c C'est un excellent homme, monsieur, dit Kit ; <^e8t tout ce que j'en sais. :i

Cette réponse redoubla la mauvaise humeur de M. Chukster qui, sans faire d'allusion directe, dit en thèse générale qu'on ferait hien de casser la tête à tous les Snobs et de leur tortiller le nez. M. Swiveller n'appuya pas cet amendement; mais au bout de quelques moments de réflexion, il demanda à Kit quel chemin il suivait, et il se trouva que c'était précisément la direction qu'il avait à suivre lui-même; en conséquence, il le pria de le prendre un peu dans sa voiture. Kit eût bien volontiers décliné cet honneur ; mais déjà M. Swiveller s'était installé sur le siège à côté de lui : il n'y avait donc pas moyen de le refuser, à moins de le jeter par terre. Kit partit rapidement, si rapidement qu'il coupa en deux les adieux du président perpétuel et de M. Chukster qui éprouva l'inconvénient de sentir ses cors écrasés par l'impatient poney.

Gomme Whisker était las de se reposer , et comme M. Swiveller avait l'attention de l'exciter encore par des sifflements aigus et les cris variés du sport, ils allèrent d'un pas trop vif pour pouvoir causer d'une manière suivie ; d'autant plus que le poney, stimulé par les semonces de M. Swiveller, se j^rit d'un goût particuHer pour les lampadaires et les roues de charrette, et montra un violent désir de courir sur les trottoirs pour aller se frotter contre les murs, de briques. Us ne réussirent à parler qu'en arrivant à l'écurie, et quand la chaise eut été tirée à grand'peine d'une étroite entrée de porte où le poney s'était introduit avec l'idée qu'il pouvait prendre par là pour arriver à sa stalle habituelle.

c Rude besogne 1 dit M. Swiveller. Que pensez-vous d'un verre delière? :t

Kit refusa d'abord , puis il consentit , et ils se rendirent ensemble au cabaret le plus proche.

c Buvons, dit Richard en soulevant le pot couvert d'une mousse brillante, buvons à la santé de notre ami.... n'importe son nom.... qui causait avec vous tout à l'heure, vous savez.... je le connais. Un brave homme, mais excentrique, très-excertrique.... à la santé de M.... je ne sais pas son nom I... »

Kit fit raison au toast.

« Il demeure dans ma maison, reprit Dick, du moins dans la maison où se trouve la raison sociale dont je suis solidaire.

LE MAGASIN WAÏÏTIÛt^IÏES.

C'est un original peu Commode et qp^ii n'esri pas faeilo de fàin parler; mais c'est égal, nous Taimonstous, oui, yriiraeBt, je TOUS assure.

— n faut que je parte; moûsieiif , «"il tims plâll, dit Kit qui fit un mouvement pour s'élofgûér.

— Pas si vite, Christophe ,^ bnyofts à totre Ésèrtf^

— Je vous remètcie, mon^eilt.

^ C'est une excellente femmef t^pé ^ùM inèM, GliristGPiKke^ Oh, les mèreâ f Qui est-ce qui cûtmit poitf tM ttliffef quand je tombais et Baisait la place pottr me gtiêtvtf Ma mère* Une femme charmante aussi î... Cet homme p^àtif géûén^x. Nous Teogagerons à faire quelqtte chose pùùr Vot^ef tetir^, ta CoftuiiW il, Christophe ? :i

Kit secoua la tête, et âyaitt viveihef&t feméi^é du Mgsrd le questionneur, il s'échappa avant que celui-^ ptl prùîéiBf Mtà mot de plus.

c Hum! dit tt. Stvivelîer a]^é^ i^éfiexioit, ead eirt étrange. Rien que des tnystètes dansr la maison de Brasil. Cepettdaiii je prendrai conseil de ma raison. Jûi^qu'â |>réélent f^t et dbfleoB a été admis à mes con^dence^ mais maintenàfii j0 pêtm qna je ferai bien ié n'agir que {)ar moi-même. €f est étlfatige,- Uni étrange, i

