SCÈNE IL Les mêmes , LA MERE L'OYE
LA MÈRE L'OYE
C'est bien , mes enfans, c'est très-bien ! continuez toujours ainsi, et vous s< rez un jour récompensées de votre zèle et de votre exactitude ! le travail est la sauve-garde de la Vertu; et je sais une vieille histoire j
ÉLISE
Allons , allons , la voilà encore avec ses contes !
LA MÈRE L'OYE
Comme vous avez été sages.... Je vais vous la raconter en travaillant. Ecoulez , mes enfans, écoutez-.,. (Elle s'as* sied.) 11 y avait une lois ....
élise , vivement.
Ma mère L'oye , ma mère L'oye , pendant votre absence, il est venu beaucoup de monde pour acheter des chaperons. f
LA. MERE L OYE
Et vous en avez vendu ?....
SOPHIE
Pas un , ma mère L'oye.... il, les ont trouvés trop chers!
LA MERE L'OYE
Trop chers , trop chers ! des chaperons magiques qui ont toutes sortes de vertus î
ÉLISE
Ils disent qu'ils sont mal faits ,
LA MÈRE L'OYE
Mal faits ! ils sont bien difficiles.
Air : Vaudeville de partie carrée.
Perrault jadis m'en donna le modèle , Je l'ai suivi très-scrupuleusement ; La f«,rme n'en est pas nouvelle.
Mais le vieux e t toujours charmant.
Mes chaperons, en un mot, doivent plaire,
Depuis le Petit -Chaperon, Vous l'avez vu , je les ai tous fait faire Sur le même patron.
ÉLISE
Oh ! ça c'est vrai, ma mère L'oye, c'est une justice à vous rendre on n'y a rien ajouté de neuf.... etpouruui eà paa.e pour des nouveautés.
LA MERE L'OYE
Mais on ne songe donc pas que ces coiffures magiques ontlepouvoir de protéger Ir vertu de nos dames , 1 itaio >cence de nos demoiselles, les succès de nos acteurs, le crédit de, gen-, en place , et qu'en général edes préservent de toute e>pèce de chute.
ÉLT^T.
Est-il bien possible , ma mère L'oye , que les chaperons ayent tant de pouvoir?
H MERE l'oYE.
Oui, me*, cnkns, et je veux dès aujourd'hui donnera chacune de vous un de ceux qui protègent l'innocence et la vertu !
ÉLISE
Mire 'L'oye, ces chaperons peuvent«ils se quitter à vo!omé?
Certainement !
élise, à pan.
A la bonne heure.
LA MÈRE L'OYE
Mais il faut me promettre de ne jamais vous en séparer.
ELISE
Air : Je loge au quatrième étage.
Fiez -vous à notre prudence , A vos vœux nous obéirons.
Et pour pro-iver notre innocence Nous garderons nos chaperons.
Par eux , modèle de sagesse, Nous mettrons le jour à profit , Et nous vous faisons la promesse De ne le quitter que la unit.