‹ Le magasin de chaperons;Chapitre 11 sur 21 · CHOEUR · texte numérisé non relu

CHOEUR

Air de V Anglaise.

Fidèles à nos loix, Comme l'étaient nos pères , Soutenons en bons frères Le soutien de nos droits.

Ne craignez pas de succomber ,

Que sur moi chaque Anglais s'appuie :

Mais prenez garde , je vous prie ,

'il

me laisser tomber.

Fidèle à nos lois -, Etc.

(En achevant le chœur , on dépose Honte sur un tabouret^)

la mère l'qye , avançant un fauteuil } MUord , prenez un fauteuil»

HONTE

Gqddam ! j'étais pas un milord, lç tabouret c'était tout ce qu'il fallait à moi.

MISTRIS.

Yes, yes, mon méri.

LA MERE L'OYE

Monsieur Public, vous qui connaissez tout le monde, savez-vous quel est cet étranger ?

le public, les lorgnant.

Attendez... Ah! mais je connais Monsieur.

Je n'étais pas Monsieui , j'étais Honte tout court.1

MISTRIS.

Yes , yes.

LE PUBLIC

C'est cola même, c'est le célèbre Honte, l'orateur de iWeiniinster y je l'ai vu aux dernières électipns de Londres.

C'était moi.

LA MERE L'OYE

Ah! mon Dieu , monsieur Honte, qu'est-ce que vous avez tlonc au Iront?

C'était l^s suffrages de l'élection que j'avais eu pour moi. C'était le coutume anglaise.

Air :

Chez nous jamais le passion W' influence une élection ; C'est qu'il y va de notre g'oire.

Pour ttre élu plus librement , On prend un moyen excellent ;

Et sur ce point, A coup d'pied, à cou.) cTp'oing, On s' casse la gueule et la mâchoire.

LE PUBLIC

Sangodémiîil faut une bonne constitution pour résister à cela.

HONTE

C'était le moyen le plus impartial et plus aigre...., le plus sur.

LE PUBLIC

Oui , pour n'avoir pas de mâchoires dans vos assemblées.

HÛXT.E.

Yes.

Air de Marianne.

Dans nos politiques tempêtes Nos éligibles généreux , Au lieu de se donner des fêtes.

Se. cassent tau» la tête cntr'eux ;

Par ce moyen ,

Vous voyez bien Que le pouvoir reste au-x meilleures têtes.

LE PUELIC.

C'est très-sensé ,

C'est bien pensé;.

Mais franchement, Moi je pense autrement :

Pour composer vos assemblées, En vous tapant matin et soir , Vous risquez souvent de n'avoir

Que des têtes fêlées.

LA MERE L'OYE

* Mais vous ne me dites pas , monsieur Honte, le sujet qui vous amené chez moi, "c'est apparemment un chaperon pour protéger la vertu de Mistris.

Non, madame.. . Mistris... il n'avait pas besoin d'un chaperon vertueuse . . . . , voyez-vous , c'était pour que vous donniez à moi le chaperon , pour eue éluà l'élection voisine dans l'opposition , parce que voyez-vous cette lois j'avais manqué le coup.

LE PUBLIC

Il paraît qu'il ne les a pas manques tous.

HONTE

Mais les compatriotes, ils ayaient traité moi glorieusement.

Air : Fers le Temple de V Hymen.

D'abord on vint m'assaillir D'injures dont je me loue; Puis on me couvrit de boue, Ce qui me fit grand plaisir.

Les coups tombèrent en masse Sur mon dos et sur mon face , Si je restais sur la place, J'étais un Anglais parlait!

Mais je ne les tiens pas quitte,

Un jour j'aurai le mérite

D'être assommé tout-à-fait.

LA MÈRE LOYE.

Voilà ce qu'il vous faut.

( Elle lui donne un chaperon vert. )

HONTE

Venez Mistrîs.... je allais remonter en voiture !..:etpuis nous irons pour voir ce grand acteur de la tragédie.

LE PUBLIC

Et dans quel rôle , monsieur Honte , veut-il le voir ?

HONTE

Je voulais le voir } dans le Qu'en dis-tu,

LE PUBLIC

Dans Manlius. Vous arrivez un peu tard, il rentre toujours par ce rôie-là.

HONTE

rAlors , je voulais entendre le vers !

» A tous les cœurs bien nés que la patrie est chère ! ».

( Portant la main à l'œil. ) Ah ! çà' ferait mal l

le PUBLIC.

Vous voulez voir Tancrède.

MISTRIS,

Yes ! yes ! tant que rede.

HONTE

.Yes.

LE PUBLIC

Çà ne se peut pas.

Air : Un liomme pour faire un tableau.^

Comme deux talens réunis Rendraient le théâtre trop riche > Quand Manlius rentre à Paris, Tancrède n'est plus sur l'affiche ; Quand Tancrède reparaîtra, Manlius cherchera fortune ; Lorsque l'un vient , l'autre s'en Y«U.

HOMTE.

C'est donc le soleil et la lune ?

Eh bien ! j'irai pour voir.... Hypolite , grands dieux.)

LE PUBLIC

Phèdre !

HONTE

C'est toi qui l'as appelé.

LE PUBLIC

Vous êtes malheureux , Phedie est à Marseille.

honte.

Eh bien ! je me donnerai le Diamant.

LE PUBLIC

La Comédienne.... elle est à Liège.

HONTE

Goddam! .. alors je voulais visiter le monsieur à bonnes fortunes.

LE PUBLIC

L'Homme à Bonnes Fortunes, impossible! .... il est perdu pour nous.

Air : Adonis de Château- Vilain.

C'est lui dont le talent facile Sut , de la cour et de la ville , Peindre sous des masques divers Et les grâces et les travers.

Fils légitime de Thalie, C'est lui qui de la Comédie Possédait vraiment le secret; Mais il lut un peu trop discret.

Air . Je regardais Madelinette.

Avec ce chaperon aimable Je pars pour Londre , où je conclus Que sans avoir un mal de diable , Je serai parmi les élus.

Mon étonnement n'est pas mince ; Je ne savais pas , je le dis , Qu'il fallait courir la province Pour voir les acteurs de Paris.

LE PUBLTC.

Qu'avez vous donc à votre chapeau ?

HONTF,

Ah ! ah ! c'était hier au soir que je m'étais endormi moimême au boulevard de ( il montre son gant).

LE PUBLIC

De Gand ?

HONTE

De Gand... Un cheval qui avait faim, il avait mangé mon chapeau pour une boite de paille. Holà !... Ma voiture.... mes chevaux !

Avec ce chaperon aimable, etc., (Ils sortent.)

Ah! mon Dieu ! on vient chercher le chaperon de. l'Opéra-Comique, et le charme musicale n'est pas encore commencé,

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