Après de nouvelles réflexions faitei^ d^tm air de {yrofonde èa-» gesse, M. Swiveller avala quelques stutres verrëft dèf Mè]^e; puis appelant un petit garçon qni Savait sei^ti, il verÉA'd^axftlui sur le sable, en guise de libation, le peti de goitttes qtd restaient, et lui ordonna d'emporter an comptoir, avec toilu deâ cooifiliments, les verres vides, et pardessus toutes ohoëeé de meneir une vie sobre et modérée en s'absteûairi iëi litt^mtë etdtantes et enivrantes. Lui ayant donné pour sa peine ce morceau de moralité, ce qui, selon sa remarque sage, valait bien mkux qu'une pièce de deux sous, te président perpétuel dés Glorieiix ApoUinistes mit les mains dans ses poches et s'en aUa comme il était venu, toujours songeant.

LS UAGABIH FAHTIQXIITES. U

CHAPITRB n.

Tonte cette' jottmée, qtioiqifi) état âttMidre lïL Abel jusqn^iu soir, Kit s'abstmt d'aller toii* sa mère, bieâ décidé k ne pa£f anticiper le moine du monde sur les plâÈisir» du lendaHaiii, mais à laisser venir ce fiât d^ déliceaf. Car le lendemain devait 6tre le grand jour, le jour si érttendu qpà Ut^ époque dans sa vie; le lendemain était le terme de son premier quartier^ o^étali le jour où il recevrait j^our la première foîiS la ({uatHème partie de ses « gages annuels de éii^ Imés , repréieitté« |tar la forte soittme de trente sehellings; le lèÉdemain serait Un }€»&t de congé oMisaoré à un tourbillon d'amusenientâ , et oti le petU Jacwb apprençbait quel goût ont les huîtres et eè que e^esi que le speetacle.

tJne quantité de circoàstàneeâ beufeuiies (àTorisaieià ses projets r non-setilement M. et miàt]i^eds Garland hii avaient annoneé d'avance qu'ils ne déduiraient rien de cette forte somme pour ees fraiiS d'équipement, m&is qu'ils lui femétfraieiit ladite sommd intégralement et dàne é& vaste étendue | non'*seukm0nt le gen* tleman inconnu avait augmenté son fonds d'une somme de dnq scheCings, qui étalent Une bonne aubaine et un véritable oomp de fortune; non-seulement il était sUrtenuunefofule de choses heo* rdusea sur lesquelles pètÉGMie n'eût pu compter dans sels oaleiilf ordinaires ou même lettf pius ambitieux, mais eUoeire s'était ausai le quartier de Barbe f Ctd , ce même jour le quartier de Barbe I et Barbe avait un tôû^ aussi bidn que Kit, el la mère 4e Barbe devait être de la partie, elle devait prendre le thé atee la mère de Kit pour faire éoûnaiisanae avec ellef

Ce qu'il 7 a de cérti^ , 6^eai que Kit regarda fréquemment à sa fenéire dés le point du jour pôUf voir quel ehemin suivaient les nuages ; ce qu'il y a de certain « (/est 4ti6 Barbe se fût mîae également à la sienne al eSè n'eût veillé très^tard à empeser et repasser de petits môrceauiÊ de mouasdline , à les plisser et aies coudre sur d'autres morceaut, le tout deatiné à former un nur gniûque ensemble de toilette pour le lendemain* Mais tous deu^ forent prêts de bonne heure avec un très*médiocre appétit pouv le déjeuner et moins encore pour le dtner, et il» étaient dans

une vive impatience quand la mère de Barbe arriva en s'eztasiant sur la beauté du temps (ce qui ne Tavait pas empêchée de se munir d'un grand parapluie , car c'est un meuble sans lequel les gens de cette catégorie sortent rarement aux jours de fête) , et quand oii sonna pour les avertir de monter l'escalier pour aller recevoir leur trimestre en or et en argent.

