CHOEUR
Air de V Anglaise.
Fidèles à nos loix, Comme l'étaient nos pères , Soutenons en bons frères Le soutien de nos droits.
Ne craignez pas de succomber ,
Que sur moi chaque Anglais s'appuie :
Mais prenez garde , je vous prie ,
'il
me laisser tomber.
Fidèle à nos lois -, Etc.
(En achevant le chœur , on dépose Honte sur un tabouret^)
la mère l'qye , avançant un fauteuil } MUord , prenez un fauteuil»
HONTE
Gqddam ! j'étais pas un milord, lç tabouret c'était tout ce qu'il fallait à moi.
MISTRIS.
Yes, yes, mon méri.
LA MERE L'OYE
Monsieur Public, vous qui connaissez tout le monde, savez-vous quel est cet étranger ?
le public, les lorgnant.
Attendez... Ah! mais je connais Monsieur.
Je n'étais pas Monsieui , j'étais Honte tout court.1
MISTRIS.
Yes , yes.
LE PUBLIC
C'est cola même, c'est le célèbre Honte, l'orateur de iWeiniinster y je l'ai vu aux dernières électipns de Londres.
C'était moi.
LA MERE L'OYE
Ah! mon Dieu , monsieur Honte, qu'est-ce que vous avez tlonc au Iront?
C'était l^s suffrages de l'élection que j'avais eu pour moi. C'était le coutume anglaise.
Air :
Chez nous jamais le passion W' influence une élection ; C'est qu'il y va de notre g'oire.
Pour ttre élu plus librement , On prend un moyen excellent ;
Et sur ce point, A coup d'pied, à cou.) cTp'oing, On s' casse la gueule et la mâchoire.
LE PUBLIC
Sangodémiîil faut une bonne constitution pour résister à cela.
HONTE
C'était le moyen le plus impartial et plus aigre...., le plus sur.
LE PUBLIC
Oui , pour n'avoir pas de mâchoires dans vos assemblées.
HÛXT.E.
Yes.
Air de Marianne.
Dans nos politiques tempêtes Nos éligibles généreux , Au lieu de se donner des fêtes.
Se. cassent tau» la tête cntr'eux ;
Par ce moyen ,
Vous voyez bien Que le pouvoir reste au-x meilleures têtes.
LE PUELIC.
C'est très-sensé ,
C'est bien pensé;.
Mais franchement, Moi je pense autrement :
Pour composer vos assemblées, En vous tapant matin et soir , Vous risquez souvent de n'avoir
Que des têtes fêlées.
LA MERE L'OYE
* Mais vous ne me dites pas , monsieur Honte, le sujet qui vous amené chez moi, "c'est apparemment un chaperon pour protéger la vertu de Mistris.
Non, madame.. . Mistris... il n'avait pas besoin d'un chaperon vertueuse . . . . , voyez-vous , c'était pour que vous donniez à moi le chaperon , pour eue éluà l'élection voisine dans l'opposition , parce que voyez-vous cette lois j'avais manqué le coup.
LE PUBLIC
Il paraît qu'il ne les a pas manques tous.
HONTE
Mais les compatriotes, ils ayaient traité moi glorieusement.
Air : Fers le Temple de V Hymen.
D'abord on vint m'assaillir D'injures dont je me loue; Puis on me couvrit de boue, Ce qui me fit grand plaisir.
Les coups tombèrent en masse Sur mon dos et sur mon face , Si je restais sur la place, J'étais un Anglais parlait!
Mais je ne les tiens pas quitte,
Un jour j'aurai le mérite
D'être assommé tout-à-fait.
LA MÈRE LOYE.
Voilà ce qu'il vous faut.
( Elle lui donne un chaperon vert. )
HONTE
Venez Mistrîs.... je allais remonter en voiture !..:etpuis nous irons pour voir ce grand acteur de la tragédie.
LE PUBLIC
Et dans quel rôle , monsieur Honte , veut-il le voir ?
HONTE
Je voulais le voir } dans le Qu'en dis-tu,
LE PUBLIC
Dans Manlius. Vous arrivez un peu tard, il rentre toujours par ce rôie-là.
HONTE
rAlors , je voulais entendre le vers !
» A tous les cœurs bien nés que la patrie est chère ! ».
( Portant la main à l'œil. ) Ah ! çà' ferait mal l
le PUBLIC.
Vous voulez voir Tancrède.
MISTRIS,
Yes ! yes ! tant que rede.
HONTE
.Yes.
LE PUBLIC
Çà ne se peut pas.
Air : Un liomme pour faire un tableau.^
Comme deux talens réunis Rendraient le théâtre trop riche > Quand Manlius rentre à Paris, Tancrède n'est plus sur l'affiche ; Quand Tancrède reparaîtra, Manlius cherchera fortune ; Lorsque l'un vient , l'autre s'en Y«U.
HOMTE.
C'est donc le soleil et la lune ?
Eh bien ! j'irai pour voir.... Hypolite , grands dieux.)
LE PUBLIC
Phèdre !
HONTE
C'est toi qui l'as appelé.
LE PUBLIC
Vous êtes malheureux , Phedie est à Marseille.
honte.
Eh bien ! je me donnerai le Diamant.
LE PUBLIC
La Comédienne.... elle est à Liège.
HONTE
Goddam! .. alors je voulais visiter le monsieur à bonnes fortunes.
LE PUBLIC
L'Homme à Bonnes Fortunes, impossible! .... il est perdu pour nous.
Air : Adonis de Château- Vilain.
C'est lui dont le talent facile Sut , de la cour et de la ville , Peindre sous des masques divers Et les grâces et les travers.
Fils légitime de Thalie, C'est lui qui de la Comédie Possédait vraiment le secret; Mais il lut un peu trop discret.
Air . Je regardais Madelinette.
Avec ce chaperon aimable Je pars pour Londre , où je conclus Que sans avoir un mal de diable , Je serai parmi les élus.
Mon étonnement n'est pas mince ; Je ne savais pas , je le dis , Qu'il fallait courir la province Pour voir les acteurs de Paris.
LE PUBLTC.
Qu'avez vous donc à votre chapeau ?
HONTF,
Ah ! ah ! c'était hier au soir que je m'étais endormi moimême au boulevard de ( il montre son gant).
LE PUBLIC
De Gand ?
HONTE
De Gand... Un cheval qui avait faim, il avait mangé mon chapeau pour une boite de paille. Holà !... Ma voiture.... mes chevaux !
Avec ce chaperon aimable, etc., (Ils sortent.)
Ah! mon Dieu ! on vient chercher le chaperon de. l'Opéra-Comique, et le charme musicale n'est pas encore commencé,