Et puis M. Garland ne fut-il pas bien bon quand il dit :

c Christophe, voici vos gages, vous les avez bien gagnés?! Et mistress Garland ne fut-elle pas excellente quand elle dit : c Barbe, voici ce qui vous revient; je suis très-contente de vous?:i Et Kit , comme il signa son reçu d'une main ferme ! Et Barbe , comme elle tremblait en signant le sieni Et comme il fut intéressant de voir mistress Ga|rland verser à la mère de Barbe un verre de vin , et d'entendre la mère de Barbe s'écrier : c Dieu vous bénisse, madame, vous qui êtes une si bonne dame; et TOUS aussi, mon bon monsieur. A votre santé. Barbe, moucher amour. A votre santé, monsieur Christophe. :i Elle resta aussi longtemps à boire que si son verre avait été un vidrecome; et, ses gants aux mains, elle regardait la compagnie et causait gaiement; mais c'est quand ils furent tous sur l'impériale de la diligence, qu'il fallait les voir rire à cœujr joie en repassant tous ces bonheurs et s'apitoyer sur les gens qui n'ont pas de jour de congé!

Quant à la mère de Kit, n'aurait-on pas dit qu'elle était de bonne famille et qu'elle avait été tpute saf vie une grande dame? Elle était sous les armes pour les recevoir avec tout un attirail de théière et de tasses qui eût brillé dans une boutique de porcelaines.' Le petit Jacob et le poupon étaient si parfaitement arrangés , que leurs habits paraissaient comme tout neufs, et Dieu sait cependant s'ils étaient vieux. On n'était pas assis depuis cinq minutes, que la mère de Kit disait que la mère de Barbe était exactement la personne qu'elle s'était figurée; U mère de Barbe disait la même chose de la mère de Kit ; la mère de Kit complimentait la mère de Barbe sur sa fille , et la mère de Barbe complimentait la mère de Kit sur son fils ; Barbe elle-même était au mieux avec le petit Jacob; mais aussi, jamais enfant ne sut mieux que celui-ci accourir quand on l'appelait, ni se faire comme lui des amis.

c Et dire que nous sommes veuves toutes les deux, dit la mère de Barbe. Vrai 1 nous étions néçs pour nous connaître

— - Je n'en doute nullement, répondit mistress Nubbles. Et combien je regretterque nous ne nous soyons pas connues plus tôtî

— Mais, dit la mère de Barbe , il est si doux que la connaissance se fasse par un fils et une fille 1 Gela fait plaisir complet; n*est-il pas yrai? j

La mère de Kit donna un plein assentiment à ces paroles. Toutes deux, remontant des effets aux causes, remrent à leurs maris défunts, dont elles passèrent en revue la vie, la mort, l'en* terrement ; elles comparèrent leurs souvenirs , et découvrirent , diverses circonstances qui concordaient avec une exactitude surprenante; par ^'exemple , que le père de Barbe, n'avait vécu que quatre ans dix mois de plus que le père de Kit; que Tun était mort un mercredi et l'autre un jeudi ; que tous deux étaient de bonne façon et de bonne mine, sans compter d'autres coïncidences extraordinaires. Ces souvenirs étant de nature à jeter un voile de tristesse sur la gaieté d'un jour de fête, Kit ramena la conversation à des sujets généraux , comme la beauté merveilleuse de Nell, dgnt il avait parlé à Barbe plus de mille fois déjà. Mais cette circonstance fut loin d'exciter chez les assistants l'intérêt que Kit avait supposé. Sa mère dit môme, en regardant Barbe en même temps, par hasard sans doute, que miss Nell était assurément fort jolie , mais que ce n'était qu'une enfant, après tout, et qu'il j avait bien des jeunte femmes aussi jolies qu'elle; Barbe, de son côté, fit observer doucement qu'elle pensait de même et qu'elle ne pouvait s'empêcher de croire que M. Christophe fût dans Terreur; assertion contre laquelle Kit se récria, ne concevant pas queHe raison elle avait de douter de >ce qu'il disait. La mère de^ Barbe dit aussi qu'on voyait souvent une jeunesse changer vers quatorze ou quinze ans, et après avoir été d'abord très-belle , devenir tout à coup très-ordinaire; vérité qu'elle appuya d'exemples mémorables. Elle cita entre autres un maçon de grande espérance , qui même avait eu pour Barbe des attentions suivies, mais Barbe n'y avait pas répondu , et vraiment , quoiqu'elle ne voulût pas la contrarier là-dessus, elle ne pouvait pas s*empêcher de dire que c'était dommage. Kit fut de l'avis de la mère, et il le disait sincèrement, s'étonnaOït de voir Barbe devenir toute, sérieuse dépuis ce temps-là , et le regarder comme pour lui dire qu'il aurait aussi bien fait de se taire.

Ik IB MAGA»m O'AHTIQUltES.

G^endant Thauro était amvéo 4« «onger jw ^oela^lQ, ponij lequel on ayaU f ail de grands préparatifs 0t ehâlas et ch»^^^, sans compter un mouchoir plein d'oranges et un autre rempli de pommes qu'ils /^ireat quelque pei049 à s^uer, wr $es fruits r^eli/ea cfaieal um^ jbs&daïuie à s'écltapp^r j^ les coins, Es&i, tout étant prêt, ils partirent d'un bon pas. lia mdre4e Kit te^ naît à la lOftim le ^m iM^ des eolanits qui étdit terriblement éTeillé ; Kit conduiwt U petit Jacobet donnait le bias à Barbe; ce qui (mût dire aux Âmx. màrm .qui Tenaient par derrière qu'ils «emblaisDjt tous Ae im% q«'uAe .seule et n^me ûnaiils* Barbe rougît et s'écria < f Finissez done^ mamm>9 Mais Kit lui dit qu'elle ne deFail; pas se mêler de iO» ^pB disaient ees dames; et en Yiér^é eUe eài aussi bien fait de ne pas j pnBudjt^ garde, si elle «ftt su combien il était loin de songer à lui faire la cour. Pauvre Barbe i

Ed^,, ils arriyèrâiit au théâtre 4 lO^itait le cii^que d'Astkf* à. peine fie tnounûent-iis depuis deux minutes devant la porte fexmée «noore, ^e le petit Jacob fii^ rudement pressé, que la poupon re^t i^sieurs meurtrissures , que le pa^re^luie de k mère de BêxhA £ut ûuporté i vingt pas et lui «vint par*4e66U« les dpa^âes de la lonle, que Kit frappa nn individu sur ^a tête av«c k moiu6]^oir rem^^ de pommes , pour ttroir poussé viniem» ment aa mdre^ et qu'iJ «'éleva à ce fiujet ?jme vive roasieur. Mais kuraqu'ik eurent passé le contrôle et se ûii^ent Ira jé un chraoi^i au péril de leur vie , avee lenrs contre^marquies k la main ; lora» qu'ils furent bel et }>ien dans la aaile, assis à des places aussi bonnes que s'ils h^ eussent retenues d'avance, tou4^ les fati» gués précédentes fur^t cenaidérées comme un jen , peutrétre même eonpie une partie assenUelle des plaisirs du speotacle«

Mon Diéul moauBieu J qu'il leur parut l}eau, «e tlûéâtre d'As» tley I avec ses peintures, aes dorures, «es glaces, avee la wu^ gue odeur de chevaux qui faisait pr^ss^sitir les merveilles donft on allait jouir; avec le rideau qui cachait de si prodigieux mys** tères, la scîure de bois blanc fraîchement amenée d&ns le eirqoe, la Isnle entrant et prenant ses places , les nmsiciens qui ^ragar^ daient les spectateors avee indifférence tout en accordant leurs instruments , eomme s'ils n'avaient pas besoin de voir le Bpee«» tacle pour commencer et eoimne ^'Î3a savûmt la pièoe pmt cœur! Quel éclat se répandit partout autour d'eux lorsque èa longue et lumineuse rangée des quini^uets de la rampe monta

leDtem^tt ^ quoi traAftport ^iébrile qxmà U petite aomiette retetitil #1 goe TorclieBtri» attaqua T^yemont rouyertore avec roulement de tambours et accompagnement harmonieux de triangle 1 La mère de Barbe dit avec raison à la mire 4e Kit que la galerie 4b9it l«i meilleur «ndroit p^ii^ ^ài^ yoîv, ^ s'étioxma de ce qua les piaces n'j eû&taiesit pas be^uooup plus cher que celles des logen. DaQS Vez^ de «091 plai^ir.| Barbe m payait 9i eUe de- ,7«t rire <»u j^mr^,

Et lip ^;)e(^^e 4oac, œ lui bien autr^ cho^l Les ^heyau^, jçoe le petit Jaoob pecounut tout 4ç suite pour être en yi^ ; et les jdames et le» mesBiem»» i la réalité desquels rien ne put jamais .le £aim <:ar0iDe, parc0 fu'il n'ayait rien yn ni entendu de ^ yie iqui leur xe«5 wbU^ ; Im pi^as d'artiâce qui firent fermer les jeoK à Baxi)ie ; te Pâme abandonnée; q ui la $t plenrer ; le Tjran, jqui la fit ftp^ûder; J'^nm^ ^ 4i^^f^ nne idianson ayec la suiyante de la Dan# «t danaa a^ ?e&aii^9 4» gui fit rire Barbe; le poney qui se dressa mr ses jambes df derrière 9 à l'aspect du meurtrier, et ne yoxdi:^ pas marcb^er sur aes quatre pied!s ayant que le coupable eût <ét(é arrêté; )^ QWvnquii^pemuit à^ familiarités ayec le militaire en bottes à l'ëcnjèi^ ; la Daume qui e'é- Jança par^de^apa yii^-neuf r^ana #t loadw <^aine ei sauv^e sur un cheyal; tout était délicieux, splendide, surprenant. Le petit

Jaoob appIftadÂssait à e'ep -écorner l^^pms; H criait : c ^neore 1 » à la fin de «baq;ae jpoène:, Wême quand les trois actes de la pièce {urenit Utmm^; '^ U v$èsre de Barbe, dans aem enthousiasme , frappa de son ^^musiim 9f» ]» plwicber, aappint d'user le bout jusqu'au coton*.

Mal^ûela, aunulW de oep te)>Ieaux magiques, les pensées de BarlM semblaient la famaner eneoire ^ q» qup Kt ^veit dit au auoment o& on prenait le Ibé* fin «effet , tand^ qu'ils xeyeoaiant du tbéâtref .elle deeaanda au jeune hoWioa^ a^^eo un aonrire éendi» , fli nâss IMl élaât anasi jcdie ^e jia dûn^^ayaitaautë pa^des8ll8 les rubans»

c Auasi ioiie qnie iceUe-Uil dit Zit. Peo^ ^s {dus jolie.

«- Oh 1 Christophe , dit Berbe, je euis aû^eque cette dame eat la plus belle Gréaiuse <pi'il f ait au SM^nde*

^ Quelle bêtise J répjli;9ua4-it f3j# n'est pas wd, je ne le nie pas; mais songea oemme eUe él^t peinte pt bie» liabillée, et quelle dUEérenoe oeia ML ïenes, «eiPii Siari>ei, iRan^ ét^ ybaïuii- «•■p mieux qu'elle.

— Ohl Christophe !... murmura Barbe eu baissant les yeux.

— Oui, vous êtes mieux que ça tous les jours, vôtre tière Aussi. 3

Pauvre Barbet

Mais qu'esirce que tout cela, oui"*, tout cela, en comparaison de la prodigalité folle de Kit, lorsqu'il entra dans une boutique d'huîtres avec autant d'aplomb que s'il y eût eu son domicile et, sans daigner regarder le comptoir ni l'homme qui y était assis, conduisit sa société d'ans un cabinet, un cabinet particulier, garni de rideaux rouges, d'une nappe et d'un pûrte-huilier complet, et qu'il ordonna à un gentleman qui avait des favoris et qui, en qualité de garçon, l'avait appelé lui Christophe Nubbles c Monsieur :i , d'apporter trois douzaines de ses plus.grandes huîtres et de se dépêcher 1 Oui, Kit dit à ce gentleman de se dépêcher; et non-seulement le gentleman répondit qu'il allait se dépêcher, mais il le fit et revint en courant apporter les pains les plus tendres, le beurre le plus frais et les plus grandes huîtres qu'on eût jamais vues. Alors Kit dit à ce gentleman :

c Un pot de^ière t > juste sur le même ton ; et le gentleman, au lieu de répondre :

c Monsieur, est-ce à moi que vous parlez? i se Borna à dire :

c Pot de bière, monfy[eurT oui. monsieur, > et étant revenu l'apporter, il le plaça dans une sébile semblable à celle que les chiens d'aveugles tiennent à leur gueule par les rues pour y recevoir un sou ; aussi, quand il sortit, la mère de Kit et la mère de Barbe déclarèrent d'une voix commune qu'elles n'avaient jamais vu un jeune homme plus avenant et plus gracieux.

On se mit alors à souper de bon appétit; et voilà que Barbe, cette petite folle de Bsgrbe, dit qu'elle ne pourrait pas manger plus de deux huîtres; tout ce qu'on obtint d'elle avec des efforts incroyables, ce fut qu'elle en mangeât quatre. En revanche, sa mère et celle de Kit s'en acquittèrent à merveille : elles mangèrent, rirent et s'amusèrent si bien que Kit, rien qu'à les voir, se mit à rire et manger de même façon par la force de la sympathie. Mais ce qu'il y eut de plus prodigieux dans cette nuit de fête, ce fut le petit Jacob qui absorbait les huîtres comme s'il était né et venu au monde pour cela ; il y versait le poivre et le vinaigre avec une dextérité au-dessus de son âge, et finit par bâtir une grotte sur la table avec les écail-

les. 11 n'y eut pas jusqu'au poupon qui, de toute lit soirét, ne ferma pas l'œil, restant là paisiblement assis, s'efforçant de feurrer dans sa bouchonne grosse orange et regardant avec satisfoction la lumière du gaz. Vraiment, à le voir sur les genoux de sa mère, très-occupé de contempler le gaz qui ne le faisait point sourciller, et à égratigner son gentil visage avec une écaille d'huître, un cœur de fer n'eût pu s'empêcher d'être attendri et de l'aimer. En résumé, jamais il n'y eui plus charmant souper ; et lorsque Kit eut demandé, pour fii\ir, im verre de quelque chose de chaud et proposé qu'on bût à la ronde à la santé de M« et mistress Gai^and, nous pouvons dire qu'il n'y avait pas dans lé monde entier six personnes plus heureuses.

Mais tout bonheur a son ter^e, ce qui en rend d'autant plus agréable le prochaia retour; et comme il commençait à se faire tard, on reconnut qu'il était temps de retourner au logis. Ainsi, après s'être un peu écartés de leur chemin pour conduire Barbe et sa* mère jusqu'à la maison d'un ami chez qui elles devaient passer la nuit. Kit et mistress Nubbles les laissèrent à leur porte en se promettant de retourner ensemble à Finchley le lendemain matin de bonne heure et en échangeant bien des projets pour les plaisirs de la future sortie. Alors Kit prit sur son dos le petit Jacob, donna son bras à sa mère, un baiser au poupon, et tous quatre se mirent à trotter gaiement pour re< gagner leur domicile. ^

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